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Fonctions logarithmiques et applications - Cours et exercices corrigés | 2e Bac sciences économiques et gestion

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Utiliser les logarithmes avec leurs conditions de définition, dériver une fonction par son logarithme, reconnaître les primitives de u′/uu'/u et calculer des limites. Résoudre des équations, inéquations et systèmes, puis interpréter des seuils et des taux moyens dans des modèles commerciaux.

Le logarithme népérien

Une primitive particulière

La fonction logarithme népérien, notée ln\ln, est la primitive de x↦1/xx\mapsto1/x sur ]0;+∞[]0;+\infty[ qui s’annule en 11. Ainsi ln⁡1=0,(ln⁡x)′=1x(x>0).\boxed{\ln1=0},\qquad\boxed{(\ln x)'=\frac1x\quad(x>0)}. Elle est continue et strictement croissante, puisque sa dérivée est positive. Ses limites sont limx→0+ln⁡x=−∞,limx→+∞ln⁡x=+∞.\lim_{x\to0^+}\ln x=-\infty,\qquad\lim_{x\to+\infty}\ln x=+\infty. Elle réalise donc une bijection de ]0;+∞[]0;+\infty[ vers ℝ\mathbb{R}. Le réel ee est l’unique nombre positif tel que ln⁡e=1\ln e=1 ; on a e≈2,71828e\approx2{,}71828.

Signe, égalité et ordre

Pour x>0x>0, ln⁡x<0\ln x<0 si x<1x<1, ln⁡x=0\ln x=0 si x=1x=1, et ln⁡x>0\ln x>0 si x>1x>1. Pour a,b>0a,b>0, ln⁡a=ln⁡b⇔a=b,ln⁡a≤ln⁡b⇔a≤b.\ln a=\ln b\iff a=b,\qquad\ln a\le\ln b\iff a\le b.

Déterminer le domaine avant de calculer

Un logarithme réel exige un argument strictement positif. Par exemple, ln⁡(5−2x)\ln(5-2x) est défini pour x<5/2x<5/2, alors que ln⁡(x2+4)\ln(x^2+4) est défini sur ℝ\mathbb{R}. Pour une somme, chacun des logarithmes doit exister : ln⁡(x−1)+ln⁡(x+2)\ln(x-1)+\ln(x+2) exige x>1x>1. Le seul fait que (x−1)(x+2)>0(x-1)(x+2)>0 ne suffit pas à définir les deux termes séparés.

Exemple - Un quotient à étudier par son signe

Pour f(x)=ln⁡((x+1)/(x−3))f(x)=\ln((x+1)/(x-3)), le quotient est positif pour x<−1x<-1 ou x>3x>3. Ainsi Df=]−∞;−1[∪]3;+∞[.D_f=]-\infty;-1[\cup]3;+\infty[. Les points −1-1 et 33 sont tous les deux exclus, pour des raisons différentes : argument nul au premier, quotient non défini au second.

Une valeur négative n’est pas un argument négatif

ln⁡(1/2)\ln(1/2) existe et est négatif. En revanche, ln⁡(−2)\ln(-2) et ln⁡0\ln0 n’existent pas dans ℝ\mathbb{R}. La positivité porte sur l’argument, pas sur la valeur du logarithme.

Identités et changements de base

Pour a,b>0a,b>0 et un entier nn, les propriétés algébriques sont ln⁡(ab)=ln⁡a+ln⁡b,ln⁡ab=ln⁡a−ln⁡b,ln⁡(an)=nln⁡a.\boxed{\ln(ab)=\ln a+\ln b},\qquad \ln\frac ab=\ln a-\ln b,\qquad\ln(a^n)=n\ln a. Pour a>0a>0, ln⁡a=12ln⁡a\ln\sqrt a=\tfrac12\ln a. Plus généralement, la définition ar=erln⁡aa^r=e^{r\ln a} d’une puissance réelle donne ln⁡(ar)=rln⁡a\ln(a^r)=r\ln a.

