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Logique et raisonnements mathématiques - Cours et exercices corrigés | 1re Bac Sciences économiques et gestion

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Lire une proposition, combiner des conditions, utiliser les quantificateurs, écrire une négation et choisir une méthode de preuve. Les exemples relient le calcul à des contraintes de coût, de quantité ou de stock, sans remplacer la précision du langage mathématique.

Propositions, variables et domaine

Une affirmation vraie ou fausse

Une proposition est une affirmation à laquelle on peut attribuer une valeur de vérité : vraie ou fausse. La phrase 7>37>3 est vraie ; la phrase 55 est un nombre pair est fausse. Une question ou une consigne n’est pas une proposition.

La phrase x2=4x^2=4 dépend de la valeur de xx. Elle est vraie pour x=2x=2 et x=−2x=-2, fausse pour x=0x=0. Tant que xx n’est ni fixé ni quantifié, on parle d’une propriété dépendant d’une variable, ou d’un prédicat, noté par exemple P(x)P(x).

Le domaine fait partie de l’énoncé

L’affirmation il existe un nombre dont le carré vaut 22 est vraie dans ℝ\mathbb{R}, puisque 2\sqrt2 convient. Elle est fausse dans ℤ\mathbb{Z} : si |n|≤1|n|\le1, son carré est au plus 11, et si |n|≥2|n|\ge2, son carré est au moins 44.

Pour discuter 1/x>01/x>0, il faut x≠0x\ne0. Pour discuter x−1=2\sqrt{x-1}=2, il faut x≥1x\ge1. Une expression non définie ne peut pas être manipulée comme une valeur ordinaire.

Exemple - Une condition sur une quantité

Un modèle de coût est C(q)=50+12qC(q)=50+12q, pour q≥0q\ge0. La propriété P(q)P(q) : le coût ne dépasse pas 170170 s’écrit 50+12q≤170⇔q≤10.50+12q\le170\iff q\le10. Compte tenu du domaine, elle est vraie pour q∈[0;10]q\in[0;10]. Si les objets sont indivisibles, on retient seulement les entiers de 00 à 1010.

Préciser les objets avant de raisonner

Indiquer le domaine des variables, les unités utiles et les conditions d’existence des expressions. Une affirmation correcte sur les quantités positives peut être fausse sur tous les réels.

Négation, conjonction et disjonction

Nier une proposition

La négation de PP, notée ¬P\neg P, est vraie exactement lorsque PP est fausse. Nier x>3x>3 donne x≤3x\le3, et non x<3x<3 : l’égalité doit être conservée. Nier x=yx=y donne x≠yx\ne y.

Les mots et et ou

P∧QP\land Q exige que les deux propositions soient vraies. P∨QP\lor Q exige qu’au moins l’une soit vraie : le ou mathématique est inclusif, donc les deux peuvent être vraies simultanément.

PP QQ P∧QP\land Q P∨QP\lor Q
V V V V
V F F V
F V F V
F F F F

Par exemple, 0<q≤100<q\le10 signifie (q>0)∧(q≤10)(q>0)\land(q\le10). La condition x2=9x^2=9 équivaut à (x=3)∨(x=−3)(x=3)\lor(x=-3), sans imposer les deux valeurs en même temps.

Lois de négation

¬(P∧Q)⇔(¬P)∨(¬Q),\neg(P\land Q)\iff(\neg P)\lor(\neg Q), ¬(P∨Q)⇔(¬P)∧(¬Q).\neg(P\lor Q)\iff(\neg P)\land(\neg Q). Pour nier que les deux conditions soient satisfaites, au moins une doit échouer. Pour nier qu’au moins une le soit, les deux doivent échouer.

Exemple - Deux conditions d’admissibilité

Une commande respecte une règle si sa quantité qq est au moins 2020 et si son prix unitaire pp est au plus 1515. La condition est (q≥20)∧(p≤15)(q\ge20)\land(p\le15). Sa négation est (q<20)∨(p>15).(q<20)\lor(p>15). Une seule condition non respectée suffit à faire échouer la règle. On ne remplace pas le ou de la négation par et .

