KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures.
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Objectifs. Déterminer un domaine, lire une courbe, étudier la parité et les variations sans dérivation, calculer des extremums et représenter des fonctions usuelles.
I. Définition, images et courbe
Une valeur de départ, une seule image
Une fonction numérique définie sur un ensemble associe à chaque réel un unique réel noté . Le réel est la variable ; est son image. Un antécédent de est un réel tel que . Une même image peut avoir plusieurs antécédents ou aucun. Pour , l’image de est ; a deux antécédents, et , tandis que n’en a aucun dans .
Déterminer l’ensemble de définition
Les contraintes se cumulent
Un dénominateur doit être non nul. Sous une racine carrée réelle, l’expression doit être positive ou nulle. Si plusieurs contraintes apparaissent, on prend leur intersection.
Exemple - Une racine et une fraction
Pour , les conditions sont et . Donc Pour , on étudie le signe du produit : .
Courbe représentative et égalité de fonctions
Dans un repère, la courbe est l’ensemble des points avec . Pour tester si lui appartient, vérifier puis . Deux fonctions sont égales si elles ont le même domaine et donnent la même image à chaque élément de ce domaine. Ainsi et ont la même formule simplifiée pour , mais leurs domaines naturels diffèrent : n’est pas définie en .
Lire une équation ou une inéquation
Les solutions de sont les abscisses des intersections de avec la droite . Pour , on garde les abscisses où la courbe est au-dessus de cette droite, points d’égalité compris. Une lecture graphique donne une valeur approchée si les coordonnées exactes ne sont pas établies.
II. Parité et symétries
Commencer par le domaine
Un ensemble est symétrique par rapport à lorsque entraîne . Par exemple , et sont symétriques ; ne l’est pas.
Paire ou impaire
Une fonction est paire si son domaine est symétrique et si pour tout de ce domaine. Sa courbe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
Elle est impaire si son domaine est symétrique et si pour tout de ce domaine. Sa courbe est symétrique par rapport à l’origine du repère.
Exemple 1 - Une fonction paire
Pour , et Il suffit d’étudier sa courbe pour , puis de compléter par symétrie axiale.
Exemple 2 - Une fonction impaire
Pour , le domaine est car . Puis On complète sa courbe par symétrie centrale de centre .
Une fonction peut n’être ni l’une ni l’autre
Pour , et . On n’a ni ni ; elle n’est ni paire ni impaire. Une fonction impaire définie en vérifie nécessairement , car . La réciproque est fausse : ne rend pas la fonction précédente impaire.
Une vérification sur quelques nombres n’est pas une preuve
Pour prouver la parité, calculer pour tout du domaine. Un seul contre-exemple suffit en revanche pour réfuter une identité annoncée pour toutes les valeurs. La fonction nulle est à la fois paire et impaire.
III. Variations et extremums
Comparer deux images
Soit un intervalle inclus dans . La fonction est croissante sur si, pour tous de , . Elle est strictement croissante si . Pour une fonction décroissante, les inégalités entre les images sont renversées.
Utiliser le taux d’accroissement
Pour dans , on pose . Si pour tous les couples distincts de , est strictement croissante sur . Si pour tous ces couples, elle est strictement décroissante. Si tous ces taux sont nuls, elle est constante.
Le mot tous est essentiel : un taux positif calculé entre deux points particuliers ne suffit pas pour conclure sur tout l’intervalle.
Exemple - Étudier la fonction carré
Pour , et le taux vaut . Sur , ce taux est positif : est strictement croissante. Sur , il est négatif : est strictement décroissante. Pour , avec non nuls, Ce taux est négatif lorsque sont tous deux positifs ou tous deux négatifs. La fonction inverse décroît donc sur chacun des intervalles et .
Maximum et minimum
Une borne atteinte
est un minimum sur si et pour tout . C’est un maximum si pour tout . Le mot extremum désigne un minimum ou un maximum.
