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Fonctions logarithmiques - Cours et exercices corrigés | 2e Bac sciences mathématiques

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Maîtriser les domaines et les identités logarithmiques, la dérivation logarithmique, les primitives de u′/uu'/u, les limites et la croissance comparée. Résoudre des systèmes et conduire des études de fonctions en conservant toutes les conditions de définition.

Définition et propriétés algébriques

La primitive de 1/x1/x qui s’annule en 11

La fonction logarithme népérien, notée ln\ln, est définie sur ]0;+∞[]0;+\infty[ par ln⁡1=0,(ln⁡x)′=1x.\ln1=0,\qquad(\ln x)'=\frac1x. Elle est continue, strictement croissante, et ses limites sont −∞-\infty en 0+0^+ et +∞+\infty en +∞+\infty. Elle réalise donc une bijection de ]0;+∞[]0;+\infty[ sur ℝ\mathbb{R}. Le nombre ee est l’unique réel positif tel que ln⁡e=1\ln e=1.

Le signe et les comparaisons

Pour x>0x>0, ln⁡x<0\ln x<0 si x<1x<1, ln⁡x=0\ln x=0 si x=1x=1, et ln⁡x>0\ln x>0 si x>1x>1. Pour a,b>0a,b>0, ln⁡a=ln⁡b⇔a=b,ln⁡a≤ln⁡b⇔a≤b.\ln a=\ln b\iff a=b,\qquad \ln a\le\ln b\iff a\le b.

Produits, quotients et puissances

Pour a,b>0a,b>0 et n∈ℤn\in\mathbb{Z}, ln⁡(ab)=ln⁡a+ln⁡b,ln⁡(a/b)=ln⁡a−ln⁡b,ln⁡(an)=nln⁡a.\boxed{\ln(ab)=\ln a+\ln b},\qquad \ln(a/b)=\ln a-\ln b,\qquad\ln(a^n)=n\ln a. Pour un entier m≥1m\ge1, ln⁡(am)=ln⁡a/m\ln(\sqrt[m]a)=\ln a/m. Les racines sont ici prises avec un radicand strictement positif. Justification du produit. Pour a>0a>0 fixé, la dérivée de x↦ln⁡(ax)−ln⁡xx\mapsto\ln(ax)-\ln x est nulle sur ]0;+∞[]0;+\infty[. Cette différence est constante et sa valeur en 11 est ln⁡a\ln a. La formule du quotient suit en prenant bb et 1/b1/b ; les puissances entières s’obtiennent par répétition et inversion.

Exemple - Un quotient de produits positifs

Pour x>1x>1, ln⁡(x−1)2x+2x3=2ln⁡(x−1)+12ln⁡(x+2)−3ln⁡x.\ln\frac{(x-1)^2\sqrt{x+2}}{x^3} =2\ln(x-1)+\frac12\ln(x+2)-3\ln x. L’égalité est établie sur le domaine indiqué. Pour x<1x<1, le carré ne permet pas d’écrire ln⁡(x−1)\ln(x-1) : il faudrait conserver un domaine adapté et une valeur absolue.

Deux transformations qui ne sont pas des identités

Il n’existe pas de formule ln⁡(a+b)=ln⁡a+ln⁡b\ln(a+b)=\ln a+\ln b. De plus, ln⁡(x2)=2ln⁡|x|\ln(x^2)=2\ln|x| pour x≠0x\ne0, tandis que 2ln⁡x2\ln x n’est défini que pour x>0x>0.

Dérivée composée et dérivation logarithmique

Dériver sur le bon domaine

Si uu est dérivable et strictement positive sur un intervalle II, alors (ln⁡u)′=u′usur I.\boxed{(\ln u)'=\frac{u'}u}\quad\text{sur }I. Si uu est dérivable et ne s’annule pas, la même formule s’applique à ln⁡|u|\ln|u| sur chaque intervalle considéré. La valeur absolue assure un argument positif ; elle ne réintroduit pas les zéros.

Exemple - Un logarithme de quotient

Pour f(x)=ln⁡((x−1)/(x+2))f(x)=\ln((x-1)/(x+2)), le quotient doit être strictement positif : Df=]−∞;−2[∪]1;+∞[.D_f=]-\infty;-2[\cup]1;+\infty[. Sur chacun de ces intervalles, on peut écrire f=ln⁡|x−1|−ln⁡|x+2|f=\ln|x-1|-\ln|x+2|, donc f′(x)=1x−1−1x+2=3(x−1)(x+2).f'(x)=\frac1{x-1}-\frac1{x+2}=\frac3{(x-1)(x+2)}. Le calcul ln⁡(x−1)−ln⁡(x+2)\ln(x-1)-\ln(x+2) seul aurait perdu tout l’intervalle ]−∞;−2[]-\infty;-2[.