Lire les bornes

La négation de −1<x≤4-1<x\le4 est x≤−1x\le-1 ou x>4x>4. Celle de x=0x=0 ou y=0y=0 est x≠0x\ne0 et y≠0y\ne0 . Un dessin sur une droite graduée peut aider à vérifier que tous les cas sont couverts.

Implication, réciproque et équivalence

Une hypothèse et une conclusion

P⇒QP\Rightarrow Q se lit si PP, alors QQ . L’implication est fausse uniquement lorsque PP est vraie et QQ fausse. Si PP est fausse, elle ne permet pas de décider si QQ est vraie ou fausse.

Dire P⇒QP\Rightarrow Q, c’est dire que PP est une condition suffisante pour QQ, et que QQ est une condition nécessaire pour PP. La phrase PP seulement si QQ exprime aussi P⇒QP\Rightarrow Q.

Exemple - Deux seuils de quantité

Pour q≥0q\ge0, la condition q≥10q\ge10 implique q≥5q\ge5. La réciproque est fausse : q=7q=7 satisfait q≥5q\ge5 mais pas q≥10q\ge10. Un contre-exemple à une implication doit vérifier son hypothèse et contredire sa conclusion.

La contraposée conserve la vérité

Deux règles à distinguer

(P⇒Q)⇔(¬Q⇒¬P),(P\Rightarrow Q)\iff(\neg Q\Rightarrow\neg P), ¬(P⇒Q)⇔P∧¬Q.\neg(P\Rightarrow Q)\iff P\land\neg Q. La première formule donne la contraposée ; la deuxième décrit exactement le cas qui rend l’implication fausse.

La contraposée de q≥10⇒q≥5q\ge10\Rightarrow q\ge5 est q<5⇒q<10q<5\Rightarrow q<10. La réciproque q≥5⇒q≥10q\ge5\Rightarrow q\ge10 est une autre affirmation et n’a pas la même garantie.

L’équivalence exige les deux sens

P⇔QP\Leftrightarrow Q signifie à la fois P⇒QP\Rightarrow Q et Q⇒PQ\Rightarrow P. On dit PP si et seulement si QQ . Pour tout réel xx, |x|≤3⇔−3≤x≤3.|x|\le3\iff-3\le x\le3. En revanche, x=2x=2 implique x2=4x^2=4, mais n’est pas équivalent à x2=4x^2=4, car x=−2x=-2 donne un contre-exemple au sens inverse.

Une transformation peut n’être qu’une implication

Élever au carré conserve une égalité, mais l’égalité des carrés ne garantit pas l’égalité initiale sans condition de signe. Dans une résolution, les symboles ⇒\Rightarrow et ⇔\Leftrightarrow doivent refléter les transformations réellement justifiées.

Quantificateurs et négations

Pour tout et il existe

∀x∈E,P(x)\forall x\in E,\ P(x) signifie que la propriété est vraie pour chaque élément de EE. Une seule valeur qui la contredit suffit à réfuter l’affirmation.

∃x∈E,P(x)\exists x\in E,\ P(x) signifie qu’au moins un élément de EE convient. Pour la prouver, on peut donner un témoin explicite. Cela ne dit pas que tous les éléments conviennent, ni que le témoin est unique.

Exemple - Tous les coûts ou au moins un coût

Pour q≥0q\ge0 et C(q)=50+12qC(q)=50+12q, l’affirmation ∀q≥0,C(q)≥50\forall q\ge0,\ C(q)\ge50 est vraie, car 12q≥012q\ge0. L’affirmation ∃q≥0,C(q)=170\exists q\ge0,\ C(q)=170 est vraie avec le témoin q=10q=10.

Nier change le quantificateur

¬(∀x∈E,P(x))⇔∃x∈E,¬P(x),\neg(\forall x\in E,\ P(x))\iff\exists x\in E,\ \neg P(x), ¬(∃x∈E,P(x))⇔∀x∈E,¬P(x).\neg(\exists x\in E,\ P(x))\iff\forall x\in E,\ \neg P(x). La négation de tous les coûts sont au plus BB est au moins un coût dépasse BB . La négation de il existe un coût inférieur à BB est tous les coûts sont au moins BB .

