KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
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Objectifs. Décrire un ensemble, démontrer une inclusion ou une égalité, calculer des opérations ensemblistes et comprendre une application avec ses ensembles de départ et d’arrivée. Étudier images, images réciproques, injection, surjection, bijection, composition, restriction et prolongement.
Prérequis. Appartenance, intervalles réels et calcul algébrique ; connecteurs logiques et quantificateurs. Ce chapitre correspond au parcours sciences mathématiques. On prend et .
Décrire et comparer des ensembles
Appartenance et deux modes de description
Un ensemble est une collection d’éléments. signifie que appartient à , et qu’il n’y appartient pas. L’ensemble vide ne contient aucun élément.
On peut décrire un ensemble en extension, en énumérant ses éléments, ou en compréhension, à l’aide d’une propriété : L’ordre de l’énumération ne compte pas et les répétitions ne créent pas de nouveaux éléments : . On distingue un élément et le singleton qui le contient : , mais .
Inclusion et égalité
signifie que tout élément de appartient à : Pour démontrer une inclusion, prendre un élément quelconque de et montrer qu’il appartient à . Pour la réfuter, exhiber un élément de qui n’appartient pas à .
Deux ensembles sont égaux s’ils ont exactement les mêmes éléments. La méthode de la double inclusion consiste à démontrer puis . On peut aussi établir pour un élément quelconque.
Exemple - Reconnaître un ensemble
Si et , alors Donc . Les équivalences garantissent que l’on n’a ni perdu ni ajouté d’élément.
Ensemble des parties
L’ensemble des parties de , noté , a pour éléments tous les sous-ensembles de . Ainsi, pour , On a toujours et , donc et . En particulier, contient un élément ; ce n’est pas l’ensemble vide.
Opérations sur les ensembles
Soient et deux parties d’un ensemble de référence .
Intersection, réunion, différence, complémentaire
Le « ou » de la réunion est inclusif. Deux ensembles sont disjoints si leur intersection est vide.
Le complémentaire dépend de : le complémentaire de dans est , alors que dans il est .
Exemple - Bien traiter les bornes
Pour et , on obtient Le nombre appartient à mais pas à , donc il appartient à . Le nombre , absent de , appartient pourtant à la réunion puisqu’il est dans .
Propriétés et traduction logique
Les opérations et sont commutatives et associatives. On a , , et . De plus, Les deux lois de distributivité sont Par exemple, appartenir à signifie appartenir à et à au moins un des ensembles . Cela équivaut à appartenir à ou à : les deux côtés ont donc exactement les mêmes éléments.
Lois de De Morgan, relativement à
On retrouve les négations de « ou » et de « et ». La différence s’écrit aussi .
Un dessin aide à explorer ces relations, mais une démonstration par appartenance s’applique aussi à des ensembles infinis que l’on ne peut pas dessiner élément par élément.
Produit cartésien
Le produit cartésien de deux ensembles est Ses éléments sont des couples ordonnés. Deux couples sont égaux si et seulement si leurs premières coordonnées sont égales et leurs secondes coordonnées sont égales. Ainsi .
Pour et , Si ou est vide, leur produit est vide. Pour des ensembles finis contenant respectivement et éléments, le produit contient couples : à chacun des premiers éléments correspondent choix du second.
Exemple - Une région du plan
Dans un repère, est l’ensemble des points dont l’abscisse est entre et , et l’ordonnée entre et . C’est un rectangle avec son bord. On note l’ensemble des couples de réels.
Applications, images et antécédents
Définition et ensembles à préciser
Une application associe à chaque élément de un unique élément de . est l’ensemble de départ ; , l’ensemble d’arrivée. Le nombre est l’image de . Un antécédent de est un tel que .
Un élément de a exactement une image. Un élément de peut avoir aucun, un ou plusieurs antécédents. La formule seule ne définit donc pas complètement l’application : les ensembles et comptent.
Exemple - Le carré
Pour , , le réel a deux antécédents, et ; en a un ; n’en a aucun. L’application est pourtant bien définie : chaque réel de départ possède bien une image unique.
Deux applications sont égales lorsqu’elles ont mêmes ensembles de départ et d’arrivée et mêmes images pour chaque élément de départ. Ainsi , , et , , sont deux applications différentes malgré la même formule.
