KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures.
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Objectifs. Déterminer un plan, distinguer les positions de droites et de plans, prouver un parallélisme ou une orthogonalité, construire des sections simples et calculer des longueurs, des aires et des volumes.
I. Points, droites et plans
Règles de base
Par deux points distincts passe une unique droite. Par trois points non alignés passe un unique plan. Si deux points distincts d’une droite appartiennent à un plan, la droite entière est contenue dans ce plan. Dans chaque plan, on applique la géométrie habituelle du plan : triangles, Pythagore, Thalès, parallélogrammes et cercles. Mais deux objets de l’espace ne sont pas nécessairement dans un même plan.
Déterminer un plan
Un plan est déterminé par trois points non alignés, par une droite et un point extérieur à cette droite, par deux droites sécantes, ou par deux droites parallèles distinctes.
Trois points alignés ne suffisent pas : plusieurs plans peuvent contenir leur droite. Pour nommer un plan , il faut donc savoir que ne sont pas alignés.
Lire une représentation en perspective
Dans une perspective cavalière, les arêtes parallèles restent représentées parallèles. En revanche, un angle droit ne paraît pas toujours droit, et toutes les longueurs réelles ne sont pas conservées sur le dessin. Les traits pointillés indiquent habituellement des arêtes cachées.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Dans ce pavé droit, est le plan de la face inférieure, celui de la face supérieure. Les points sont coplanaires. L’arête est verticale dans le solide même si certaines autres arêtes paraissent obliques sur le dessin.
Une figure suggère, les propriétés démontrent
Deux segments qui se croisent sur la feuille ne représentent pas nécessairement deux droites sécantes dans l’espace. Il faut identifier un point commun réel, pas seulement un croisement de leurs projections.
II. Positions relatives
Deux droites
Deux droites coplanaires sont sécantes, parallèles distinctes ou confondues. Si aucun plan ne les contient simultanément, elles sont non coplanaires, dites aussi gauches. Elles ne sont alors ni parallèles ni sécantes. Dans le pavé précédent, et sont parallèles ; et sont sécantes en ; et sont gauches. En effet, le plan passant par et par est le plan de la base, qui ne contient pas .
Une droite et un plan
Trois cas
Une droite peut être contenue dans un plan, être strictement parallèle au plan sans point commun, ou le couper en un unique point. Dans la convention large utilisée ici, une droite contenue est aussi dite parallèle au plan ; préciser strictement parallèle lève l’ambiguïté.
Par exemple , est strictement parallèle à , et coupe en .
Deux plans
Deux plans distincts sont soit parallèles sans point commun, soit sécants suivant une droite. S’ils sont confondus, tous leurs points sont communs. Pour déterminer leur droite d’intersection, trouver deux points distincts appartenant aux deux plans. Un seul point commun ne détermine pas encore la droite.
Exemple - Intersection de deux faces
Les plans et ont et en commun : le second est le plan de la face . Leur intersection est donc . Les deux plans sont distincts, car n’appartient pas à la face .
Construire une section simple
Une section d’un solide par un plan est l’ensemble de leurs points communs. Dans chaque face rencontrée, l’intersection est un segment porté par la droite commune au plan de coupe et au plan de la face.
Exemple - Une coupe parallèle à la base
Un plan parallèle à la base coupe en . Dans les faces et , tracer par les parallèles respectives à et ; elles coupent en et en . La section est le rectangle , où . Les faces opposées étant parallèles, les côtés de la section le sont deux à deux.
Deux points quelconques ne sont pas une justification de plan
Pour utiliser un théorème du plan, indiquer dans quel plan on travaille. Pour conclure que deux droites de l’espace sont parallèles par Thalès, il faut d’abord les placer dans un même triangle plan.
III. Parallélisme dans l’espace
Droite parallèle à un plan
Si une droite est parallèle à une droite contenue dans un plan , alors est parallèle à au sens large. Pour établir le parallélisme strict, vérifier en plus que n’est pas contenue dans .
Exemple - Utiliser une arête
Dans le pavé, et , donc est parallèle au plan de la base. Comme est hors de ce plan, le parallélisme est strict.
Plans parallèles
Deux directions sont nécessaires
Si un plan contient deux droites sécantes respectivement parallèles à deux droites sécantes d’un plan , alors et sont parallèles ou confondus. Si l’on sait qu’ils sont distincts, ils sont strictement parallèles.
Une seule paire de droites parallèles ne suffit pas à prouver que deux plans sont parallèles : deux plans sécants peuvent contenir des droites parallèles à leur intersection. Dans le pavé, et , avec deux directions sécantes dans chaque face. Les plans et sont donc parallèles.
Sections de plans parallèles
Si deux plans parallèles sont coupés par un troisième, suivant deux droites, ces deux droites sont parallèles. C’est ce qui permet de construire des côtés parallèles dans une section. De même, si deux plans sécants contiennent chacun une droite parallèle à une même direction, leur droite d’intersection est parallèle à cette direction. Cette propriété est souvent appelée théorème du toit.
Exemple - Plan parallèle dans un tétraèdre
Dans un tétraèdre , soient les milieux respectifs de . Dans les triangles et , le théorème des milieux donne Les droites sont sécantes en ; sont sécantes en . Ainsi le plan est parallèle au plan . Les trois milieux ne sont pas alignés, puisque ne sont pas coplanaires.