L’ordre peut modifier le sens

L’énoncé ∀x∈ℝ,∃y∈ℝ,y>x\forall x\in\mathbb{R},\exists y\in\mathbb{R},\ y>x est vrai : pour chaque xx, on peut choisir y=x+1y=x+1. Le témoin peut dépendre de xx.

L’énoncé ∃y∈ℝ,∀x∈ℝ,y>x\exists y\in\mathbb{R},\forall x\in\mathbb{R},\ y>x est faux : un même yy ne peut pas dépasser tous les réels, puisque x=y+1x=y+1 le contredit.

Exemple - Nier deux quantificateurs successifs

Pour des ensembles de quantités DD et de choix SS, considérons ∀q∈D,∃s∈S,C(q,s)≤B.\forall q\in D,\exists s\in S,\ C(q,s)\le B. Sa négation est ∃q∈D,∀s∈S,C(q,s)>B.\exists q\in D,\forall s\in S,\ C(q,s)>B. Elle dit qu’une quantité au moins ne permet aucun choix respectant le budget. On change chaque quantificateur en conservant leur ordre, puis on nie la condition finale.

Raisonnement direct, contraposée et cas

Partir des hypothèses

Dans une preuve directe, on utilise les hypothèses et des propriétés connues pour obtenir la conclusion. Pour prouver que x2+2x+2>0x^2+2x+2>0 pour tout réel xx, on écrit x2+2x+2=(x+1)2+1≥1>0.x^2+2x+2=(x+1)^2+1\ge1>0. Cette transformation démontre la propriété pour tous les réels, sans se limiter à quelques valeurs numériques.

Démontrer la contraposée

Pour prouver P⇒QP\Rightarrow Q, on peut prouver ¬Q⇒¬P\neg Q\Rightarrow\neg P lorsque cette direction est plus simple.

Exemple - Parité d’un entier

Montrons que si n2n^2 est impair, alors nn est impair. La contraposée est : si nn est pair, alors n2n^2 est pair. Si n=2kn=2k avec k∈ℤk\in\mathbb{Z}, alors n2=4k2=2(2k2)n^2=4k^2=2(2k^2), qui est pair. La contraposée est prouvée, donc l’implication initiale l’est aussi.

Séparer des cas exhaustifs

On partage les possibilités en cas qui couvrent tout le domaine. Dans chaque cas, on prouve la conclusion. Il ne faut oublier ni les frontières, ni les cas particuliers.

Exemple - La valeur absolue

Pour montrer |x−2|≥x−2|x-2|\ge x-2 sur ℝ\mathbb{R}, on distingue :

  • Si x≥2x\ge2, |x−2|=x−2|x-2|=x-2 : il y a égalité.

  • Si x<2x<2, |x−2|=2−x|x-2|=2-x et (2−x)−(x−2)=4−2x>0(2-x)-(x-2)=4-2x>0.

Les deux cas couvrent tous les réels ; la propriété est établie.

Réfuter avec un contre-exemple

L’affirmation pour tout réel xx, x2≥xx^2\ge x est fausse : pour x=1/2x=1/2, x2=1/4<1/2x^2=1/4<1/2. Un exemple favorable ne démontre pas une affirmation universelle ; un seul exemple défavorable bien choisi suffit à la réfuter.

La méthode choisie doit rester visible

Annoncer l’hypothèse de départ, préciser le cas étudié ou la contraposée, puis conclure avec l’énoncé prouvé. Une suite de calculs sans domaine ni conclusion peut masquer une hypothèse oubliée.

Absurde et raisonnement par équivalences

Supposer le contraire pour obtenir une contradiction

Pour démontrer une affirmation PP par l’absurde, on suppose ¬P\neg P, puis on déduit une contradiction avec une hypothèse ou une propriété connue. On conclut que ¬P\neg P est impossible et que PP est vraie.

