الانتقال إلى المحتوى
DaoudMathالرياضيات مع محمد بن داود

Suites numériques et limites - Cours et exercices corrigés | 2e Bac lettres et sciences humaines

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

Ouvrir et télécharger le cours en PDF

Sur téléphone, utilisez le bouton ci-dessus pour agrandir le document. La lecture est accessible sans inscription.


Objectifs. Passer d’une règle de récurrence à une expression explicite, représenter les termes d’une suite et calculer des limites simples. Interpréter les résultats dans des situations discrètes. Ce chapitre concerne également la filière Langue arabe de l’enseignement originel.

Des termes, des rangs et deux modèles usuels

Une suite (un)(u_n) associe un nombre à chaque rang entier de son ensemble de définition. Une formule explicite donne directement unu_n; une récurrence donne le terme suivant à partir d’un terme connu. La donnée du premier terme est alors indispensable.

Un rang n’est pas une durée continue

Si u0=7u_0=7 et un+1=2un−1u_{n+1}=2u_n-1, alors u1=13u_1=13, u2=25u_2=25 et u3=49u_3=49. Pour calculer u3u_3, on applique trois fois la règle. Les points représentant la suite ont pour abscisses 0,1,2,3,…0,1,2,3,\ldots; on ne relie pas automatiquement ces points.

Suite arithmétique

La différence un+1−unu_{n+1}-u_n est une constante rr, appelée raison. Pour n≥pn\geq p, un=up+(n−p)r,up+up+1+⋯+un=(n−p+1)up+un2.\boxed{u_n=u_p+(n-p)r},\qquad u_p+u_{p+1}+\cdots+u_n=(n-p+1)\frac{u_p+u_n}{2}. Il y a n−p+1n-p+1 termes dans cette somme. La suite est croissante si r>0r>0, décroissante si r<0r<0, constante si r=0r=0.

Suite géométrique

La relation est un+1=qunu_{n+1}=qu_n, où qq est constant. Si q≠0q\ne0, un=upqn−p.\boxed{u_n=u_pq^{n-p}}. Si q=0q=0, le terme au rang pp reste upu_p, puis tous les termes suivants sont nuls : on traite ce cas directement. Pour une somme de m≥1m\geq1 termes de premier terme vv, v+vq+⋯+vqm−1=v1−qm1−q(q≠1).\boxed{v+vq+\cdots+vq^{m-1}=v\frac{1-q^m}{1-q}}\quad(q\ne1). Si q=1q=1, la somme vaut mvmv. Lorsque q<0q<0, les signes peuvent alterner : la suite n’est pas automatiquement monotone.

Une évolution à pourcentage constant

Une quantité initiale de 500500 diminue de 10%10\% à chaque étape. Elle est multipliée par 0,90{,}9, donc un=500(0,9)nu_n=500(0{,}9)^n. Retrancher 5050 à chaque étape produirait une autre suite, arithmétique.

Étudier une récurrence affine

On considère un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b, avec a,ba,b constants. Si a≠1a\ne1, cherchons le nombre fixe ℓ\ell satisfaisant ℓ=aℓ+b\ell=a\ell+b. Il vaut ℓ=b/(1−a)\ell=b/(1-a). En soustrayant les deux relations, un+1−ℓ=a(un−ℓ).u_{n+1}-\ell=a(u_n-\ell). La suite vn=un−ℓv_n=u_n-\ell est donc géométrique. Pour a≠0,1a\ne0,1,

Expression explicite

un=ℓ+(u0−ℓ)an,ℓ=b1−a.u_n=\ell+(u_0-\ell)a^n,\qquad \ell=\frac{b}{1-a}. Pour a=0a=0, on a directement un=bu_n=b dès n≥1n\geq1. Pour a=1a=1, la suite est arithmétique : un=u0+nbu_n=u_0+nb.

