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Fonctions exponentielles et modèles d'évolution - Cours et exercices corrigés | 2e Bac sciences économiques et gestion

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Maîtriser les exponentielles népérienne et de base positive, leurs dérivées, primitives et limites. Résoudre des équations, inéquations et systèmes, étudier des fonctions et utiliser des modèles de croissance, de décroissance ou de saturation avec des unités cohérentes.

L’exponentielle népérienne

La fonction réciproque de ln

La fonction ln\ln est une bijection de ]0;+∞[]0;+\infty[ sur ℝ\mathbb{R}. Pour chaque réel xx, l’unique réel positif yy vérifiant ln⁡y=x\ln y=x est noté exp⁡x\exp x ou exe^x. Ainsi ln⁡(ex)=x(x∈ℝ),eln⁡y=y(y>0).\boxed{\ln(e^x)=x\quad(x\in\mathbb{R})},\qquad \boxed{e^{\ln y}=y\quad(y>0)}. L’exponentielle est définie sur tout ℝ\mathbb{R}, strictement positive et continue. On a e0=1e^0=1, e1=ee^1=e et e−1=1/ee^{-1}=1/e. Elle ne s’annule jamais.

Dérivée, ordre et limites

La formule de dérivation d’une réciproque donne (exp⁡)′(x)=1ln⁡′(ex)=ex.(\exp)'(x)=\frac1{\ln'(e^x)}=e^x. La dérivée est positive : l’exponentielle est strictement croissante sur ℝ\mathbb{R}. On en déduit, pour tous réels u,vu,v, eu=ev⇔u=v,eu≤ev⇔u≤v.e^u=e^v\iff u=v,\qquad e^u\le e^v\iff u\le v. Ses limites sont 00 en −∞-\infty et +∞+\infty en +∞+\infty. La droite y=0y=0 est une asymptote à gauche, jamais atteinte par la courbe.

Les propriétés algébriques

Pour tous réels u,vu,v et tout entier nn, eu+v=euev,eu−v=euev,e−u=1eu,(eu)n=enu.\boxed{e^{u+v}=e^ue^v},\qquad e^{u-v}=\frac{e^u}{e^v}, \qquad e^{-u}=\frac1{e^u},\qquad(e^u)^n=e^{nu}. Ces identités se vérifient en appliquant les propriétés de ln\ln aux nombres positifs. Elles ne concernent pas l’addition : eu+eve^u+e^v n’est pas en général eu+ve^{u+v}.

Exemple - Factoriser pour lire un signe

e2x−ex=ex(ex−1).e^{2x}-e^x=e^x(e^x-1). Le premier facteur est positif. Le signe de l’expression est donc celui de ex−1e^x-1, c’est-à-dire celui de xx. La positivité de l’exponentielle simplifie une étude de signe sans supprimer un facteur qui pourrait s’annuler.

Dérivation et primitives composées

Ne pas oublier la fonction intérieure

Si uu est dérivable sur un intervalle II, alors (eu)′=u′eu.\boxed{(e^u)'=u'e^u}. La fonction eu(x)e^{u(x)} a le domaine de uu, et sa dérivée a le signe de u′u'. Le signe de la fonction elle-même reste strictement positif.

Exemple - Une exponentielle composée

Pour f(x)=e2x2−xf(x)=e^{2x^2-x}, f′(x)=(4x−1)e2x2−xf'(x)=(4x-1)e^{2x^2-x}. Elle décroît jusqu’à x=1/4x=1/4, puis croît ; sa valeur minimale est e−1/8e^{-1/8}. Pour g(x)=x2e−xg(x)=x^2e^{-x}, la règle du produit donne g′(x)=2xe−x−x2e−x=x(2−x)e−x.g'(x)=2xe^{-x}-x^2e^{-x}=x(2-x)e^{-x}. Sur [0;+∞[[0;+\infty[, la fonction croît jusqu’à 22 puis décroît. Le point 00 est une borne du domaine de modèle choisi.

