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DaoudMathالرياضيات مع محمد بن داود

Suites numériques et modèles économiques - Cours et exercices corrigés | 2e Bac sciences économiques et gestion

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Calculer et interpréter les termes d’une suite, déterminer des limites, prouver une convergence et résoudre des récurrences simples. Traduire une évolution commerciale ou financière en précisant les dates, les taux et l’ordre des opérations.

Décrire une évolution discrète

Une suite (un)(u_n) associe une valeur à chaque entier d’un ensemble d’indices. L’expression un=f(n)u_n=f(n) est une formule explicite. Une récurrence un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) exige aussi une valeur initiale : elle permet de calculer les termes successivement. Dans un modèle, u0u_0 peut désigner le stock aujourd’hui et unu_n le stock après nn périodes. Une période doit rester la même dans toute la question. Un taux de 3%3\,\% s’écrit 0,030{,}03 ; augmenter de 3%3\,\% revient à multiplier par 1,031{,}03.

Rappels : deux modèles de référence

Arithmétique et géométrique

Si un+1=un+ru_{n+1}=u_n+r, alors un=u0+nru_n=u_0+nr : la différence est constante. Si un+1=qunu_{n+1}=qu_n avec q≠0q\ne0, alors un=u0qnu_n=u_0q^n : le coefficient multiplicateur est constant. Pour q=0q=0, on garde u0u_0 au rang 00, puis tous les termes valent 00. Si le premier terme est upu_p, on écrit un=up+(n−p)ru_n=u_p+(n-p)r ou, pour q≠0q\ne0, un=upqn−pu_n=u_pq^{n-p}.

Une suite arithmétique croît si r>0r>0 et décroît si r<0r<0. Pour une suite géométrique positive avec q>0q>0, elle croît si q>1q>1 et décroît si 0<q<10<q<1. Avec des termes négatifs, il faut étudier un+1−unu_{n+1}-u_n, sans appliquer cette règle de signe automatiquement.

Additionner sans perdre un terme

Pour N≥1N\ge1 termes consécutifs d’une suite arithmétique, somme=Npremier terme+dernier terme2.\boxed{\text{somme}=N\,\frac{\text{premier terme}+\text{dernier terme}}2}. Pour q≠1q\ne1, 1+q+⋯+qN−1=1−qN1−q.\boxed{1+q+\cdots+q^{N-1}=\frac{1-q^N}{1-q}}. Si q=1q=1, cette somme vaut NN. De upu_p à unu_n inclus, on compte n−p+1n-p+1 termes.

Exemple - Des versements qui n’ont pas tous la même ancienneté

Avec un coefficient annuel qq, un versement VV effectué à la fin de chaque année donne, juste après le troisième versement, Vq2+Vq+VVq^2+Vq+V. Le dernier versement ne produit encore aucun intérêt. Des versements en début d’année donneraient une autre formule.

Comprendre les limites

Dire que un→ℓu_n\to\ell signifie que les termes se rapprochent durablement du réel ℓ\ell quand nn devient grand. La suite est alors convergente. Si un→+∞u_n\to+\infty, elle finit par dépasser n’importe quel seuil fixé ; elle n’est pas convergente vers un réel. Une suite divergente peut tendre vers un infini ou n’avoir aucune limite. Ainsi (−1)n(-1)^n alterne entre 11 et −1-1 : elle ne tend ni vers un réel ni vers un infini.

Les références usuelles

Pour un entier p≥1p\ge1, quand n→+∞n\to+\infty, n→+∞,np→+∞,n→+∞,1np→0,1n→0.n\to+\infty,\quad n^p\to+\infty,\quad\sqrt n\to+\infty, \qquad\frac1{n^p}\to0,\quad\frac1{\sqrt n}\to0. Les suites inverses sont considérées pour n≥1n\ge1. Ajouter ou retirer un nombre fini de termes initiaux ne modifie pas une limite.

