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Fonctions exponentielles et puissances réelles - Cours et exercices corrigés | 2e Bac sciences mathématiques

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Construire l’exponentielle comme réciproque de ln\ln, maîtriser les bases positives et les puissances réelles, dériver et chercher des primitives. Résoudre des équations et des systèmes, comparer des croissances et justifier des études de fonctions par les outils d’analyse.

L’exponentielle népérienne

La réciproque du logarithme

La fonction ln\ln est continue et strictement croissante de ]0;+∞[]0;+\infty[ sur ℝ\mathbb{R}. Pour tout réel xx, il existe donc un unique réel strictement positif yy tel que ln⁡y=x\ln y=x. On note ce réel exp⁡x\exp x ou exe^x.

Deux compositions, avec leurs domaines

ln⁡(ex)=x(x∈ℝ),eln⁡t=t(t>0).\boxed{\ln(e^x)=x\quad(x\in\mathbb{R})},\qquad \boxed{e^{\ln t}=t\quad(t>0)}. L’exponentielle est définie sur ℝ\mathbb{R}, prend ses valeurs dans ]0;+∞[]0;+\infty[ et ne s’annule jamais. On a e0=1e^0=1, e1=ee^1=e et e−1=1/ee^{-1}=1/e.

La dérivée de la réciproque donne (exp⁡)′(x)=1ln⁡′(ex)=ex>0.(\exp)'(x)=\frac1{\ln'(e^x)}=e^x>0. Ainsi exp\exp est dérivable et strictement croissante sur ℝ\mathbb{R}, et limx→−∞ex=0,limx→+∞ex=+∞.\lim_{x\to-\infty}e^x=0,\qquad\lim_{x\to+\infty}e^x=+\infty. Pour s,t∈ℝs,t\in\mathbb{R}, es=et⇔s=te^s=e^t\iff s=t et es≤et⇔s≤te^s\le e^t\iff s\le t. En particulier, ex<1⇔x<0e^x<1\iff x<0.

Les identités algébriques

En appliquant ln\ln aux produits de nombres positifs, puis son injectivité, on obtient es+t=eset,es−t=eset,e−s=1es,(es)n=ens(n∈ℤ).\boxed{e^{s+t}=e^se^t},\qquad e^{s-t}=\frac{e^s}{e^t},\qquad e^{-s}=\frac1{e^s},\qquad(e^s)^n=e^{ns}\quad(n\in\mathbb{Z}).

Exemple - Simplifier en conservant la structure

e2x+1e−xex−2=e(2x+1)−x−(x−2)=e3.\frac{e^{2x+1}e^{-x}}{e^{x-2}}=e^{(2x+1)-x-(x-2)}=e^3. En revanche, es+ete^s+e^t n’est pas égal à es+te^{s+t}. La somme peut parfois se factoriser : e2x+ex=ex(ex+1)e^{2x}+e^x=e^x(e^x+1).

Une équation impossible

eu(x)=0e^{u(x)}=0 n’a aucune solution réelle, quels que soient les réels pour lesquels uu est défini. Diviser par une exponentielle définie est toujours permis.

Dérivées, primitives et limites locales

La fonction composée

Si uu est dérivable sur un intervalle II, alors (eu)′=u′eusur I.\boxed{(e^u)'=u'e^u}\quad\text{sur }I. L’exponentielle composée a exactement le domaine de uu. Son signe est toujours positif ; le signe de sa dérivée est celui de u′u'.

Exemple - Une dérivée et son signe

Pour f(x)=ex2−4xf(x)=e^{x^2-4x}, f′(x)=(2x−4)ex2−4xf'(x)=(2x-4)e^{x^2-4x}. La fonction décroît jusqu’à 22, puis croît ; son minimum global vaut f(2)=e−4f(2)=e^{-4}. Pour g(x)=xe−2xg(x)=xe^{-2x}, la règle du produit donne g′(x)=e−2x−2xe−2x=(1−2x)e−2x.g'(x)=e^{-2x}-2xe^{-2x}=(1-2x)e^{-2x}.

