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DaoudMathالرياضيات مع محمد بن داود

Limites et continuité - Cours et exercices corrigés | 2e Bac Sciences Mathématiques

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Justifier les passages à la limite, étudier les raccordements, encadrer une solution par dichotomie et construire une fonction réciproque. Les racines nn-ièmes, puissances rationnelles et la fonction Arctan prolongent ces outils. Les raisonnements de ce cours n’utilisent pas la dérivation.

Préciser le sens d’une limite

Limite finie en un point

Soit ff définie sur un domaine DD, et aa un réel qu’on peut approcher par des points de DD distincts de aa. Dire que f(x)→ℓf(x)\to\ell lorsque x→ax\to a signifie que les valeurs de f(x)f(x) deviennent aussi proches que souhaité de ℓ\ell dès que xx est assez proche de aa, avec x≠ax\ne a.

Formulation précise

∀ε>0,∃δ>0,x∈D,0<|x−a|<δ⇒|f(x)−ℓ|<ε.\forall\varepsilon>0,\quad\exists\delta>0,\quad x\in D,\ 0<|x-a|<\delta\ \Longrightarrow\ |f(x)-\ell|<\varepsilon. La valeur f(a)f(a) n’intervient pas dans cette définition : elle peut être différente de ℓ\ell, ou ne pas être définie.

Par exemple, (x2−1)/(x−1)=x+1(x^2-1)/(x-1)=x+1 pour x≠1x\ne1, donc cette fonction tend vers 22 en 11 bien qu’elle ne soit pas définie en ce point.

Limites latérales

La limite à droite utilise les x>ax>a du domaine ; la limite à gauche les x<ax<a. Si les deux côtés du domaine permettent d’approcher aa, la limite en aa existe exactement lorsque les deux limites latérales existent et sont égales.

Ainsi 1/x→+∞1/x\to+\infty quand x→0+x\to0^+, mais 1/x→−∞1/x\to-\infty quand x→0−x\to0^-. Il n’existe donc pas de limite bilatérale en 00.

Limites infinies et limites à l’infini

f(x)→+∞f(x)\to+\infty en aa signifie que, pour tout seuil réel HH, il existe δ>0\delta>0 tel que x∈Dx\in D et 0<|x−a|<δ0<|x-a|<\delta impliquent f(x)>Hf(x)>H. Pour −∞-\infty, remplacer >> par <<.

f(x)→ℓf(x)\to\ell quand x→+∞x\to+\infty signifie que pour tout ε>0\varepsilon>0 il existe AA tel que x∈Dx\in D et x>Ax>A impliquent |f(x)−ℓ|<ε|f(x)-\ell|<\varepsilon. On combine de même les seuils pour une limite infinie à l’infini ; à −∞-\infty, on utilise x<Ax<A.

Unicité

Une limite réelle est unique. Si ℓ1≠ℓ2\ell_1\ne\ell_2 étaient deux limites, choisir ε=|ℓ1−ℓ2|/3\varepsilon=|\ell_1-\ell_2|/3 donnerait, assez près du point, des valeurs simultanément dans deux intervalles disjoints. Cette contradiction établit l’unicité.

Règles de calcul et limites de référence

Opérations et comparaisons

Si f(x)→af(x)\to a et g(x)→bg(x)\to b réels au même point ou au même infini, alors f+g→a+bf+g\to a+b, fg→abfg\to ab et, pour b≠0b\ne0, f/g→a/bf/g\to a/b. Le dénominateur est alors non nul assez près du point considéré.

Si f≤gf\le g au voisinage considéré et les limites sont réelles, alors lim⁡f≤lim⁡g\lim f\le\lim g. Une inégalité stricte peut devenir large : x2>0x^2>0 pour x≠0x\ne0, mais sa limite en 00 est 00.

Encadrement et comparaison à l’infini

Si a(x)≤f(x)≤b(x)a(x)\le f(x)\le b(x) près du point et si a(x),b(x)→ℓa(x),b(x)\to\ell, alors f(x)→ℓf(x)\to\ell. Si f≥gf\ge g et g→+∞g\to+\infty, alors f→+∞f\to+\infty ; le cas f≤g→−∞f\le g\to-\infty est analogue.