Une fréquentation qui se rapproche d’un équilibre

Un modèle de fréquentation hebdomadaire donne u0=40u_0=40 et un+1=0,75un+20u_{n+1}=0{,}75u_n+20. Le nombre fixe vaut 8080. Ainsi un−80=−40(0,75)nu_n-80=-40(0{,}75)^n, donc un=80−40(0,75)n.\boxed{u_n=80-40(0{,}75)^n}. Les premiers termes sont 4040, 5050, 57,557{,}5, 63,12563{,}125. Il s’agit de valeurs moyennes dans le modèle : elles peuvent ne pas être entières. Pour tout nn, un<80u_n<80 et un+1−un=10(0,75)n>0.u_{n+1}-u_n=10(0{,}75)^n>0.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

La droite pointillée indique l’équilibre 8080. Les points représentent les termes effectivement définis. On peut aussi construire les termes avec les droites y=0,75x+20y=0{,}75x+20 et y=xy=x : monter jusqu’à la première droite, puis reporter horizontalement sur la seconde. Le calcul exact reste nécessaire pour justifier une propriété.

Limites de référence et calculs

Dire que unu_n tend vers un réel LL signifie que ses termes finissent par rester aussi proches de LL que souhaité. Dire que unu_n tend vers +∞+\infty signifie qu’ils dépassent finalement toute borne fixée. Cette lecture intuitive accompagne ici les règles admises, sans définition théorique supplémentaire.

Suites de référence

Lorsque nn tend vers +∞+\infty, n,n2,n3,n,np→+∞(p∈ℕ,p≥1),n,\ n^2,\ n^3,\ \sqrt n,\ n^p\longrightarrow+\infty\quad(p\in\mathbb{N},\ p\geq1), 1n,1n2,1n3,1n,1np→0.\frac1n,\ \frac1{n^2},\ \frac1{n^3},\ \frac1{\sqrt n},\ \frac1{n^p}\longrightarrow0. Ces inverses sont utilisés pour n≥1n\geq1. Une suite constante égale à cc a pour limite cc.

Opérations et précautions

Si un→Lu_n\to L et vn→Mv_n\to M avec L,ML,M réels, alors un+vn→L+M,unvn→LM.u_n+v_n\to L+M,\qquad u_nv_n\to LM. Si M≠0M\ne0, alors un/vn→L/Mu_n/v_n\to L/M, le quotient étant défini pour les rangs considérés. Les règles avec des limites infinies s’utilisent en conservant les signes. Les écritures ∞−∞\infty-\infty, 0×∞0\times\infty, ∞/∞\infty/\infty et 0/00/0 ne donnent pas de résultat : il faut transformer l’expression.

Comparer les degrés

Pour n≥1n\geq1, 3n2+2n−1n2+4=3+2/n−1/n21+4/n2→3.\frac{3n^2+2n-1}{n^2+4}=\frac{3+2/n-1/n^2}{1+4/n^2}\longrightarrow3. On divise par la plus grande puissance utile, et non pas par un symbole infini. De même −2n2+5n=n2(−2+5/n)→−∞-2n^2+5n=n^2(-2+5/n)\to-\infty.

Une différence de racines

Pour n≥1n\geq1, n+1−n=1n+1+n→0.\sqrt{n+1}-\sqrt n=\frac{1}{\sqrt{n+1}+\sqrt n}\longrightarrow0. La multiplication par la quantité conjuguée révèle un quotient. Le fait que les deux racines tendent vers +∞+\infty ne suffisait pas à conclure.

Une limite décrit les rangs lointains

Modifier un nombre fini de premiers termes ne change pas la limite. En revanche, une suite peut alterner indéfiniment : une impression tirée de trois termes ne décide pas de sa convergence.

Puissances géométriques et suites affines

La raison commande le comportement

Pour une raison réelle qq, les puissances qnq^n ont les comportements suivants :

Condition Comportement de qnq^n
q>1q>1 tend vers +∞+\infty
q=1q=1 vaut 11
−1<q<1-1<q<1 tend vers 00
q=−1q=-1 alterne entre 11 et −1-1, sans limite
q<−1q<-1 valeurs absolues non bornées et signes alternés, sans limite

Pour q=0q=0, on considère les puissances aux rangs n≥1n\geq1; la suite géométrique elle-même est définie au rang initial par son terme donné. Pour q<−1q<-1, il ne faut pas écrire une limite +∞+\infty : les rangs impairs donnent des valeurs négatives.