Dériver un produit en dérivant son logarithme

Pour une fonction dérivable ff strictement positive, la quantité f′/ff'/f est la dérivée logarithmique : f′f=(ln⁡f)′.\frac{f'}f=(\ln f)'. Prendre le logarithme transforme produits et quotients en sommes et différences. Après dérivation, on multiplie par ff pour retrouver f′f'.

Exemple - Une formule plus courte et un signe lisible

Sur ]0;+∞[]0;+\infty[, posons f(x)=x2(x+1)3x2+1>0.f(x)=\frac{x^2(x+1)^3}{\sqrt{x^2+1}}>0. Alors ln⁡f(x)=2ln⁡x+3ln⁡(x+1)−12ln⁡(x2+1),\ln f(x)=2\ln x+3\ln(x+1)-\tfrac12\ln(x^2+1), donc f′(x)=f(x)(2x+3x+1−xx2+1).f'(x)=f(x)\left(\frac2x+\frac3{x+1}-\frac{x}{x^2+1}\right). Pour le signe, 2/x−x/(x2+1)=(x2+2)/(x(x2+1))>02/x-x/(x^2+1)=(x^2+2)/(x(x^2+1))>0 ; le troisième terme 3/(x+1)3/(x+1) est aussi positif. La fonction est donc strictement croissante sur l’intervalle, sans développer un grand numérateur.

Dérivation logarithmique : traiter les zéros à part

La méthode peut s’utiliser avec ln⁡|f|\ln|f| sur un intervalle où f≠0f\ne0. Si ff s’annule, on sépare les intervalles et l’on étudie le point lui-même par une autre méthode. Le quotient f′/ff'/f n’y est pas défini.

Limites et croissance comparée

Deux limites locales de référence

La dérivabilité de ln\ln en 11 donne limh→0ln⁡(1+h)h=1,limx→1ln⁡xx−1=1.\boxed{\lim_{h\to0}\frac{\ln(1+h)}h=1},\qquad \boxed{\lim_{x\to1}\frac{\ln x}{x-1}=1}. Pour un réel aa, ln⁡(1+ax)/x→a\ln(1+ax)/x\to a lorsque x→0x\to0, sur un voisinage épointé où 1+ax>01+ax>0. Pour a=0a=0, le quotient est nul ; sinon on fait apparaître axax au dénominateur.

Exemple - Ramener une approche infinie à 00

Lorsque x→+∞x\to+\infty, t=1/x→0+t=1/x\to0^+ et xln⁡(1+1x)=ln⁡(1+t)t→1.x\ln\left(1+\frac1x\right)=\frac{\ln(1+t)}t\longrightarrow1. Le produit xln⁡(1+1/x)x\ln(1+1/x) présente d’abord une forme ∞×0\infty\times0 : le changement de variable fournit la justification.

Le logarithme croît moins vite qu’une puissance

Les limites de référence sont limx→+∞ln⁡xx=0,limx→0+xln⁡x=0.\lim_{x\to+\infty}\frac{\ln x}{x}=0,\qquad \lim_{x\to0^+}x\ln x=0. Pour tout entier n≥1n\ge1, on en déduit limx→+∞ln⁡xxn=0,limx→0+xnln⁡x=0.\boxed{\lim_{x\to+\infty}\frac{\ln x}{x^n}=0},\qquad \boxed{\lim_{x\to0^+}x^n\ln x=0}. Pour n>1n>1, multiplier la première limite par 1/xn−1→01/x^{n-1}\to0 suffit. La seconde suit de t=1/x→+∞t=1/x\to+\infty et xnln⁡x=−ln⁡t/tnx^n\ln x=-\ln t/t^n.

Des variantes se déduisent par substitution

Pour comparer ln⁡x\ln x à x\sqrt x, posons t=xt=\sqrt x : ln⁡xx=2ln⁡tt→0.\frac{\ln x}{\sqrt x}=2\frac{\ln t}{t}\longrightarrow0. Par conséquent, (ln⁡x)2/x=(ln⁡x/x)2→0(\ln x)^2/x=(\ln x/\sqrt x)^2\to0. En remplaçant xx par 1/t1/t, on obtient aussi x(ln⁡x)2→0x(\ln x)^2\to0 en 0+0^+.