Le premier critère se prouve en enfermant les deux bornes dans ]ℓ−ε;ℓ+ε[]\ell-\varepsilon;\ell+\varepsilon[. Les critères infinis se déduisent de la définition par seuil. Les formes 0/00/0, ∞/∞\infty/\infty, ∞−∞\infty-\infty et 0×∞0\times\infty demandent une transformation supplémentaire.

Puissances entières

Pour m≥1m\ge1, xm→0x^m\to0 quand x→0x\to0 et xm→+∞x^m\to+\infty quand x→+∞x\to+\infty. À −∞-\infty, la limite vaut +∞+\infty si mm est pair et −∞-\infty s’il est impair. Les limites des inverses s’en déduisent en gardant les signes.

Limites trigonométriques en radians

Trois limites fondamentales

limx→0sin⁡xx=1,limx→0tan⁡xx=1,limx→01−cos⁡xx2=12.\lim_{x\to0}\frac{\sin x}{x}=1,\qquad \lim_{x\to0}\frac{\tan x}{x}=1,\qquad \lim_{x\to0}\frac{1-\cos x}{x^2}=\frac12.

Pour 0<x<π/20<x<\pi/2, l’encadrement géométrique cos⁡x≤sin⁡x/x≤1\cos x\le\sin x/x\le1 établit la première limite ; la fonction sin⁡x/x\sin x/x est paire, donc les deux côtés donnent 11. La deuxième utilise tan⁡x/x=(sin⁡x/x)/cos⁡x\tan x/x=(\sin x/x)/\cos x. Pour la troisième, 1−cos⁡xx2=12(sin⁡(x/2)x/2)2.\frac{1-\cos x}{x^2}=\frac12\left(\frac{\sin(x/2)}{x/2}\right)^2.

Composition

Si g(x)→ℓg(x)\to\ell et ff est continue en ℓ\ell, alors f(g(x))→f(ℓ)f(g(x))\to f(\ell), à condition que la composée soit définie près du point. Si l’on utilise seulement lim⁡t→ℓf(t)=L\lim_{t\to\ell}f(t)=L, sans continuité en ℓ\ell, il faut en plus que g(x)≠ℓg(x)\ne\ell assez près du point. Respecter aussi le domaine et le côté d’approche pour une limite latérale.

Choisir la transformation adaptée

Factoriser une forme 0/00/0

Lorsque numérateur et dénominateur s’annulent, chercher un facteur commun. La simplification se fait pour x≠ax\ne a, ce qui suffit pour calculer une limite.

Exemple - Un polynôme factorisé

limx→2x3−8x−2=limx→2(x2+2x+4)=12.\lim_{x\to2}\frac{x^3-8}{x-2} =\lim_{x\to2}(x^2+2x+4)=12. Cela ne rend pas la fraction initiale définie en 22 ; le prolongement par continuité sera une nouvelle fonction.

Multiplier par l’expression conjuguée

Exemple - Une différence de racines

Pour x≠0x\ne0 proche de 00, 1+x−1x=11+x+1→12.\frac{\sqrt{1+x}-1}{x} =\frac1{\sqrt{1+x}+1}\longrightarrow\frac12. Le domaine est x≥−1x\ge-1 et x≠0x\ne0 ; le dénominateur après simplification reste positif.

Comparer les termes dominants à l’infini

Dans un quotient de polynômes, diviser par la plus grande puissance utile. Par exemple, 2x3−x+1x3+4x2=2−1/x2+1/x31+4/x→2(x→±∞).\frac{2x^3-x+1}{x^3+4x^2}= \frac{2-1/x^2+1/x^3}{1+4/x}\longrightarrow2 \quad(x\to\pm\infty). Pour les racines, ne pas oublier x2=|x|\sqrt{x^2}=|x|. À +∞+\infty, x2+3x/x=1+3/x→1\sqrt{x^2+3x}/x=\sqrt{1+3/x}\to1 ; à −∞-\infty, cette même expression tend vers −1-1.

Encadrer une oscillation

La fonction sin⁡(1/x)\sin(1/x) oscille lorsque x→0x\to0, mais |sin⁡(1/x)|≤1|\sin(1/x)|\le1. Donc −|x|≤xsin⁡(1/x)≤|x|,-|x|\le x\sin(1/x)\le|x|, et le théorème d’encadrement donne xsin⁡(1/x)→0x\sin(1/x)\to0. La forme apparente ne suffit pas : c’est le facteur qui tend vers zéro qui contrôle l’oscillation.

