KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
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Objectifs. Passer d’une situation, d’un tableau ou d’une formule à une fonction ; lire images, antécédents et variations ; représenter les fonctions de référence ; résoudre des questions graphiques et des problèmes simples de coût ou d’aire.
Méthode. On travaille avec l’algèbre, les propriétés de l’ordre et les représentations graphiques. Une lecture sur un dessin est généralement approchée ; une formule ou des coordonnées annoncées exactes permettent de confirmer un résultat exact. Aucun calcul de dérivée n’est nécessaire.
Définir une fonction et son domaine
Une fonction numérique associe à chaque réel d’un ensemble un unique réel noté . L’ensemble est le domaine de définition. La lettre est la variable, et est son image.
Un réel est un antécédent de lorsque et . Un nombre peut avoir aucun, un ou plusieurs antécédents, mais une entrée appartenant au domaine ne possède qu’une seule image.
Exemple - Image et antécédents ne sont pas interchangeables
Pour sur , l’image de est . Les antécédents de sont et . Le nombre n’a aucun antécédent, car un carré est positif ou nul.
Une formule, un tableau ou une situation
La formule donne une image pour tout réel : son domaine peut être . Si cette formule représente le prix d’une quantité positive, le domaine du modèle sera limité aux quantités possibles.
Pour , la division impose , donc . On ne place aucun point de la courbe ayant pour abscisse . Le domaine doit être indiqué même lorsque l’expression semble familière.
Un tableau fini peut définir une fonction seulement pour les entrées qui y figurent. Si le tableau est un relevé partiel d’une fonction définie sur un intervalle, il faut le préciser : on ne connaît pas automatiquement les valeurs entre les observations.
Un domaine fait partie de la définition
Les formules sur et sur donnent la même valeur lorsque les deux sont définies, mais ce ne sont pas la même fonction. Leurs domaines, leurs antécédents possibles et certaines propriétés diffèrent.
Construire et lire une représentation graphique
Dans un repère, la courbe de est l’ensemble des points de coordonnées , pour . Pour savoir si appartient à cette courbe, il faut vérifier et .
Pour lire l’image de , on part de l’abscisse , on atteint la courbe verticalement, puis on lit l’ordonnée. Pour trouver les antécédents de , on repère toutes les intersections avec la droite horizontale d’ordonnée , puis on lit leurs abscisses.
Équations et inéquations sur un graphique
: abscisses des points où la courbe rencontre l’axe horizontal.
: abscisses des intersections avec la droite .
: abscisses où la courbe est sur cette droite ou au-dessus.
: abscisses où la courbe de est sous celle de , égalité comprise.
On conserve seulement les abscisses appartenant aux domaines concernés et on respecte le caractère strict ou large de la condition.
Tableau de valeurs et tracé
On choisit des valeurs de dans le domaine, on calcule leurs images, puis on place les points. Un tableau de valeurs prépare le dessin, mais quelques points ne déterminent pas à eux seuls toute une fonction. La forme connue de la fonction ou les informations données doivent guider le tracé entre les points.
Une droite verticale rencontre la courbe d’une fonction au plus une fois. Si un dessin attribue deux ordonnées différentes à la même abscisse, il ne représente pas une fonction de cette abscisse.
Variations, extrema et parité
Croissance et décroissance sur un intervalle
Une fonction est croissante sur un intervalle si, pour tous , Elle est décroissante si l’on obtient au contraire . On dit strictement croissante ou décroissante lorsque l’inégalité entre les images est stricte. Une fonction constante vérifie à la fois les deux définitions larges.
Sur un graphique, on suit la courbe de gauche à droite : elle monte sur un intervalle de croissance, descend sur un intervalle de décroissance. Une fonction positive peut décroître, et une fonction négative peut croître : le signe des valeurs est différent du sens de variation.
Tableau de variations et extrema
Un minimum sur un domaine est une valeur atteinte qui est inférieure ou égale à toutes les autres images ; un maximum est une valeur atteinte supérieure ou égale à toutes les autres. Il faut donner la valeur et l’endroit où elle est atteinte, en précisant le domaine étudié.
Le tableau suivant décrit une fonction sur :
Il signifie que décroît de à , puis croît jusqu’à . Son minimum sur cet intervalle est , atteint en , et son maximum est , atteint en . Le tableau ne donne pas une formule unique ni la valeur exacte de ; on peut seulement l’encadrer entre et .
Fonctions paires et impaires
On commence par vérifier que le domaine est symétrique par rapport à : si appartient au domaine, doit aussi lui appartenir.
Deux identités, sur tout le domaine
La fonction est paire si pour tout . Sa courbe est symétrique par rapport à l’axe vertical.