Exemple - Un carré de logarithme sur une racine

Avec t=x4t=\sqrt[4]x, ln⁡x=4ln⁡t\ln x=4\ln t et x=t2\sqrt x=t^2. Ainsi (ln⁡x)2x=16(ln⁡tt)2→0(x→+∞).\frac{(\ln x)^2}{\sqrt x}=16\left(\frac{\ln t}{t}\right)^2 \longrightarrow0\quad(x\to+\infty).

Équations, inéquations et systèmes

Le domaine précède l’équivalence

Pour résoudre une égalité de logarithmes, on exige d’abord que tous les arguments soient positifs. Puis l’injectivité permet de passer à l’égalité des arguments. Les racines obtenues doivent appartenir au domaine initial.

Exemple - Deux arguments ne se remplacent pas par leur produit au départ

Pour ln⁡(x−1)+ln⁡(x+1)=ln⁡(3x+1)\ln(x-1)+\ln(x+1)=\ln(3x+1), le domaine est x>1x>1. Sur ce domaine, l’équation équivaut à (x−1)(x+1)=3x+1⇔x2−3x−2=0.(x-1)(x+1)=3x+1\iff x^2-3x-2=0. Les racines sont (3±17)/2(3\pm\sqrt{17})/2, mais seule (3+17)/2(3+\sqrt{17})/2 est supérieure à 11. La condition (x−1)(x+1)>0(x-1)(x+1)>0 aurait été insuffisante pour les deux logarithmes séparés.

Une équation polynomiale en ln⁡x\ln x

Pour (ln⁡x)2−3ln⁡x+2=0(\ln x)^2-3\ln x+2=0, le domaine est x>0x>0. On pose t=ln⁡x∈ℝt=\ln x\in\mathbb{R}, puis (t−1)(t−2)=0(t-1)(t-2)=0. D’où x=ex=e ou x=e2x=e^2. Le changement d’inconnue est bijectif : aucun réel tt n’est interdit.

Les inéquations gardent l’ordre pour ln\ln

Pour ln⁡u≤ln⁡v\ln u\le\ln v, on exige u>0u>0, v>0v>0, puis on résout u≤vu\le v. Pour ln⁡u≤c\ln u\le c, on obtient 0<u≤ec0<u\le e^c. La borne inférieure reste stricte, même si l’inégalité initiale est large.

Un système peut devenir une somme et un produit

Résolvons {ln⁡x+ln⁡y=ln⁡12,ln⁡(x−y)=0.\begin{cases}\ln x+\ln y=\ln12,\\\ln(x-y)=0.\end{cases} Le domaine impose x>y>0x>y>0. Les équations donnent xy=12xy=12 et x−y=1x-y=1. En remplaçant xx par y+1y+1, on obtient y2+y−12=0y^2+y-12=0, soit (y−3)(y+4)=0(y-3)(y+4)=0. Seul y=3y=3 est positif, donc l’unique solution est (x,y)=(4,3)(x,y)=(4,3).

Vérifier un système dans les expressions initiales

Pour (4,3)(4,3), ln⁡4+ln⁡3=ln⁡12\ln4+\ln3=\ln12 et ln⁡(4−3)=ln⁡1=0\ln(4-3)=\ln1=0. Le second couple algébrique (−3,−4)(-3,-4) est rejeté avant substitution car les logarithmes de xx et yy ne seraient pas définis.

Quand l’équation ne se résout pas explicitement

Une étude de variations peut prouver le nombre de solutions, même sans formule exacte. Le théorème des valeurs intermédiaires donne l’existence sur un intervalle ; la stricte monotonie donne l’unicité sur cet intervalle. Les accroissements finis peuvent ensuite contrôler l’erreur d’une approximation.

Autres bases et primitives logarithmiques

Définir une base autorisée

Pour a>0a>0, a≠1a\ne1 et x>0x>0, log⁡ax=ln⁡xln⁡a,(log⁡ax)′=1xln⁡a.\boxed{\log_a x=\frac{\ln x}{\ln a}},\qquad (\log_a x)'=\frac1{x\ln a}. Les règles de produit, quotient et puissance restent valables. Si a>1a>1, log⁡a\log_a est croissante et a le même signe que ln\ln. Si 0<a<10<a<1, elle est décroissante et son signe est inversé : positive pour 0<x<10<x<1, négative pour x>1x>1.