Adapter la limite trigonométrique

Pour a≠0a\ne0, poser t=axt=ax donne sin⁡(ax)x=asin⁡(ax)ax→a.\frac{\sin(ax)}{x}=a\frac{\sin(ax)}{ax}\longrightarrow a. De même, (1−cos⁡(ax))/x2→a2/2(1-\cos(ax))/x^2\to a^2/2. Pour a=0a=0, les expressions valent identiquement 00 lorsqu’elles sont définies. Vérification. Une substitution doit conserver le domaine et le côté d’approche. Près d’un zéro du dénominateur, étudier séparément les signes à droite et à gauche.

Continuité et prolongement

Continuité en un point et sur un intervalle

Une fonction ff est continue en un point aa de son domaine si lim⁡x→af(x)=f(a)\lim_{x\to a}f(x)=f(a), la limite étant prise dans le domaine. Aux extrémités d’un intervalle, on utilise la limite du côté où la fonction est définie. La continuité à droite ou à gauche se définit de façon analogue.

Une fonction est continue sur un intervalle lorsqu’elle est continue en chacun de ses points, avec cette convention aux extrémités. Les polynômes sont continus sur ℝ\mathbb{R} ; les fonctions rationnelles sont continues là où leur dénominateur ne s’annule pas ; les fonctions trigonométriques usuelles sont continues sur leur domaine.

Stabilité par opérations et composition

Sommes, produits et composées de fonctions continues sont continus sur les domaines où les expressions sont définies. Un quotient exige un dénominateur non nul. Ainsi x↦1+x2x\mapsto\sqrt{1+x^2} est continue sur ℝ\mathbb{R}, et x↦tan⁡(x2)x\mapsto\tan(x^2) est continue aux points où cos⁡(x2)≠0\cos(x^2)\ne0.

Prolonger par continuité

Si ff n’est pas définie en aa mais admet une limite réelle ℓ\ell en aa, l’unique prolongement continu en aa est obtenu en posant f̃(a)=ℓ\widetilde f(a)=\ell et f̃(x)=f(x)\widetilde f(x)=f(x) ailleurs.

Exemple - Réparer une valeur manquante

Pour f(x)=(x2−1)/(x−1)f(x)=(x^2-1)/(x-1), définie sur ℝ\{1}\mathbb{R}\setminus\{1\}, la limite en 11 vaut 22. La fonction prolongée est simplement f̃(x)=x+1\widetilde f(x)=x+1 sur tout ℝ\mathbb{R}.

En revanche, |x|/x|x|/x a pour limites latérales −1-1 et 11 en 00. Aucun choix d’une seule valeur en 00 ne rend cette fonction continue. Une limite infinie ne permet pas non plus un prolongement à valeurs réelles.

Fonctions définies par morceaux

À chaque point de raccord, calculer la limite à gauche, la limite à droite et la valeur effectivement définie. La continuité exige l’égalité des trois, lorsque les deux côtés existent.

Exemple - Un raccordement avec paramètre

Soit f(x)=x+1f(x)=x+1 pour x<1x<1, et f(x)=ax+bf(x)=ax+b pour x≥1x\ge1. La limite gauche vaut 22, tandis que la limite droite et f(1)f(1) valent a+ba+b. Ainsi la continuité sur ℝ\mathbb{R} équivaut à a+b=2a+b=2.

Composition avec une suite

Si un→au_n\to a, avec unu_n dans le domaine de ff, et si ff est continue en aa, alors f(un)→f(a)f(u_n)\to f(a). Pour le prouver, choisir d’abord le voisinage de aa donné par la continuité, puis le rang à partir duquel unu_n reste dans ce voisinage. Cette propriété justifie les passages à la limite dans les récurrences, une fois la convergence établie.

Valeurs intermédiaires et dichotomie

Images d’intervalles

L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle. L’image d’un segment [a;b][a;b] est un segment [m;M][m;M] : la fonction atteint un minimum et un maximum. Ces deux résultats sont admis ici.

Attention : m,Mm,M ne sont pas forcément f(a),f(b)f(a),f(b). Par exemple, x2x^2 transforme [−2;1][-2;1] en [0;4][0;4] ; le minimum est atteint à l’intérieur. Si ff est de plus croissante, l’image de [a;b][a;b] est [f(a);f(b)][f(a);f(b)] ; pour une fonction décroissante, inverser l’ordre des bornes.

