الانتقال إلى المحتوى
DaoudMathالرياضيات مع محمد بن داود

Équations différentielles - Cours et exercices corrigés | 2e Bac sciences mathématiques

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

Ouvrir et télécharger le cours en PDF

Sur téléphone, utilisez le bouton ci-dessus pour agrandir le document. La lecture est accessible sans inscription.


Objectifs. Résoudre les équations y′=ay+by'=ay+b et y″+ay′+by=0y''+ay'+by=0 à coefficients constants, exploiter des données initiales, interpréter les solutions et ramener des équations guidées à ces deux formes.

Cadre. Les fonctions cherchées sont réelles, définies sur un intervalle II. Les coefficients a,ba,b sont des constantes réelles. Une solution du premier ordre doit être dérivable ; au second ordre, elle doit être deux fois dérivable. Les changements de fonction ou de variable seront justifiés sur le domaine annoncé.

Une équation dont l’inconnue est une fonction

Résoudre une équation différentielle consiste à déterminer toutes les fonctions qui vérifient une relation avec leurs dérivées en chaque point de II. Par exemple, y′=2yy'=2y ne demande pas une valeur de yy : les fonctions x↦3e2xx\mapsto3e^{2x}, x↦−e2xx\mapsto-e^{2x} et la fonction nulle conviennent toutes.

Une condition initiale ajoute une valeur, telle que y(x0)=y0y(x_0)=y_0. Au second ordre, on donnera souvent aussi y′(x0)=v0y'(x_0)=v_0. Une valeur et une pente au même point jouent des rôles différents.

Vérifier et résoudre

La substitution d’une fonction dans l’équation prouve qu’elle est une solution. Elle ne prouve pas que la liste trouvée est complète. Pour obtenir toutes les solutions, on utilise une transformation équivalente ou un théorème qui décrit la famille générale.

Premier ordre : y′=ay+by'=ay+b

Le cas homogène y′=ayy'=ay

Si yy est solution, la fonction z(x)=e−axy(x)z(x)=e^{-ax}y(x) satisfait z′(x)=e−ax(y′(x)−ay(x))=0.z'(x)=e^{-ax}\bigl(y'(x)-ay(x)\bigr)=0. Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante : z=Cz=C, d’où y=Ceaxy=Ce^{ax}. Réciproquement, toute fonction de cette forme vérifie y′=ayy'=ay.

Famille complète et valeur initiale

Les solutions de y′=ayy'=ay sur II sont y(x)=Ceaxy(x)=Ce^{ax}, avec C∈ℝC\in\mathbb{R}. Si x0∈Ix_0\in I et y(x0)=y0y(x_0)=y_0, la solution est uniquement y(x)=y0ea(x−x0).\boxed{y(x)=y_0e^{a(x-x_0)}}. La formule vaut aussi pour a=0a=0, où les solutions sont constantes.

Cette démonstration ne divise pas par yy et conserve donc la solution nulle. Écrire y′/y=ay'/y=a dès le départ l’aurait exclue sans justification.

Équilibre et changement de fonction

Si a≠0a\ne0, la constante ℓ=−b/a\ell=-b/a vérifie aℓ+b=0a\ell+b=0 : c’est une solution d’équilibre. Poser z=y−ℓz=y-\ell donne y′=ay+b⇔z′=az.y'=ay+b\quad\Longleftrightarrow\quad z'=az. On en déduit une famille complète, puis la constante grâce à une donnée initiale.

Solutions de l’équation affine

Si a≠0a\ne0, les solutions sont y(x)=−b/a+Ceaxy(x)=-b/a+Ce^{ax}. Avec y(x0)=y0y(x_0)=y_0, y(x)=ℓ+(y0−ℓ)ea(x−x0),ℓ=−ba.\boxed{y(x)=\ell+(y_0-\ell)e^{a(x-x_0)}},\qquad \ell=-\frac ba. Si a=0a=0, l’équation est y′=by'=b, donc y(x)=bx+Cy(x)=bx+C ; avec la même donnée initiale, y(x)=y0+b(x−x0)y(x)=y_0+b(x-x_0).