Exemple - L’irrationalité de 2\sqrt2

Supposons 2=p/q\sqrt2=p/q avec p,qp,q entiers positifs, q≠0q\ne0, et la fraction irréductible. Alors p2=2q2p^2=2q^2, donc p2p^2 est pair. Un entier impair a un carré impair, puisque (2k+1)2=2(2k2+2k)+1(2k+1)^2=2(2k^2+2k)+1 ; ainsi pp est pair.

Écrivons p=2rp=2r. L’égalité devient 4r2=2q24r^2=2q^2, donc q2=2r2q^2=2r^2 et qq est aussi pair. Le numérateur et le dénominateur ont alors le facteur commun 22, contradiction avec l’irréductibilité. Donc 2\sqrt2 n’est pas rationnel.

Transformer sans perdre ni ajouter de solution

Un raisonnement par équivalences remplace une condition par une autre ayant exactement les mêmes solutions sur le domaine fixé. Ajouter une même expression à deux membres, ou multiplier une égalité par une quantité non nulle, conserve l’équivalence.

Exemple - Une équation rationnelle

Pour x≠1x\ne1, 1x−1=2⇔1=2(x−1)⇔x=32.\frac1{x-1}=2\iff1=2(x-1)\iff x=\frac32. La valeur 3/23/2 est admissible. La condition x≠1x\ne1 justifie la multiplication et reste présente pendant toute la résolution.

Une condition de signe avant le carré

Pour F(x)=G(x)\sqrt{F(x)}=G(x), les conditions F(x)≥0F(x)\ge0 et G(x)≥0G(x)\ge0 permettent d’écrire l’équivalence avec F(x)=G(x)2F(x)=G(x)^2. Sans le signe de GG, élever au carré pourrait créer des candidats qui ne vérifient pas l’équation initiale.

Absurde et contraposée ne sont pas interchangeables

Dans la contraposée de P⇒QP\Rightarrow Q, on part de ¬Q\neg Q pour établir ¬P\neg P. Dans une preuve par l’absurde de cette implication, on peut supposer simultanément PP et ¬Q\neg Q, puis obtenir une contradiction. Les deux démarches sont valides lorsqu’elles sont correctement menées.

Raisonnement par récurrence

Une propriété à tous les rangs entiers

Pour démontrer P(n)P(n) pour tout entier n≥n0n\ge n_0, on suit trois étapes :

  1. Initialisation : vérifier P(n0)P(n_0).

  2. Hérédité : prendre un entier n≥n0n\ge n_0 quelconque, supposer P(n)P(n) et démontrer P(n+1)P(n+1).

  3. Conclusion : la propriété vaut pour tout entier n≥n0n\ge n_0.

L’hypothèse de récurrence n’affirme pas d’emblée la propriété à tous les rangs : elle sert à prouver le passage d’un rang au suivant.

Exemple - Une somme classique

Montrons 1+2+⋯+n=n(n+1)/21+2+\cdots+n=n(n+1)/2 pour n≥1n\ge1. Au rang 11, les deux membres valent 11. Si la formule est vraie au rang nn, alors 1+⋯+n+(n+1)=n(n+1)2+(n+1)=(n+1)(n+2)2.1+\cdots+n+(n+1)=\frac{n(n+1)}2+(n+1) =\frac{(n+1)(n+2)}2. C’est la formule au rang n+1n+1. Elle est donc vraie pour tout entier n≥1n\ge1.

Exemple - Un budget augmenté d’un montant fixe

Une suite est définie par u0=500u_0=500 et un+1=un+80u_{n+1}=u_n+80. Montrons que un=500+80nu_n=500+80n pour tout n≥0n\ge0.

Au rang 00, la formule donne 500500. Si un=500+80nu_n=500+80n, alors un+1=500+80n+80=500+80(n+1)u_{n+1}=500+80n+80=500+80(n+1). Le passage est établi, donc la formule vaut à tout rang.

Ce qui ne constitue pas une preuve

Calculer les cinq premiers termes peut suggérer une formule, mais ne prouve pas qu’elle reste vraie ensuite. Inversement, prouver seulement le passage P(n)⇒P(n+1)P(n)\Rightarrow P(n+1) sans vérifier un premier rang ne permet pas de démarrer la chaîne.