Reconnaître une primitive

La forme composée

Si uu est dérivable sur II, toutes les primitives de u′euu'e^u sur II sont eu+Ce^u+C, où C∈ℝC\in\mathbb{R}. En particulier, si a≠0a\ne0, ∫aeax+bdx=eax+b+C,∫eax+bdx=1aeax+b+C.\int ae^{ax+b}\,dx=e^{ax+b}+C,\qquad \int e^{ax+b}\,dx=\frac1a e^{ax+b}+C. La notation ∫f(x)dx\int f(x)\,dx désigne ici une famille de primitives. Si a=0a=0, la fonction est constante et une primitive est xebxe^b.

Par exemple, une primitive de (6x−2)e3x2−2x(6x-2)e^{3x^2-2x} est e3x2−2xe^{3x^2-2x}. On vérifie toujours en dérivant. Une expression eu(x)e^{u(x)} seule ne possède pas automatiquement une primitive eu(x)/u′(x)e^{u(x)}/u'(x).

Les limites au voisinage de zéro

La dérivabilité de exp\exp en 00 donne limh→0eh−1h=1.\boxed{\lim_{h\to0}\frac{e^h-1}{h}=1}. Pour une constante réelle aa, lim⁡x→0(eax−1)/x=a\lim_{x\to0}(e^{ax}-1)/x=a. Pour a≠0a\ne0, on pose h=axh=ax ; pour a=0a=0, le quotient est nul.

Exemple - Un quotient de deux différences

limx→0e3x−1e2x−1=limx→0e3x−13x2xe2x−132=32.\lim_{x\to0}\frac{e^{3x}-1}{e^{2x}-1} =\lim_{x\to0}\frac{e^{3x}-1}{3x}\,\frac{2x}{e^{2x}-1}\,\frac32=\frac32. Le dénominateur n’est nul que pour x=0x=0 : le quotient est défini dans un voisinage épointé de 00.

Bases positives et puissances réelles

La fonction exponentielle de base a

Pour a>0a>0 et x∈ℝx\in\mathbb{R}, on définit ax=exln⁡a,(ax)′=(ln⁡a)ax.\boxed{a^x=e^{x\ln a}},\qquad (a^x)'=(\ln a)a^x. Les règles as+t=asata^{s+t}=a^sa^t et as−t=as/ata^{s-t}=a^s/a^t sont valables pour tous réels s,ts,t. Si a=1a=1, la fonction vaut constamment 11.

Base Variation Limite en −∞-\infty Limite en +∞+\infty
a>1a>1 strictement croissante 00 +∞+\infty
0<a<10<a<1 strictement décroissante +∞+\infty 00

Pour a≠1a\ne1, as=at⇔s=ta^s=a^t\iff s=t. Une inégalité conserve son sens lorsque a>1a>1 et le change lorsque 0<a<10<a<1. Ainsi (1/3)2x−1≥9=(1/3)−2(1/3)^{2x-1}\ge9=(1/3)^{-2} équivaut à 2x−1≤−22x-1\le-2, soit x≤−1/2x\le-1/2. La limite locale est limx→0ax−1x=ln⁡a(a>0).\boxed{\lim_{x\to0}\frac{a^x-1}{x}=\ln a}\qquad(a>0).

La puissance d’exposant réel fixé

Pour x>0x>0 et α∈ℝ\alpha\in\mathbb{R}, on définit xα=eαln⁡x,(xα)′=αxα−1.\boxed{x^\alpha=e^{\alpha\ln x}},\qquad (x^\alpha)'=\alpha x^{\alpha-1}. Sur ]0;+∞[]0;+\infty[, cette définition prolonge les puissances entières et rationnelles usuelles. On a xα+β=xαxβx^{\alpha+\beta}=x^\alpha x^\beta et (xα)β=xαβ(x^\alpha)^\beta=x^{\alpha\beta}. La fonction est croissante si α>0\alpha>0, décroissante si α<0\alpha<0, constante si α=0\alpha=0. Pour α>0\alpha>0, ses limites sont 00 en 0+0^+ et +∞+\infty en +∞+\infty ; elles s’inversent si α<0\alpha<0.