Exemple - Développer seulement sur un domaine valable

Pour x>2x>2, ln⁡(x−2)3x+1x2=3ln⁡(x−2)+12ln⁡(x+1)−2ln⁡x.\ln\frac{(x-2)^3\sqrt{x+1}}{x^2} =3\ln(x-2)+\frac12\ln(x+1)-2\ln x. Tous les arguments écrits sont positifs. La formule ln⁡(x2)=2ln⁡|x|\ln(x^2)=2\ln|x| est valable pour x≠0x\ne0 ; écrire 2ln⁡x2\ln x aurait limité le domaine à x>0x>0.

Logarithme de base positive différente de 1

Pour a>0a>0, a≠1a\ne1 et x>0x>0, on définit log⁡ax=ln⁡xln⁡a,(log⁡ax)′=1xln⁡a.\boxed{\log_a x=\frac{\ln x}{\ln a}},\qquad (\log_a x)'=\frac1{x\ln a}. Si a>1a>1, la fonction est croissante et a le même signe que ln⁡x\ln x. Si 0<a<10<a<1, elle est décroissante et son signe est opposé à celui de ln⁡x\ln x. Elle s’annule en 11 dans les deux cas. Les propriétés de produit et de quotient restent valables. Pour a>1a>1, les limites en 0+0^+ et +∞+\infty sont −∞-\infty et +∞+\infty. Pour 0<a<10<a<1, elles sont +∞+\infty et −∞-\infty. Le signe de ln⁡a\ln a explique cette inversion.

Exemple - Une base inférieure à 1

Résoudre log⁡1/2(x+2)<−1\log_{1/2}(x+2)<-1. Il faut x>−2x>-2. Comme −1=log⁡1/22-1=\log_{1/2}2 et que la fonction est décroissante, l’inégalité équivaut à x+2>2x+2>2, soit x>0\boxed{x>0}.

Le logarithme décimal

On note log⁡x=log⁡10x\log x=\log_{10}x. Pour A>0A>0, l’équation 10t=A10^t=A a pour solution t=log⁡At=\log A. Par exemple, 10t=250010^t=2\,500 donne t=log⁡2500≈3,39794t=\log2\,500\approx3{,}39794. Le nombre de chiffres d’un entier positif NN se détermine en encadrant NN entre deux puissances consécutives de 1010 : si 10d−1≤N<10d10^{d-1}\le N<10^d, il possède dd chiffres. Le logarithme traduit cet encadrement en d−1≤log⁡N<dd-1\le\log N<d.

La somme ne se développe pas

Il n’existe pas d’identité ln⁡(a+b)=ln⁡a+ln⁡b\ln(a+b)=\ln a+\ln b. Un logarithme transforme un produit en somme, pas une somme en somme de logarithmes.

Dérivation logarithmique et primitives

La dérivée d’un logarithme composé

Si uu est dérivable et strictement positive sur un intervalle II, alors (ln⁡u)′=u′u.\boxed{(\ln u)'=\frac{u'}u}. Si uu est dérivable et ne s’annule pas, la même formule vaut pour ln⁡|u|\ln|u| sur l’intervalle considéré. Le signe de la dérivée de ln⁡u\ln u est celui de u′u', car u>0u>0. Par exemple, f(x)=ln⁡(1+2x)f(x)=\ln(1+2x) est dérivable sur ]−1/2;+∞[]-1/2;+\infty[ et f′(x)=2/(1+2x)>0f'(x)=2/(1+2x)>0.

Dériver une fonction grâce à son logarithme

Pour f>0f>0 dérivable, f′/f=(ln⁡f)′f'/f=(\ln f)' est sa dérivée logarithmique. Si un produit ou un quotient se développe facilement après passage au logarithme, on peut calculer (ln⁡f)′(\ln f)', puis multiplier par ff.