Pour a>1a>1, les limites en 0+0^+ et +∞+\infty sont −∞-\infty et +∞+\infty ; pour 0<a<10<a<1, elles sont +∞+\infty et −∞-\infty. La formule de changement de base permet de les lire directement.

Exemple - Une base qui inverse l’ordre

Résoudre log⁡1/3(x−2)>−1\log_{1/3}(x-2)>-1. Le domaine est x>2x>2 et −1=log⁡1/33-1=\log_{1/3}3. La fonction étant décroissante, on obtient x−2<3x-2<3, donc 2<x<52<x<5.

Le logarithme décimal

On note log⁡x=log⁡10x\log x=\log_{10}x. L’équation 10t=A10^t=A, A>0A>0, a pour solution t=log⁡At=\log A. Pour un entier positif NN, 10d−1≤N<10d10^{d-1}\le N<10^d équivaut à d−1≤log⁡N<dd-1\le\log N<d ; son nombre de chiffres décimaux est donc ⌊log⁡N⌋+1\lfloor\log N\rfloor+1.

Reconnaître une primitive de u′/uu'/u

Sur un intervalle où uu est dérivable et ne s’annule pas, F(x)=ln⁡|u(x)|⇒F′(x)=u′(x)u(x).\boxed{F(x)=\ln|u(x)|\quad\Longrightarrow\quad F'(x)=\frac{u'(x)}{u(x)}}. Les constantes d’intégration peuvent être différentes sur des intervalles disjoints. Si u>0u>0, la valeur absolue peut être supprimée.

Exemple - Un dénominateur quadratique positif

Pour u(x)=3x2−4x+5u(x)=3x^2-4x+5, le discriminant vaut −44<0-44<0, donc u>0u>0 sur ℝ\mathbb{R}. Une primitive de (6x−4)/(3x2−4x+5)(6x-4)/(3x^2-4x+5) est ln⁡(3x2−4x+5)\ln(3x^2-4x+5). Sa dérivée redonne exactement le numérateur demandé.

Exemple - Un logarithme à l’intérieur d’un autre

Sur ]0;1[]0;1[ ou sur ]1;+∞[]1;+\infty[, (ln|lnx|)′=1xln⁡x.\left(\ln|\ln x|\right)'=\frac1{x\ln x}. Le point 11 est exclu, et les deux intervalles doivent être traités séparément.

Une étude de fonction et deux inégalités

Étudier F(x)=x−1−ln⁡xF(x)=x-1-\ln x

Le domaine est ]0;+∞[]0;+\infty[. On a F′(x)=(x−1)/xF'(x)=(x-1)/x : la fonction décroît jusqu’à 11, puis croît. Son minimum global est F(1)=0F(1)=0. Les limites en 0+0^+ et +∞+\infty valent +∞+\infty ; à l’infini, F(x)=x(1−1/x−ln⁡x/x)F(x)=x(1-1/x-\ln x/x) permet de conclure.

La dérivée seconde est F″(x)=1/x2>0F''(x)=1/x^2>0, donc la fonction est strictement convexe. La droite y=0y=0 est la tangente au point (1,0)(1,0).

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

L’inégalité F(x)≥0F(x)\ge0 donne ln⁡x≤x−1(x>0),\boxed{\ln x\le x-1\quad(x>0)}, avec égalité seulement pour x=1x=1. En l’appliquant à 1/x1/x, on obtient ln⁡x≥1−1/x\ln x\ge1-1/x. Ainsi 1−1x≤ln⁡x≤x−1(x>0).1-\frac1x\le\ln x\le x-1\quad(x>0).

Précision obtenue par les accroissements finis

Pour 0<a≤x,y≤b0<a\le x,y\le b, la dérivée de ln\ln est comprise entre 1/b1/b et 1/a1/a. Le théorème des accroissements finis donne 1b|x−y|≤|ln⁡x−ln⁡y|≤1a|x−y|.\frac1b|x-y|\le|\ln x-\ln y|\le\frac1a|x-y|. Ce contrôle est uniforme sur [a;b][a;b]. Il ne peut pas être étendu avec la même constante jusqu’à 00, puisque 1/x1/x y devient arbitrairement grand.

