KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
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Objectifs. Consolider les méthodes du premier et du second degré, étudier le signe d’un trinôme, résoudre un système de deux équations linéaires et traduire une situation en contraintes mathématiques. Vérifier les conditions et interpréter les solutions dans leur contexte.
Cadre. On cherche des solutions réelles, sauf lorsqu’un problème impose des entiers ou des longueurs positives. Les données de prix et de recettes sont fictives. Ce chapitre reprend les acquis du tronc commun par des méthodes et des applications ; les problèmes dépendant d’un paramètre ne sont pas étudiés.
Préparer et contrôler la résolution
Ce que signifie résoudre
Une solution d’une équation est une valeur de l’inconnue qui rend l’égalité vraie. Résoudre signifie trouver toutes les solutions, puis écrire l’ensemble qu’elles forment. Pour une inéquation, on cherche les valeurs qui rendent l’inégalité vraie ; l’ensemble obtenu est souvent un intervalle ou une réunion d’intervalles.
Avant tout calcul, on relève les restrictions. Dans , la valeur est interdite. Dans un problème de billets, un nombre négatif ou non entier de billets ne convient pas, même s’il vérifie une relation algébrique intermédiaire.
Opérations réversibles
Pour une égalité, ajouter ou soustraire la même expression aux deux membres conserve les solutions lorsque les expressions sont définies. Multiplier ou diviser par un nombre non nul les conserve aussi.
Pour une inégalité, multiplier ou diviser par un nombre strictement positif conserve le sens ; multiplier ou diviser par un nombre strictement négatif inverse le sens.
Diviser par une expression contenant exige de vérifier qu’elle n’est pas nulle. Pour une inégalité, il faut en plus connaître son signe. On ne multiplie donc pas une inéquation par sans distinguer les cas ou utiliser un tableau de signes.
Une démarche en quatre étapes
Définir l’inconnue et son domaine ; transformer en une forme connue ; résoudre en conservant les conditions ; contrôler et interpréter. Une valeur arrondie peut servir à comprendre un résultat, mais on conserve une valeur exacte lorsque le calcul la fournit.
Premier degré et équations qui s’y ramènent
Isoler l’inconnue
Une équation du premier degré s’écrit , avec . Sa solution unique est . Pour y parvenir, on développe si nécessaire, on rassemble les termes en d’un côté et les constantes de l’autre.
Par exemple, La vérification donne . Si le coefficient de disparaît, il ne faut pas diviser par zéro : une égalité toujours vraie, comme , donne tous les réels admissibles ; une égalité fausse, comme , ne donne aucune solution.
Produit nul et quotient nul
Un produit est nul si et seulement si au moins un facteur est nul. Ainsi, Pour un quotient, il faut que le numérateur soit nul et le dénominateur non nul. Cette deuxième condition ne disparaît pas après une simplification.
Exemple - Une équation avec une valeur interdite
Résoudre impose . Sur ce domaine, multiplier par est réversible pour l’égalité : La valeur n’est pas interdite et donne . Donc .
Une inéquation linéaire
Résoudre donne , puis . La division par inverse le sens. L’ensemble solution est ; la borne est incluse parce que l’inégalité initiale autorise l’égalité.
Second degré : racines et factorisation
Un trinôme du second degré est avec . Avant de calculer un discriminant, on vérifie si une factorisation ou une identité remarquable est immédiatement visible : , par exemple.
Le discriminant
On pose .
Si , deux racines réelles distinctes : et .
Si , une racine double : .
Si , aucune racine réelle.
Avec deux racines, ; avec une racine double, .
Ces formules proviennent de la forme Un carré réel étant positif ou nul, le signe de détermine le nombre de racines. Si , l’écriture avec ne donne pas nécessairement la plus petite racine : on range les valeurs après les avoir calculées.
Exemple - Trois écritures d’un trinôme
Pour , . Les racines sont et . Donc La forme développée donne les coefficients ; la forme factorisée donne les zéros ; la forme avec un carré donne un minimum égal à , atteint pour .