Exemple - Garder les signes des coefficients

L’équation y′+3y=12y'+3y=12 s’écrit y′=−3y+12y'=-3y+12. Son équilibre est 44. Avec y(1)=2y(1)=2, la solution est y(x)=4−2e−3(x−1)y(x)=4-2e^{-3(x-1)}. On trouve bien y′=6e−3(x−1)=−3y+12y'=6e^{-3(x-1)}=-3y+12 et y(1)=2y(1)=2.

Lire les variations et le comportement à long terme

Pour a≠0a\ne0, y−ℓ=(y0−ℓ)ea(x−x0)y-\ell=(y_0-\ell)e^{a(x-x_0)}. L’exponentielle est positive : une solution non constante reste strictement du même côté de l’équilibre. Si a<0a<0, elle s’en approche lorsque x→+∞x\to+\infty ; si a>0a>0, l’écart en valeur absolue augmente, sauf si y0=ℓy_0=\ell.

La dérivée est a(y0−ℓ)ea(x−x0)a(y_0-\ell)e^{a(x-x_0)}. Son signe est constant : il donne directement le sens de variation. Deux solutions distinctes ne se croisent pas, car leur différence est une constante non nulle multipliée par eaxe^{ax}.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

Ces trois courbes sont des solutions de y′=−y+2y'=-y+2. L’une descend, l’autre monte ; aucune ne traverse la solution constante 22.

Modéliser avec des unités cohérentes

Dans un modèle de refroidissement, T′=−k(T−Ta)T'=-k(T-T_a) avec k>0k>0 et température ambiante constante TaT_a. Alors T(t)=Ta+(T(0)−Ta)e−kt.T(t)=T_a+(T(0)-T_a)e^{-kt}. Si tt est en minutes, kk s’exprime en inverse de minutes. Une mesure supplémentaire permet de calculer kk par un logarithme. Le modèle s’utilise sur le domaine physique demandé, généralement t≥0t\ge0 ; la solution mathématique peut être définie sur un intervalle plus grand.

Second ordre : y″+ay′+by=0y''+ay'+by=0

L’équation est linéaire et homogène. Si u,vu,v sont solutions, toute combinaison Au+BvAu+Bv, avec A,B∈ℝA,B\in\mathbb{R}, est encore solution : la dérivation et la relation sont linéaires. Il reste à trouver deux solutions appropriées et à savoir qu’elles donnent toute la famille.

L’essai y=erxy=e^{rx} conduit à y″+ay′+by=(r2+ar+b)erx.y''+ay'+by=(r^2+ar+b)e^{rx}. On appelle équation caractéristique r2+ar+b=0r^2+ar+b=0. Son discriminant est Δ=a2−4b\Delta=a^2-4b. Le théorème suivant donne toutes les solutions réelles ; son caractère exhaustif est admis ici.

Les trois familles complètes

Si Δ>0\Delta>0, avec deux racines réelles distinctes r1,r2r_1,r_2, y(x)=Aer1x+Ber2x.y(x)=Ae^{r_1x}+Be^{r_2x}. Si Δ=0\Delta=0, avec r=−a/2r=-a/2, y(x)=(A+Bx)erx.y(x)=(A+Bx)e^{rx}. Si Δ<0\Delta<0, poser α=−a/2\alpha=-a/2 et β=−Δ/2>0\beta=\sqrt{-\Delta}/2>0 ; alors y(x)=eαx(Acos⁡(βx)+Bsin⁡(βx)).y(x)=e^{\alpha x}\bigl(A\cos(\beta x)+B\sin(\beta x)\bigr). Dans les trois cas, A,BA,B sont deux constantes réelles indépendantes.