Choisir un raisonnement adapté

Un témoin prouve une existence ; un contre-exemple réfute une affirmation universelle ; une preuve directe établit une conséquence ; la contraposée ou l’absurde peuvent simplifier la logique ; les cas traitent les expressions dépendant d’un signe ; la récurrence relie les rangs entiers successifs.

Exercices corrigés

Exercice 1 - Domaine et valeur de vérité

Pour C(q)=50+12qC(q)=50+12q, q≥0q\ge0, décider si les affirmations ∀q≥0,C(q)≥50\forall q\ge0,\ C(q)\ge50 et ∃q≥0,C(q)<50\exists q\ge0,\ C(q)<50 sont vraies. L’implication x2≥4⇒x≥2x^2\ge4\Rightarrow x\ge2 est-elle vraie sur ℝ\mathbb{R} ? Et sur [0;+∞[[0;+\infty[ ?

Solution. 12q≥012q\ge0, donc C(q)≥50C(q)\ge50 pour tout q≥0q\ge0 : la première affirmation est vraie, la seconde fausse. Sur ℝ\mathbb{R}, x=−3x=-3 réfute l’implication, car 9≥49\ge4 mais −3<2-3<2. Sur les réels positifs ou nuls, x2≥4x^2\ge4 équivaut à x≥2x\ge2, donc l’implication y est vraie.

Exercice 2 - Nier des conditions combinées

Nier 1<x≤51<x\le5, puis x=0x=0 ou y≥2y\ge2 .

Solution. La première condition est (x>1)∧(x≤5)(x>1)\land(x\le5) ; sa négation est x≤1x\le1 ou x>5x>5. La deuxième est une disjonction ; sa négation est x≠0x\ne0 et y<2y<2. Les frontières 1,5,21,5,2 sont traitées conformément aux inégalités initiales.

Exercice 3 - Réciproque et contraposée

Pour n∈ℤn\in\mathbb{Z}, soit PP : nn est multiple de 66 , et QQ : nn est multiple de 33 . Étudier P⇒QP\Rightarrow Q, sa réciproque et sa contraposée.

Solution. Si n=6kn=6k, alors n=3(2k)n=3(2k) : P⇒QP\Rightarrow Q est vraie. La réciproque est fausse, car n=3n=3 est multiple de 33 sans être multiple de 66. La contraposée est : si nn n’est pas multiple de 33, alors il n’est pas multiple de 66 ; elle est vraie, équivalente à l’implication initiale. Être multiple de 66 est suffisant pour être multiple de 33, et être multiple de 33 est nécessaire pour être multiple de 66.

Exercice 4 - Quantificateur et négation

Écrire la négation de ∀x∈[0;1],x2≤x\forall x\in[0;1],\ x^2\le x, puis décider quelle affirmation est vraie.

Solution. La négation est ∃x∈[0;1],x2>x\exists x\in[0;1],\ x^2>x. Or, sur [0;1][0;1], x(1−x)≥0x(1-x)\ge0, donc x−x2≥0x-x^2\ge0. L’affirmation universelle est vraie et sa négation est fausse. Vérifier seulement les extrémités n’aurait pas suffi à la démontrer sur tout l’intervalle.

Exercice 5 - L’ordre des quantificateurs

Comparer les affirmations ∀x∈ℝ,∃y∈ℝ,y=x+2\forall x\in\mathbb{R},\exists y\in\mathbb{R},\ y=x+2 et ∃y∈ℝ,∀x∈ℝ,y=x+2\exists y\in\mathbb{R},\forall x\in\mathbb{R},\ y=x+2.

Solution. La première est vraie : pour chaque xx, choisir y=x+2y=x+2 donne un témoin. La seconde impose un même yy pour tous les xx ; en prenant x=yx=y, elle imposerait y=y+2y=y+2, impossible. Elle est donc fausse. Dans la première affirmation, le témoin dépend de xx ; dans la seconde, il serait fixé avant xx.

Exercice 6 - Trois cas pour une somme de distances

Montrer que |x−3|+|x+1|≥4|x-3|+|x+1|\ge4 pour tout réel xx, et préciser quand il y a égalité.