Image directe d’une partie
Pour , l’image de par est En particulier, est l’ensemble des valeurs effectivement atteintes. Toujours , mais cette inclusion peut être stricte.
Avec sur , on a et . Pour cette dernière égalité, tout carré d’un élément de est entre et ; réciproquement, si , alors et .
Image réciproque d’une partie
Pour , on définit Avec , , car équivaut à . Et .
Une notation à ne pas confondre
L’image réciproque d’un ensemble est définie pour toute application. Elle ne suppose pas que possède une application inverse. Ce n’est jamais un quotient .
Images et opérations ensemblistes
Pour et , on a En effet, si avec , le même appartient aux deux ensembles et appartient aux deux images. L’inclusion réciproque n’est pas toujours vraie : pour , et , les deux images valent alors que .
Les images réciproques préservent les opérations
Ces égalités ne demandent aucune injectivité ni surjectivité.
Par exemple, équivaut à et , donc à et . On obtient l’égalité par équivalence d’appartenance.
On dispose aussi des inclusions La première peut inclure de nouveaux antécédents de valeurs déjà atteintes. La seconde ne retient que les valeurs de qui sont effectivement atteintes : plus précisément, .
Injection, surjection et bijection
Application injective
est injective si deux éléments distincts de ont des images distinctes. Pour démontrer cette propriété, on utilise souvent la formulation équivalente : Une application n’est pas injective dès que l’on trouve dans avec .
L’application , , est injective : donne , puis . L’application carré sur ne l’est pas car .
Application surjective
est surjective si tout élément de a au moins un antécédent dans : Cela équivaut à . Pour le prouver, on fixe un quelconque dans , résout et vérifie que le candidat obtenu appartient bien à .
Pour de vers , le candidat est réel et vérifie : est surjective. Le carré de vers ne l’est pas car n’est pas atteint.
Application bijective
est bijective si elle est injective et surjective. Chaque élément de a alors exactement un antécédent dans .
| Application | Injective | Surjective | Bijective |
|---|---|---|---|
| Non | Non | Non | |
| Non | Oui | Non | |
| Oui | Oui | Oui |
Pour la dernière ligne, si et , alors ; chaque possède l’antécédent . Il faut donc examiner la formule et les deux ensembles, pas seulement la formule.
Application réciproque d’une bijection
Si est bijective, son application réciproque associe à son unique antécédent. Elle vérifie Pour déterminer , on résout en , puis on précise le domaine et l’ensemble d’arrivée de la réciproque.
Exemple - Une bijection affine
Pour , , on a . Donc est définie par . On vérifie .
La réciproque de la bijection de vers est . Le carré sur tout n’a pas de réciproque en tant qu’application vers : un possède deux antécédents.
Image réciproque et application réciproque
Si est bijective, l’image réciproque d’une partie est bien l’ensemble des images de ses éléments par l’application réciproque. Sans bijectivité, seule la notion d’image réciproque d’une partie reste disponible.
Composition de deux applications
Si et , leur composée est définie par On applique d’abord , puis . Plus généralement, la composition est possible si toutes les valeurs de appartiennent au domaine de .
Exemple - L’ordre change le résultat
Pour et , définies de vers , Au point , les valeurs sont et . La composition n’est donc pas commutative en général. En revanche, elle est associative : , lorsque les ensembles permettent les compositions.
Ne pas oublier le domaine
Avec et , existe lorsque , donc pour . La formule n’est pas une application réelle définie sur tout .
Composition et propriétés
Si et sont injectives, alors est injective : l’égalité donne d’abord , puis . Si elles sont surjectives, la composée l’est aussi : pour , choisir avec , puis avec .
Si et sont bijectives, est bijective et L’ordre s’inverse : pour revenir de vers , on défait d’abord , puis . L’application identité est définie par . Les relations de réciprocité s’écrivent et .
Restriction et prolongement
Pour , la restriction de à , notée , utilise la même règle avec un ensemble de départ plus petit. Ainsi le carré, non injectif sur , devient injectif lorsqu’on le restreint à .
La restriction ne change pas automatiquement l’ensemble d’arrivée. Pour obtenir la bijection carré , on a aussi choisi comme nouvel ensemble d’arrivée , qui contient toutes les valeurs de la restriction.