Exemple - Base et exposant variables

Pour x>0x>0, xx=exln⁡xx^x=e^{x\ln x}, donc (xx)′=xx(1+ln⁡x).(x^x)'=x^x(1+\ln x). Ce n’est ni la règle d’un exposant constant, ni celle d’une base constante : on commence par la définition exponentielle.

Domaine des puissances réelles

La définition générale uv=evln⁡uu^v=e^{v\ln u} suppose u>0u>0. Des cas particuliers d’exposants entiers admettent d’autres bases, mais ils ne justifient pas une écriture générale avec une base négative.

Croissances comparées et études de limites

Pour tout entier n≥1n\ge1, limx→+∞exxn=+∞,limx→+∞xne−x=0,limx→−∞xnex=0.\boxed{\lim_{x\to+\infty}\frac{e^x}{x^n}=+\infty},\qquad \boxed{\lim_{x\to+\infty}x^ne^{-x}=0},\qquad \boxed{\lim_{x\to-\infty}x^ne^x=0}. La première limite implique la deuxième par inversion, puis la troisième s’obtient en posant t=−xt=-x. Le signe de xnx^n n’empêche pas la convergence vers 00. Lien avec la croissance logarithmique. Posons t=ex/nt=e^{x/n} lorsque x→+∞x\to+\infty. Alors t→+∞t\to+\infty, x=nln⁡tx=n\ln t et xnex=nn(ln⁡tt)n→0.\frac{x^n}{e^x}=n^n\left(\frac{\ln t}{t}\right)^n\longrightarrow0. La croissance comparée de ln\ln permet ainsi de retrouver le résultat exponentiel.

Changer l’échelle avant d’appliquer la règle

Pour c>0c>0, xne−cx→0x^ne^{-cx}\to0 en +∞+\infty : poser t=cxt=cx ramène à c−ntne−tc^{-n}t^ne^{-t}. Plus généralement, l’exponentielle domine une puissance réelle xαx^\alpha en +∞+\infty. Pour α>0\alpha>0, on choisit un entier n>αn>\alpha et on utilise 0≤xαe−cx≤xne−cx0\le x^\alpha e^{-cx}\le x^ne^{-cx} pour x≥1x\ge1 ; si α≤0\alpha\le0, le majorant e−cxe^{-cx} suffit.

Exemple - Une différence à l’infini

e2x−x5=e2x(1−x5e−2x)→+∞.e^{2x}-x^5=e^{2x}\bigl(1-x^5e^{-2x}\bigr)\longrightarrow+\infty. Le facteur entre parenthèses tend vers 11 ; cette factorisation lève la forme +∞−(+∞)+\infty-(+\infty).

Exemple - Une puissance à base variable

Pour x>0x>0, x1/x=eln⁡x/xx^{1/x}=e^{\ln x/x}. Comme ln⁡x/x→0\ln x/x\to0 en +∞+\infty, limx→+∞x1/x=1.\lim_{x\to+\infty}x^{1/x}=1. De même xx=exln⁡x→1x^x=e^{x\ln x}\to1 en 0+0^+, puisque xln⁡x→0x\ln x\to0. Les symboles ∞0\infty^0 et 000^0 ne constituent pas des règles de calcul de limites.

Primitives d’une exponentielle de base quelconque

Si a>0a>0, a≠1a\ne1, une primitive de axa^x est ax/ln⁡aa^x/\ln a. Pour une composée, la formule ∫u′(x)au(x)dx=au(x)ln⁡a+C\int u'(x)a^{u(x)}\,dx=\frac{a^{u(x)}}{\ln a}+C se vérifie par dérivation. Le cas a=1a=1 se traite directement : l’intégrande est alors u′u'.