Exemple - Une expression à trois facteurs

Pour x>0x>0, posons f(x)=x3x+2/(x+1)>0f(x)=x^3\sqrt{x+2}/(x+1)>0. Alors ln⁡f(x)=3ln⁡x+12ln⁡(x+2)−ln⁡(x+1),\ln f(x)=3\ln x+\tfrac12\ln(x+2)-\ln(x+1), d’où f′(x)=f(x)(3x+12(x+2)−1x+1).\boxed{f'(x)=f(x)\left(\frac3x+\frac1{2(x+2)}-\frac1{x+1}\right)}. La parenthèse est positive : 3/x−1/(x+1)=(2x+3)/(x(x+1))>03/x-1/(x+1)=(2x+3)/(x(x+1))>0, et le terme restant est positif. Ainsi ff est strictement croissante, sans développer son numérateur. Si une fonction peut être négative mais ne s’annule pas, on peut employer ln⁡|f|\ln|f| intervalle par intervalle. Aux zéros de ff, le quotient f′/ff'/f n’existe pas : on utilise une autre méthode pour étudier ces points.

Reconnaître les primitives de u’/u

Sur un intervalle où uu est dérivable et non nulle, toutes les primitives de u′/uu'/u sont ln⁡|u|+C(C∈ℝ).\boxed{\ln|u|+C\qquad(C\in\mathbb{R})}. La constante peut changer d’un intervalle à l’autre si le domaine est déconnecté. Si u>0u>0, on peut supprimer la valeur absolue.

Exemple - Vérifier le numérateur

Pour u(x)=2x2+6x+7u(x)=2x^2+6x+7, le discriminant vaut −20<0-20<0, donc u>0u>0 sur ℝ\mathbb{R}. Sa dérivée est 4x+64x+6. Une primitive de (4x+6)/(2x2+6x+7)(4x+6)/(2x^2+6x+7) est donc ln⁡(2x2+6x+7)\ln(2x^2+6x+7). Si le numérateur était 2x+32x+3, il faudrait prendre la moitié de ce logarithme. Un facteur constant se corrige ; un facteur variable ne se retire pas comme une constante.

Limites et croissance comparée

La dérivée fournit une limite locale

La dérivabilité de ln\ln en 11 donne limh→0ln⁡(1+h)h=1,limx→1ln⁡xx−1=1.\boxed{\lim_{h\to0}\frac{\ln(1+h)}h=1},\qquad \boxed{\lim_{x\to1}\frac{\ln x}{x-1}=1}. Pour une constante réelle aa, ln⁡(1+ax)/x→a\ln(1+ax)/x\to a en 00, sur un voisinage épointé où l’argument reste positif. Si a≠0a\ne0, on fait apparaître axax au dénominateur ; si a=0a=0, le quotient est nul.

Exemple - Un changement d’échelle

limx→0ln⁡(1+5x)2x=52limx→0ln⁡(1+5x)5x=52.\lim_{x\to0}\frac{\ln(1+5x)}{2x} =\frac52\lim_{x\to0}\frac{\ln(1+5x)}{5x}=\frac52. La fonction n’est pas définie au point x=0x=0, mais cela n’empêche pas la limite. L’argument 1+5x1+5x est positif pour tous les xx assez proches de 00.

Le logarithme et les puissances entières

Pour tout entier n≥1n\ge1, limx→+∞ln⁡xxn=0,limx→0+xnln⁡x=0.\boxed{\lim_{x\to+\infty}\frac{\ln x}{x^n}=0},\qquad \boxed{\lim_{x\to0^+}x^n\ln x=0}. La croissance du logarithme est plus lente que celle de xnx^n à l’infini. À l’approche de 00 par valeurs positives, le produit tend vers 00 bien que ln⁡x→−∞\ln x\to-\infty. Pour retrouver le second résultat à partir du premier, poser t=1/xt=1/x : xnln⁡x=−ln⁡t/tnx^n\ln x=-\ln t/t^n. Les résultats pour n>1n>1 se déduisent aussi de ceux pour n=1n=1 par multiplication par une puissance qui tend vers 00.