Une famille de primitives à reconnaître

La forme u’ exp(u)

Si uu est dérivable sur II, toutes les primitives de u′euu'e^u sur II sont eu+Ce^u+C, avec C∈ℝC\in\mathbb{R}. En particulier, si a≠0a\ne0, ∫eax+bdx=1aeax+b+C.\int e^{ax+b}\,dx=\frac1a e^{ax+b}+C. Ici, ∫f(x)dx\int f(x)\,dx désigne une famille de primitives. Si a=0a=0, l’intégrande est constant et une primitive est xebxe^b.

Exemple - Coefficient à ajuster

Une primitive de 4xex2+34xe^{x^2+3} est 2ex2+32e^{x^2+3}, car la dérivée de x2+3x^2+3 est 2x2x. Une primitive de e−3x+2e^{-3x+2} est −13e−3x+2-\tfrac13e^{-3x+2}. Dans les deux cas, dériver le résultat contrôle le coefficient et le signe.

Déterminer la constante à partir d’une valeur

Cherchons la primitive de 2e2x2e^{2x} sur ℝ\mathbb{R} qui vaut 77 en 00. Les primitives sont F(x)=e2x+CF(x)=e^{2x}+C. Comme F(0)=1+CF(0)=1+C, on obtient C=6C=6, donc F(x)=e2x+6F(x)=e^{2x}+6.

Ce qu’une reconnaissance ne permet pas

Une primitive de eu(x)e^{u(x)} n’est pas automatiquement eu(x)/u′(x)e^{u(x)}/u'(x). La méthode fonctionne lorsque l’intégrande contient exactement le facteur u′u', éventuellement à un coefficient constant près. Un facteur variable demande une justification différente.

Exponentielle de base positive et puissances

Pour a>0a>0 et x∈ℝx\in\mathbb{R}, on définit ax=exln⁡a,(ax)′=(ln⁡a)ax.\boxed{a^x=e^{x\ln a}},\qquad\boxed{(a^x)'=(\ln a)a^x}. La définition donne les puissances réelles d’une base strictement positive. Pour un réel bb, ab=ebln⁡aa^b=e^{b\ln a} ; les propriétés au+v=auava^{u+v}=a^ua^v et (au)v=auv(a^u)^v=a^{uv} en découlent.

La base détermine le sens de variation

Base Variation Limite en −∞-\infty Limite en +∞+\infty
a>1a>1 strictement croissante 00 +∞+\infty
0<a<10<a<1 strictement décroissante +∞+\infty 00
a=1a=1 constante 11 11

Si a≠1a\ne1, l’équation au=ava^u=a^v équivaut à u=vu=v. Une inégalité conserve son sens lorsque a>1a>1 et l’inverse lorsque 0<a<10<a<1. Le cas a=1a=1 se traite directement.

Exemple - Comparer avec une base décroissante

L’inégalité (1/5)x+1≤25=(1/5)−2(1/5)^{x+1}\le25=(1/5)^{-2} équivaut à x+1≥−2x+1\ge-2, donc à x≥−3x\ge-3. Le sens s’inverse parce que la base est comprise entre 00 et 11.

Une primitive dans une base quelconque

Si a>0a>0, a≠1a\ne1, une primitive de axa^x est ax/ln⁡aa^x/\ln a. Plus généralement, ∫u′(x)au(x)dx=au(x)ln⁡a+C.\int u'(x)a^{u(x)}\,dx=\frac{a^{u(x)}}{\ln a}+C. Pour a=1a=1, l’intégrande de cette dernière expression est simplement u′u', dont les primitives sont u+Cu+C. On ne divise jamais par ln⁡1=0\ln1=0.

Périodes et coefficients équivalents

Dans un modèle à coefficient annuel q>0q>0, le coefficient constant mensuel équivalent m>0m>0 vérifie m12=qm^{12}=q, donc m=q1/12=eln⁡q/12.\boxed{m=q^{1/12}=e^{\ln q/12}}. Le taux mensuel équivalent est m−1m-1. Il n’est pas en général égal au taux annuel (q−1)(q-1) divisé par 1212. Il faut comparer des coefficients appliqués au même nombre de périodes. Si la variable représente seulement des années entières, Cn=C0qnC_n=C_0q^n est une suite. La fonction C(t)=C0qtC(t)=C_0q^t constitue une prolongation continue du modèle, définie pour un réel tt ; une interprétation intermédiaire doit être précisée par l’énoncé.