Équations, inéquations et systèmes

Choisir une inconnue positive

Quand une expression contient e2xe^{2x} et exe^x, poser X=exX=e^x impose X>0X>0. On résout l’équation algébrique en XX, on rejette les valeurs non positives, puis on revient à x=ln⁡Xx=\ln X.

Exemple - Une racine à rejeter

e2x+ex−6=0⇔X2+X−6=0⇔(X+3)(X−2)=0.e^{2x}+e^x-6=0\iff X^2+X-6=0\iff(X+3)(X-2)=0. Seule la valeur X=2X=2 est positive. La solution unique est x=ln⁡2x=\ln2. Pour les inéquations, un tableau de signes en XX donne un ensemble que l’on intersecte avec ]0;+∞[]0;+\infty[ avant de revenir à xx. La croissance de ln\ln préserve le sens des comparaisons.

Passer par le logarithme

Une égalité ax=bya^x=b^y avec a,b>0a,b>0 équivaut à xln⁡a=yln⁡bx\ln a=y\ln b. Si une base vaut 11, son logarithme est nul : on ne doit pas diviser par lui.

Exemple - Une équation de deux bases

3x+1=22x3^{x+1}=2^{2x} équivaut à (x+1)ln⁡3=2xln⁡2(x+1)\ln3=2x\ln2. Comme 2ln⁡2−ln⁡3=ln⁡(4/3)>02\ln2-\ln3=\ln(4/3)>0, x=ln⁡3ln⁡(4/3).x=\frac{\ln3}{\ln(4/3)}.

Un système devient algébrique

Résolvons ex+ey=7e^x+e^y=7 et ex−y=6e^{x-y}=6. Posons X=ex>0X=e^x>0, Y=ey>0Y=e^y>0. Les équations deviennent X+Y=7X+Y=7 et X/Y=6X/Y=6, donc X=6YX=6Y, Y=1Y=1, X=6X=6. (x,y)=(ln⁡6,0).\boxed{(x,y)=(\ln6,0)}. Le retour aux variables d’origine ne perd aucune solution puisque exp\exp réalise une bijection de ℝ\mathbb{R} vers les réels strictement positifs.

Une méthode de résolution complète

Écrire le domaine ; effectuer une transformation équivalente ; respecter les contraintes de la nouvelle variable ; revenir à l’inconnue initiale ; vérifier les valeurs dans les équations de départ. Le logarithme d’une somme ne se distribue pas sur ses termes.

Une étude de fonction et deux inégalités

Soit f(x)=(x+1)e−xf(x)=(x+1)e^{-x} sur ℝ\mathbb{R}. On a f′(x)=−xe−x,f″(x)=(x−1)e−x.f'(x)=-xe^{-x},\qquad f''(x)=(x-1)e^{-x}. La fonction croît sur ]−∞;0]]-\infty;0], décroît sur [0;+∞[[0;+\infty[ et atteint son maximum global 11 en 00. Son unique zéro est −1-1. Ses limites sont −∞-\infty en −∞-\infty et 00 en +∞+\infty ; la droite y=0y=0 est une asymptote à droite. Le signe de f″f'' change en 11, donnant le point d’inflexion (1;2/e)(1;2/e).

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

La tangente donne une inégalité globale

L’inégalité f(x)≤1f(x)\le1, multipliée par ex>0e^x>0, donne ex≥1+x(x∈ℝ).\boxed{e^x\ge1+x\quad(x\in\mathbb{R})}. L’égalité a lieu uniquement pour x=0x=0. La tangente à la courbe de exp\exp en 00 est donc y=1+xy=1+x, située sous la courbe.