En déduire une limite affine

Pour a≠0,1a\ne0,1, on utilise un=ℓ+(u0−ℓ)anu_n=\ell+(u_0-\ell)a^n.

  • Si |a|<1|a|<1, alors un→ℓu_n\to\ell, même lorsque les termes oscillent autour de ℓ\ell.

  • Si a>1a>1, le signe de u0−ℓu_0-\ell décide entre +∞+\infty, −∞-\infty ou la suite constante ℓ\ell.

  • Si a=−1a=-1 et u0≠ℓu_0\ne\ell, la suite alterne entre deux valeurs distinctes. Si a<−1a<-1 et u0≠ℓu_0\ne\ell, les écarts à ℓ\ell alternent avec une amplitude croissante.

Le cas a=0a=0 est constant dès le rang 11. Pour a=1a=1, on étudie u0+nbu_0+nb selon le signe de bb.

Converger sans être monotone

Si wn=5+3(−0,4)nw_n=5+3(-0{,}4)^n, alors wn→5w_n\to5. Les rangs pairs donnent des valeurs supérieures à 55 et les rangs impairs des valeurs inférieures. La convergence ne signifie donc pas que tous les termes arrivent du même côté.

Le point fixe ne prouve pas la convergence

Si une suite affine possède une limite finie LL, la relation de récurrence impose L=aL+bL=aL+b. Cette équation donne seulement une limite possible. Pour un+1=2un−3u_{n+1}=2u_n-3 avec u0=4u_0=4, le point fixe est 33, mais un=3+2n→+∞u_n=3+2^n\to+\infty.

Pour vérifier une réponse, confronter la formule explicite au terme initial et à la récurrence. Ces deux contrôles détectent souvent une erreur de signe ou de rang.

Exercices corrigés - Modèles et formules

Exercice 1 - Une progression régulière

Une bibliothèque reçoit 120120 inscriptions durant la semaine de rang 00, puis 1515 de plus chaque semaine. Déterminer les inscriptions de la semaine 88 et le total des semaines 00 à 88. Solution. La suite est arithmétique de raison 1515 : un=120+15n,u8=240.u_n=120+15n,\qquad \boxed{u_8=240}. Les semaines de 00 à 88 sont au nombre de 99, donc S=9120+2402=1620.S=9\frac{120+240}{2}=\boxed{1620}. Le total n’est pas 8u88u_8 : les effectifs changent, et le rang initial compte.

Exercice 2 - Une raison négative

Soit u0=16u_0=16 et un+1=−12unu_{n+1}=-\tfrac12u_n. Donner u3u_3, la somme u0+⋯+u4u_0+\cdots+u_4 et la limite. Solution. La formule est un=16(−1/2)nu_n=16(-1/2)^n, d’où u3=−2u_3=-2. La somme a cinq termes : S=161−(−1/2)51+1/2=11.S=16\frac{1-(-1/2)^5}{1+1/2}=\boxed{11}. On peut vérifier 16−8+4−2+1=1116-8+4-2+1=11. Puisque |−1/2|<1|-1/2|<1, un→0u_n\to0. L’alternance de signe n’empêche pas cette limite.

Exercice 3 - Transformer une récurrence

On donne u0=10u_0=10 et un+1=23un+4u_{n+1}=\tfrac23u_n+4. Déterminer unu_n, son sens de variation et sa limite. Solution. Le point fixe est 1212. Avec vn=un−12v_n=u_n-12, vn+1=23vn,v0=−2.v_{n+1}=\tfrac23v_n,\qquad v_0=-2. Donc un=12−2(2/3)n.\boxed{u_n=12-2(2/3)^n}. On obtient un+1−un=23(2/3)n>0u_{n+1}-u_n=\tfrac23(2/3)^n>0. La suite croît et reste strictement inférieure à 1212. Enfin (2/3)n→0(2/3)^n\to0, donc un→12u_n\to12. Cette conclusion provient ici de la formule explicite.