Déduire une variante au lieu de la deviner

En posant t=xt=\sqrt x, on obtient ln⁡x/x=2ln⁡t/t→0\ln x/\sqrt x=2\ln t/t\to0 en +∞+\infty. Par conséquent, (ln⁡x)2x=(ln⁡xx)2→0.\frac{(\ln x)^2}{x}=\left(\frac{\ln x}{\sqrt x}\right)^2\longrightarrow0. De même, xln⁡(1+1/x)→1x\ln(1+1/x)\to1 lorsque x→+∞x\to+\infty, car avec h=1/xh=1/x le produit devient ln⁡(1+h)/h\ln(1+h)/h.

Un taux logarithmique et un petit taux ordinaire

La limite ln⁡(1+h)/h→1\ln(1+h)/h\to1 justifie l’approximation ln⁡(1+h)≈h\ln(1+h)\approx h pour un petit taux hh. Ce n’est pas une égalité exacte. Pour des évolutions successives importantes, on conserve les logarithmes ou les coefficients multiplicateurs exacts.

Équations, inéquations et systèmes

Conserver des transformations équivalentes

On écrit d’abord le domaine, puis on utilise les propriétés algébriques et l’injectivité. Pour u,v>0u,v>0, ln⁡u=ln⁡v\ln u=\ln v équivaut à u=vu=v. Pour u>0u>0, ln⁡u=c\ln u=c équivaut à u=ecu=e^c.

Exemple - Une équation avec plusieurs arguments

Résolvons ln⁡(x−2)+ln⁡(x+1)=ln⁡(2x+4)\ln(x-2)+\ln(x+1)=\ln(2x+4). Les trois arguments sont positifs exactement lorsque x>2x>2. Sur ce domaine, (x−2)(x+1)=2x+4⇔x2−3x−6=0.(x-2)(x+1)=2x+4\iff x^2-3x-6=0. Les racines sont (3±33)/2(3\pm\sqrt{33})/2. Seule la plus grande est supérieure à 22, donc l’unique solution est (3+33)/2(3+\sqrt{33})/2.

Changer d’inconnue lorsque le logarithme est au carré

L’équation (ln⁡x)2−4ln⁡x+3=0(\ln x)^2-4\ln x+3=0 est définie pour x>0x>0. Avec t=ln⁡x∈ℝt=\ln x\in\mathbb{R}, elle devient (t−1)(t−3)=0(t-1)(t-3)=0. Les solutions sont donc x=ex=e et x=e3x=e^3. Le changement d’inconnue est bijectif entre x>0x>0 et t∈ℝt\in\mathbb{R}.

Une inéquation et sa condition de positivité

Pour ln⁡u≤ln⁡v\ln u\le\ln v, on exige u>0u>0, v>0v>0, puis on résout u≤vu\le v. Pour ln⁡u≤c\ln u\le c, on obtient 0<u≤ec0<u\le e^c : la borne 00 reste strictement exclue. Avec une base 0<a<10<a<1, la fonction log⁡a\log_a est décroissante. Une comparaison entre deux logarithmes change alors le sens de l’inégalité entre les arguments.

Un système peut révéler un produit et un rapport

Résolvons {ln⁡x+ln⁡y=ln⁡18,ln⁡x−ln⁡y=ln⁡2.\begin{cases}\ln x+\ln y=\ln18,\\\ln x-\ln y=\ln2.\end{cases} Le domaine exige x,y>0x,y>0. Les équations deviennent xy=18xy=18 et x/y=2x/y=2. On a x=2yx=2y, puis 2y2=182y^2=18. La seule racine positive est y=3y=3, donc x=6x=6. (x,y)=(6,3).\boxed{(x,y)=(6,3)}. La vérification donne ln⁡6+ln⁡3=ln⁡18\ln6+\ln3=\ln18 et ln⁡6−ln⁡3=ln⁡2\ln6-\ln3=\ln2. Les deux équations et les conditions initiales sont satisfaites.