Encadrer un écart par les accroissements finis

Pour a≤x,y≤ba\le x,y\le b, le théorème des accroissements finis appliqué à exp\exp donne, si x≠yx\ne y, un réel cc entre xx et yy tel que ex−ey=ec(x−y)e^x-e^y=e^c(x-y). D’où ea|x−y|≤|ex−ey|≤eb|x−y|.\boxed{e^a|x-y|\le|e^x-e^y|\le e^b|x-y|}. Les inégalités restent vraies si x=yx=y. Par exemple, pour 0≤h≤0,10\le h\le0{,}1, h≤eh−1≤e0,1hh\le e^h-1\le e^{0{,}1}h. Un contrôle de la dérivée fournit un contrôle de l’erreur.

Exercices corrigés - Algèbre et calcul

Exercice 1 - Deux racines exponentielles

Résoudre e2x−5ex+6=0e^{2x}-5e^x+6=0. Solution. Avec X=ex>0X=e^x>0, on obtient (X−2)(X−3)=0(X-2)(X-3)=0. Les deux racines sont positives. Par bijectivité de exp\exp, S={ln⁡2;ln⁡3}.\boxed{S=\{\ln2;\ln3\}}. Les substitutions donnent respectivement 4−10+6=04-10+6=0 et 9−15+6=09-15+6=0.

Exercice 2 - Deux bases distinctes

Résoudre 2x=51−x2^x=5^{1-x}. Solution. Les deux membres sont positifs pour tout réel xx. Prendre leur logarithme donne xln⁡2=(1−x)ln⁡5x\ln2=(1-x)\ln5, soit xln⁡10=ln⁡5x\ln10=\ln5. Comme ln⁡10≠0\ln10\ne0, x=ln⁡5ln⁡10.\boxed{x=\frac{\ln5}{\ln10}}. Cette valeur appartient à ]0;1[]0;1[, car 0<ln⁡5<ln⁡100<\ln5<\ln10.

Exercice 3 - Un intervalle de solutions

Résoudre e2x−3ex+2≤0e^{2x}-3e^x+2\le0. Solution. Le trinôme (X−1)(X−2)(X-1)(X-2) est négatif ou nul pour 1≤X≤21\le X\le2. Ces valeurs satisfont X>0X>0. En revenant à X=exX=e^x et en prenant le logarithme croissant, S=[0;ln⁡2].\boxed{S=[0;\ln2]}. Les deux bornes sont incluses parce que l’inégalité n’est pas stricte.

Exercice 4 - Somme et produit dans un système

Résoudre ex+ey=5e^x+e^y=5 et ex+y=6e^{x+y}=6. Solution. Posons X=ex>0X=e^x>0, Y=ey>0Y=e^y>0. On cherche X+Y=5X+Y=5 et XY=6XY=6. Les deux nombres sont donc les racines de T2−5T+6=(T−2)(T−3)T^2-5T+6=(T-2)(T-3). On obtient les couples (X,Y)=(2,3)(X,Y)=(2,3) et (3,2)(3,2), tous deux admissibles. Ainsi (x,y)∈{(ln⁡2,ln⁡3);(ln⁡3,ln⁡2)}.\boxed{(x,y)\in\{(\ln2,\ln3);(\ln3,\ln2)\}}. La somme des logarithmes vaut ln⁡6\ln6, ce qui vérifie la seconde équation.

Exercice 5 - Trois limites avec leur mécanisme

Calculer A=lim⁡x→+∞x(e1/x−1)A=\lim_{x\to+\infty}x(e^{1/x}-1), B=lim⁡x→+∞x2e−3xB=\lim_{x\to+\infty}x^2e^{-3x} et C=lim⁡x→0(2x−1)/xC=\lim_{x\to0}(2^x-1)/x. Solution. Pour AA, poser h=1/x→0+h=1/x\to0^+ : x(e1/x−1)=(eh−1)/hx(e^{1/x}-1)=(e^h-1)/h, donc A=1\boxed{A=1}. Pour BB, poser t=3xt=3x : x2e−3x=t2e−t/9x^2e^{-3x}=t^2e^{-t}/9, donc B=0\boxed{B=0}. Enfin 2x=exln⁡22^x=e^{x\ln2} et la limite locale donne C=ln⁡2\boxed{C=\ln2}.