La limite d’une puissance

Pour q>0q>0, la suite qnq^n tend vers 00 si 0<q<10<q<1, vaut constamment 11 si q=1q=1, et tend vers +∞+\infty si q>1q>1. On a aussi qn→0q^n\to0 pour −1<q<0-1<q<0, car |qn|=|q|n→0|q^n|=|q|^n\to0. Pour q=−1q=-1, il y a oscillation ; pour q<−1q<-1, les deux parités ont des comportements opposés.

Opérations et expressions indéterminées

Si un→au_n\to a et vn→bv_n\to b, alors un+vn→a+bu_n+v_n\to a+b, unvn→abu_nv_n\to ab, et un/vn→a/bu_n/v_n\to a/b si b≠0b\ne0. Le quotient doit être défini à partir d’un certain rang. On ne conclut pas directement devant ∞−∞\infty-\infty, 0×∞0\times\infty, ∞/∞\infty/\infty ou 0/00/0. On transforme l’expression : factorisation, division par la puissance dominante ou quantité conjuguée.

Exemple - Diviser par la puissance dominante

un=5n2+n−22n2+3=5+1/n−2/n22+3/n2→52.u_n=\frac{5n^2+n-2}{2n^2+3} =\frac{5+1/n-2/n^2}{2+3/n^2}\longrightarrow\frac52.

Exemple - Une différence de racines

n+4−n=4n+4+n→0.\sqrt{n+4}-\sqrt n=\frac4{\sqrt{n+4}+\sqrt n}\longrightarrow0. La suite tend vers 00 bien que chacune des deux racines tende vers +∞+\infty.

Comparaison, encadrement et convergence

Trois résultats utiles

Les inégalités suivantes peuvent être vérifiées seulement à partir d’un certain rang.

Comparer pour déterminer la limite

Si un≤vn≤wnu_n\le v_n\le w_n et un,wn→ℓu_n,w_n\to\ell, alors vn→ℓv_n\to\ell : c’est le théorème d’encadrement. Si vn≥unv_n\ge u_n et un→+∞u_n\to+\infty, alors vn→+∞v_n\to+\infty. Si |vn−ℓ|≤an|v_n-\ell|\le a_n, avec an≥0a_n\ge0 et an→0a_n\to0, alors vn→ℓv_n\to\ell.

Une inégalité large se conserve au passage à la limite entre deux suites convergentes. Une inégalité stricte peut devenir une égalité : 1/n>01/n>0 mais sa limite vaut 00.

Monotonie et bornes

Une suite est croissante si un+1≥unu_{n+1}\ge u_n et décroissante si un+1≤unu_{n+1}\le u_n. Elle est majorée si tous ses termes sont inférieurs ou égaux à un même réel MM ; minorée si tous sont supérieurs ou égaux à un réel mm.

Critères admis de convergence

Toute suite croissante et majorée converge vers un réel. Toute suite décroissante et minorée converge vers un réel.

Être bornée ne suffit pas : (−1)n(-1)^n est bornée. Être monotone ne suffit pas : nn croît sans limite finie. Les deux hypothèses du critère doivent être établies.

Une récurrence ne donne pas la limite à elle seule

Pour un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n), une démarche sûre est : prouver que les termes restent dans un intervalle ; établir la monotonie et une borne ; en déduire la convergence ; puis seulement calculer la limite. Si un→ℓu_n\to\ell et si ff est continue en ℓ\ell, alors f(un)→f(ℓ)f(u_n)\to f(\ell). La suite décalée un+1u_{n+1} tend aussi vers ℓ\ell, d’où ℓ=f(ℓ).\boxed{\ell=f(\ell)}. On vérifie que ℓ\ell est dans le domaine de continuité, par exemple grâce à un intervalle fermé invariant. Résoudre l’équation des points fixes fournit des candidats, pas une preuve de convergence.

Exemple - Une limite transportée par une fonction

Si un→3u_n\to3 et un≥0u_n\ge0, alors vn=un+1→2v_n=\sqrt{u_n+1}\to2 par continuité de x↦x+1x\mapsto\sqrt{x+1} en 33. La limite de la fonction composée se calcule au point d’arrivée.

