KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
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Objectifs. Résoudre les équations et à coefficients constants, exploiter des données initiales, interpréter les solutions et ramener des équations guidées à ces deux formes.
Cadre. Les fonctions cherchées sont réelles, définies sur un intervalle . Les coefficients sont des constantes réelles. Une solution du premier ordre doit être dérivable ; au second ordre, elle doit être deux fois dérivable. Les changements de fonction ou de variable seront justifiés sur le domaine annoncé.
Une équation dont l’inconnue est une fonction
Résoudre une équation différentielle consiste à déterminer toutes les fonctions qui vérifient une relation avec leurs dérivées en chaque point de . Par exemple, ne demande pas une valeur de : les fonctions , et la fonction nulle conviennent toutes.
Une condition initiale ajoute une valeur, telle que . Au second ordre, on donnera souvent aussi . Une valeur et une pente au même point jouent des rôles différents.
Vérifier et résoudre
La substitution d’une fonction dans l’équation prouve qu’elle est une solution. Elle ne prouve pas que la liste trouvée est complète. Pour obtenir toutes les solutions, on utilise une transformation équivalente ou un théorème qui décrit la famille générale.
Premier ordre :
Le cas homogène
Si est solution, la fonction satisfait Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante : , d’où . Réciproquement, toute fonction de cette forme vérifie .
Famille complète et valeur initiale
Les solutions de sur sont , avec . Si et , la solution est uniquement La formule vaut aussi pour , où les solutions sont constantes.
Cette démonstration ne divise pas par et conserve donc la solution nulle. Écrire dès le départ l’aurait exclue sans justification.
Équilibre et changement de fonction
Si , la constante vérifie : c’est une solution d’équilibre. Poser donne On en déduit une famille complète, puis la constante grâce à une donnée initiale.
Solutions de l’équation affine
Si , les solutions sont . Avec , Si , l’équation est , donc ; avec la même donnée initiale, .
Exemple - Garder les signes des coefficients
L’équation s’écrit . Son équilibre est . Avec , la solution est . On trouve bien et .
Lire les variations et le comportement à long terme
Pour , . L’exponentielle est positive : une solution non constante reste strictement du même côté de l’équilibre. Si , elle s’en approche lorsque ; si , l’écart en valeur absolue augmente, sauf si .
La dérivée est . Son signe est constant : il donne directement le sens de variation. Deux solutions distinctes ne se croisent pas, car leur différence est une constante non nulle multipliée par .
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Ces trois courbes sont des solutions de . L’une descend, l’autre monte ; aucune ne traverse la solution constante .
Modéliser avec des unités cohérentes
Dans un modèle de refroidissement, avec et température ambiante constante . Alors Si est en minutes, s’exprime en inverse de minutes. Une mesure supplémentaire permet de calculer par un logarithme. Le modèle s’utilise sur le domaine physique demandé, généralement ; la solution mathématique peut être définie sur un intervalle plus grand.
Second ordre :
L’équation est linéaire et homogène. Si sont solutions, toute combinaison , avec , est encore solution : la dérivation et la relation sont linéaires. Il reste à trouver deux solutions appropriées et à savoir qu’elles donnent toute la famille.
L’essai conduit à On appelle équation caractéristique . Son discriminant est . Le théorème suivant donne toutes les solutions réelles ; son caractère exhaustif est admis ici.
Les trois familles complètes
Si , avec deux racines réelles distinctes , Si , avec , Si , poser et ; alors Dans les trois cas, sont deux constantes réelles indépendantes.
Pour une équation avec constant, diviser d’abord par . Au cas double, se réduit à une seule constante : le terme est indispensable. Au cas , les solutions réelles existent bien ; l’absence de racines réelles de l’équation caractéristique ne signifie pas absence de fonctions solutions.
Pourquoi ces formes conviennent
Pour une racine , satisfait la relation par construction. Pour une racine double, et ; la substitution de donne donc aussi zéro. Dans le troisième cas, la substitution des sinus et cosinus fournit les relations qui sont vérifiées par . Ces contrôles expliquent les formes du théorème, sans remplacer l’affirmation qu’il n’y a pas d’autres solutions.
Conditions initiales en un point quelconque
Il est souvent plus commode d’écrire les solutions en . Les mêmes formes restent valables puisque les coefficients sont constants. Les conditions , donnent :
deux racines distinctes : , , système de déterminant ;
racine double : , ;
racines non réelles : , .
Chaque système possède une solution unique. C’est une justification directe de l’unicité du problème initial dans ces familles. On doit calculer avant de remplacer la variable par .
Exemple - Une racine double et un point initial décalé
Pour , avec et , écrire et . Alors et , donc La dérivée est ; les deux valeurs demandées sont immédiatement visibles.
Oscillations, amortissement et données au bord
L’équation , pour , a pour solutions . La solution initiale est Pour une solution non nulle, on peut écrire , avec , , . Sa période est .
Dans le cas général , la combinaison trigonométrique est multipliée par . Si , elle est amortie, mais la fonction entière n’est pas nécessairement monotone : elle oscille à l’intérieur d’une enveloppe qui décroît.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Les enveloppes sont . La courbe bleue résout et tend vers tout en changeant de signe.
Deux valeurs ne sont pas toujours deux conditions indépendantes
Les données et déterminent une solution unique. Deux valeurs prises en des points différents peuvent conduire à une solution, aucune ou plusieurs. Il faut résoudre le système effectivement obtenu, sans appliquer automatiquement le résultat du problème initial.
Ramener une équation à une forme connue
Ces méthodes sont utilisées dans des problèmes guidés. Elles ne constituent pas une formule universelle pour les équations différentielles à coefficients variables ou non linéaires.