La fonction est impaire si pour tout . Sa courbe est symétrique par rapport à l’origine.
La fonction est paire sur , et est impaire sur . Pour , on a , qui n’est identiquement ni ni : cette fonction n’est ni paire ni impaire. Un seul contre-exemple suffit à réfuter une identité ; quelques vérifications ne suffisent pas à la prouver sur un domaine infini.
Fonctions constantes, linéaires et affines
Formes et variations
Une fonction constante s’écrit . Sa courbe est la droite horizontale d’ordonnée .
Une fonction linéaire s’écrit ; elle traduit une situation de proportionnalité et sa droite passe par l’origine. Une fonction affine s’écrit . Le nombre est l’ordonnée à l’origine ; le nombre est le coefficient directeur.
Pour , la différence donne immédiatement les variations : la fonction est strictement croissante si , strictement décroissante si , constante si .
Deux points distincts suffisent pour tracer la droite. Si l’on connaît et avec , on retrouve Ces formules doivent être appliquées à une fonction dont le caractère affine est connu, et non à n’importe quelle courbe passant par les deux points.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Sur , croît et décroît. Leurs courbes se rencontrent en ; avant l’abscisse , la courbe de est sous celle de .
Une formule affine valable sur chaque intervalle
Une situation peut changer de règle au-delà d’un seuil. Par exemple, pour une durée , on définit La première partie est linéaire ; la seconde est affine, avec . Les deux formules donnent la même valeur au seuil, mais le domaine de chaque ligne reste à respecter. On trace chaque segment uniquement sur son intervalle.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
La pente change après , mais les valeurs continuent à augmenter. La courbe représente une seule fonction, avec une seule image au seuil.
Fonctions et
Multiples du carré
Pour , la courbe de est une parabole de sommet , symétrique par rapport à l’axe vertical. Pour , la fonction décroît sur , croît sur et atteint son minimum en . Pour , les sens sont inversés et est son maximum.
Ces variations viennent de l’ordre des carrés : lorsque deux nombres négatifs se rapprochent de zéro, leurs carrés diminuent ; sur les nombres positifs, leurs carrés augmentent. Multiplier par inverse l’ordre. Le cas donne une fonction constante, dont la courbe n’est pas une parabole.
Multiples de l’inverse
La fonction se définit sur . Si , elle est impaire et sa courbe comporte deux branches. Lorsque , elle est strictement décroissante sur chacun des intervalles et . Si , elle est strictement croissante sur chacun d’eux.
Il faut distinguer les deux intervalles. Par exemple, n’est pas décroissante sur tout : , mais , contrairement à ce qu’exigerait une décroissance globale. La formule vaut zéro pour ; si ce domaine est conservé, elle reste non définie en .
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
À gauche, les points d’abscisses opposées ont la même hauteur. À droite, ils sont symétriques par rapport à l’origine. Aucun segment ne relie les deux branches à travers .
Une fonction du second degré dans le repère initial
Pour , la fonction peut s’écrire Cette forme canonique donne le sommet et l’axe de symétrie vertical . On conserve le même repère : les coordonnées du sommet et des points sont toujours les coordonnées initiales.
Variations et extremum
Si , la fonction décroît sur , croît sur et a pour minimum , atteint en .
Si , elle croît puis décroît sur ces mêmes intervalles et a pour maximum , atteint en .
En effet, et ce carré diminue lorsque se rapproche de , puis augmente après. Pour représenter la parabole, on place le sommet, quelques points de part et d’autre de son axe, l’ordonnée à l’origine et les éventuelles intersections avec l’axe horizontal.
Exemple -
On écrit . Le sommet est ; le minimum est . Comme , les zéros sont et . Les valeurs donnent deux points symétriques.
Les symboles et indiquent ici les intervalles non bornés de la variable ; on ne leur attribue pas une image.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Le dessin donne pour . On retrouve exactement cet intervalle en étudiant le signe de .
Exercices corrigés
Exercice 1 - Une fonction définie par un tableau
Le tableau définit uniquement sur :
Lire , les antécédents de et de , et décider si existe. La fonction est-elle paire sur son domaine ?
Correction. On lit . Les antécédents de sont et ; celui de est seulement . Comme , n’est pas défini. Le domaine est symétrique, et les images des deux paires d’entrées opposées sont égales ; est son propre opposé. Tous les points du domaine étant vérifiés, est paire. On ne prolonge pas cette fonction entre les entrées sans une règle supplémentaire.
Exercice 2 - Une fonction affine décroissante
Pour sur , calculer , trouver l’antécédent de , le zéro de et les solutions de . Préciser les variations.