Deux précautions
Deux droites parallèles à un même plan ne sont pas nécessairement parallèles entre elles. Deux plans contenant des droites parallèles ne sont pas nécessairement parallèles : il faut le critère à deux directions sécantes.
IV. Orthogonalité et distances
Droites orthogonales ou perpendiculaires
Deux droites de l’espace sont orthogonales lorsque leurs directions forment un angle droit. Elles sont perpendiculaires lorsqu’elles sont en plus sécantes. Ainsi deux droites gauches peuvent être orthogonales, mais on ne les dit pas perpendiculaires.
Droite perpendiculaire à un plan
Une droite est perpendiculaire à un plan si sa direction est orthogonale à toutes les directions de ce plan. Pour le démontrer, il suffit qu’elle soit orthogonale à deux droites sécantes du plan.
Si la droite passe par le point d’intersection de ces deux droites, on peut dire qu’elle leur est perpendiculaire. La condition de sécance des deux directions du plan est indispensable.
Exemple - Une arête normale à une face
Dans le pavé droit, est perpendiculaire à et à , sécantes dans la face . Donc . Elle est alors orthogonale à toute droite de la base, notamment à sa diagonale , même si ces deux droites ne sont pas sécantes. Deux droites perpendiculaires à un même plan sont parallèles. Deux plans perpendiculaires à une même droite sont parallèles ou confondus.
Projection et distance à un plan
Pour un point et un plan , le projeté orthogonal est le point de tel que lorsque ; si , . La distance de au plan est . Pour tout point , le triangle est rectangle en si et , donc . Cela prouve que est le point du plan le plus proche de .
Plans perpendiculaires
Deux plans sont perpendiculaires lorsque leur angle dièdre est droit. Un critère utile : si un plan contient une droite perpendiculaire à un autre plan, alors ces plans sont perpendiculaires. Dans le pavé, la face contient , normale au plan de la base. Ces deux faces sont donc perpendiculaires. Cela ne veut pas dire que toute droite de l’une est perpendiculaire à toute droite de l’autre : leur arête commune fournit déjà un contre-exemple.
Calculer une diagonale
Pour un pavé de dimensions , une diagonale de base a pour longueur . La diagonale de l’espace a donc pour longueur en appliquant deux fois Pythagore dans deux triangles rectangles identifiés.
V. Aires et volumes de solides
La hauteur est perpendiculaire à la base
La hauteur d’un prisme, d’un cylindre, d’une pyramide ou d’un cône est la distance entre le sommet ou la base supérieure et le plan de la base. Une arête oblique ou une génératrice n’est pas automatiquement une hauteur.
| Solide et données | Volume |
|---|---|
| Pavé droit de dimensions | |
| Cube d’arête | |
| Prisme de base d’aire et de hauteur | |
| Cylindre de rayon et de hauteur | |
| Pyramide de base d’aire et de hauteur | |
| Cône de révolution de rayon et de hauteur | |
| Boule de rayon |
Le volume s’exprime en unités cubes ; une aire en unités carrées. Il faut convertir toutes les longueurs dans une même unité avant d’appliquer les formules.
Aires de surfaces usuelles
L’aire totale d’un pavé est ; celle d’un cube est . Pour un cylindre droit fermé, l’aire totale vaut . Pour un cône de révolution de génératrice , l’aire latérale vaut et l’aire totale . Une sphère a pour aire .
Exemple - Pyramide à base carrée
Une pyramide de base carrée de côté cm et de hauteur cm a pour volume . Si le sommet est à la verticale du centre de la base, la hauteur d’une face triangulaire vaut cm. L’aire latérale vaut , et l’aire totale .
Agrandissement et réduction
Si toutes les longueurs sont multipliées par , les aires sont multipliées par et les volumes par . Une réduction de rapport divise donc une aire par et un volume par . Fin du cours
VI. Exercices corrigés
Exercice 1 - Positions dans un cube
Dans le cube nommé comme la figure du cours, préciser les positions de et , puis de et .
Correction. , car ces arêtes ont la même direction. et sont gauches : le plan contenant et est celui de la base et ne contient pas . Leurs directions sont cependant orthogonales.
Exercice 2 - Intersection de plans
Déterminer l’intersection des plans et du même cube.
Correction. Le plan contient et la droite . Il contient donc la parallèle à passant par , qui est . Le plan est la face : il contient aussi . Les deux plans sont distincts, donc leur intersection est .
Exercice 3 - Diagonales
Un pavé a pour dimensions , et cm. Calculer la diagonale de la base , puis sa diagonale de l’espace.
Correction. La première vaut cm. La seconde vaut cm. Chaque calcul s’effectue dans un triangle rectangle du pavé.
Exercice 4 - Section d’un tétraèdre
Dans un tétraèdre , les points sont les milieux de . Que peut-on dire de par rapport à ?
Correction. L’homothétie de centre et de rapport envoie sur . Les plans sont parallèles, chaque côté image mesure la moitié du côté initial et l’aire du triangle est le quart de celle de .
Exercice 5 - Cône
Un cône de révolution a pour rayon cm et pour hauteur cm. Calculer sa génératrice, son volume et son aire totale.
Correction. cm. . L’aire totale vaut .
Exercice 6 - Projection sur un plan
Un point a pour projeté orthogonal sur un plan , avec cm. Un point vérifie cm. Calculer et la distance de à .
Correction. , donc . Pythagore donne cm. La distance au plan est cm, pas la distance à un point quelconque du plan.