Lire la solution dans le modèle

Si l’inconnue est un nombre de périodes entières, la solution réelle d’une équation ou d’une inéquation fournit un seuil. On choisit ensuite l’entier adapté et on vérifie le rang précédent. Un arrondi au plus proche ne donne pas toujours le premier rang admissible.

Une fonction d’indicateur et les évolutions cumulées

Étudier un indicateur normalisé

Dans un modèle, on pose A(q)=ln⁡(1+q)/(1+q)A(q)=\ln(1+q)/(1+q) pour q≥0q\ge0. Le paramètre qq représente un effort commercial normalisé. La formule est celle du modèle ; sa pertinence pour une entreprise réelle n’est pas supposée. La fonction est continue, A(0)=0A(0)=0, et A′(q)=1−ln⁡(1+q)(1+q)2.A'(q)=\frac{1-\ln(1+q)}{(1+q)^2}. Le dénominateur est positif. Le numérateur est positif si q<e−1q<e-1, nul en e−1e-1, négatif ensuite. L’indicateur croît jusqu’à q=e−1q=e-1, puis décroît vers 00 par croissance comparée de ln⁡x/x\ln x/x. maxq≥0A(q)=1e, atteint pour q=e−1.\boxed{\max_{q\ge0}A(q)=\frac1e\text{, atteint pour }q=e-1}.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

La limite en +∞+\infty n’est pas une valeur atteinte à un effort fini positif. Le maximum se détermine par le signe de la dérivée, pas par une lecture approximative du dessin.

Additionner des logarithmes de coefficients

Si une grandeur subit N≥1N\ge1 évolutions t1,t2,…,tNt_1,t_2,\ldots,t_N, avec ti>−1t_i>-1, son coefficient global et son logarithme vérifient Q=∏i=1N(1+ti)>0,ln⁡Q=∑i=1Nln⁡(1+ti).Q=\prod_{i=1}^N(1+t_i)>0,\qquad\ln Q=\sum_{i=1}^N\ln(1+t_i). Un taux constant r>−1r>-1 équivalent sur les NN périodes vérifie (1+r)N=Q(1+r)^N=Q, soit ln⁡(1+r)=1N∑i=1Nln⁡(1+ti).\boxed{\ln(1+r)=\frac1N\sum_{i=1}^N\ln(1+t_i)}. Le taux moyen équivalent est lié à une moyenne de logarithmes des coefficients, pas en général à la moyenne arithmétique des taux.

Exercices corrigés - Domaines et résolution

Exercice 1 - Un logarithme de quotient

Déterminer le domaine et la dérivée de f(x)=ln⁡((x+2)/(x−1))f(x)=\ln((x+2)/(x-1)). Solution. Le quotient est strictement positif pour x<−2x<-2 ou x>1x>1. Donc Df=]−∞;−2[∪]1;+∞[D_f=]-\infty;-2[\cup]1;+\infty[. Sur chacun de ces intervalles, f(x)=ln⁡|x+2|−ln⁡|x−1|,f′(x)=−3(x+2)(x−1).f(x)=\ln|x+2|-\ln|x-1|, \qquad\boxed{f'(x)=-\frac3{(x+2)(x-1)}}. Le produit au dénominateur est positif sur le domaine : la fonction décroît sur chacune des deux composantes. Écrire ln⁡(x+2)−ln⁡(x−1)\ln(x+2)-\ln(x-1) aurait perdu la branche x<−2x<-2.

Exercice 2 - Une équation et une racine exclue

Résoudre ln⁡(x−1)+ln⁡(x+2)=ln⁡(4x−2)\ln(x-1)+\ln(x+2)=\ln(4x-2). Solution. Les arguments sont positifs pour x>1x>1. Sur cet intervalle, (x−1)(x+2)=4x−2⇔x2−3x=0⇔x∈{0;3}.(x-1)(x+2)=4x-2\iff x^2-3x=0\iff x\in\{0;3\}. Seule 33 appartient au domaine. La vérification donne ln⁡2+ln⁡5=ln⁡10\ln2+\ln5=\ln10. Ainsi S={3}\boxed{S=\{3\}}.