Une application est un prolongement de si et . Le prolongement conserve toutes les anciennes valeurs, mais ajoute des valeurs aux nouveaux points.
Exemple - Compléter un point manquant
Soit , . Pour , on a . L’application , , prolonge donc et donne .
Si l’on ne demande aucune propriété supplémentaire au prolongement, il n’est pas unique : on peut garder pour et choisir une autre valeur en . La condition « prolonger » impose seulement l’accord sur l’ancien domaine.
Exercices corrigés
Pour chaque application, conserver les ensembles de départ et d’arrivée dans le raisonnement.
Exercice 1 - Parties d’un ensemble fini
Soit , et l’ensemble des entiers impairs de . Déterminer , , , , et . Écrire .
Correction. et . Les éléments communs sont ; tous les éléments de sont dans au moins l’un des deux, donc . On obtient et . Enfin, Ne pas confondre , le singleton et l’ensemble vide.
Exercice 2 - Intervalles et complémentaire
Pour et , calculer , , , et .
Correction. ; ; ; . Le complémentaire de la réunion est . Les bornes et sont absentes de la réunion et appartiennent donc au complémentaire ; et sont dans l’intersection.
Exercice 3 - Démontrer une identité
Pour , démontrer Correction. Pour tout , appartenir au membre de gauche signifie et . Cela équivaut à , et , puis à et . C’est exactement l’appartenance au membre de droite. Les équivalences sont valables pour chaque , donc les ensembles sont égaux.
Exercice 4 - Image et image réciproque
Soit , . Déterminer , et .
Correction. Sur , le carré prend exactement les valeurs de : chaque valeur est atteinte en . Donc . Pour un antécédent de , , d’où . Enfin, donc . Cette image réciproque existe même si n’est pas bijective.
Exercice 5 - Une bijection avec des valeurs exclues
On pose , et . Vérifier que est bien définie, puis démontrer sa bijectivité et déterminer sa réciproque.
Correction. Pour , le dénominateur est non nul. De plus, donc . Fixons . On résout Ce candidat est dans , car . Il est unique et la substitution redonne . Chaque possède donc exactement un antécédent dans : est bijective, avec
Exercice 6 - Changer le domaine de départ
Étudier l’injectivité et la surjectivité de , . Montrer que , , est bijective et donner .
Correction. n’est pas injective puisque . Pour chaque , vérifie : est surjective. Pour , si et , l’égalité des carrés de deux réels positifs ou nuls donne ; est injective. Le même candidat appartient maintenant au domaine : est surjective, donc bijective. Sa réciproque est , de vers .
Exercice 7 - Composer dans le bon ordre
On pose , , et , . Déterminer les domaines naturels de et de , leurs formules, puis résoudre .
Correction. Pour , il faut , donc le domaine est et la formule . Pour , suffit puisque accepte toute valeur réelle ; sa formule est . Enfin, sur le domaine du premier, La valeur appartient au domaine et donne bien ; l’ensemble des solutions est .
Exercice 8 - Une inclusion qui devient une égalité
Soit et . Montrer . Montrer que l’égalité est vraie si est injective, puis donner un contre-exemple lorsque ne l’est pas.
Correction. Si , alors , donc . Si est injective et , il existe tel que ; l’injectivité donne . La double inclusion prouve l’égalité. Avec , , et , on a puis , strictement plus grand que .
Exercice 9 - Composition et réciproque
Soient , , . Déterminer de deux façons et expliquer l’ordre des applications réciproques.
Correction. est affine de coefficient non nul, donc bijective. Résoudre donne directement . D’autre part, et , d’où On commence par annuler la dernière opération, celle de , puis celle de . Dans l’autre ordre, , ce qui n’est pas la formule cherchée.
Exercice 10 - Prolonger sans inventer une unicité
Soit , . Donner un prolongement affine à , puis un autre prolongement qui n’est pas affine. Le prolongement affine est-il unique ?
Correction. Pour , factoriser donne . L’application , , est donc un prolongement affine, avec . Une autre application prolonge en gardant pour et en prenant la valeur en . Elle n’est pas affine : l’unique fonction affine prenant les valeurs en et en est , qui vaut en . Le même argument montre que le prolongement affine est unique, même si les prolongements sans condition supplémentaire sont nombreux.
Fin du cours et des exercices corrigés