Les récurrences affines dans un modèle

Soit un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b. Si a=1a=1, la suite est arithmétique. Si a≠1a\ne1, posons L=b1−a,vn=un−L.L=\frac b{1-a},\qquad v_n=u_n-L. Puisque aL+b=LaL+b=L, on a vn+1=avnv_{n+1}=av_n. Donc un=L+(u0−L)an(a≠1).\boxed{u_n=L+(u_0-L)a^n}\quad(a\ne1). Pour a=0a=0, la suite vaut bb dès le rang 11 ; on peut traiter ce cas directement sans discuter 000^0. Si |a|<1|a|<1, un→Lu_n\to L. La position par rapport à LL et le signe de aa déterminent l’allure des termes.

Exemple - Un portefeuille de clients

Une entreprise conserve 90%90\,\% de ses clients d’une année à l’autre et en gagne 8080 après cette évolution. Le modèle est un+1=0,9un+80u_{n+1}=0{,}9u_n+80. Pour u0=300u_0=300, L=800L=800, donc un=800−500(0,9)n.u_n=800-500(0{,}9)^n. Le modèle croît vers 800800. Les valeurs décimales représentent une prévision : si l’on arrondit chaque année, on définit une autre récurrence.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

Capital avec un versement à la fin de chaque période

Un capital initial C0C_0 produit des intérêts au taux i>0i>0 par période, puis reçoit un versement VV. Ainsi Cn+1=(1+i)Cn+VC_{n+1}=(1+i)C_n+V et Cn=C0(1+i)n+V(1+i)n−1i.\boxed{C_n=C_0(1+i)^n+V\frac{(1+i)^n-1}{i}}. Le premier terme correspond au capital initial ; le second additionne les versements et leurs intérêts. Pour i=0i=0, la formule devient directement Cn=C0+nVC_n=C_0+nV. Un retrait constant remplace +V+V par une quantité négative ; le modèle doit s’arrêter si ses conditions économiques cessent d’être valables.

Une récurrence homographique guidée

Étudions u0=4u_0=4 et un+1=(3un+2)/(un+2)u_{n+1}=(3u_n+2)/(u_n+2). Posons f(x)=(3x+2)/(x+2)f(x)=(3x+2)/(x+2). Son dénominateur est non nul sur [2;4][2;4].

Un intervalle invariant et une variation

Pour x∈[2;4]x\in[2;4], f′(x)=4/(x+2)2>0f'(x)=4/(x+2)^2>0, donc 2=f(2)≤f(x)≤f(4)=73<4.2=f(2)\le f(x)\le f(4)=\frac73<4. Ainsi f([2;4])⊂[2;4]f([2;4])\subset[2;4]. Une récurrence, initialisée par u0=4u_0=4, montre que tous les termes sont dans cet intervalle. De plus, f(x)−x=−(x−2)(x+1)x+2≤0(x∈[2;4]).f(x)-x=-\frac{(x-2)(x+1)}{x+2}\le0\quad(x\in[2;4]). La suite est décroissante et minorée par 22, donc elle converge. Sa limite ℓ∈[2;4]\ell\in[2;4] vérifie, par continuité de ff, ℓ=3ℓ+2ℓ+2⇔(ℓ−2)(ℓ+1)=0.\ell=\frac{3\ell+2}{\ell+2}\iff(\ell-2)(\ell+1)=0. Seule la valeur ℓ=2\ell=2 appartient à [2;4][2;4].

Une transformation révèle une suite géométrique

Posons vn=(un−2)/(un+1)v_n=(u_n-2)/(u_n+1), bien défini puisque un≥2u_n\ge2. Les identités f(x)−2=x−2x+2,f(x)+1=4(x+1)x+2f(x)-2=\frac{x-2}{x+2},\qquad f(x)+1=\frac{4(x+1)}{x+2} donnent vn+1=vn/4v_{n+1}=v_n/4. Comme v0=2/5v_0=2/5, vn=25⋅4n,un=2+vn1−vn.v_n=\frac{2}{5\cdot4^n},\qquad \boxed{u_n=\frac{2+v_n}{1-v_n}}. Le dénominateur est positif car 0<vn≤2/5<10<v_n\le2/5<1. On retrouve un→2u_n\to2, avec une formule explicite obtenue par une transformation adaptée.