Théorème des valeurs intermédiaires

Si ff est continue sur [a;b][a;b], tout réel kk entre f(a)f(a) et f(b)f(b) est atteint : il existe c∈[a;b]c\in[a;b] tel que f(c)=kf(c)=k. Si ff est en plus strictement monotone, cette solution est unique. Lorsque kk est strictement entre les deux valeurs, c∈]a;b[c\in]a;b[.

Le théorème découle du fait que l’image est un intervalle contenant f(a)f(a) et f(b)f(b). Il prouve une existence, pas une unicité sans hypothèse supplémentaire.

Une solution unique

Pour g(x)=x3+x−1g(x)=x^3+x-1, on a g(0)=−1g(0)=-1 et g(1)=1g(1)=1. La continuité donne un zéro dans ]0;1[]0;1[. Pour y>xy>x, g(y)−g(x)=(y−x)(y2+xy+x2+1)>0,g(y)-g(x)=(y-x)(y^2+xy+x^2+1)>0, car y2+xy+x2=(y+x/2)2+3x2/4≥0y^2+xy+x^2=(y+x/2)^2+3x^2/4\ge0. Donc gg est strictement croissante et le zéro α\alpha est unique.

Dichotomie : un intervalle certifié

Partir d’un segment [a0;b0][a_0;b_0] où g(a0)≤0≤g(b0)g(a_0)\le0\le g(b_0). Calculer mn=(an+bn)/2m_n=(a_n+b_n)/2. Si g(mn)=0g(m_n)=0, on a trouvé la solution. Sinon, garder la moitié où les signes encadrent zéro.

Les segments sont emboîtés, contiennent α\alpha et vérifient bn−an=(b0−a0)/2nb_n-a_n=(b_0-a_0)/2^n. Les suites an,bna_n,b_n sont adjacentes et convergent vers α\alpha. Le milieu approche α\alpha avec une erreur au plus (b0−a0)/2n+1(b_0-a_0)/2^{n+1}.

Étape Milieu testé Signe Segment conservé
00 1/21/2 g(1/2)=−3/8g(1/2)=-3/8 [1/2;1][1/2;1]
11 3/43/4 g(3/4)=11/64g(3/4)=11/64 [1/2;3/4][1/2;3/4]
22 5/85/8 g(5/8)=−67/512g(5/8)=-67/512 [5/8;3/4][5/8;3/4]

À partir de [0;1][0;1], dix subdivisions donnent une largeur 2−10<10−32^{-10}<10^{-3}. La largeur de l’intervalle et l’erreur du milieu sont deux garanties différentes.

Fonctions réciproques

Théorème de la bijection

Une fonction continue et strictement monotone

Si ff est continue et strictement monotone sur un intervalle II, elle établit une bijection de II sur l’intervalle J=f(I)J=f(I). Il existe une unique fonction réciproque f−1:J→If^{-1}:J\to I telle que f−1(f(x))=x(x∈I),f(f−1(y))=y(y∈J).f^{-1}(f(x))=x\quad(x\in I),\qquad f(f^{-1}(y))=y\quad(y\in J). La réciproque est continue sur JJ et possède le même sens de variation que ff.

L’existence des antécédents vient de la définition de JJ et des valeurs intermédiaires ; leur unicité vient de la stricte monotonie. Si ff est croissante, y1<y2y_1<y_2 impose f−1(y1)<f−1(y2)f^{-1}(y_1)<f^{-1}(y_2), sinon l’ordre des images serait inversé. Le cas décroissant est analogue.

Pourquoi la réciproque est continue

Pour une fonction croissante et un point intérieur x0∈Ix_0\in I, choisir x−<x0<x+x_-<x_0<x_+ aussi proches que souhaité de x0x_0. Alors f(x−)<f(x0)<f(x+)f(x_-)<f(x_0)<f(x_+). Si yy est assez proche de y0=f(x0)y_0=f(x_0) pour rester entre f(x−)f(x_-) et f(x+)f(x_+), son antécédent reste entre x−x_- et x+x_+. C’est la continuité de f−1f^{-1} en y0y_0. Aux extrémités, on utilise un seul côté ; pour une fonction décroissante, on renverse les inégalités.