Pour , on a toujours , avec égalité en . Le minimum sur est donc , atteint en . En revanche, sur n’a ni minimum ni maximum : les bornes et ne sont pas atteintes.
Ne pas traverser une coupure du domaine
La fonction ne décroît pas sur tout : , mais . Les deux intervalles séparés par doivent être étudiés séparément.
IV. Fonctions affines et trinômes
Fonction affine
Pour , le domaine est et le taux d’accroissement vaut . La fonction est strictement croissante si , strictement décroissante si , et constante si . Sa courbe est une droite d’ordonnée à l’origine .
Forme canonique du second degré
Sommet et axe de symétrie
Pour avec , on écrit La courbe est une parabole de sommet et d’axe . Si , elle décroît jusqu’à , puis croît ; est son minimum. Si , les variations sont inversées et est un maximum.
Exemple - Étude de
On complète le carré : . La fonction décroît sur et croît sur . Le minimum est . Pour construire la courbe, on place le sommet et des points symétriques : , .
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Les intersections avec l’axe horizontal vérifient , donc ou .
Déplacer une courbe connue
Passer de à translate la courbe du vecteur . Le signe devant dans l’argument est opposé au déplacement horizontal. Ainsi se déduit de par un déplacement de vers la droite et de vers le bas.
V. Fonction inverse et fonction homographique
Reconnaître une forme décalée
Pour avec , on exclut . Lorsque , la fonction est homographique et peut s’écrire Sa courbe est une hyperbole de centre , obtenue à partir d’une fonction inverse par déplacement et changement de coefficient. Les droites et sont ses asymptotes.
Exemple - Une étude sans dérivée
Soit . Le domaine est . Le centre de symétrie est ; les asymptotes sont et . Pour situés du même côté de , La fonction est donc strictement décroissante sur chacun des intervalles et . Elle reste sous à gauche et au-dessus à droite. Pour les intersections avec les axes, , et donne , donc . La valeur n’a pas d’antécédent, puisque ne peut pas être nul.
Ne pas appeler hyperbole un cas dégénéré
Si , le quotient peut devenir constant après simplification, sur son domaine seulement. Par exemple pour ; la courbe est alors la droite privée d’un point, et non une hyperbole.
Méthode de lecture et de construction
Pour présenter une étude au tronc commun :
déterminer le domaine et les symétries éventuelles ;
choisir une forme utile : réduite, factorisée ou canonique ;
établir les variations par comparaison ou taux d’accroissement ;
calculer les extremums et quelques points exacts ;
construire la courbe, puis contrôler les signes et les intersections.
Un tableau de valeurs aide à tracer, mais ne démontre pas les variations. Un tableau de variations doit respecter les coupures du domaine ; aucune flèche ne traverse une valeur interdite. Fin du cours
VI. Exercices corrigés
Exercice 1 - Domaine
Déterminer le domaine de .
Correction. Il faut et . Donc . La borne est admise : le numérateur y est nul et le dénominateur vaut .
Exercice 2 - Images et antécédents
Pour , calculer et trouver les antécédents de , puis de .
Correction. . ou . Enfin pour tout réel , donc n’a aucun antécédent.
Exercice 3 - Parité
Étudier la parité de et de sur leurs domaines naturels.
Correction. est symétrique et : est impaire. n’est pas symétrique ; n’est ni paire ni impaire sur ce domaine.
Exercice 4 - Parabole
Étudier les variations et l’extremum de .
Correction. . Elle croît strictement sur , puis décroît strictement sur . Son maximum sur est , atteint en . Le sommet est .
Exercice 5 - Fonction homographique
Étudier : domaine, forme décalée, variations et antécédent de .
Correction. et . Pour d’un même intervalle du domaine, le taux est . Elle décroît donc sur chacun des deux intervalles. , valeur autorisée.
Exercice 6 - Comparer deux courbes
Déterminer les positions relatives de et de .
Correction. . Les courbes se coupent aux abscisses et , soit aux points et . La parabole est au-dessus de la droite pour ou , et en dessous pour .