Solution. Les signes changent en −1-1 et 33.

  • Si x<−1x<-1, la somme vaut (3−x)+(−x−1)=2−2x>4(3-x)+(-x-1)=2-2x>4.

  • Si −1≤x≤3-1\le x\le3, elle vaut (3−x)+(x+1)=4(3-x)+(x+1)=4.

  • Si x>3x>3, elle vaut (x−3)+(x+1)=2x−2>4(x-3)+(x+1)=2x-2>4.

Les trois cas couvrent ℝ\mathbb{R} et prouvent l’inégalité. L’égalité a lieu exactement pour x∈[−1;3]x\in[-1;3]. L’expression mesure la somme des distances de xx aux points −1-1 et 33.

Exercice 7 - Une contraposée sur un produit

Pour m,n∈ℤm,n\in\mathbb{Z}, démontrer : si mnmn est impair, alors mm et nn sont tous deux impairs.

Solution. La négation de mm et nn sont impairs est au moins l’un des deux est pair , puisque tout entier est pair ou impair. Prouvons la contraposée : si mm ou nn est pair, alors mnmn est pair.

Si m=2km=2k, alors mn=2(kn)mn=2(kn) est pair. Si n=2kn=2k, alors mn=2(mk)mn=2(mk) est pair. Les deux cas prouvent la contraposée, donc l’implication initiale. Il fallait bien nier une conjonction par une disjonction.

Exercice 8 - Un raisonnement par l’absurde

Montrer qu’il n’existe pas de plus petit réel strictement positif.

Solution. Supposons qu’un tel nombre aa existe. Il vérifie a>0a>0 et tout réel strictement positif devrait être au moins égal à aa. Mais a/2>0a/2>0 et a/2<aa/2<a, contradiction. Donc aucun réel strictement positif n’est le plus petit de tous. Cela ne contredit pas le fait que 00 soit un minorant de cet ensemble : 00 n’y appartient pas.

Exercice 9 - Résoudre par équivalences contrôlées

Résoudre x+4=x−2\sqrt{x+4}=x-2 sur les réels.

Solution. Le radical impose x≥−4x\ge-4, et le membre droit doit être positif ou nul, donc x≥2x\ge2. Sur ce dernier domaine, les deux membres sont positifs ou nuls et l’élévation au carré est réversible : x+4=x−2⇔x+4=(x−2)2⇔x(x−5)=0.\sqrt{x+4}=x-2\iff x+4=(x-2)^2\iff x(x-5)=0. Les candidats sont 00 et 55, mais seul 55 appartient au domaine x≥2x\ge2. La vérification donne 9=3=5−2\sqrt9=3=5-2. L’ensemble solution est {5}\{5\} ; retenir 00 aurait oublié la condition de signe.

Exercice 10 - Récurrence et comparaison de deux modèles

Pour un réel fixé t≥0t\ge0, démontrer (1+t)n≥1+nt(1+t)^n\ge1+nt pour tout entier n≥0n\ge0. Interpréter le résultat pour des intérêts simples et composés à taux constant, sans versement supplémentaire.

Solution. Au rang 00, les deux membres valent 11. Supposons (1+t)n≥1+nt(1+t)^n\ge1+nt. Comme 1+t>01+t>0, on peut multiplier en conservant le sens : (1+t)n+1≥(1+nt)(1+t)=1+(n+1)t+nt2≥1+(n+1)t.(1+t)^{n+1}\ge(1+nt)(1+t)=1+(n+1)t+nt^2\ge1+(n+1)t. La propriété est héréditaire, donc vraie à tout rang.

Pour un capital initial C0≥0C_0\ge0, multiplier par C0C_0 conserve l’inégalité : C0(1+t)n≥C0(1+nt)C_0(1+t)^n\ge C_0(1+nt). Dans ce modèle scolaire, le capital à intérêts composés est donc au moins égal au capital à intérêts simples après le même nombre de périodes. La conclusion utilise les hypothèses t≥0t\ge0, C0≥0C_0\ge0 et l’absence de versements supplémentaires.