Pour une équation py″+qy′+sy=0py''+qy'+sy=0 avec p≠0p\ne0 constant, diviser d’abord par pp. Au cas double, Aerx+BerxAe^{rx}+Be^{rx} se réduit à une seule constante : le terme BxerxBxe^{rx} est indispensable. Au cas Δ<0\Delta<0, les solutions réelles existent bien ; l’absence de racines réelles de l’équation caractéristique ne signifie pas absence de fonctions solutions.

Pourquoi ces formes conviennent

Pour une racine rr, erxe^{rx} satisfait la relation par construction. Pour une racine double, 2r+a=02r+a=0 et r2+ar+b=0r^2+ar+b=0 ; la substitution de xerxxe^{rx} donne donc aussi zéro. Dans le troisième cas, la substitution des sinus et cosinus fournit les relations 2α+a=0,α2−β2+aα+b=0,2\alpha+a=0,\qquad \alpha^2-\beta^2+a\alpha+b=0, qui sont vérifiées par α,β\alpha,\beta. Ces contrôles expliquent les formes du théorème, sans remplacer l’affirmation qu’il n’y a pas d’autres solutions.

Conditions initiales en un point quelconque

Il est souvent plus commode d’écrire les solutions en τ=x−x0\tau=x-x_0. Les mêmes formes restent valables puisque les coefficients sont constants. Les conditions y(x0)=y0y(x_0)=y_0, y′(x0)=v0y'(x_0)=v_0 donnent :

  • deux racines distinctes : A+B=y0A+B=y_0, r1A+r2B=v0r_1A+r_2B=v_0, système de déterminant r2−r1≠0r_2-r_1\ne0 ;

  • racine double : A=y0A=y_0, B+rA=v0B+ rA=v_0 ;

  • racines non réelles : A=y0A=y_0, αA+βB=v0\alpha A+\beta B=v_0.

Chaque système possède une solution unique. C’est une justification directe de l’unicité du problème initial dans ces familles. On doit calculer y′y' avant de remplacer la variable par x0x_0.

Exemple - Une racine double et un point initial décalé

Pour y″−2y′+y=0y''-2y'+y=0, avec y(2)=3y(2)=3 et y′(2)=1y'(2)=1, écrire τ=x−2\tau=x-2 et y=(A+Bτ)eτy=(A+B\tau)e^\tau. Alors A=3A=3 et A+B=1A+B=1, donc y(x)=(3−2(x−2))ex−2.y(x)=\bigl(3-2(x-2)\bigr)e^{x-2}. La dérivée est (1−2(x−2))ex−2(1-2(x-2))e^{x-2} ; les deux valeurs demandées sont immédiatement visibles.

Oscillations, amortissement et données au bord

L’équation y″+ω2y=0y''+\omega^2y=0, pour ω>0\omega>0, a pour solutions Acos⁡(ωx)+Bsin⁡(ωx)A\cos(\omega x)+B\sin(\omega x). La solution initiale est y(x)=y0cos⁡(ω(x−x0))+v0ωsin⁡(ω(x−x0)).y(x)=y_0\cos\bigl(\omega(x-x_0)\bigr)+\frac{v_0}{\omega}\sin\bigl(\omega(x-x_0)\bigr). Pour une solution non nulle, on peut écrire Rcos⁡(ωx−φ)R\cos(\omega x-\varphi), avec R=A2+B2>0R=\sqrt{A^2+B^2}>0, cos⁡φ=A/R\cos\varphi=A/R, sin⁡φ=B/R\sin\varphi=B/R. Sa période est 2π/ω2\pi/\omega.

Dans le cas général Δ<0\Delta<0, la combinaison trigonométrique est multipliée par eαxe^{\alpha x}. Si α<0\alpha<0, elle est amortie, mais la fonction entière n’est pas nécessairement monotone : elle oscille à l’intérieur d’une enveloppe qui décroît.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

Les enveloppes sont ±e−x/3\pm e^{-x/3}. La courbe bleue résout y″+23y′+379y=0y''+\tfrac23y'+\tfrac{37}{9}y=0 et tend vers 00 tout en changeant de signe.