Limites et croissance comparée

Au voisinage de zéro

La dérivabilité de l’exponentielle en 00 fournit limh→0eh−1h=1.\boxed{\lim_{h\to0}\frac{e^h-1}{h}=1}. Pour une constante cc, lim⁡x→0(ecx−1)/x=c\lim_{x\to0}(e^{cx}-1)/x=c. Pour c≠0c\ne0, poser h=cxh=cx ; pour c=0c=0, le quotient vaut 00. De même, pour a>0a>0, limx→0ax−1x=ln⁡a.\boxed{\lim_{x\to0}\frac{a^x-1}{x}=\ln a}.

Exemple - Deux expressions qui tendent vers zéro

e4x−1e3x−1=e4x−14x3xe3x−143→43(x→0).\frac{e^{4x}-1}{e^{3x}-1} =\frac{e^{4x}-1}{4x}\frac{3x}{e^{3x}-1}\frac43 \longrightarrow\frac43\quad(x\to0). Le quotient est défini pour les xx non nuls assez proches de 00. Écrire 0/00/0 signale la nécessité d’une transformation, pas une valeur de la limite.

L’exponentielle domine une puissance entière

Pour tout entier n≥1n\ge1, limx→+∞exxn=+∞,limx→+∞xne−x=0,limx→−∞xnex=0.\boxed{\lim_{x\to+\infty}\frac{e^x}{x^n}=+\infty},\qquad \boxed{\lim_{x\to+\infty}x^ne^{-x}=0},\qquad \boxed{\lim_{x\to-\infty}x^ne^x=0}. La deuxième limite est l’inverse de la première ; pour la troisième, on pose t=−xt=-x. Si c>0c>0, la substitution t=cxt=cx montre également xne−cx→0x^ne^{-cx}\to0 en +∞+\infty.

Exemple - Lever une différence infinie

e3x−x4=e3x(1−x4e−3x)→+∞.e^{3x}-x^4=e^{3x}\bigl(1-x^4e^{-3x}\bigr)\longrightarrow+\infty. Le facteur entre parenthèses tend vers 11, tandis que le premier tend vers +∞+\infty. On a levé la forme +∞−(+∞)+\infty-(+\infty).

Composer une limite avec l’exponentielle

Si u(x)→ℓ∈ℝu(x)\to\ell\in\mathbb{R}, alors eu(x)→eℓe^{u(x)}\to e^\ell par continuité. Si u→−∞u\to-\infty, l’exponentielle tend vers 00 ; si u→+∞u\to+\infty, elle tend vers +∞+\infty. Ainsi x1/x=eln⁡x/x→1x^{1/x}=e^{\ln x/x}\to1 en +∞+\infty. La croissance comparée du logarithme permet de traiter cette puissance à base et exposant variables.

Équations, inéquations et systèmes

L’équation eu(x)=Ae^{u(x)}=A n’a aucune solution si A≤0A\le0. Si A>0A>0, elle équivaut à u(x)=ln⁡Au(x)=\ln A, sur le domaine de uu.

Réduire à une même base ou prendre le logarithme

L’équation e2x−1=ex+3e^{2x-1}=e^{x+3} donne 2x−1=x+32x-1=x+3, donc x=4x=4. L’équation 3x=73^x=7 donne x=ln⁡7/ln⁡3x=\ln7/\ln3, car les deux membres sont positifs et ln⁡3≠0\ln3\ne0. Pour des bases différentes, au=bva^u=b^v équivaut à uln⁡a=vln⁡bu\ln a=v\ln b, avec a,b>0a,b>0. On vérifie les coefficients avant de diviser.

Une inconnue auxiliaire positive

Une expression contenant e2xe^{2x} et exe^x conduit à poser X=ex>0X=e^x>0. Par exemple, e2x−ex−12=0⇔X2−X−12=0⇔(X−4)(X+3)=0.e^{2x}-e^x-12=0\iff X^2-X-12=0\iff(X-4)(X+3)=0. Seule X=4X=4 est admissible ; donc x=ln⁡4x=\ln4. La racine X=−3X=-3 est exclue, car une exponentielle est positive. Pour une inéquation, on résout le signe du polynôme en XX, on intersecte avec X>0X>0, puis on utilise le logarithme croissant pour revenir à xx.