Déterminer l’intervalle image

Pour une fonction strictement croissante sur un intervalle ouvert, les limites aux extrémités donnent les bornes de l’image ; elles ne sont pas atteintes. Une extrémité incluse dans le domaine apporte sa valeur à l’image. Les infinis ne sont jamais des valeurs réelles atteintes.

Par exemple, h(x)=x/(1+x)h(x)=x/(1+x) est continue et strictement croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[, car h(y)−h(x)=(y−x)/((1+x)(1+y))>0h(y)-h(x)=(y-x)/((1+x)(1+y))>0 pour y>xy>x. Comme h(0)=0h(0)=0 et h(x)→1h(x)\to1 à +∞+\infty, son image est [0;1[[0;1[. Résoudre y=x/(1+x)y=x/(1+x) donne h−1(y)=y/(1−y)h^{-1}(y)=y/(1-y) sur [0;1[[0;1[.

Lecture graphique

Dans un repère orthonormé, les courbes de ff et f−1f^{-1} sont symétriques par rapport à y=xy=x, car le point (x;f(x))(x;f(x)) devient (f(x);x)(f(x);x).

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

La courbe bleue est celle de x3x^3 ; la verte celle de sa réciproque, la racine cubique. f−1f^{-1} désigne une fonction réciproque, et non 1/f1/f.

Racines nn-ièmes et puissances rationnelles

Définir une racine par une bijection

Pour un entier n≥1n\ge1, x↦xnx\mapsto x^n est continue et strictement croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[, d’image [0;+∞[[0;+\infty[. Chaque a≥0a\ge0 possède donc une unique racine positive ou nulle an\sqrt[n]{a} telle que (an)n=a(\sqrt[n]{a})^n=a.

Si nn est impair, la fonction puissance est strictement croissante sur tout ℝ\mathbb{R} et son image est ℝ\mathbb{R} : la racine nn-ième est alors définie sur ℝ\mathbb{R} et impaire. Pour nn pair, il n’existe pas de racine réelle d’un nombre négatif, et le symbole an\sqrt[n]{a} désigne la racine non négative.

Conséquences du théorème de la réciproque

La racine nn-ième est continue et strictement croissante sur son domaine. On a an→0(a→0+),an→+∞(a→+∞).\sqrt[n]{a}\longrightarrow0\ (a\to0^+),\qquad \sqrt[n]{a}\longrightarrow+\infty\ (a\to+\infty). Pour nn impair, la limite en −∞-\infty vaut −∞-\infty.

Exposant rationnel sur les réels positifs

Pour x>0x>0, p∈ℤp\in\mathbb{Z}, q∈ℕ*q\in\mathbb{N}^*, on définit xp/q=xpq=(xq)p.\boxed{x^{p/q}=\sqrt[q]{x^p}=(\sqrt[q]{x})^p.} Cette définition ne dépend pas de l’écriture de la fraction : en passant à un dénominateur commun, l’unicité des racines positives donne le même nombre. Elle prolonge les puissances entières.

Pour r,s∈ℚr,s\in\mathbb{Q} et x,y>0x,y>0, on obtient xr+s=xrxsx^{r+s}=x^rx^s, (xr)s=xrs(x^r)^s=x^{rs}, (xy)r=xryr(xy)^r=x^ry^r et x−r=1/xrx^{-r}=1/x^r. L’hypothèse de positivité évite les ambiguïtés des racines paires.

Exemple - Calculer exactement

163/4=(164)3=23=816^{3/4}=(\sqrt[4]{16})^3=2^3=8 et 27−2/3=1/(273)2=1/927^{-2/3}=1/(\sqrt[3]{27})^2=1/9. Pour un exposant r>0r>0, on peut prolonger à 00 en posant 0r=00^r=0 ; ce n’est pas possible pour r<0r<0.

Continuité, ordre et limites

x↦xrx\mapsto x^r est continue sur ]0;+∞[]0;+\infty[. Pour r>0r>0, elle est strictement croissante, tend vers 00 en 0+0^+ et vers +∞+\infty en +∞+\infty. Pour r<0r<0, elle est strictement décroissante et ces deux limites sont respectivement +∞+\infty et 00. Pour r=0r=0, la fonction vaut 11.

Ces résultats se déduisent des propriétés des racines et puissances entières. Certaines puissances rationnelles se définissent aussi pour x<0x<0 ; chaque cas exige son domaine propre. Les règles énoncées ci-dessus sont utilisées ici avec x>0x>0.