Une comparaison doit conserver ses hypothèses

Les inégalités logarithmiques portent sur des arguments strictement positifs. Une estimation uniforme de la dérivée exige un intervalle qui reste éloigné du point interdit 00.

Exercices corrigés

Exercice 1 - Domaine et équation composée

Résoudre ln⁡(x−1)+ln⁡(x+1)=ln⁡(3x+1)\ln(x-1)+\ln(x+1)=\ln(3x+1). Solution. Le domaine est x>1x>1. Sur ce domaine, on obtient (x−1)(x+1)=3x+1(x-1)(x+1)=3x+1, donc x2−3x−2=0x^2-3x-2=0. Seule la racine (3+17)/2(3+\sqrt{17})/2 appartient au domaine ; l’autre est négative. Le produit et tous les arguments étant alors positifs, la réciproque de chaque transformation est valable.

Exercice 2 - Une inéquation et deux intervalles

Résoudre ln⁡(x2−3x+2)≤ln⁡2\ln(x^2-3x+2)\le\ln2. Solution. Le domaine est donné par (x−1)(x−2)>0(x-1)(x-2)>0, soit x<1x<1 ou x>2x>2. La croissance de ln\ln donne x2−3x+2≤2x^2-3x+2\le2, soit x(x−3)≤0x(x-3)\le0 et x∈[0;3]x\in[0;3]. Après intersection, S=[0;1[∪]2;3].S=[0;1[\cup]2;3]. Les points 11 et 22 sont exclus car l’argument y est nul, tandis que 00 et 33 sont inclus.

Exercice 3 - Un système logarithmique différent

Résoudre ln⁡x+ln⁡y=ln⁡20\ln x+\ln y=\ln20 et ln⁡x−ln⁡y=ln⁡(5/4)\ln x-\ln y=\ln(5/4). Solution. Le domaine impose x,y>0x,y>0. Les équations équivalent à xy=20xy=20 et x/y=5/4x/y=5/4. Donc x=5y/4x=5y/4 et 5y2/4=205y^2/4=20, soit y2=16y^2=16. La positivité donne y=4y=4, puis x=5x=5. Le couple (5,4)(5,4) vérifie les deux équations, et aucune autre solution positive n’est possible.

Exercice 4 - Calculer une dérivée logarithmique

Sur ]0;+∞[]0;+\infty[, dériver f(x)=x3x+1/(x2+1)f(x)=x^3\sqrt{x+1}/(x^2+1). Solution. La fonction est strictement positive, donc ln⁡f=3ln⁡x+12ln⁡(x+1)−ln⁡(x2+1).\ln f=3\ln x+\tfrac12\ln(x+1)-\ln(x^2+1). Ainsi f′(x)=f(x)(3x+12(x+1)−2xx2+1).f'(x)=f(x)\left(\frac3x+\frac1{2(x+1)}-\frac{2x}{x^2+1}\right). De plus 3/x−2x/(x2+1)=(x2+3)/(x(x2+1))>03/x-2x/(x^2+1)=(x^2+3)/(x(x^2+1))>0. Tous les termes restants sont positifs, donc ff est strictement croissante sur son domaine.

Exercice 5 - Deux primitives et leurs intervalles

Trouver une primitive de (4x+2)/(2x2+2x+3)(4x+2)/(2x^2+2x+3) sur ℝ\mathbb{R}, puis une primitive de 1/(xln⁡x)1/(x\ln x) sur ]1;+∞[]1;+\infty[. Solution. Le premier dénominateur vaut 2(x+1/2)2+5/2>02(x+1/2)^2+5/2>0 et sa dérivée est 4x+24x+2. On prend donc F(x)=ln⁡(2x2+2x+3)F(x)=\ln(2x^2+2x+3). Sur ]1;+∞[]1;+\infty[, ln⁡x>0\ln x>0 et G(x)=ln⁡(ln⁡x)G(x)=\ln(\ln x) convient, car G′(x)=(1/x)/ln⁡xG'(x)=(1/x)/\ln x. Toute autre primitive sur chacun de ces intervalles diffère d’une constante.

