KORASATI · MATHÉMATIQUES
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Objectifs. Distinguer valeur et limite, calculer des limites finies ou infinies, lever les formes indéterminées et interpréter les asymptotes. Ce chapitre présente les méthodes communes ; une section d’approfondissement précise les définitions quantifiées utiles en sciences mathématiques. La continuité et les fonctions réciproques sont traitées dans un chapitre séparé.
I. Comprendre la notion de limite
Au voisinage d’un réel
Écrire signifie que devient aussi proche que l’on veut de lorsque se rapproche de , avec dans le domaine et . La valeur peut ne pas exister ; elle n’intervient pas directement dans cette définition. Par exemple est définie pour . Comme sur son domaine, , bien que ne soit pas définie.
Limites à droite et à gauche
La limite à droite, notée , utilise les valeurs ; la limite à gauche utilise . Si les deux côtés appartiennent au voisinage du domaine, une limite en existe si et seulement si les deux limites unilatérales existent et sont égales.
Exemple - Deux côtés incompatibles
Pour , on a pour et pour . Les limites à droite et à gauche de sont et : il n’y a pas de limite en . Pour en , seul le côté droit existe dans le domaine. On parle de limite à droite ou de limite relativement au domaine ; elle vaut .
À l’infini et vers l’infini
décrit le comportement de pour des valeurs positives de aussi grandes que nécessaire. La notation signifie que dépasse tout seuil réel fixé ; n’est pas une valeur réelle. Ainsi lorsque ou , tandis que lorsque .
Une limite n’est pas un remplacement symbolique
Les écritures , ou ne sont pas des nombres. Avant un calcul, identifier le domaine et le côté étudié. Une lecture graphique peut suggérer la limite, mais la conclusion doit être justifiée par une règle ou une transformation valable.
II. Limites usuelles et opérations
Un répertoire de base
Lorsque , on a , pour tout entier , et lorsque les expressions sont définies, avec une approche à droite si . Lorsque , , pour , et . Lorsque , ; lorsque , . Pour tout , , donc . En revanche, n’a pas une limite commune aux deux côtés de .
Opérations avec limites finies
Somme, produit et quotient
Si et , avec , alors Si , alors . Les polynômes ont donc pour limite en leur valeur en . Une fraction rationnelle aussi, à condition que son dénominateur ne s’annule pas en .
Par exemple , et .
Opérations avec limites infinies
Une somme d’une fonction de limite finie et d’une fonction tendant vers tend vers . Deux fonctions tendant toutes deux vers ont une somme qui tend vers . Pour les produits et quotients déterminés, le signe reste essentiel. Si et si avec un signe constant au voisinage étudié, tend vers une infinité dont le signe est celui du quotient. Par exemple, lorsque , .
Formes indéterminées à transformer
Les formes , , et ne permettent pas de conclure seules. Elles décrivent une difficulté de calcul, pas une limite déterminée.
Ainsi, lorsque , , , et n’a pas de limite bilatérale. Les trois quotients présentent pourtant la même forme initiale .
III. Lever les indéterminations algébriques
Factoriser au voisinage d’un réel
Exemple 1 - Une différence de carrés
La simplification est valable pour , ce qui suffit pour calculer la limite en . On ne prétend pas que la fraction initiale est définie en .
Exemple 2 - Conserver le signe d’un pôle
Le numérateur tend vers . Le dénominateur est négatif à gauche de et positif à droite. Les limites sont donc respectivement et : pas de limite bilatérale commune.
Utiliser le conjugué
Exemple - Une différence de racines
Pour , , La limite en vaut . Le conjugué transforme une différence de racines en une différence algébrique factorisable.
Comparer les degrés à l’infini
Un polynôme non nul se comporte à l’infini comme son terme de plus haut degré. Pour un quotient de polynômes, diviser le numérateur et le dénominateur par la plus grande puissance utile.
Exemple - Numérateur et dénominateur de même degré
Si le degré du numérateur est inférieur, le quotient tend vers . S’il est supérieur, il faut étudier le terme dominant et son signe : se comporte comme , donc tend vers en et en .
Ne pas oublier
Lorsque , Le même quotient tend vers lorsque . Remplacer par sans condition de signe fausse le résultat à gauche.
IV. Comparaison, encadrement et composition
Théorème des gendarmes
Un encadrement qui se resserre
Si au voisinage étudié, avec et , alors . Une formulation utile : si et , alors .
Exemple - Une oscillation amortie
Pour , , donc Ainsi , même si n’a pas de limite en . De même, pour , donc lorsque ou .
Comparaison et limites infinies
Si au voisinage étudié et , alors . Par exemple en . La seule inégalité ne permet pas de conclure que et ont la même limite. Une limite commune des deux bornes est nécessaire dans le théorème des gendarmes.
