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DaoudMathالرياضيات مع محمد بن داود

Polynômes - Cours et exercices corrigés | Tronc commun

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures.

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Objectifs. Reconnaître un polynôme, effectuer des opérations, identifier des coefficients, vérifier une racine et factoriser pour résoudre une équation. Les coefficients sont réels et la variable est notée xx.

I. Comprendre l’écriture d’un polynôme

Définition et forme réduite

Des puissances entières positives ou nulles

Un polynôme non nul est une expression qui peut s’écrire P(x)=anxn+an−1xn−1+⋯+a1x+a0,P(x)=a_nx^n+a_{n-1}x^{n-1}+\cdots+a_1x+a_0, où n∈ℕn\in\mathbb{N}, les aka_k sont des réels et an≠0a_n\ne0. Cette écriture est sa forme réduite, ordonnée suivant les puissances décroissantes de xx.

Les nombres aka_k sont les coefficients. Un terme absent a un coefficient nul. Le terme a0a_0 est le terme constant et vaut P(0)P(0). Ainsi P(x)=3x4−2x+7P(x)=3x^4-2x+7 possède les coefficients 3,0,0,−2,73,0,0,-2,7. L’expression 2x(x+1)−x2+32x(x+1)-x^2+3 est aussi un polynôme : après développement et réduction, elle devient x2+2x+3x^2+2x+3. En revanche, 1/x1/x n’est pas un polynôme en xx, car xx figure au dénominateur. Ni x\sqrt{x} ni x−2+1x^{-2}+1 ne sont des polynômes en xx.

Degré et coefficient dominant

Le degré d’un polynôme non nul est le plus grand exposant dont le coefficient est non nul. On le note deg⁡P\deg P. Le coefficient de cette puissance est le coefficient dominant.

Polynôme réduit Degré Coefficient dominant
5x3−2x2+15x^3-2x^2+1 33 55
−4x+9-4x+9 11 −4-4
77 00 77

Le polynôme nul, dont tous les coefficients sont nuls, n’a pas de degré entier naturel. Il faut le traiter à part.

Réduire avant de conclure

Dans x3+2x−x3+1x^3+2x-x^3+1, les termes de degré 33 s’annulent : le degré réel est 11. Une expression contenant x3x^3 n’est donc pas nécessairement de degré 33.

Calculer une valeur

Pour calculer P(a)P(a), remplacer chaque xx par aa en gardant les parenthèses nécessaires. Si P(x)=2x3−3x+1P(x)=2x^3-3x+1, alors P(−2)=2(−2)3−3(−2)+1=−16+6+1=−9.P(-2)=2(-2)^3-3(-2)+1=-16+6+1=-9.

II. Opérations et égalité de polynômes

Addition, soustraction et produit

On regroupe les termes de même puissance pour additionner ou soustraire. On utilise la distributivité pour multiplier, puis on réduit.

Exemple - Organiser les calculs

Pour P(x)=2x2−3x+1P(x)=2x^2-3x+1 et Q(x)=x2+4x−5Q(x)=x^2+4x-5, P(x)+Q(x)=3x2+x−4,P(x)−Q(x)=x2−7x+6,P(x)Q(x)=2x4+5x3−21x2+19x−5.\begin{aligned} P(x)+Q(x)&=3x^2+x-4,\\ P(x)-Q(x)&=x^2-7x+6,\\ P(x)Q(x)&=2x^4+5x^3-21x^2+19x-5. \end{aligned} Pour contrôler la dernière ligne, le terme de degré 44 vient de 2x2⋅x22x^2\cdot x^2 et le terme constant de 1⋅(−5)1\cdot(-5). On peut ensuite vérifier les coefficients intermédiaires un par un.

Degrés : ce qui est toujours vrai

Si PP et QQ sont non nuls, deg⁡(PQ)=deg⁡P+deg⁡Q\deg(PQ)=\deg P+\deg Q. Si P+QP+Q n’est pas nul, deg⁡(P+Q)≤max⁡(deg⁡P,deg⁡Q).\deg(P+Q)\le\max(\deg P,\deg Q). L’égalité peut échouer pour la somme, car les termes dominants peuvent s’annuler.

Par exemple (x2+1)+(−x2+x)=x+1(x^2+1)+(-x^2+x)=x+1, de degré 11, alors que chaque polynôme de départ est de degré 22.

Égalité et identification des coefficients

Comparer les formes réduites

Deux polynômes sont égaux si leurs coefficients de chaque puissance sont égaux. Une égalité valable pour tout réel xx est une identité polynomiale.

Exemple - Trouver des coefficients inconnus

On cherche a,b,ca,b,c tels que, pour tout réel xx, (x+1)(ax2+bx+c)=2x3+5x2+4x+1.(x+1)(ax^2+bx+c)=2x^3+5x^2+4x+1. Le membre de gauche vaut ax3+(a+b)x2+(b+c)x+cax^3+(a+b)x^2+(b+c)x+c. On identifie : a=2,a+b=5,b+c=4,c=1.a=2,\qquad a+b=5,\qquad b+c=4,\qquad c=1. Ainsi a=2a=2, b=3b=3 et c=1c=1 ; les quatre conditions sont vérifiées.