Exercices corrigés - Seuils et limites

Exercice 4 - Atteindre la moitié d’un écart

Un modèle donne un=100−80(0,8)nu_n=100-80(0{,}8)^n. Trouver le premier rang où un≥60u_n\geq60. Solution. La condition équivaut à 80(0,8)n≤40⇔(0,8)n≤0,5.80(0{,}8)^n\leq40\quad\Longleftrightarrow\quad(0{,}8)^n\leq0{,}5. La suite (0,8)n(0{,}8)^n décroît strictement. Or (0,8)3=0,512>0,5(0{,}8)^3=0{,}512>0{,}5 et (0,8)4=0,4096<0,5(0{,}8)^4=0{,}4096<0{,}5. Le premier rang est donc n=4\boxed{n=4}. Le contrôle des deux rangs voisins établit qu’il s’agit du premier.

Exercice 5 - Quotient de polynômes

Pour n≥1n\geq1, soit un=(4n2−3)/(2n2+n)u_n=(4n^2-3)/(2n^2+n). Calculer sa limite et dire de quel côté de celle-ci se situent les termes. Solution. En divisant par n2n^2, un=4−3/n22+1/n→2.u_n=\frac{4-3/n^2}{2+1/n}\longrightarrow\boxed{2}. De plus, un−2=−2n−32n2+n<0.u_n-2=\frac{-2n-3}{2n^2+n}<0. Tous les termes sont inférieurs à 22. Cette information de position ne suffit pas à elle seule à établir une monotonie, qui n’est pas demandée.

Exercice 6 - Une différence indéterminée

Calculer la limite de un=n2+4n−nu_n=\sqrt{n^2+4n}-n, pour n≥1n\geq1. Solution. Les deux termes tendent vers +∞+\infty, donc on rationalise : un=4nn2+4n+n=41+4/n+1→2.u_n=\frac{4n}{\sqrt{n^2+4n}+n} =\frac4{\sqrt{1+4/n}+1}\longrightarrow\boxed{2}. Dans le passage au quotient réduit, n>0n>0 permet d’écrire n2=n\sqrt{n^2}=n. Remplacer la racine par nn avant de soustraire aurait perdu le terme qui détermine la limite.

Exercices corrigés - Oscillation et équilibre

Exercice 7 - Des termes de part et d’autre

Soit u0=0u_0=0 et un+1=−12un+9u_{n+1}=-\tfrac12u_n+9. Déterminer une formule explicite, la limite et la position des termes par rapport à cette limite. Solution. Le point fixe vérifie ℓ=−ℓ/2+9\ell=-\ell/2+9, donc ℓ=6\ell=6. Alors un+1−6=−12(un−6),un=6−6(−1/2)n.u_{n+1}-6=-\tfrac12(u_n-6),\qquad \boxed{u_n=6-6(-1/2)^n}. Puisque (−1/2)n→0(-1/2)^n\to0, la limite est 66. Pour un rang pair n=2kn=2k, u2k=6−6/4k<6u_{2k}=6-6/4^k<6. Pour un rang impair n=2k+1n=2k+1, u2k+1=6+3/4k>6u_{2k+1}=6+3/4^k>6.

Les premiers termes 00, 99, 4,54{,}5, 6,756{,}75 montrent l’alternance. Les termes de rang pair augmentent vers 66, ceux de rang impair diminuent vers 66, mais la suite entière n’est pas monotone.

Exercice 8 - Même règle, comportements différents

On considère un+1=2un−3u_{n+1}=2u_n-3. Étudier la limite selon que u0=4u_0=4, u0=3u_0=3 ou u0=2u_0=2. Solution. Le point fixe est 33, et un=3+(u0−3)2n.u_n=3+(u_0-3)2^n.

  • Pour u0=4u_0=4, un=3+2n→+∞u_n=3+2^n\to+\infty.

  • Pour u0=3u_0=3, tous les termes valent 33 : la limite est 33.

  • Pour u0=2u_0=2, un=3−2n→−∞u_n=3-2^n\to-\infty.

Ainsi, résoudre seulement L=2L−3L=2L-3 ne permet pas de conclure que toute suite de cette famille converge vers 33. L’écart initial est amplifié par 2n2^n.

Une démarche complète

Identifier le rang initial et la règle; chercher une suite arithmétique ou géométrique; contrôler la formule obtenue; utiliser les limites de référence; enfin interpréter le résultat dans la situation donnée. Pour une récurrence affine, traiter séparément les coefficients particuliers avant de diviser par 1−a1-a.