Deux valeurs ne sont pas toujours deux conditions indépendantes

Les données y(x0)y(x_0) et y′(x0)y'(x_0) déterminent une solution unique. Deux valeurs prises en des points différents peuvent conduire à une solution, aucune ou plusieurs. Il faut résoudre le système effectivement obtenu, sans appliquer automatiquement le résultat du problème initial.

Ramener une équation à une forme connue

Ces méthodes sont utilisées dans des problèmes guidés. Elles ne constituent pas une formule universelle pour les équations différentielles à coefficients variables ou non linéaires.

Soustraire une solution particulière

Pour L(y)=y″+ay′+by=f(x)L(y)=y''+ay'+by=f(x), si une fonction pp vérifie L(p)=fL(p)=f, la linéarité donne L(y)=f⇔L(y−p)=0.L(y)=f\quad\Longleftrightarrow\quad L(y-p)=0. Ainsi toutes les solutions sont y=p+zy=p+z, où zz parcourt les solutions homogènes. La fonction pp doit être vérifiée ; les conditions initiales portent ensuite sur p+zp+z, non sur zz seul. La même méthode au premier ordre explique déjà le déplacement vers l’équilibre.

Factoriser une exponentielle

En posant y=eμxzy=e^{\mu x}z, avec μ\mu constant, on obtient y′=eμx(z′+μz),y″=eμx(z″+2μz′+μ2z).y'=e^{\mu x}(z'+\mu z),\qquad y''=e^{\mu x}(z''+2\mu z'+\mu^2z). Donc y″+ay′+by=eμx[z″+(2μ+a)z′+(μ2+aμ+b)z].y''+ay'+by=e^{\mu x}\left[z''+(2\mu+a)z'+(\mu^2+a\mu+b)z\right]. L’exponentielle ne s’annule jamais : ce changement est réversible. Choisir une racine caractéristique pour μ\mu annule le coefficient de zz ; pour une racine double, le coefficient de z′z' s’annule aussi.

Inverser une fonction non nulle

Pour y′=y−y2y'=y-y^2, sur un intervalle où yy ne s’annule pas, poser z=1/yz=1/y donne z′=−y′y2=1−z.z'=-\frac{y'}{y^2}=1-z. On obtient z=1+Ce−xz=1+Ce^{-x}, puis y=1/(1+Ce−x)y=1/(1+Ce^{-x}), uniquement là où le dénominateur ne s’annule pas. La solution y=0y=0, exclue par la substitution, doit être examinée séparément ; elle convient. La constante y=1y=1 est déjà incluse pour C=0C=0.

Changer de variable sur un domaine précis

Sur x>0x>0, poser t=ln⁡xt=\ln x et y(x)=u(t)y(x)=u(t) implique y′(x)=u′(t)x,y″(x)=u″(t)−u′(t)x2.y'(x)=\frac{u'(t)}x,\qquad y''(x)=\frac{u''(t)-u'(t)}{x^2}. Une équation comportant x2y″x^2y'' et xy′xy' peut alors devenir une équation à coefficients constants en uu. On traduit aussi les conditions initiales. Le changement est bijectif entre x>0x>0 et t∈ℝt\in\mathbb{R} ; on ne l’utilise pas en x=0x=0 ou pour x<0x<0 sous cette forme.

Exercices corrigés

Exercice 1 - Équilibre, valeur initiale et seuil

Résoudre y′=−2y+6y'=-2y+6, avec y(1)=5y(1)=5. Étudier yy sur [1;+∞[[1;+\infty[ et déterminer quand y≤3,2y\le3{,}2.