Signe et inéquations du second degré
Lire le signe à partir des racines
Si un trinôme possède deux racines , il a le signe de à l’extérieur de et le signe opposé entre les racines. Il vaut zéro aux deux racines. Cela découle des signes de et dans la factorisation.
| signe de | signe opposé à | signe de |
Avec une racine double, le trinôme a le signe de partout, sauf qu’il s’annule à cette racine. Sans racine réelle, il a strictement le signe de partout. On distingue donc toujours les trois cas du discriminant.
Exemple - Résoudre
Le coefficient est positif et les racines sont et . Le trinôme est négatif entre elles et nul à leurs extrémités. Ainsi . Pour l’inégalité stricte , on exclurait les deux racines.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Le dessin explique le résultat ; les valeurs exactes des bornes viennent du calcul. Une lecture graphique approximative ne remplace pas la résolution algébrique.
Produits, quotients et conditions simultanées
Pour une expression factorisée ou un quotient, on dresse les signes de chaque facteur et on les combine. Les zéros d’un dénominateur restent exclus, même si l’inégalité est large.
Par exemple, pour , les valeurs importantes sont et :
| quotient | interdit |
Donc . Multiplier directement par aurait exigé de distinguer son signe.
Si deux inéquations doivent être vérifiées ensemble, on prend l’intersection de leurs ensembles solutions. Si le problème demande que l’une ou l’autre soit vraie, on prend leur réunion. Le mot de liaison fait partie du problème.
Systèmes de deux équations du premier degré
Un couple est solution d’un système s’il vérifie les deux équations en même temps. Chaque équation linéaire non dégénérée représente une droite ; la solution du système correspond à leur point commun lorsqu’elles se coupent.
Substitution
Pour résoudre et , on exprime , puis on remplace dans la seconde : , donc , et . On contrôle et .
Combinaison linéaire
On peut multiplier une équation par un nombre non nul, puis additionner les équations pour éliminer une inconnue. Avec le même système, additionner directement les deux égalités donne . Il faut conserver une équation pour retrouver ; l’égalité obtenue par addition, seule, ne décrit pas toutes les contraintes initiales.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Aucune solution ou une infinité
Si l’élimination conduit à une égalité fausse, le système est incompatible. Par exemple, et demandent à la fois et : aucune solution.
Si une équation est un multiple de l’autre, elles expriment la même contrainte. Ainsi, et admettent une infinité de solutions : pour chaque réel , on peut choisir . L’identité obtenue par élimination ne signifie pas que tous les couples conviennent ; l’équation restante doit toujours être vérifiée.
Mettre une situation en équations
Nommer les inconnues avec leur unité facilite la traduction. Un total de quantités produit une équation de somme ; un prix total produit une somme de produits prix unitaire quantité. Pour une aire, les unités sont des unités de surface, et une longueur inconnue doit être positive.
Exemple - Deux tarifs fictifs
Une activité propose un tarif A à DH et un tarif B à DH. On vend places pour DH. Si et désignent les nombres de places A et B, Soustraire de la deuxième égalité donne , donc et . Les résultats sont des entiers positifs et la recette contrôlée vaut DH. Le calcul doit être suivi de cette phrase d’interprétation.
Exercices corrigés
Exercice 1 - Développer puis contrôler
Résoudre .
Correction. Le premier membre vaut . L’équation équivaut à , donc . La vérification dans l’écriture initiale donne .
Exercice 2 - Une fraction et une exclusion
Résoudre , puis .
Correction. Dans les deux équations, est interdit. La première équivaut, sur ce domaine, à , d’où . Le quotient vaut alors , donc .
Pour la seconde, le numérateur doit être nul : donne ou . Seul est admissible ; . La valeur interdite ne devient pas autorisée après simplification par .
Exercice 3 - Deux racines et leur factorisation
Résoudre et factoriser le trinôme.
Correction. . Les racines sont et . Donc et Le coefficient doit rester dans la factorisation. En développant, le coefficient de est et la constante vaut .
Exercice 4 - Un carré, une racine double, aucune racine
Résoudre , et .
Correction. Dans la première, ou , donc . La seconde est , donc . Pour la troisième, , donc . On peut aussi écrire , ce qui explique directement l’absence de zéro réel.