Exercices corrigés - Fonctions composées

Exercice 6 - Puissance fixe et exposant variable

Dériver p(x)=x2p(x)=x^{\sqrt2} sur ]0;+∞[]0;+\infty[ et q(x)=(1+x2)xq(x)=(1+x^2)^x sur ℝ\mathbb{R}. Étudier le signe de q′q'. Solution. Pour la puissance à exposant constant, p′(x)=2x2−1.\boxed{p'(x)=\sqrt2\,x^{\sqrt2-1}}. La base 1+x21+x^2 est strictement positive sur ℝ\mathbb{R}, donc q(x)=exln⁡(1+x2),q′(x)=q(x)(ln(1+x2)+2x21+x2).q(x)=e^{x\ln(1+x^2)},\qquad \boxed{q'(x)=q(x)\left(\ln(1+x^2)+\frac{2x^2}{1+x^2}\right)}. Les deux termes de la parenthèse sont positifs ou nuls et s’annulent simultanément uniquement en 00. Ainsi q′(0)=0q'(0)=0 et q′(x)>0q'(x)>0 pour x≠0x\ne0. La fonction est strictement croissante sur ℝ\mathbb{R} : elle est strictement croissante sur chacun des deux côtés de 00, et la continuité raccorde les valeurs avec q(0)=1q(0)=1.

Exercice 7 - Deux primitives vérifiées

Déterminer toutes les primitives sur ℝ\mathbb{R} de f(x)=2xex2f(x)=2xe^{x^2} et de g(x)=e2x/(1+e2x)g(x)=e^{2x}/(1+e^{2x}). Solution. La première fonction a la forme u′euu'e^u avec u=x2u=x^2. Donc F(x)=ex2+C.\boxed{F(x)=e^{x^2}+C}. Pour la seconde, v(x)=1+e2x>0v(x)=1+e^{2x}>0 et v′=2e2xv'=2e^{2x}. Ainsi g=v′/(2v)g=v'/(2v) et G(x)=12ln⁡(1+e2x)+C.\boxed{G(x)=\tfrac12\ln(1+e^{2x})+C}. La dérivée de GG est 122e2x/(1+e2x)=g(x)\tfrac12\,2e^{2x}/(1+e^{2x})=g(x). Les constantes sont arbitraires sur l’intervalle ℝ\mathbb{R}.

Exercice 8 - Une fonction à deux asymptotes

Étudier L(x)=ex/(1+ex)L(x)=e^x/(1+e^x) : limites, variations, courbure, tangente en 00 et centre de symétrie. Solution. Le dénominateur est strictement positif : DL=ℝD_L=\mathbb{R}. En −∞-\infty, ex→0e^x\to0, donc L→0L\to0. En +∞+\infty, écrire L=1/(1+e−x)L=1/(1+e^{-x}) donne L→1L\to1. Les droites y=0y=0 et y=1y=1 sont des asymptotes, respectivement à gauche et à droite. L′(x)=ex(1+ex)2>0,L″(x)=ex(1−ex)(1+ex)3.L'(x)=\frac{e^x}{(1+e^x)^2}>0,\qquad L''(x)=\frac{e^x(1-e^x)}{(1+e^x)^3}. La fonction croît strictement de 00 vers 11. La dérivée seconde est positive pour x<0x<0 et négative pour x>0x>0 : I(0;1/2)I(0;1/2) est un point d’inflexion. Comme L′(0)=1/4L'(0)=1/4, la tangente est y=1/2+x/4\boxed{y=1/2+x/4}. Enfin L(−x)=11+ex=1−L(x),L(-x)=\frac1{1+e^x}=1-L(x), ce qui établit la symétrie centrale par rapport à II. Les limites 00 et 11 ne sont jamais atteintes.