Limites trigonométriques de référence
En radians, la limite fondamentale est On en déduit, en utilisant la continuité du cosinus et , Ces résultats supposent des arguments en radians. Pour ,
Composition et côté d’approche
Si et si est continue en , alors , lorsque la composition est définie. Pour composer avec une limite en un point où n’est pas définie, il faut respecter le côté d’approche et les hypothèses du théorème utilisé, notamment éviter que reste exactement égal au point exclu. Par exemple, si , alors lorsque ; .
V. Asymptotes et comportement graphique
Asymptote verticale
La droite est une asymptote verticale lorsqu’au moins une des limites de à gauche ou à droite de est infinie. Il n’est pas nécessaire que les deux côtés donnent la même infinité. Ainsi possède l’asymptote verticale , avec à gauche et à droite. En revanche, a seulement un point manquant en : sa limite y est finie, donc pas d’asymptote verticale.
Asymptote horizontale ou oblique
Tester une différence
En ou en , la droite est asymptote si . Plus généralement, la droite est asymptote si Les asymptotes peuvent être différentes aux deux extrémités du domaine.
Exemple - Division et position relative
Pour , une division donne La droite est asymptote aux deux infinis, puisque . La courbe est au-dessus de cette droite pour et en dessous pour , d’après le signe de la différence. Elle possède aussi l’asymptote verticale .
Branches paraboliques : distinguer les situations
Lorsque , on peut regarder . Si ce quotient tend vers une pente finie , on examine ensuite : seule une limite finie donne une asymptote . Pour en , , mais : il n’y a pas d’asymptote de pente . On parle d’une branche parabolique de direction . Pour en , : la branche parabolique a la direction de l’axe des ordonnées. Pour , le quotient tend vers tandis que : direction de l’axe des abscisses.
Une courbe peut couper son asymptote
La définition porte sur le rapprochement à l’infini. Elle n’interdit pas une intersection à une abscisse finie ; la position relative se traite avec le signe de la différence, pas avec une règle visuelle supposée.
VI. Approfondissement : définitions quantifiées
Limite finie en un point
On suppose que l’on peut trouver des points du domaine différents de arbitrairement proches de : est un point d’accumulation du domaine. L’écriture lorsque signifie : Le choix de peut dépendre de , mais doit fonctionner pour tous les suffisamment proches, et non pour une seule suite de points.
Exemple - Prouver une limite affine
Pour , on veut prouver en . On a . Pour tout , choisir donne immédiatement l’implication demandée.
Limite en l’infini et limite infinie
La limite en signifie que pour tout , il existe un seuil tel que et entraînent . La limite en signifie que pour tout seuil réel , il existe tel que , entraînent . On adapte les inégalités pour les autres côtés ou signes.
Lien avec la continuité et prolongement
Une fonction définie en est continue en si sa limite y vaut . Si n’est pas définie en mais possède une limite réelle , la fonction obtenue en posant et ailleurs réalise un prolongement continu en . Pour , la seule valeur permettant le prolongement en est . Un pôle de limite infinie ne se répare pas par l’ajout d’une valeur réelle.
Plan de résolution d’une limite
Écrire le domaine et préciser l’approche : point, côté, ou infini.
Essayer les opérations usuelles en vérifiant leurs hypothèses.
En cas d’indétermination, choisir factorisation, conjugué, terme dominant ou encadrement.
Pour une infinité, justifier le signe et comparer les deux côtés si nécessaire.
Conclure avec la notation exacte ; si une asymptote est demandée, tester la différence correspondante.
Fin du cours
VII. Exercices corrigés
Exercice 1 - Factorisation
Calculer .
Correction. Pour , . La limite vaut .
Exercice 2 - Racine et signe à l’infini
Calculer , puis la limite en .
Correction. En , le conjugué donne . En , et l’expression vaut .
Exercice 3 - Limites unilatérales
Étudier au voisinage de .
Correction. Le numérateur tend vers . Le dénominateur tend vers à gauche et à droite. Les limites sont et ; la droite est une asymptote verticale.
Exercice 4 - Rapport trigonométrique
Calculer .
Correction. Au voisinage épointé de , le quotient s’écrit . Les deux rapports tendent vers , donc la limite vaut .
Exercice 5 - Encadrement
Calculer .
Correction. L’expression vaut . Comme , la limite est . On n’a pas besoin d’une limite de lui-même.
Exercice 6 - Asymptote oblique
Déterminer l’asymptote oblique de et la position de la courbe par rapport à cette droite.
Correction. . La droite est asymptote en . La différence est négative pour et positive pour ; la courbe est donc en dessous à gauche et au-dessus à droite.
Exercice 7 - Définition quantifiée
Prouver directement que en .
Correction. Pour , choisir . Si , alors et . Ce choix satisfait la définition pour toute précision positive.