Exercice 5 - Le coefficient dominant est négatif
Résoudre .
Correction. Le discriminant vaut . Les racines sont et . Le trinôme a le signe négatif de son coefficient dominant à l’extérieur, et il est positif entre les racines. L’inégalité étant large, . Tester donne , ce qui confirme le signe au milieu.
Exercice 6 - Quotient strictement négatif
Résoudre .
Correction. La valeur est interdite et annule le numérateur. Sur , les deux facteurs sont négatifs : quotient positif. Sur , le numérateur est négatif et le dénominateur positif : quotient négatif. Sur , les deux sont positifs. Donc . La borne est exclue parce qu’un quotient nul ne vérifie pas une inégalité stricte.
Exercice 7 - Deux contraintes simultanées
Résoudre le système d’inéquations et .
Correction. Le trinôme se factorise en . Son coefficient dominant est positif, donc la première condition équivaut à . La seconde équivaut à . On prend l’intersection : . Le point vérifie la première condition mais pas la seconde ; le point vérifie les deux.
Exercice 8 - Éliminer une inconnue
Résoudre et .
Correction. Multiplier la première équation par et la seconde par donne et . Leur différence fournit , donc . Dans la première, , d’où . Le couple unique vérifie aussi . On n’intervertit pas les deux coordonnées : leur rôle est fixé par les inconnues.
Exercice 9 - Deux systèmes sans solution unique
Comparer les systèmes , et , .
Correction. Dans le premier, la seconde équation est le double de la première. Pour chaque réel , le choix convient ; il y a une infinité de couples solutions. Dans le second, doubler la première égalité donne , incompatible avec . Il n’existe aucun couple solution. Géométriquement, il s’agit respectivement de deux droites confondues et de deux droites strictement parallèles.
Exercice 10 - Billetterie fictive
On vend billets : certains à DH, les autres à DH. La recette totale est DH. Déterminer les deux quantités.
Correction. Soient le nombre de billets à DH et celui des billets à DH. Alors et . Soustraire donne , donc et . Ces deux entiers sont positifs, leur somme vaut et DH.
Exercice 11 - Une aire minimale imposée
Un rectangle a un périmètre de cm. Pour quelles longueurs de côté son aire est-elle au moins cm ?
Correction. Si un côté mesure cm, l’autre mesure cm ; le domaine géométrique est . L’aire est , donc Cela donne , entièrement dans le domaine autorisé. Chaque côté doit donc être compris entre et cm, avec somme cm. Les extrémités donnent un rectangle d’aire ; au milieu, cm.
Exercice 12 - Bénéfice et nombre entier
Dans un modèle fictif, vendre lots produit un bénéfice DH. On impose . Pour quelles quantités le bénéfice est-il strictement positif ?
Correction. On factorise . Le coefficient dominant étant négatif, exactement pour sur les réels. Les quantités autorisées étant entières, on conserve Les quantités et donnent un bénéfice nul, pas strictement positif. Le résultat ne se limite pas à une seule quantité : l’inéquation décrit toutes les quantités qui satisfont l’objectif.
Exercice 13 - Marge uniforme d’une affiche
Une affiche rectangulaire de cm sur cm reçoit une marge de même largeur tout autour. La surface totale, affiche et marge comprises, doit être cm. Déterminer la largeur de la marge.
Correction. La largeur doit être positive ou nulle. Les dimensions extérieures sont et , car la marge apparaît de chaque côté. L’équation d’aire est Le discriminant vaut . Les racines sont et . La racine négative n’a pas de sens pour une marge ; on conserve cm. Les dimensions extérieures sont alors cm sur cm et leur produit vaut bien cm. Utiliser au lieu de aurait oublié l’un des deux bords.
Dernier contrôle
Valeurs interdites, sens des inégalités, signe du coefficient dominant, bornes incluses ou exclues et contraintes du contexte : vérifier ces cinq points avant de conclure. Remplacer une solution dans les équations initiales permet souvent de détecter une erreur de calcul.
Fin du cours et des exercices corrigés