KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
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Objectifs. Calculer et interpréter les termes d’une suite, déterminer des limites, prouver une convergence et résoudre des récurrences simples. Traduire une évolution commerciale ou financière en précisant les dates, les taux et l’ordre des opérations.
Décrire une évolution discrète
Une suite associe une valeur à chaque entier d’un ensemble d’indices. L’expression est une formule explicite. Une récurrence exige aussi une valeur initiale : elle permet de calculer les termes successivement. Dans un modèle, peut désigner le stock aujourd’hui et le stock après périodes. Une période doit rester la même dans toute la question. Un taux de s’écrit ; augmenter de revient à multiplier par .
Rappels : deux modèles de référence
Arithmétique et géométrique
Si , alors : la différence est constante. Si avec , alors : le coefficient multiplicateur est constant. Pour , on garde au rang , puis tous les termes valent . Si le premier terme est , on écrit ou, pour , .
Une suite arithmétique croît si et décroît si . Pour une suite géométrique positive avec , elle croît si et décroît si . Avec des termes négatifs, il faut étudier , sans appliquer cette règle de signe automatiquement.
Additionner sans perdre un terme
Pour termes consécutifs d’une suite arithmétique, Pour , Si , cette somme vaut . De à inclus, on compte termes.
Exemple - Des versements qui n’ont pas tous la même ancienneté
Avec un coefficient annuel , un versement effectué à la fin de chaque année donne, juste après le troisième versement, . Le dernier versement ne produit encore aucun intérêt. Des versements en début d’année donneraient une autre formule.
Comprendre les limites
Dire que signifie que les termes se rapprochent durablement du réel quand devient grand. La suite est alors convergente. Si , elle finit par dépasser n’importe quel seuil fixé ; elle n’est pas convergente vers un réel. Une suite divergente peut tendre vers un infini ou n’avoir aucune limite. Ainsi alterne entre et : elle ne tend ni vers un réel ni vers un infini.
Les références usuelles
Pour un entier , quand , Les suites inverses sont considérées pour . Ajouter ou retirer un nombre fini de termes initiaux ne modifie pas une limite.
La limite d’une puissance
Pour , la suite tend vers si , vaut constamment si , et tend vers si . On a aussi pour , car . Pour , il y a oscillation ; pour , les deux parités ont des comportements opposés.
Opérations et expressions indéterminées
Si et , alors , , et si . Le quotient doit être défini à partir d’un certain rang. On ne conclut pas directement devant , , ou . On transforme l’expression : factorisation, division par la puissance dominante ou quantité conjuguée.
Exemple - Diviser par la puissance dominante
Exemple - Une différence de racines
La suite tend vers bien que chacune des deux racines tende vers .
Comparaison, encadrement et convergence
Trois résultats utiles
Les inégalités suivantes peuvent être vérifiées seulement à partir d’un certain rang.
Comparer pour déterminer la limite
Si et , alors : c’est le théorème d’encadrement. Si et , alors . Si , avec et , alors .
Une inégalité large se conserve au passage à la limite entre deux suites convergentes. Une inégalité stricte peut devenir une égalité : mais sa limite vaut .
Monotonie et bornes
Une suite est croissante si et décroissante si . Elle est majorée si tous ses termes sont inférieurs ou égaux à un même réel ; minorée si tous sont supérieurs ou égaux à un réel .
Critères admis de convergence
Toute suite croissante et majorée converge vers un réel. Toute suite décroissante et minorée converge vers un réel.
Être bornée ne suffit pas : est bornée. Être monotone ne suffit pas : croît sans limite finie. Les deux hypothèses du critère doivent être établies.
Une récurrence ne donne pas la limite à elle seule
Pour , une démarche sûre est : prouver que les termes restent dans un intervalle ; établir la monotonie et une borne ; en déduire la convergence ; puis seulement calculer la limite. Si et si est continue en , alors . La suite décalée tend aussi vers , d’où On vérifie que est dans le domaine de continuité, par exemple grâce à un intervalle fermé invariant. Résoudre l’équation des points fixes fournit des candidats, pas une preuve de convergence.
Exemple - Une limite transportée par une fonction
Si et , alors par continuité de en . La limite de la fonction composée se calcule au point d’arrivée.
Les récurrences affines dans un modèle
Soit . Si , la suite est arithmétique. Si , posons Puisque , on a . Donc Pour , la suite vaut dès le rang ; on peut traiter ce cas directement sans discuter . Si , . La position par rapport à et le signe de déterminent l’allure des termes.
Exemple - Un portefeuille de clients
Une entreprise conserve de ses clients d’une année à l’autre et en gagne après cette évolution. Le modèle est . Pour , , donc Le modèle croît vers . Les valeurs décimales représentent une prévision : si l’on arrondit chaque année, on définit une autre récurrence.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Capital avec un versement à la fin de chaque période
Un capital initial produit des intérêts au taux par période, puis reçoit un versement . Ainsi et Le premier terme correspond au capital initial ; le second additionne les versements et leurs intérêts. Pour , la formule devient directement . Un retrait constant remplace par une quantité négative ; le modèle doit s’arrêter si ses conditions économiques cessent d’être valables.
Une récurrence homographique guidée
Étudions et . Posons . Son dénominateur est non nul sur .
Un intervalle invariant et une variation
Pour , , donc Ainsi . Une récurrence, initialisée par , montre que tous les termes sont dans cet intervalle. De plus, La suite est décroissante et minorée par , donc elle converge. Sa limite vérifie, par continuité de , Seule la valeur appartient à .