Correction. L’équilibre est 33. La formule initiale donne y(x)=3+2e−2(x−1),y′(x)=−4e−2(x−1)<0.y(x)=3+2e^{-2(x-1)},\qquad y'(x)=-4e^{-2(x-1)}<0. La fonction décroît de 55 vers 33 et reste supérieure à 33. Le seuil s’écrit e−2(x−1)≤1/10e^{-2(x-1)}\le1/10, donc −2(x−1)≤−ln⁡10-2(x-1)\le-\ln10 et x≥1+ln⁡102.x\ge1+\frac{\ln10}{2}. Le sens s’inverse en divisant par −2-2. Enfin −2y+6=−4e−2(x−1)=y′-2y+6=-4e^{-2(x-1)}=y' et y(1)=5y(1)=5.

Exercice 2 - Ne pas diviser par un paramètre nul

Pour m∈ℝm\in\mathbb{R}, résoudre y′=my+2y'=my+2 avec y(0)=1y(0)=1. Pour quelle valeur de mm la solution est-elle constante ?

Correction. Si m=0m=0, y′=2y'=2 et y(x)=1+2xy(x)=1+2x. Si m≠0m\ne0, l’équilibre est −2/m-2/m et y(x)=−2m+(1+2m)emx.y(x)=-\frac2m+\left(1+\frac2m\right)e^{mx}. Cette solution est constante exactement lorsque le coefficient exponentiel s’annule, soit m=−2m=-2. Elle vaut alors 11, et my+2=−2+2=0my+2=-2+2=0. Le cas m=0m=0 n’est pas constant. Les deux formules donnent bien la valeur initiale 11 et satisfont l’équation dans leur cas respectif.

Exercice 3 - Identifier un coefficient dans un modèle

On suppose T′=−k(T−18)T'=-k(T-18), avec k>0k>0, tt en minutes, T(0)=72T(0)=72 et T(6)=45T(6)=45. Déterminer kk, puis le premier instant où T≤24T\le24.

Correction. La solution initiale est T(t)=18+54e−ktT(t)=18+54e^{-kt}. La seconde mesure impose 27=54e−6k27=54e^{-6k}, donc k=ln⁡26,T(t)=18+54e−tln⁡2/6.k=\frac{\ln2}{6},\qquad T(t)=18+54e^{-t\ln2/6}. Le coefficient a pour unité la minute inverse. Pour t≥0t\ge0, TT est strictement décroissante. L’inégalité T≤24T\le24 équivaut à e−tln⁡2/6≤1/9e^{-t\ln2/6}\le1/9, donc t≥6ln⁡9ln⁡2≈19,02minutes.t\ge\frac{6\ln9}{\ln2}\approx19{,}02\ \text{minutes}. La formule retrouve 7272 et 4545 aux instants indiqués. Le seuil a un unique instant d’entrée, car la température décroît vers 1818 dans ce modèle.

Exercice 4 - Deux racines et une étude de variation

Résoudre y″−y′−6y=0y''-y'-6y=0 avec y(0)=2y(0)=2, y′(0)=−1y'(0)=-1. Déterminer le point où la solution atteint son minimum sur ℝ\mathbb{R}.

Correction. Le polynôme (r−3)(r+2)(r-3)(r+2) donne y=Ae3x+Be−2xy=Ae^{3x}+Be^{-2x}. Les conditions sont A+B=2A+B=2, 3A−2B=−13A-2B=-1, d’où A=3/5A=3/5, B=7/5B=7/5. Ainsi y=35e3x+75e−2x,y′=e−2x5(9e5x−14).y=\frac35e^{3x}+\frac75e^{-2x},\qquad y'=\frac{e^{-2x}}5(9e^{5x}-14). Le facteur extérieur est positif et l’exponentielle croît. La dérivée est négative avant x*=15ln⁡(14/9)x_*=\tfrac15\ln(14/9), nulle en ce point et positive après. Ce point est l’unique minimum global ; la valeur est 35(14/9)3/5+75(14/9)−2/5\tfrac35(14/9)^{3/5}+\tfrac75(14/9)^{-2/5}. Chaque terme satisfait l’équation caractéristique, et les deux données initiales se vérifient dans le système résolu.

Exercice 5 - Racine double avec une donnée en 11

Résoudre y″+4y′+4y=0y''+4y'+4y=0 avec y(1)=1y(1)=1 et y′(1)=0y'(1)=0.