La fonction Arctan

Inverser la tangente sur le bon intervalle

Sur I=]−π/2;π/2[I=]-\pi/2;\pi/2[, la tangente est continue, strictement croissante et vérifie limt→−π/2+tan⁡t=−∞,limt→π/2−tan⁡t=+∞.\lim_{t\to-\pi/2^+}\tan t=-\infty,\qquad \lim_{t\to\pi/2^-}\tan t=+\infty. Sa stricte croissance peut se voir sans dérivée : pour x<yx<y dans II, tan⁡y−tan⁡x=sin⁡(y−x)cos⁡xcos⁡y>0,\tan y-\tan x=\frac{\sin(y-x)}{\cos x\cos y}>0, puisque 0<y−x<π0<y-x<\pi et les deux cosinus sont positifs. Elle est donc bijective de II sur ℝ\mathbb{R}.

Définition et identités

La fonction réciproque est Arctan⁡:ℝ→]−π/2;π/2[\operatorname{Arctan}:\mathbb{R}\to]-\pi/2;\pi/2[. Elle vérifie tan⁡(Arctan⁡x)=x(x∈ℝ),Arctan⁡(tan⁡t)=t(−π/2<t<π/2).\tan(\operatorname{Arctan}x)=x\quad(x\in\mathbb{R}),\qquad \operatorname{Arctan}(\tan t)=t\quad(-\pi/2<t<\pi/2).

Propriétés et valeurs usuelles

Arctan est continue, strictement croissante et impaire. L’imparité vient de celle de la tangente et de l’unicité de l’antécédent dans l’intervalle choisi. Arctan⁡0=0,Arctan⁡1=π4,Arctan⁡3=π3,Arctan⁡13=π6.\operatorname{Arctan}0=0,\quad\operatorname{Arctan}1=\frac\pi4,\quad \operatorname{Arctan}\sqrt3=\frac\pi3,\quad\operatorname{Arctan}\frac1{\sqrt3}=\frac\pi6. De plus, limx→+∞Arctan⁡x=π2,limx→−∞Arctan⁡x=−π2.\lim_{x\to+\infty}\operatorname{Arctan}x=\frac\pi2,\qquad \lim_{x\to-\infty}\operatorname{Arctan}x=-\frac\pi2. Ces bornes ne sont jamais atteintes. La première limite se justifie ainsi : pour chaque t<π/2t<\pi/2 dans II, x>tan⁡tx>\tan t implique Arctan⁡x>t\operatorname{Arctan}x>t, tandis que Arctan⁡x<π/2\operatorname{Arctan}x<\pi/2.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

Exemple - Ramener un angle à l’intervalle principal

tan⁡(3π/4)=−1\tan(3\pi/4)=-1, donc Arctan⁡(tan⁡(3π/4))=−π/4\operatorname{Arctan}(\tan(3\pi/4))=-\pi/4, et non 3π/43\pi/4. On ne peut supprimer les deux fonctions que lorsque l’angle de départ appartient à ]−π/2;π/2[]-\pi/2;\pi/2[.

Exercices corrigés - Limites et continuité

Exercice 1 - Une preuve avec ε\varepsilon

Prouver directement que 3x−1→53x-1\to5 lorsque x→2x\to2.

Correction. |(3x−1)−5|=3|x−2||(3x-1)-5|=3|x-2|. Pour chaque ε>0\varepsilon>0, choisir δ=ε/3\delta=\varepsilon/3. Alors 0<|x−2|<δ0<|x-2|<\delta implique |(3x−1)−5|<ε|(3x-1)-5|<\varepsilon. C’est exactement la définition de la limite.

Exercice 2 - Quatre limites usuelles

Calculer les limites de (x2−4)/(x−2)(x^2-4)/(x-2) en 22, (1+x−1)/x(\sqrt{1+x}-1)/x en 00, sin⁡(3x)/x\sin(3x)/x en 00 et (2x3−x)/(x3+4)(2x^3-x)/(x^3+4) à +∞+\infty.