Une valeur ne suffit pas

x2x^2 et xx ont la même valeur en 00 et en 11, mais ne sont pas égaux comme polynômes. Tester quelques valeurs peut repérer une erreur ; cela ne remplace pas une preuve d’identité par développement ou identification.

III. Racines, divisibilité et factorisation

Reconnaître et exploiter une racine

Racine et facteur

Un réel aa est une racine de PP si P(a)=0P(a)=0. Cela équivaut à l’existence d’un polynôme QQ tel que P(x)=(x−a)Q(x).P(x)=(x-a)Q(x). On dit alors que PP est divisible par x−ax-a. Si PP est non nul de degré n≥1n\ge1, le quotient a le degré n−1n-1.

Attention au signe : la racine −3-3 conduit au facteur x+3x+3. Pour une racine 22, le facteur est x−2x-2.

Exemple - Un polynôme du troisième degré

Soit P(x)=x3−2x2−5x+6P(x)=x^3-2x^2-5x+6. On calcule P(1)=1−2−5+6=0P(1)=1-2-5+6=0. On cherche donc un quotient du second degré : P(x)=(x−1)(x2+bx+c).P(x)=(x-1)(x^2+bx+c). En développant, P(x)=x3+(b−1)x2+(c−b)x−cP(x)=x^3+(b-1)x^2+(c-b)x-c. D’où b=−1b=-1 et c=−6c=-6. On contrôle c−b=−5c-b=-5, puis P(x)=(x−1)(x2−x−6)=(x−1)(x−3)(x+2).P(x)=(x-1)(x^2-x-6)=(x-1)(x-3)(x+2). L’équation P(x)=0P(x)=0 a donc pour ensemble de solutions {−2;1;3}\{-2;1;3\}.

Division par un polynôme du premier degré

Pour tout polynôme PP et tout réel aa, il existe un quotient QQ et un reste constant rr tels que P(x)=(x−a)Q(x)+r.P(x)=(x-a)Q(x)+r. En remplaçant xx par aa, on obtient r=P(a)r=P(a). Le reste est nul exactement lorsque aa est racine.

Exemple - Division avec reste non nul

Pour P(x)=2x3−3x2+4x−5P(x)=2x^3-3x^2+4x-5, on enlève successivement les termes dominants : P(x)−2x2(x−2)=x2+4x−5,(x2+4x−5)−x(x−2)=6x−5,(6x−5)−6(x−2)=7.\begin{aligned} P(x)-2x^2(x-2)&=x^2+4x-5,\\ (x^2+4x-5)-x(x-2)&=6x-5,\\ (6x-5)-6(x-2)&=7. \end{aligned} Ainsi P(x)=(x−2)(2x2+x+6)+7P(x)=(x-2)(2x^2+x+6)+7. Le reste 77 est bien P(2)=16−12+8−5P(2)=16-12+8-5.

Nombre de racines

Un polynôme non nul de degré nn a au plus nn racines réelles distinctes. Il peut en avoir moins : x2+1x^2+1 n’a aucune racine réelle, et (x−1)2(x-1)^2 n’a qu’une racine distincte.

IV. Choisir une méthode de factorisation

Facteur commun et identités remarquables

Chercher d’abord un facteur commun, puis reconnaître une identité : AB+AC=A(B+C),A2−B2=(A−B)(A+B),A2+2AB+B2=(A+B)2,A2−2AB+B2=(A−B)2.\begin{aligned} AB+AC&=A(B+C),\\ A^2-B^2&=(A-B)(A+B),\\ A^2+2AB+B^2&=(A+B)^2,\\ A^2-2AB+B^2&=(A-B)^2. \end{aligned} Ici AA et BB peuvent eux-mêmes être des expressions polynomiales.

Exemple - Plusieurs étapes dans le bon ordre

3x(x−2)+x2−4=3x(x−2)+(x−2)(x+2)=(x−2)(4x+2)=2(x−2)(2x+1).\begin{aligned} 3x(x-2)+x^2-4&=3x(x-2)+(x-2)(x+2)\\ &=(x-2)(4x+2)=2(x-2)(2x+1). \end{aligned} Pour (2x−1)2−9(2x-1)^2-9, prendre A=2x−1A=2x-1 et B=3B=3 : (2x−1)2−9=(2x−4)(2x+2)=4(x−2)(x+1).(2x-1)^2-9=(2x-4)(2x+2)=4(x-2)(x+1).