Exercice 6 - Trois limites et leurs justifications

Calculer lim⁡x→0ln⁡(1+3x)/x\lim_{x\to0}\ln(1+3x)/x, lim⁡x→1ln⁡x/(x2−1)\lim_{x\to1}\ln x/(x^2-1) et lim⁡x→0+x(ln⁡x)2\lim_{x\to0^+}x(\ln x)^2. Solution. Dans la première, 1+3x>01+3x>0 près de 00 et ln⁡(1+3x)x=3ln⁡(1+3x)3x→3.\frac{\ln(1+3x)}x=3\frac{\ln(1+3x)}{3x}\longrightarrow3. Pour la deuxième, sur un voisinage épointé de 11, ln⁡xx2−1=ln⁡xx−11x+1→12.\frac{\ln x}{x^2-1}=\frac{\ln x}{x-1}\frac1{x+1}\longrightarrow\frac12. Enfin, avec t=1/x→+∞t=1/x\to+\infty, x(ln⁡x)2=(ln⁡t)2/t→0x(\ln x)^2=(\ln t)^2/t\to0 par croissance comparée, justifiée dans le cours par la substitution s=ts=\sqrt t.

Exercice 7 - Étude d’un carré de logarithme

Étudier les variations et les limites de g(x)=(ln⁡x)2/xg(x)=(\ln x)^2/x sur ]0;+∞[]0;+\infty[, et distinguer ses extrema locaux et globaux. Solution. On a g′(x)=ln⁡x(2−ln⁡x)x2.g'(x)=\frac{\ln x(2-\ln x)}{x^2}. Le signe est négatif sur ]0;1[]0;1[, positif sur ]1;e2[]1;e^2[, puis négatif sur ]e2;+∞[]e^2;+\infty[. La limite en 0+0^+ est +∞+\infty : le numérateur et 1/x1/x sont tous deux positifs et divergent. La limite en +∞+\infty vaut 00 par croissance comparée.

La valeur g(1)=0g(1)=0 est un minimum global, car g≥0g\ge0. La valeur g(e2)=4/e2g(e^2)=4/e^2 est un maximum local, mais pas global puisque gg est non majorée près de 00. La droite y=0y=0 est asymptote horizontale en +∞+\infty et n’est atteinte qu’au point x=1x=1.

Exercice 8 - Une base inférieure à 11

Résoudre log⁡1/2(x+1)≥−2\log_{1/2}(x+1)\ge-2. Solution. Il faut x>−1x>-1. Comme −2=log⁡1/24-2=\log_{1/2}4 et que cette fonction est décroissante, l’inégalité devient x+1≤4x+1\le4. La solution est donc ]−1;3]]-1;3]. La borne −1-1 reste exclue, même si le signe est large.

Exercice 9 - Deux racines sans formule explicite

Montrer que H(x)=x−ln⁡x−2H(x)=x-\ln x-2 possède exactement deux zéros sur ]0;+∞[]0;+\infty[. Solution. La fonction est continue, décroissante sur ]0;1]]0;1] puis croissante sur [1;+∞[[1;+\infty[, puisque H′=(x−1)/xH'=(x-1)/x. Sa valeur minimale est H(1)=−1H(1)=-1. Ses deux limites aux extrémités du domaine valent +∞+\infty. Le théorème des valeurs intermédiaires fournit donc un zéro de chaque côté de 11, et la stricte monotonie sur chaque côté garantit l’unicité. Il y a exactement deux zéros.

Pour la racine β>1\beta>1, on peut encadrer une erreur : sur [3;4][3;4], H′≥2/3H'\ge2/3. Comme H(3)=1−ln⁡3<0H(3)=1-\ln3<0 et H(4)=2−ln⁡4>0H(4)=2-\ln4>0, β∈]3;4[\beta\in]3;4[. Pour t∈[3;4]t\in[3;4], les accroissements finis donnent |t−β|≤32|H(t)|.|t-\beta|\le\frac32|H(t)|. La méthode contrôle une approximation dès qu’un résidu est calculé ; elle ne suppose pas de formule fermée pour β\beta.

Exercice 10 - Nombre de chiffres d’une puissance

Déterminer le nombre de chiffres décimaux de 3263^{26}, en utilisant 0,4771<log⁡3<0,47720{,}4771<\log3<0{,}4772. Solution. Multiplier l’encadrement par 2626 donne 12,4046<log⁡(326)<12,4072.12{,}4046<\log(3^{26})<12{,}4072. Ainsi 12<log⁡(326)<1312<\log(3^{26})<13, donc 1012<326<101310^{12}<3^{26}<10^{13}. Ce nombre possède 1313 chiffres. Les bornes fournies suffisent : aucune décimale supplémentaire n’est nécessaire pour décider la partie entière.