Transformer un système en somme et produit

Résolvons ex+ey=9e^x+e^y=9 et ex+y=20e^{x+y}=20. Avec X=ex>0X=e^x>0 et Y=ey>0Y=e^y>0, on obtient X+Y=9X+Y=9 et XY=20XY=20. Les deux nombres sont les racines de T2−9T+20=(T−4)(T−5).T^2-9T+20=(T-4)(T-5). Les couples (X,Y)(X,Y) sont donc (4,5)(4,5) et (5,4)(5,4), tous deux positifs. Ainsi (x,y)∈{(ln⁡4,ln⁡5);(ln⁡5,ln⁡4)}.\boxed{(x,y)\in\{(\ln4,\ln5);(\ln5,\ln4)\}}. Chaque couple vérifie la somme 99 et le produit 2020. Prendre séparément le logarithme d’une somme n’aurait pas produit un système équivalent.

Passer d’un seuil réel à un rang entier

Pour q>1q>1, résoudre C0qn≥KC_0q^n\ge K avec C0,K>0C_0,K>0 revient à n≥ln⁡(K/C0)/ln⁡qn\ge\ln(K/C_0)/\ln q. Si les indices autorisés commencent à 00, on conserve aussi n≥0n\ge0. Le premier entier admissible se vérifie avec son prédécesseur. Pour 0<q<10<q<1, la division par ln⁡q<0\ln q<0 inverse le sens. Un seuil de baisse doit être traduit avant tout arrondi.

Étudier et interpréter un modèle continu

Un effet qui augmente puis diminue

Soit R(t)=te−t/5R(t)=te^{-t/5} pour t≥0t\ge0. Ce modèle représente un indicateur d’activité qui combine un facteur initial croissant et un facteur d’atténuation. Il est continu et R′(t)=(1−t5)e−t/5.R'(t)=\left(1-\frac t5\right)e^{-t/5}. La dérivée est positive pour t<5t<5, nulle en 55, négative pour t>5t>5. Comme R(0)=0R(0)=0 et R(t)→0R(t)\to0 en +∞+\infty par croissance comparée, maxt≥0R(t)=5e, atteint en t=5.\boxed{\max_{t\ge0}R(t)=\frac5e\text{, atteint en }t=5}.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

Le maximum du produit ne se trouve pas en étudiant séparément le maximum de chaque facteur. La dérivée du produit détermine le compromis propre à la formule.

Taux continu et coefficient par période

Un modèle C(t)=C0ektC(t)=C_0e^{kt}, avec C0>0C_0>0, a pour dérivée C′(t)=kC(t)C'(t)=kC(t). Il croît si k>0k>0, décroît si k<0k<0, et est constant si k=0k=0. Son coefficient entre deux dates séparées d’une unité est eke^k : le taux effectif par unité de temps est ek−1e^k-1. Ainsi C(t)=8000e0,03tC(t)=8\,000e^{0{,}03t} donne un taux annuel effectif e0,03−1e^{0{,}03}-1, qui n’est pas exactement 3%3\,\%. Le nombre 0,030{,}03 est le paramètre continu du modèle si tt est mesuré en années. Pour atteindre une valeur K>0K>0 avec k≠0k\ne0, on résout C0ekt=K⇔t=ln⁡(K/C0)k.C_0e^{kt}=K\iff\boxed{t=\frac{\ln(K/C_0)}k}. Une solution négative peut être hors du domaine de temps t≥0t\ge0. Les unités de kk doivent correspondre à celles de tt ; on ne mélange pas un coefficient annuel avec un nombre de mois sans conversion.

Exercices corrigés - Calcul et systèmes

Exercice 1 - Simplifier sans perdre de signe

Simplifier A=e3x+2e1−x/e2x−4A=e^{3x+2}e^{1-x}/e^{2x-4} pour x∈ℝx\in\mathbb{R}. Solution. Le dénominateur est strictement positif. Les règles de produit et de quotient donnent A=e(3x+2)+(1−x)−(2x−4)=e7.A=e^{(3x+2)+(1-x)-(2x-4)}=\boxed{e^7}. La simplification est valable pour tout réel xx ; les coefficients de xx s’annulent.