Correction. La première fraction vaut x+2x+2 pour x≠2x\ne2, donc tend vers 44. La deuxième vaut 1/(1+x+1)1/(\sqrt{1+x}+1) pour x≠0x\ne0, donc tend vers 1/21/2. La troisième vaut 3sin⁡(3x)/(3x)3\sin(3x)/(3x), donc tend vers 33. Enfin, diviser par x3x^3 donne (2−1/x2)/(1+4/x3)→2(2-1/x^2)/(1+4/x^3)\to2.

Exercice 3 - Le signe sous une racine

Étudier f(x)=x2+x−xf(x)=\sqrt{x^2+x}-x à +∞+\infty et à −∞-\infty.

Correction. Le domaine est ]−∞;−1]∪[0;+∞[]-\infty;-1]\cup[0;+\infty[. Pour x>0x>0, rationaliser puis diviser par xx donne f(x)=xx2+x+x=11+1/x+1→12.f(x)=\frac{x}{\sqrt{x^2+x}+x}=\frac1{\sqrt{1+1/x}+1}\longrightarrow\frac12. À −∞-\infty, utiliser f(x)≥−x→+∞f(x)\ge-x\to+\infty, donc f(x)→+∞f(x)\to+\infty. On ne peut pas employer la même simplification avec x2=x\sqrt{x^2}=x pour les xx négatifs.

Exercice 4 - Prolongement et oscillation

Déterminer la valeur aa rendant continue la fonction égale à (x2−1)/(x−1)(x^2-1)/(x-1) pour x≠1x\ne1 et à aa en 11. Puis prolonger g(x)=xsin⁡(1/x)g(x)=x\sin(1/x) en 00.

Correction. La première limite vaut 22, donc l’unique choix est a=2a=2. Pour gg, |g(x)|≤|x|→0|g(x)|\le|x|\to0 ; le prolongement continu est g(0)=0g(0)=0. L’existence d’une limite du produit ne suppose pas que sin⁡(1/x)\sin(1/x) ait lui-même une limite.

Exercices corrigés - Existence et réciproques

Exercice 5 - Une racine encadrée

Montrer que x3+x−1=0x^3+x-1=0 admet un unique réel α\alpha, puis établir 0,682<α<0,6830{,}682<\alpha<0{,}683.

Correction. La fonction g(x)=x3+x−1g(x)=x^3+x-1 est continue sur ℝ\mathbb{R}, tend vers −∞-\infty et +∞+\infty aux deux extrémités, et est strictement croissante par la différence factorisée de la partie V. Elle possède donc un unique zéro. Le calcul exact donne g(0,682)=−0,000785432<0g(0{,}682)=-0{,}000785432<0 et g(0,683)=0,001611987>0g(0{,}683)=0{,}001611987>0. La monotonie et les valeurs intermédiaires donnent l’encadrement, de largeur 10−310^{-3}.

Exercice 6 - Image et restriction du domaine

Déterminer l’image de [−2;1][-2;1] par x↦x2x\mapsto x^2. Cette fonction y est-elle bijective ? Donner ensuite sa réciproque lorsqu’on restreint le domaine à [0;2][0;2].

Correction. Le minimum est 00, atteint en 00 ; le maximum est 44, atteint en −2-2. Par continuité, l’image est [0;4][0;4]. La fonction n’est pas injective sur [−2;1][-2;1], car (−1)2=12(-1)^2=1^2. Sur [0;2][0;2], elle est continue et strictement croissante, donc bijective sur [0;4][0;4] ; la réciproque est y↦yy\mapsto\sqrt y sur [0;4][0;4].

Exercice 7 - Une réciproque rationnelle

Soit h(x)=(2x−1)/(x+1)h(x)=(2x-1)/(x+1) sur I=]−1;+∞[I=]-1;+\infty[. Déterminer son image et sa réciproque.

Correction. h(x)=2−3/(x+1)h(x)=2-3/(x+1) est continue sur II. Si y>x>−1y>x>-1, h(y)−h(x)=3(y−x)/((x+1)(y+1))>0h(y)-h(x)=3(y-x)/((x+1)(y+1))>0, donc hh croît strictement. Ses limites sont −∞-\infty en −1+-1^+ et 22 en +∞+\infty, avec h(x)<2h(x)<2. L’image est ]−∞;2[]-\infty;2[.

Résoudre z=(2x−1)/(x+1)z=(2x-1)/(x+1) donne x=(z+1)/(2−z)x=(z+1)/(2-z). Pour z<2z<2, cette valeur vérifie x+1=3/(2−z)>0x+1=3/(2-z)>0, donc appartient à II. Ainsi h−1(z)=(z+1)/(2−z)h^{-1}(z)=(z+1)/(2-z), pour z<2z<2.