Soustraire une solution particulière
Pour , si une fonction vérifie , la linéarité donne Ainsi toutes les solutions sont , où parcourt les solutions homogènes. La fonction doit être vérifiée ; les conditions initiales portent ensuite sur , non sur seul. La même méthode au premier ordre explique déjà le déplacement vers l’équilibre.
Factoriser une exponentielle
En posant , avec constant, on obtient Donc L’exponentielle ne s’annule jamais : ce changement est réversible. Choisir une racine caractéristique pour annule le coefficient de ; pour une racine double, le coefficient de s’annule aussi.
Inverser une fonction non nulle
Pour , sur un intervalle où ne s’annule pas, poser donne On obtient , puis , uniquement là où le dénominateur ne s’annule pas. La solution , exclue par la substitution, doit être examinée séparément ; elle convient. La constante est déjà incluse pour .
Changer de variable sur un domaine précis
Sur , poser et implique Une équation comportant et peut alors devenir une équation à coefficients constants en . On traduit aussi les conditions initiales. Le changement est bijectif entre et ; on ne l’utilise pas en ou pour sous cette forme.
Exercices corrigés
Exercice 1 - Équilibre, valeur initiale et seuil
Résoudre , avec . Étudier sur et déterminer quand .
Correction. L’équilibre est . La formule initiale donne La fonction décroît de vers et reste supérieure à . Le seuil s’écrit , donc et Le sens s’inverse en divisant par . Enfin et .
Exercice 2 - Ne pas diviser par un paramètre nul
Pour , résoudre avec . Pour quelle valeur de la solution est-elle constante ?
Correction. Si , et . Si , l’équilibre est et Cette solution est constante exactement lorsque le coefficient exponentiel s’annule, soit . Elle vaut alors , et . Le cas n’est pas constant. Les deux formules donnent bien la valeur initiale et satisfont l’équation dans leur cas respectif.
Exercice 3 - Identifier un coefficient dans un modèle
On suppose , avec , en minutes, et . Déterminer , puis le premier instant où .
Correction. La solution initiale est . La seconde mesure impose , donc Le coefficient a pour unité la minute inverse. Pour , est strictement décroissante. L’inégalité équivaut à , donc La formule retrouve et aux instants indiqués. Le seuil a un unique instant d’entrée, car la température décroît vers dans ce modèle.
Exercice 4 - Deux racines et une étude de variation
Résoudre avec , . Déterminer le point où la solution atteint son minimum sur .
Correction. Le polynôme donne . Les conditions sont , , d’où , . Ainsi Le facteur extérieur est positif et l’exponentielle croît. La dérivée est négative avant , nulle en ce point et positive après. Ce point est l’unique minimum global ; la valeur est . Chaque terme satisfait l’équation caractéristique, et les deux données initiales se vérifient dans le système résolu.
Exercice 5 - Racine double avec une donnée en
Résoudre avec et .
Correction. La racine double est . Avec , écrire . Les conditions donnent et , donc La substitution fournit . En , les valeurs sont et . Les deux constantes sont donc correctement fixées.
Exercice 6 - Une oscillation amortie
Résoudre , avec et . Trouver le premier zéro strictement positif et la limite en .
Correction. Le discriminant vaut , donc , et . On a et , soit . Ainsi Les zéros vérifient ; le premier strictement positif est . Comme , la limite en est . La dérivée seconde est ; la somme est nulle. L’amortissement n’empêche pas les changements de signe.
Exercice 7 - Conditions initiales et conditions au bord
Résoudre avec , . Donner période et premier zéro positif. Examiner ensuite les données différentes , , puis .
Correction. Les solutions sont . Pour les données initiales, et ; ainsi La période est et les zéros sont : le premier positif est . Pour les données au bord, impose , puis quelle que soit . La valeur est donc impossible. La valeur laisse au contraire une infinité de solutions . Il n’y a aucune contradiction avec l’unicité fondée sur et .
Exercice 8 - Une substitution qui exclut une solution
Chercher les solutions strictement positives sur de vérifiant , en posant . Étudier la solution obtenue et vérifier séparément .
Correction. Puisque , la substitution est autorisée et , avec . Ainsi , d’où l’unique solution dans la classe demandée Le dénominateur est positif sur . On calcule . La fonction croît de vers et reste strictement entre ces deux valeurs ; . Enfin la fonction nulle vérifie bien l’équation, mais ni la positivité ni la donnée initiale de cet exercice. Elle avait été exclue du changement et ne doit pas être oubliée dans l’étude générale.
Exercice 9 - Éliminer une exponentielle
Résoudre , avec et , en posant .
Correction. Les formules de dérivation donnent . L’équation équivaut donc à . En intégrant deux fois, La valeur donne . Comme , la condition impose , donc . Finalement La transformation est réversible puisque ; on a donc trouvé toutes les solutions répondant aux données. Le calcul vérifie directement l’équation non homogène.
Exercice 10 - Un changement logarithmique
Sur , résoudre avec , . On pose et .
Correction. On a et , donc l’équation devient . Sa racine double est , ainsi . En revenant à , Les conditions donnent , , donc . Pour , on trouve Alors . Les conditions en sont vérifiées. Le domaine est conservé jusqu’à la fin ; aucune valeur en n’a été introduite.
Méthode de contrôle
Préciser le domaine et la dérivabilité ; identifier une forme ou justifier une substitution ; donner la famille complète ; traduire les données sur cette famille ; vérifier l’équation et les conditions. Examiner séparément tout cas exclu par une division ou un changement de variable.
Fin du cours et des exercices corrigés