Correction. On a . L’équation donne , et . Le zéro est , car équivaut à . Pour le signe positif, donne après division par , donc l’ensemble est . Enfin le coefficient directeur est négatif : est strictement décroissante sur .
Exercice 3 - Carré, antécédents et restriction de domaine
Étudier la parité et les variations de sur . Résoudre et . Donner les extrema de la restriction à .
Correction. Le domaine est symétrique et , donc est paire. Elle décroît sur , puis croît sur . L’équation donne , donc ou . L’inégalité équivaut à , soit . Sur , le minimum est , atteint en . Les valeurs aux extrémités sont et ; le maximum est donc , atteint en . Il n’y a pas de maximum sur le domaine entier .
Exercice 4 - Inverse et deux intervalles de variation
Pour , préciser le domaine, la parité et les variations. Calculer et , trouver l’antécédent de et encadrer pour .
Correction. Le domaine est , symétrique. On a , donc est impaire. Comme le coefficient est négatif, elle croît strictement sur chacun des deux intervalles séparés par zéro. On obtient , , et donne , qui appartient au domaine. Sur , la croissance donne La croissance n’est pas globale sur le domaine troué : , mais .
Exercice 5 - Construire l’étude d’une parabole
Pour , déterminer la forme canonique, le sommet, les variations, les zéros et quatre points utiles au tracé. Résoudre .
Correction. On écrit . Le sommet est , et l’axe de symétrie est . La fonction décroît jusqu’à , puis croît ; son minimum est . Ses zéros sont et . Les points , , et sont répartis symétriquement autour de l’axe. Enfin équivaut à , donc les solutions de sont . Toutes les coordonnées restent dans le repère initial.
Exercice 6 - Parabole tournée vers le bas
Soit . Trouver son maximum sur , résoudre et déterminer son minimum sur .
Correction. La forme canonique est . Le terme soustrait est positif ou nul : le maximum est , atteint uniquement en . L’inégalité devient , puis en divisant par et en inversant le sens. Les solutions sont donc . Sur , croît ; sur , elle décroît. Le minimum sur se cherche donc parmi et : il vaut , atteint en .
Exercice 7 - Une tarification par intervalles
On reprend pour , et pour , où est une durée en heures et un coût en DH. Calculer et ; trouver quand , puis quand .
Correction. Au seuil, on utilise la première branche : . Pour , . Dans la première branche, donnerait , hors de : cette valeur doit être rejetée. Dans la seconde, donne , qui est admis. Pour l’inégalité, toute la première branche convient puisque son coût est compris entre et . Sur la seconde, donne , donc . La réunion des solutions est .
Exercice 8 - Comparer deux offres affines
Sur , on considère et . Leur graphique figure dans le cours. Déterminer exactement le point d’intersection et les abscisses pour lesquelles .
Correction. L’égalité équivaut à , donc . L’ordonnée est : le point est . Pour l’inégalité, donne . On intersecte avec le domaine de l’exercice : les solutions sont . La lecture graphique indiquait le même résultat ; le calcul justifie les coordonnées et les bornes exactes.
Exercice 9 - Une aire maximale sans dérivation
Un rectangle non dégénéré a un périmètre de m. On note une dimension. Exprimer l’autre dimension et l’aire ; préciser le domaine. Trouver l’aire maximale et les dimensions donnant une aire de m.
Correction. Si l’autre dimension est , donne . Les deux dimensions doivent être strictement positives : . L’aire est Elle ne dépasse pas , et cette valeur est atteinte pour , qui appartient au domaine. Le maximum vaut donc m, pour un carré de côté m. L’équation donne , donc ou . Les deux valeurs sont admises et correspondent au même rectangle à l’ordre des dimensions près : m et m.
Exercice 10 - Vérifier la parité et le domaine
Déterminer la parité de sur , de sur , de sur et de sur .
Correction. Les trois premiers domaines sont symétriques. On a : est paire. Pour , : elle est impaire. Pour , les valeurs et montrent qu’elle n’est ni paire ni impaire, car n’est ni ni . Enfin le domaine de n’est pas symétrique : y appartient, mais non. Cette fonction restreinte n’est donc ni paire ni impaire au sens usuel, même si la formule du carré définit une fonction paire sur .
Une étude graphique bien conduite
Préciser le domaine et les unités ; distinguer image et antécédent ; lire le graphique à l’échelle ; annoncer les intervalles de variation ; distinguer valeur extrémale et abscisse où elle est atteinte ; contrôler les bornes et les branches ; confirmer par le calcul les résultats qui doivent être exacts.
Fin du cours et des exercices corrigés