Ce que l’exemple enseigne

Une récurrence rationnelle n’est généralement ni arithmétique ni géométrique. On vérifie d’abord ses dénominateurs et ses bornes. Une suite auxiliaire peut ensuite simplifier un cas particulier ; il n’existe pas de formule unique à appliquer sans vérifier ses conditions.

Calcul numérique raisonné

Un tableur ou une calculatrice permet de calculer des termes, de repérer une variation et de tester un seuil. Ces observations orientent la preuve. Pour une récurrence, chaque ligne utilise le terme précédent, tandis qu’une formule explicite utilise directement l’indice. On conserve assez de chiffres pour ne pas changer artificiellement un seuil.

Exercices corrigés - Évolutions et sommes

Exercice 1 - Une production à hausse constante

Une production mensuelle est de 12001\,200 unités le premier mois, puis augmente de 7575 unités par mois. Calculer la production du douzième mois et la production totale des douze premiers mois. Solution. Notons p1=1200p_1=1\,200. La suite est arithmétique de raison 7575, donc pn=1200+75(n−1)p_n=1\,200+75(n-1). Ainsi p12=2025p_{12}=2\,025. Il y a douze termes dans la somme : ∑n=112pn=121200+20252=19350 unités.\boxed{\sum_{n=1}^{12}p_n=12\,\frac{1\,200+2\,025}{2}=19\,350\text{ unités}}. Le rang initial 11 explique le facteur n−1n-1 dans la formule.

Exercice 2 - Une dépréciation proportionnelle

Un matériel vaut 8000080\,000 DH à l’achat. Sa valeur est multipliée par 0,850{,}85 à chaque fin d’année. Donner sa valeur après nn années et la première année où elle devient inférieure à la moitié du prix initial. Solution. Si V0=80000V_0=80\,000, alors Vn=80000(0,85)nV_n=80\,000(0{,}85)^n. On cherche (0,85)n<1/2(0{,}85)^n<1/2. Le logarithme donne n>ln⁡(1/2)ln⁡(0,85),n>\frac{\ln(1/2)}{\ln(0{,}85)}, car ln⁡(0,85)<0\ln(0{,}85)<0 et la division inverse le sens. Pour vérifier le premier rang, 0,854=0,52200625>1/20{,}85^4=0{,}52200625>1/2 tandis que 0,855=0,4437053125<1/20{,}85^5=0{,}4437053125<1/2. La première année est donc n=5\boxed{n=5}. Le modèle tend vers 00 sans jamais l’atteindre à un rang fini.

Exercice 3 - Épargne avec versements réguliers

Un compte initialement vide reçoit 10001\,000 DH à la fin de chaque mois. Entre deux versements, le solde est multiplié par 1,0051{,}005. Calculer le solde juste après le douzième versement. Solution. Si CnC_n est le solde juste après le nn-ième versement, C0=0C_0=0 et Cn+1=1,005Cn+1000C_{n+1}=1{,}005C_n+1\,000. Le premier versement produit onze périodes d’intérêts, le dernier aucune. Donc C12=10001,00512−10,005.\boxed{C_{12}=1\,000\frac{1{,}005^{12}-1}{0{,}005}}. Ce résultat est supérieur à 1200012\,000 DH, somme des versements. La formule ne doit pas être multipliée par 1,0051{,}005 : cela ajouterait une période d’intérêts après le dernier versement demandé.

Exercices corrigés - Limites et seuils

Exercice 4 - Un quotient polynomial

Déterminer la limite de un=(3n2−2n+7)/(2n2+1)u_n=(3n^2-2n+7)/(2n^2+1). Solution. Pour n≥1n\ge1, divisons par n2n^2 : un=3−2/n+7/n22+1/n2→32.u_n=\frac{3-2/n+7/n^2}{2+1/n^2}\longrightarrow\boxed{\frac32}. Le dénominateur limite est 2≠02\ne0. La règle du quotient s’applique après transformation de la forme initiale ∞/∞\infty/\infty.