Exercice 3 - Une inéquation à intersecter avec le domaine

Résoudre ln⁡(x+3)≤ln⁡(2x+1)\ln(x+3)\le\ln(2x+1). Solution. Les deux arguments exigent x>−1/2x>-1/2. La croissance de ln\ln transforme ensuite l’inégalité en x+3≤2x+1x+3\le2x+1, soit x≥2x\ge2. Ce dernier ensemble est inclus dans le domaine ; donc S=[2;+∞[\boxed{S=[2;+\infty[}.

Exercice 4 - Un système de deux logarithmes

Résoudre ln⁡x+ln⁡y=ln⁡40\ln x+\ln y=\ln40 et ln⁡x−ln⁡y=ln⁡(5/8)\ln x-\ln y=\ln(5/8). Solution. Sur x,y>0x,y>0, on obtient xy=40xy=40 et x/y=5/8x/y=5/8. Ainsi x=5y/8x=5y/8, puis 5y2/8=405y^2/8=40, donc y2=64y^2=64. La positivité impose y=8y=8, puis x=5x=5. (x,y)=(5,8).\boxed{(x,y)=(5,8)}. Le produit est 4040 et le rapport 5/85/8, ce qui vérifie les deux équations initiales. La racine y=−8y=-8 ne permettrait pas de prendre les logarithmes.

Exercices corrigés - Dérivées, primitives et limites

Exercice 5 - Calculer une dérivée logarithmique

Sur ]0;+∞[]0;+\infty[, dériver F(x)=x2(x+3)4/(x+1)3F(x)=x^2(x+3)^4/(x+1)^3 et déterminer son sens de variation. Solution. La fonction est strictement positive. On écrit ln⁡F=2ln⁡x+4ln⁡(x+3)−3ln⁡(x+1)\ln F=2\ln x+4\ln(x+3)-3\ln(x+1), d’où F′(x)=F(x)(2x+4x+3−3x+1).\boxed{F'(x)=F(x)\left(\frac2x+\frac4{x+3}-\frac3{x+1}\right)}. La parenthèse vaut 2(x+3)(x+1)+4x(x+1)−3x(x+3)x(x+3)(x+1)=3x2+3x+6x(x+3)(x+1)>0.\frac{2(x+3)(x+1)+4x(x+1)-3x(x+3)}{x(x+3)(x+1)} =\frac{3x^2+3x+6}{x(x+3)(x+1)}>0. Donc F′(x)>0F'(x)>0 et FF est strictement croissante. La dérivée de ln⁡F\ln F seule n’est pas la dérivée de FF.

Exercice 6 - Deux primitives et une condition

Trouver une primitive de (6x+4)/(3x2+4x+4)(6x+4)/(3x^2+4x+4) sur ℝ\mathbb{R}, puis la primitive GG de 1/(xln⁡x)1/(x\ln x) sur ]1;+∞[]1;+\infty[ telle que G(e)=2G(e)=2. Solution. Le trinôme 3x2+4x+43x^2+4x+4 est positif : son discriminant est −32<0-32<0 et son coefficient dominant est positif. Sa dérivée est 6x+46x+4, donc une primitive est ln⁡(3x2+4x+4)\boxed{\ln(3x^2+4x+4)}. Sur ]1;+∞[]1;+\infty[, ln⁡x>0\ln x>0 et (ln⁡(ln⁡x))′=1/(xln⁡x)(\ln(\ln x))'=1/(x\ln x). Ainsi G(x)=ln⁡(ln⁡x)+CG(x)=\ln(\ln x)+C. Comme ln⁡(ln⁡e)=0\ln(\ln e)=0, la condition impose C=2C=2 : G(x)=ln⁡(ln⁡x)+2.\boxed{G(x)=\ln(\ln x)+2}.