Exercice 8 - Puissance et racine cubique

Résoudre x3/2=27x^{3/2}=27 pour x>0x>0, puis calculer la limite de (x3−2)/(x−8)(\sqrt[3]{x}-2)/(x-8) en 88.

Correction. La puissance 3/23/2 est strictement croissante sur ]0;+∞[]0;+\infty[ ; l’unique solution est x=272/3=9x=27^{2/3}=9. Pour la limite, poser t=x3→2t=\sqrt[3]{x}\to2. Pour x≠8x\ne8, t−2t3−8=1t2+2t+4→112.\frac{t-2}{t^3-8}=\frac1{t^2+2t+4}\longrightarrow\frac1{12}.

Exercices corrigés - Arctan et suites

Exercice 9 - Intervalle principal et passage à la limite

Calculer Arctan⁡(tan⁡(5π/6))\operatorname{Arctan}(\tan(5\pi/6)), résoudre Arctan⁡(x−1)=π/4\operatorname{Arctan}(x-1)=\pi/4, puis déterminer les limites de an=Arctan⁡((2n+1)/(n+1))a_n=\operatorname{Arctan}((2n+1)/(n+1)) et bn=Arctan⁡nb_n=\operatorname{Arctan}n.

Correction. tan⁡(5π/6)=−1/3\tan(5\pi/6)=-1/\sqrt3, dont l’angle dans ]−π/2;π/2[]-\pi/2;\pi/2[ est −π/6-\pi/6. Le premier résultat vaut donc −π/6-\pi/6. Pour l’équation, l’angle π/4\pi/4 appartient au bon intervalle ; appliquer la tangente donne x−1=1x-1=1, donc x=2x=2, qui vérifie l’équation initiale.

Ensuite (2n+1)/(n+1)=2−1/(n+1)→2(2n+1)/(n+1)=2-1/(n+1)\to2. Arctan étant continue en 22, an→Arctan⁡2a_n\to\operatorname{Arctan}2. Comme n→+∞n\to+\infty, la limite à l’infini d’Arctan donne bn→π/2b_n\to\pi/2. Aucun terme bnb_n n’est égal à cette limite : l’image d’Arctan est un intervalle ouvert.

Exercice 10 - Une réciproque sans formule explicite

Soit f(x)=x3+xf(x)=x^3+x sur ℝ\mathbb{R}. Montrer qu’elle possède une réciproque continue gg sur ℝ\mathbb{R}. Pour n≥1n\ge1, étudier vn=g((−1)n/n)v_n=g((-1)^n/n) et donner une majoration de |vn||v_n|.

Correction. La fonction est continue. Pour y>xy>x, f(y)−f(x)=(y−x)(y2+xy+x2+1)>0f(y)-f(x)=(y-x)(y^2+xy+x^2+1)>0 : elle est strictement croissante. Ses limites en ±∞\pm\infty sont ±∞\pm\infty, donc son image est ℝ\mathbb{R}. Le théorème de la bijection donne une réciproque continue g:ℝ→ℝg:\mathbb{R}\to\mathbb{R}. Puisque f(0)=0f(0)=0, on a g(0)=0g(0)=0.

La suite (−1)n/n(-1)^n/n tend vers 00 par encadrement. La continuité de gg donne donc vn→0v_n\to0. Pour contrôler l’erreur, l’identité f(vn)=(−1)n/nf(v_n)=(-1)^n/n donne |vn|(vn2+1)=1n.|v_n|\,(v_n^2+1)=\frac1n. Comme vn2+1≥1v_n^2+1\ge1, |vn|≤1/n|v_n|\le1/n. Cette estimation fournit aussi une preuve directe de la convergence, sans expression explicite de gg.

Les hypothèses font partie de la conclusion

Le théorème des valeurs intermédiaires exige la continuité sur tout le segment. Ainsi 1/x1/x prend des valeurs de signes opposés en −1-1 et 11, mais n’a pas de zéro : il n’est pas continu sur [−1;1][-1;1]. De même, une fonction continue peut avoir plusieurs antécédents ; la stricte monotonie garantit l’unicité utilisée pour une réciproque.