Regroupement et racine connue

Dans x3+2x2−9x−18x^3+2x^2-9x-18, regrouper les deux premiers puis les deux derniers termes : x2(x+2)−9(x+2)=(x+2)(x2−9)=(x+2)(x−3)(x+3).x^2(x+2)-9(x+2)=(x+2)(x^2-9)=(x+2)(x-3)(x+3). Si aucun facteur n’est visible, une racine donnée ou vérifiée permet d’utiliser la méthode de la page précédente. Il ne faut pas annoncer une racine à partir d’une simple lecture approximative du graphique.

Résoudre une équation produit

Un produit de nombres réels est nul si et seulement si au moins un facteur est nul. Par conséquent, 2(x−2)(2x+1)=0⇔x=2oux=−12.2(x-2)(2x+1)=0\iff x=2\ \text{ou}\ x=-\tfrac12.

Ne pas perdre une solution

Dans x(x−3)=0x(x-3)=0, diviser immédiatement par xx ferait perdre la solution x=0x=0. Utiliser la règle du produit nul. De même, (x−2)(x+1)=5(x-2)(x+1)=5 n’est pas une équation produit nul : il faut d’abord tout ramener à un membre.

Vérifier un résultat

Redévelopper une factorisation permet de contrôler tous les coefficients. Un essai numérique peut détecter une erreur, mais ne démontre pas qu’une identité est vraie pour tout réel. Fin du cours

V. Exercices corrigés

Exercice 1 - Réduire puis déterminer le degré

Réduire A(x)=3x4−2x2+1−(3x4+x3−5x2−2)A(x)=3x^4-2x^2+1-(3x^4+x^3-5x^2-2) et B(x)=x(x−1)−x2+xB(x)=x(x-1)-x^2+x. Donner leur degré lorsqu’il existe.

Correction. En distribuant le signe moins, A(x)=−x3+3x2+3A(x)=-x^3+3x^2+3, donc deg⁡A=3\deg A=3. Pour BB, on trouve x2−x−x2+x=0x^2-x-x^2+x=0 : c’est le polynôme nul, sans degré entier naturel.

Exercice 2 - Identifier

Déterminer a,ba,b pour que (x−2)(x2+ax+b)=x3−4x2+x+6(x-2)(x^2+ax+b)=x^3-4x^2+x+6 pour tout xx.

Correction. Le membre de gauche est x3+(a−2)x2+(b−2a)x−2bx^3+(a-2)x^2+(b-2a)x-2b. On obtient a−2=−4a-2=-4, donc a=−2a=-2, puis −2b=6-2b=6, donc b=−3b=-3. Le coefficient de xx vérifie bien b−2a=−3+4=1b-2a=-3+4=1.

Exercice 3 - Extraire un facteur et résoudre

Soit P(x)=x3−4x2+x+6P(x)=x^3-4x^2+x+6. Vérifier que −1-1 est une racine, factoriser PP, puis résoudre P(x)=0P(x)=0.

Correction. P(−1)=−1−4−1+6=0P(-1)=-1-4-1+6=0. En identifiant les coefficients de (x+1)(x2+bx+c)(x+1)(x^2+bx+c), on obtient b=−5,c=6b=-5,c=6. Ainsi P(x)=(x+1)(x−2)(x−3)P(x)=(x+1)(x-2)(x-3) et S={−1;2;3}S=\{-1;2;3\}.

Exercice 4 - Calculer un reste

Trouver le reste de la division de P(x)=x4−3x2+2x+1P(x)=x^4-3x^2+2x+1 par x+1x+1, puis par x−2x-2.

Correction. Pour x+1=x−(−1)x+1=x-(-1), le reste vaut P(−1)=1−3−2+1=−3P(-1)=1-3-2+1=-3. Pour x−2x-2, il vaut P(2)=16−12+4+1=9P(2)=16-12+4+1=9. Aucun des deux diviseurs ne divise donc PP exactement.

Exercice 5 - Combiner les méthodes

Factoriser F(x)=(x+1)2−4+(x−1)(2x+3)F(x)=(x+1)^2-4+(x-1)(2x+3), puis résoudre F(x)=0F(x)=0.

Correction. (x+1)2−4=(x−1)(x+3)(x+1)^2-4=(x-1)(x+3). Ainsi F(x)=(x−1)(x+3+2x+3)=3(x−1)(x+2)F(x)=(x-1)(x+3+2x+3)=3(x-1)(x+2). Les solutions sont 11 et −2-2.

Exercice 6 - Discuter un degré

Selon la valeur réelle de mm, donner le degré de Pm(x)=(m−1)x2+(m+1)x+2P_m(x)=(m-1)x^2+(m+1)x+2.

Correction. Si m≠1m\ne1, le coefficient de x2x^2 est non nul : le degré est 22. Si m=1m=1, on a P1(x)=2x+2P_1(x)=2x+2, de degré 11. Il n’existe pas de valeur de mm qui annule simultanément m−1m-1 et m+1m+1 ; aucun cas constant n’est donc possible.