Exercice 5 - Une oscillation de plus en plus faible

Pour n≥1n\ge1, étudier la limite de vn=(n+(−1)n)/nv_n=(n+(-1)^n)/n. Solution. La suite (−1)n(-1)^n ne converge pas, mais ce n’est pas elle seule que l’on étudie. On écrit vn=1+(−1)nn,|vn−1|=1n→0.v_n=1+\frac{(-1)^n}{n},\qquad |v_n-1|=\frac1n\longrightarrow0. Le critère d’encadrement donne vn→1\boxed{v_n\to1}. Une suite peut converger sans être monotone.

Exercice 6 - Fidélisation et nombre de clients

Un modèle de clientèle est donné par u0=200u_0=200 et un+1=0,8un+120u_{n+1}=0{,}8u_n+120. Trouver sa formule, sa limite et le premier rang où la prévision est au moins égale à 550550. Solution. Le point fixe vaut L=120/(1−0,8)=600L=120/(1-0{,}8)=600. La suite vn=un−600v_n=u_n-600 vérifie vn+1=0,8vnv_{n+1}=0{,}8v_n et v0=−400v_0=-400. Donc un=600−400(0,8)n,un→600.\boxed{u_n=600-400(0{,}8)^n},\qquad\boxed{u_n\to600}. La suite croît car un+1−un=80(0,8)n>0u_{n+1}-u_n=80(0{,}8)^n>0. La condition un≥550u_n\ge550 équivaut à (0,8)n≤1/8(0{,}8)^n\le1/8, soit n≥ln⁡(1/8)ln⁡(0,8).n\ge\frac{\ln(1/8)}{\ln(0{,}8)}. Pour identifier exactement l’entier, 0,89=0,134217728>0,1250{,}8^9=0{,}134217728>0{,}125 et 0,810=0,1073741824<0,1250{,}8^{10}=0{,}1073741824<0{,}125. Le premier rang est 10\boxed{10}. La limite est un niveau de long terme du modèle ; elle ne signifie pas que la suite atteindra exactement 600600.

Exercices corrigés - Remboursement et convergence

Exercice 7 - Adapter le dernier remboursement

Une dette initiale de 1000010\,000 DH augmente de 2%2\,\% par période, puis un paiement de 11001\,100 DH est effectué en fin de période tant que la somme due le permet. Déterminer le nombre de paiements et exprimer le dernier paiement. Solution. Tant que le paiement reste 11001\,100, le capital restant dû après nn paiements vérifie Dn+1=1,02Dn−1100D_{n+1}=1{,}02D_n-1\,100. Le point fixe est 5500055\,000 et Dn=55000−45000(1,02)n.D_n=55\,000-45\,000(1{,}02)^n. Cette formule peut être calculée au-delà du remboursement pour repérer le premier franchissement, mais une dette négative n’est pas conservée dans le modèle réel. On a 1,0210<119<1,0211,1{,}02^{10}<\frac{11}{9}<1{,}02^{11}, donc D10>0D_{10}>0 et la formule donnerait D11<0D_{11}<0. Il y a dix paiements complets de 11001\,100 DH, puis un dernier paiement ajusté à la somme due : P11=1,02D10=1,02(55000−45000(1,02)10).\boxed{P_{11}=1{,}02D_{10} =1{,}02\bigl(55\,000-45\,000(1{,}02)^{10}\bigr)}. Il est positif et inférieur à 11001\,100 DH. La dette est alors nulle. Les dix premiers paiements sont possibles car, avant le onzième, les soldes après paiement restent positifs. Tous les taux et frais du modèle sont ceux de l’énoncé ; on ne rajoute aucun coût implicite.