Correction. La racine double est −2-2. Avec τ=x−1\tau=x-1, écrire y=(A+Bτ)e−2τy=(A+B\tau)e^{-2\tau}. Les conditions donnent A=1A=1 et B−2A=0B-2A=0, donc y=(1+2τ)e−2τ,y′=−4τe−2τ,y″=(8τ−4)e−2τ.y=(1+2\tau)e^{-2\tau},\qquad y'=-4\tau e^{-2\tau},\qquad y''=(8\tau-4)e^{-2\tau}. La substitution fournit y″+4y′+4y=[8τ−4−16τ+4+8τ]e−2τ=0y''+4y'+4y=[8\tau-4-16\tau+4+8\tau]e^{-2\tau}=0. En τ=0\tau=0, les valeurs sont 11 et 00. Les deux constantes sont donc correctement fixées.

Exercice 6 - Une oscillation amortie

Résoudre y″+2y′+5y=0y''+2y'+5y=0, avec y(0)=0y(0)=0 et y′(0)=4y'(0)=4. Trouver le premier zéro strictement positif et la limite en +∞+\infty.

Correction. Le discriminant vaut −16-16, donc α=−1\alpha=-1, β=2\beta=2 et y=e−x(Acos⁡2x+Bsin⁡2x)y=e^{-x}(A\cos2x+B\sin2x). On a A=0A=0 et −A+2B=4-A+2B=4, soit B=2B=2. Ainsi y=2e−xsin⁡2x,y′=2e−x(2cos⁡2x−sin⁡2x).y=2e^{-x}\sin2x,\qquad y'=2e^{-x}(2\cos2x-\sin2x). Les zéros vérifient 2x=kπ2x=k\pi ; le premier strictement positif est π/2\pi/2. Comme |y|≤2e−x|y|\le2e^{-x}, la limite en +∞+\infty est 00. La dérivée seconde est 2e−x(−3sin⁡2x−4cos⁡2x)2e^{-x}(-3\sin2x-4\cos2x) ; la somme y″+2y′+5yy''+2y'+5y est nulle. L’amortissement n’empêche pas les changements de signe.

Exercice 7 - Conditions initiales et conditions au bord

Résoudre y″+9y=0y''+9y=0 avec y(0)=2y(0)=2, y′(0)=−6y'(0)=-6. Donner période et premier zéro positif. Examiner ensuite les données différentes y(0)=0y(0)=0, y(π/3)=1y(\pi/3)=1, puis y(0)=y(π/3)=0y(0)=y(\pi/3)=0.

Correction. Les solutions sont y=Acos⁡3x+Bsin⁡3xy=A\cos3x+B\sin3x. Pour les données initiales, A=2A=2 et 3B=−63B=-6 ; ainsi y=2cos⁡3x−2sin⁡3x=22cos⁡(3x+π/4).y=2\cos3x-2\sin3x=2\sqrt2\cos(3x+\pi/4). La période est 2π/32\pi/3 et les zéros sont x=π/12+kπ/3x=\pi/12+k\pi/3 : le premier positif est π/12\pi/12. Pour les données au bord, y(0)=0y(0)=0 impose A=0A=0, puis y(π/3)=Bsin⁡π=0y(\pi/3)=B\sin\pi=0 quelle que soit BB. La valeur 11 est donc impossible. La valeur 00 laisse au contraire une infinité de solutions Bsin⁡3xB\sin3x. Il n’y a aucune contradiction avec l’unicité fondée sur y(0)y(0) et y′(0)y'(0).

Exercice 8 - Une substitution qui exclut une solution

Chercher les solutions strictement positives sur ℝ\mathbb{R} de y′=y−y2y'=y-y^2 vérifiant y(0)=1/3y(0)=1/3, en posant z=1/yz=1/y. Étudier la solution obtenue et vérifier séparément y=0y=0.