Exercice 2 - Une équation du second degré auxiliaire

Résoudre e2x−7ex+10=0e^{2x}-7e^x+10=0. Solution. Avec X=ex>0X=e^x>0, l’équation devient (X−2)(X−5)=0(X-2)(X-5)=0. Les deux racines sont positives, donc S={ln⁡2;ln⁡5}.\boxed{S=\{\ln2;\ln5\}}. L’injectivité de l’exponentielle assure une seule valeur de xx pour chaque racine positive.

Exercice 3 - Une inéquation stricte

Résoudre e2x−6ex+8>0e^{2x}-6e^x+8>0. Solution. Le trinôme (X−2)(X−4)(X-2)(X-4) est positif pour X<2X<2 ou X>4X>4. Après intersection avec X=ex>0X=e^x>0, on obtient 0<X<20<X<2 ou X>4X>4. Le retour à xx donne S=]−∞;ln⁡2[∪]ln⁡4;+∞[.\boxed{S=]-\infty;\ln2[\cup]\ln4;+\infty[}. Les bornes ln⁡2\ln2 et ln⁡4\ln4 sont exclues à cause de l’inégalité stricte.

Exercice 4 - Somme et rapport exponentiels

Résoudre ex+ey=10e^x+e^y=10 et ex−y=4e^{x-y}=4. Solution. Posons X=ex>0X=e^x>0, Y=ey>0Y=e^y>0. Le système devient X+Y=10X+Y=10 et X/Y=4X/Y=4. Ainsi X=4YX=4Y, puis 5Y=105Y=10, d’où Y=2Y=2 et X=8X=8. (x,y)=(ln⁡8,ln⁡2).\boxed{(x,y)=(\ln8,\ln2)}. Le couple vérifie la première équation puisque 8+2=108+2=10 et la seconde puisque 8/2=48/2=4. Le logarithme permet le retour aux variables car les valeurs obtenues sont positives.

Exercices corrigés - Dérivée, primitive et limites

Exercice 5 - Un produit et une primitive composée

Dériver f(x)=(2x−1)e−xf(x)=(2x-1)e^{-x}. Puis déterminer la primitive GG de 3x2ex3+13x^2e^{x^3+1} sur ℝ\mathbb{R} telle que G(0)=5G(0)=5. Solution. Par la règle du produit, f′(x)=2e−x−(2x−1)e−x=(3−2x)e−x.f'(x)=2e^{-x}-(2x-1)e^{-x}=\boxed{(3-2x)e^{-x}}. Pour la primitive, la fonction intérieure est u(x)=x3+1u(x)=x^3+1, avec u′=3x2u'=3x^2. On obtient G(x)=ex3+1+CG(x)=e^{x^3+1}+C. Puis G(0)=e+C=5G(0)=e+C=5, donc G(x)=ex3+1+5−e.\boxed{G(x)=e^{x^3+1}+5-e}. La dérivation vérifie l’intégrande et la substitution x=0x=0 vérifie la condition.

Exercice 6 - Trois limites de référence adaptées

Calculer A=lim⁡x→0(e5x−1)/(3x)A=\lim_{x\to0}(e^{5x}-1)/(3x), B=lim⁡t→+∞t3e−0,4tB=\lim_{t\to+\infty}t^3e^{-0{,}4t} et C=lim⁡x→0(1,04x−1)/xC=\lim_{x\to0}(1{,}04^x-1)/x. Solution. Pour le premier quotient, e5x−13x=53e5x−15x→53.\frac{e^{5x}-1}{3x}=\frac53\frac{e^{5x}-1}{5x}\longrightarrow\boxed{\frac53}. Pour BB, posons s=0,4t→+∞s=0{,}4t\to+\infty. Alors t3e−0,4t=s3e−s/0,43→0t^3e^{-0{,}4t}=s^3e^{-s}/0{,}4^3\to\boxed0. Enfin 1,04x=exln⁡(1,04)1{,}04^x=e^{x\ln(1{,}04)}, donc C=ln⁡(1,04)\boxed{C=\ln(1{,}04)}. Les trois résultats utilisent une transformation précise vers une limite connue.