Exercice 7 - Trois limites avec justification

Calculer lim⁡x→0ln⁡(1+4x)/(2x)\lim_{x\to0}\ln(1+4x)/(2x), lim⁡x→1ln⁡x/(x3−1)\lim_{x\to1}\ln x/(x^3-1) et lim⁡x→+∞(ln⁡x)2/x\lim_{x\to+\infty}(\ln x)^2/x. Solution. Le premier quotient vaut 2ln⁡(1+4x)/(4x)2\ln(1+4x)/(4x), donc sa limite est 2\boxed{2}. Pour le deuxième, sur un voisinage épointé de 11, ln⁡xx3−1=ln⁡xx−11x2+x+1→13.\frac{\ln x}{x^3-1}=\frac{\ln x}{x-1}\frac1{x^2+x+1}\longrightarrow\boxed{\frac13}. Pour le troisième, poser t=xt=\sqrt x donne (ln⁡x)2/x=4(ln⁡t/t)2→0(\ln x)^2/x=4(\ln t/t)^2\to\boxed0. La transformation utilise la croissance comparée de référence, et non une règle de simplification des logarithmes au carré.

Exercices corrigés - Bases et modèles commerciaux

Exercice 8 - Une base décroissante

Résoudre log⁡1/4(x−1)≥−1/2\log_{1/4}(x-1)\ge-1/2. Solution. Le domaine est x>1x>1. Comme (1/4)−1/2=2(1/4)^{-1/2}=2, on a −1/2=log⁡1/42-1/2=\log_{1/4}2. La fonction est décroissante, donc l’inégalité équivaut à x−1≤2x-1\le2. Après intersection avec le domaine, S=]1;3].\boxed{S=]1;3]}. Le point 11 reste exclu, même si l’inégalité de départ est large.

Exercice 9 - Le premier rang d’un objectif de ventes

Un modèle prévoit Qn=2400(1,06)nQ_n=2\,400(1{,}06)^n ventes après nn années. Déterminer la première année où la prévision atteint au moins 36003\,600. Solution. La condition équivaut à (1,06)n≥1,5(1{,}06)^n\ge1{,}5. En prenant le logarithme et en divisant par ln⁡(1,06)>0\ln(1{,}06)>0, n≥ln⁡(1,5)ln⁡(1,06).n\ge\frac{\ln(1{,}5)}{\ln(1{,}06)}. On vérifie les deux entiers voisins : 1,066≈1,41852<1,51{,}06^6\approx1{,}41852<1{,}5 et 1,067≈1,50363>1,51{,}06^7\approx1{,}50363>1{,}5. La première année est donc n=7\boxed{n=7}. On choisit le plus petit entier au moins égal au seuil réel, pas nécessairement son arrondi usuel.

Exercice 10 - Un taux moyen équivalent

Un indice vaut 100100, puis évolue de +10%+10\,\%, de −5%-5\,\% et de +8%+8\,\% sur trois périodes. Déterminer l’indice final et exprimer le taux constant équivalent par période. Comparer la méthode à la moyenne arithmétique des trois taux. Solution. Le coefficient global est Q=1,10×0,95×1,08=1,1286.Q=1{,}10\times0{,}95\times1{,}08=1{,}1286. L’indice final vaut donc 112,86\boxed{112{,}86}. Le taux constant r>−1r>-1 doit vérifier (1+r)3=1,1286(1+r)^3=1{,}1286. Les logarithmes donnent 3ln⁡(1+r)=ln⁡(1,1286),r=exp⁡(ln⁡(1,1286)3)−1.3\ln(1+r)=\ln(1{,}1286),\qquad \boxed{r=\exp\left(\frac{\ln(1{,}1286)}3\right)-1}. La moyenne arithmétique vaut (10−5+8)/3=13/3%(10-5+8)/3=13/3\,\%. Elle ne représente pas exactement ce taux composé : il faudrait vérifier le produit (1+13/300)3(1+13/300)^3, qui n’est pas 1,12861{,}1286. Les variations successives portent sur des bases différentes, d’où l’utilisation des coefficients multiplicateurs.