Exercice 8 - Prouver avant de calculer la limite

Soit u0=1u_0=1 et un+1=2+unu_{n+1}=\sqrt{2+u_n}. Montrer que la suite converge et déterminer sa limite. Solution. Si 1≤x≤21\le x\le2, alors 3≤2+x≤2\sqrt3\le\sqrt{2+x}\le2. L’intervalle [1;2][1;2] est invariant, et u0u_0 y appartient ; tous les termes y sont donc. Pour x∈[1;2]x\in[1;2], les deux membres étant positifs, 2+x≥x⇔2+x≥x2⇔(x−2)(x+1)≤0.\sqrt{2+x}\ge x\iff 2+x\ge x^2 \iff(x-2)(x+1)\le0. La suite est croissante et majorée par 22, donc converge vers un réel ℓ∈[1;2]\ell\in[1;2]. Par continuité de la racine carrée, ℓ=2+ℓ⇒(ℓ−2)(ℓ+1)=0.\ell=\sqrt{2+\ell}\quad\Longrightarrow\quad(\ell-2)(\ell+1)=0. La racine −1-1 est exclue par l’intervalle et par l’équation avant élévation au carré. Ainsi ℓ=2\boxed{\ell=2}.

Exercices corrigés - Transformation et composition

Exercice 9 - Transformer une récurrence rationnelle

Soit w0=5w_0=5 et wn+1=(2wn+3)/(wn+4)w_{n+1}=(2w_n+3)/(w_n+4). Établir que wn∈[1;5]w_n\in[1;5], puis étudier vn=(wn−1)/(wn+3)v_n=(w_n-1)/(w_n+3) et en déduire une formule et une limite pour wnw_n. Solution. Posons f(x)=(2x+3)/(x+4)f(x)=(2x+3)/(x+4). Sur [1;5][1;5], f′(x)=5/(x+4)2>0f'(x)=5/(x+4)^2>0, donc f([1;5])=[1;13/9]⊂[1;5]f([1;5])=[1;13/9]\subset[1;5]. L’initialisation w0=5w_0=5 et une récurrence assurent la propriété demandée. Tous les dénominateurs qui suivent sont strictement positifs. f(x)−1=x−1x+4,f(x)+3=5(x+3)x+4.f(x)-1=\frac{x-1}{x+4},\qquad f(x)+3=\frac{5(x+3)}{x+4}. Il en résulte vn+1=vn/5v_{n+1}=v_n/5. Comme v0=4/8=1/2v_0=4/8=1/2, vn=12⋅5n.v_n=\frac1{2\cdot5^n}. L’égalité vn(wn+3)=wn−1v_n(w_n+3)=w_n-1 donne wn=1+3vn1−vnavec 0<vn≤12<1.\boxed{w_n=\frac{1+3v_n}{1-v_n}} \quad\text{avec }0<v_n\le\frac12<1. Puisque vn→0v_n\to0, wn→1\boxed{w_n\to1}. On peut aussi vérifier la décroissance grâce à f(x)−x=−(x−1)(x+3)x+4≤0(x∈[1;5]).f(x)-x=-\frac{(x-1)(x+3)}{x+4}\le0\quad(x\in[1;5]). L’intervalle invariant valide la transformation, et la suite géométrique auxiliaire résout cet exemple particulier.

Exercice 10 - Transmettre une limite à un coût

Une quantité normalisée qnq_n vérifie qn≥0q_n\ge0 et qn→4q_n\to4. Un indicateur de coût est cn=(3qn2+1)/(qn+2)c_n=(3q_n^2+1)/(q_n+2). Déterminer sa limite. Que change le remplacement de qn+2q_n+2 par qn−4q_n-4 ? Solution. La fonction f(x)=(3x2+1)/(x+2)f(x)=(3x^2+1)/(x+2) est continue sur [0;+∞[[0;+\infty[ et en particulier en 44. Donc cn→f(4)=496.\boxed{c_n\longrightarrow f(4)=\frac{49}{6}}. Avec qn−4q_n-4 au dénominateur, la limite du dénominateur serait 00 et la fonction ne serait pas définie en 44. Il serait incorrect d’écrire 49/049/0. Si qn=4q_n=4 pour certains rangs, le quotient n’y serait même pas défini. S’il s’approche toujours par valeurs supérieures, le quotient tend vers +∞+\infty ; par valeurs inférieures, il tend vers −∞-\infty. Les seules données initiales ne permettent donc pas une conclusion unique pour cette variante.