Exercice 7 - Une base comprise entre 0 et 1

Résoudre (1/2)2t−1<1/8(1/2)^{2t-1}<1/8. Solution. Comme 1/8=(1/2)31/8=(1/2)^3 et que la fonction s↦(1/2)ss\mapsto(1/2)^s est strictement décroissante, 2t−1>3⇔t>2.2t-1>3\iff\boxed{t>2}. On peut vérifier avec le logarithme : (2t−1)ln⁡(1/2)<3ln⁡(1/2)(2t-1)\ln(1/2)<3\ln(1/2), et la division par le logarithme négatif inverse le sens. Les deux méthodes concordent.

Un contrôle rapide

Pour t=2t=2, les deux membres sont égaux : la borne doit être exclue. Pour t=3t=3, le membre de gauche vaut 1/32<1/81/32<1/8 : le côté retenu est correct.

Exercices corrigés - Seuils et optimisation

Exercice 8 - Une valeur cible après un nombre entier de périodes

Un modèle donne Cn=15000(1,045)nC_n=15\,000(1{,}045)^n, pour n∈ℕn\in\mathbb{N}. Déterminer le premier rang où Cn≥20000C_n\ge20\,000. Solution. L’inégalité équivaut à (1,045)n≥4/3(1{,}045)^n\ge4/3, donc n≥ln⁡(4/3)ln⁡(1,045).n\ge\frac{\ln(4/3)}{\ln(1{,}045)}. La suite est croissante. Les puissances donnent 1,0456≈1,30226<4/31{,}045^6\approx1{,}30226<4/3 et 1,0457≈1,36086>4/31{,}045^7\approx1{,}36086>4/3, donc n=7\boxed{n=7}. Il s’agit du premier rang entier, même si la fonction continue associée franchit la cible entre les deux dates.

Exercice 9 - Un prix qui maximise une recette

Pour un prix p≥0p\ge0, un modèle de demande est Q(p)=100e−p/20Q(p)=100e^{-p/20}. La recette est R(p)=pQ(p)R(p)=pQ(p). Étudier cette recette et trouver le prix optimal dans ce modèle. Solution. On a R(p)=100pe−p/20R(p)=100pe^{-p/20} et R′(p)=100e−p/20(1−p20).R'(p)=100e^{-p/20}\left(1-\frac p{20}\right). La dérivée est positive pour 0≤p<200\le p<20, nulle en 2020, négative pour p>20p>20. La recette part de R(0)=0R(0)=0, atteint son maximum, puis tend vers 00 à l’infini par croissance comparée. Ainsi popt=20,R(20)=2000e.\boxed{p_{\mathrm{opt}}=20},\qquad\boxed{R(20)=\frac{2\,000}{e}}. La demande correspondante est Q(20)=100/eQ(20)=100/e. Une hausse de prix diminue la quantité dans le modèle ; la dérivée du produit détermine à quel point l’effet sur la recette change de sens.

Exercice 10 - Une évolution qui se stabilise

Pour t≥0t\ge0, une prévision de ventes est S(t)=600/(1+5e−0,4t)S(t)=600/(1+5e^{-0{,}4t}). Déterminer la valeur initiale, les variations, la limite et le premier temps réel où S(t)≥500S(t)\ge500. Solution. Le dénominateur est positif. On a S(0)=100S(0)=100 et S′(t)=1200e−0,4t(1+5e−0,4t)2>0.S'(t)=\frac{1\,200e^{-0{,}4t}}{(1+5e^{-0{,}4t})^2}>0. La prévision est strictement croissante. Comme e−0,4t→0e^{-0{,}4t}\to0, sa limite est 600600, valeur jamais atteinte à un temps fini. Pour le seuil, S(t)≥500⇔1+5e−0,4t≤65⇔e−0,4t≤125.S(t)\ge500\iff1+5e^{-0{,}4t}\le\frac65 \iff e^{-0{,}4t}\le\frac1{25}. Le logarithme donne −0,4t≤−ln⁡25-0{,}4t\le-\ln25, donc t≥ln⁡250,4.\boxed{t\ge\frac{\ln25}{0{,}4}}. Le seuil réel vaut environ 8,04728{,}0472. Si l’on observe seulement aux dates entières, la première date admissible est 99. La valeur limite 600600 et le seuil 500500 sont deux questions différentes : atteindre une cible inférieure à la limite demande un calcul propre.