Exercices corrigés - Raisonnement d’analyse

Exercice 9 - Discuter le nombre de solutions

Pour un paramètre k>0k>0, déterminer le nombre de solutions réelles de ex=kxe^x=kx. Solution. Le membre de gauche est positif. Puisque k>0k>0, toute solution satisfait x>0x>0. Sur ]0;+∞[]0;+\infty[, l’équation équivaut à g(x)=kg(x)=k, où g(x)=exx,g′(x)=ex(x−1)x2.g(x)=\frac{e^x}{x},\qquad g'(x)=\frac{e^x(x-1)}{x^2}. La fonction décroît strictement sur ]0;1]]0;1], puis croît strictement sur [1;+∞[[1;+\infty[. Son minimum vaut g(1)=eg(1)=e. De plus, g(x)→+∞g(x)\to+\infty en 0+0^+ et en +∞+\infty (croissance comparée). La continuité et la stricte monotonie sur chaque branche donnent :

  • si 0<k<e0<k<e, aucune solution ;

  • si k=ek=e, une unique solution, x=1x=1 ;

  • si k>ek>e, exactement deux solutions, l’une dans ]0;1[]0;1[, l’autre dans ]1;+∞[]1;+\infty[.

Ce dénombrement de racines ne demande pas de formule explicite pour les solutions.

Exercice 10 - Itération et contrôle de l’erreur

Soit u0=1u_0=1 et un+1=e−unu_{n+1}=e^{-u_n}. Montrer que un∈I=[1/e;1]u_n\in I=[1/e;1], établir l’existence d’un unique α∈I\alpha\in I vérifiant α=e−α\alpha=e^{-\alpha}, puis prouver une estimation de |un−α||u_n-\alpha|. Solution. Si t∈It\in I, la décroissance de φ(t)=e−t\varphi(t)=e^{-t} donne e−1≤φ(t)≤e−1/e<1.e^{-1}\le\varphi(t)\le e^{-1/e}<1. Donc φ(I)⊂I\varphi(I)\subset I. Comme u0∈Iu_0\in I, une récurrence assure un∈Iu_n\in I pour tout nn. La fonction H(t)=e−t−tH(t)=e^{-t}-t est continue sur II et H′(t)=−e−t−1<0H'(t)=-e^{-t}-1<0. Elle est strictement décroissante. Aux bornes, H(1/e)=e−1/e−1/e>0,H(1)=1/e−1<0.H(1/e)=e^{-1/e}-1/e>0,\qquad H(1)=1/e-1<0. La première inégalité vient de −1/e>−1-1/e>-1 et de la croissance de exp\exp. Le théorème des valeurs intermédiaires et l’injectivité donnent un unique zéro α∈I\alpha\in I. Sur II, |φ′(t)|=e−t≤q=e−1/e<1|\varphi'(t)|=e^{-t}\le q=e^{-1/e}<1. Le théorème des accroissements finis permet donc d’écrire |un+1−α|=|φ(un)−φ(α)|≤q|un−α|.|u_{n+1}-\alpha|=|\varphi(u_n)-\varphi(\alpha)|\le q|u_n-\alpha|. Une récurrence entraîne |un−α|≤qn|1−α|≤(1−1/e)e−n/e.\boxed{|u_n-\alpha|\le q^n|1-\alpha|\le(1-1/e)e^{-n/e}}. Le majorant tend vers 00, donc un→αu_n\to\alpha. Pour assurer une erreur au plus 10−310^{-3}, il suffit de choisir un entier nn tel que n≥eln⁡(1000(1−1/e))n\ge e\ln\bigl(1000(1-1/e)\bigr). L’encadrement initial fournit une borne explicite, même si la valeur exacte de α\alpha n’est pas connue.