Une transformation révèle une suite géométrique
Posons , bien défini puisque . Les identités donnent . Comme , Le dénominateur est positif car . On retrouve , avec une formule explicite obtenue par une transformation adaptée.
Ce que l’exemple enseigne
Une récurrence rationnelle n’est généralement ni arithmétique ni géométrique. On vérifie d’abord ses dénominateurs et ses bornes. Une suite auxiliaire peut ensuite simplifier un cas particulier ; il n’existe pas de formule unique à appliquer sans vérifier ses conditions.
Calcul numérique raisonné
Un tableur ou une calculatrice permet de calculer des termes, de repérer une variation et de tester un seuil. Ces observations orientent la preuve. Pour une récurrence, chaque ligne utilise le terme précédent, tandis qu’une formule explicite utilise directement l’indice. On conserve assez de chiffres pour ne pas changer artificiellement un seuil.
Exercices corrigés - Évolutions et sommes
Exercice 1 - Une production à hausse constante
Une production mensuelle est de unités le premier mois, puis augmente de unités par mois. Calculer la production du douzième mois et la production totale des douze premiers mois. Solution. Notons . La suite est arithmétique de raison , donc . Ainsi . Il y a douze termes dans la somme : Le rang initial explique le facteur dans la formule.
Exercice 2 - Une dépréciation proportionnelle
Un matériel vaut DH à l’achat. Sa valeur est multipliée par à chaque fin d’année. Donner sa valeur après années et la première année où elle devient inférieure à la moitié du prix initial. Solution. Si , alors . On cherche . Le logarithme donne car et la division inverse le sens. Pour vérifier le premier rang, tandis que . La première année est donc . Le modèle tend vers sans jamais l’atteindre à un rang fini.
Exercice 3 - Épargne avec versements réguliers
Un compte initialement vide reçoit DH à la fin de chaque mois. Entre deux versements, le solde est multiplié par . Calculer le solde juste après le douzième versement. Solution. Si est le solde juste après le -ième versement, et . Le premier versement produit onze périodes d’intérêts, le dernier aucune. Donc Ce résultat est supérieur à DH, somme des versements. La formule ne doit pas être multipliée par : cela ajouterait une période d’intérêts après le dernier versement demandé.
Exercices corrigés - Limites et seuils
Exercice 4 - Un quotient polynomial
Déterminer la limite de . Solution. Pour , divisons par : Le dénominateur limite est . La règle du quotient s’applique après transformation de la forme initiale .
Exercice 5 - Une oscillation de plus en plus faible
Pour , étudier la limite de . Solution. La suite ne converge pas, mais ce n’est pas elle seule que l’on étudie. On écrit Le critère d’encadrement donne . Une suite peut converger sans être monotone.
Exercice 6 - Fidélisation et nombre de clients
Un modèle de clientèle est donné par et . Trouver sa formule, sa limite et le premier rang où la prévision est au moins égale à . Solution. Le point fixe vaut . La suite vérifie et . Donc La suite croît car . La condition équivaut à , soit Pour identifier exactement l’entier, et . Le premier rang est . La limite est un niveau de long terme du modèle ; elle ne signifie pas que la suite atteindra exactement .
Exercices corrigés - Remboursement et convergence
Exercice 7 - Adapter le dernier remboursement
Une dette initiale de DH augmente de par période, puis un paiement de DH est effectué en fin de période tant que la somme due le permet. Déterminer le nombre de paiements et exprimer le dernier paiement. Solution. Tant que le paiement reste , le capital restant dû après paiements vérifie . Le point fixe est et Cette formule peut être calculée au-delà du remboursement pour repérer le premier franchissement, mais une dette négative n’est pas conservée dans le modèle réel. On a donc et la formule donnerait . Il y a dix paiements complets de DH, puis un dernier paiement ajusté à la somme due : Il est positif et inférieur à DH. La dette est alors nulle. Les dix premiers paiements sont possibles car, avant le onzième, les soldes après paiement restent positifs. Tous les taux et frais du modèle sont ceux de l’énoncé ; on ne rajoute aucun coût implicite.
Exercice 8 - Prouver avant de calculer la limite
Soit et . Montrer que la suite converge et déterminer sa limite. Solution. Si , alors . L’intervalle est invariant, et y appartient ; tous les termes y sont donc. Pour , les deux membres étant positifs, La suite est croissante et majorée par , donc converge vers un réel . Par continuité de la racine carrée, La racine est exclue par l’intervalle et par l’équation avant élévation au carré. Ainsi .
Exercices corrigés - Transformation et composition
Exercice 9 - Transformer une récurrence rationnelle
Soit et . Établir que , puis étudier et en déduire une formule et une limite pour . Solution. Posons . Sur , , donc . L’initialisation et une récurrence assurent la propriété demandée. Tous les dénominateurs qui suivent sont strictement positifs. Il en résulte . Comme , L’égalité donne Puisque , . On peut aussi vérifier la décroissance grâce à L’intervalle invariant valide la transformation, et la suite géométrique auxiliaire résout cet exemple particulier.
Exercice 10 - Transmettre une limite à un coût
Une quantité normalisée vérifie et . Un indicateur de coût est . Déterminer sa limite. Que change le remplacement de par ? Solution. La fonction est continue sur et en particulier en . Donc Avec au dénominateur, la limite du dénominateur serait et la fonction ne serait pas définie en . Il serait incorrect d’écrire . Si pour certains rangs, le quotient n’y serait même pas défini. S’il s’approche toujours par valeurs supérieures, le quotient tend vers ; par valeurs inférieures, il tend vers . Les seules données initiales ne permettent donc pas une conclusion unique pour cette variante.