Correction. Puisque y>0y>0, la substitution est autorisée et z′=1−zz'=1-z, avec z(0)=3z(0)=3. Ainsi z=1+2e−x>0z=1+2e^{-x}>0, d’où l’unique solution dans la classe demandée y(x)=11+2e−x.y(x)=\frac1{1+2e^{-x}}. Le dénominateur est positif sur ℝ\mathbb{R}. On calcule y′=2e−x/(1+2e−x)2=y−y2>0y'=2e^{-x}/(1+2e^{-x})^2=y-y^2>0. La fonction croît de 00 vers 11 et reste strictement entre ces deux valeurs ; y(0)=1/3y(0)=1/3. Enfin la fonction nulle vérifie bien l’équation, mais ni la positivité ni la donnée initiale de cet exercice. Elle avait été exclue du changement z=1/yz=1/y et ne doit pas être oubliée dans l’étude générale.

Exercice 9 - Éliminer une exponentielle

Résoudre y″−2y′+y=exy''-2y'+y=e^x, avec y(0)=1y(0)=1 et y′(0)=0y'(0)=0, en posant y=exzy=e^xz.

Correction. Les formules de dérivation donnent y″−2y′+y=exz″y''-2y'+y=e^xz''. L’équation équivaut donc à z″=1z''=1. En intégrant deux fois, z=x22+Ax+B,y=ex(x22+Ax+B).z=\frac{x^2}{2}+Ax+B,\qquad y=e^x\left(\frac{x^2}{2}+Ax+B\right). La valeur y(0)=1y(0)=1 donne B=1B=1. Comme y′=ex(z+z′)y'=e^x(z+z'), la condition y′(0)=0y'(0)=0 impose B+A=0B+A=0, donc A=−1A=-1. Finalement y=ex(x22−x+1).y=e^x\left(\frac{x^2}{2}-x+1\right). La transformation est réversible puisque ex≠0e^x\ne0 ; on a donc trouvé toutes les solutions répondant aux données. Le calcul z″=1z''=1 vérifie directement l’équation non homogène.

Exercice 10 - Un changement logarithmique

Sur ]0;+∞[]0;+\infty[, résoudre x2y″+3xy′+y=0x^2y''+3xy'+y=0 avec y(1)=2y(1)=2, y′(1)=−1y'(1)=-1. On pose t=ln⁡xt=\ln x et y(x)=u(t)y(x)=u(t).

Correction. On a xy′=u′xy'=u' et x2y″=u″−u′x^2y''=u''-u', donc l’équation devient u″+2u′+u=0u''+2u'+u=0. Sa racine double est −1-1, ainsi u(t)=(A+Bt)e−tu(t)=(A+Bt)e^{-t}. En revenant à xx, y(x)=A+Bln⁡xx,y′(x)=B−A−Bln⁡xx2.y(x)=\frac{A+B\ln x}{x},\qquad y'(x)=\frac{B-A-B\ln x}{x^2}. Les conditions donnent A=2A=2, B−A=−1B-A=-1, donc B=1B=1. Pour y=(2+ln⁡x)/xy=(2+\ln x)/x, on trouve y′=−1−ln⁡xx2,y″=1+2ln⁡xx3.y'=\frac{-1-\ln x}{x^2},\qquad y''=\frac{1+2\ln x}{x^3}. Alors x2y″+3xy′+y=[1+2ln⁡x−3−3ln⁡x+2+ln⁡x]/x=0x^2y''+3xy'+y=[1+2\ln x-3-3\ln x+2+\ln x]/x=0. Les conditions en 11 sont vérifiées. Le domaine x>0x>0 est conservé jusqu’à la fin ; aucune valeur en 00 n’a été introduite.

Méthode de contrôle

Préciser le domaine et la dérivabilité ; identifier une forme ou justifier une substitution ; donner la famille complète ; traduire les données sur cette famille ; vérifier l’équation et les conditions. Examiner séparément tout cas exclu par une division ou un changement de variable.

Fin du cours et des exercices corrigés