KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
Ouvrir et télécharger le cours en PDF
Sur téléphone, utilisez le bouton ci-dessus pour agrandir le document. La lecture est accessible sans inscription.
Objectifs. Maîtriser la dérivation composée et inverse, les racines et l’arctangente, puis utiliser Rolle et les accroissements finis pour prouver des inégalités, encadrer des nombres et contrôler une suite récurrente. Chaque théorème s’emploie après vérification de ses hypothèses.
Dérivée, continuité et approximation locale
Un nombre dérivé est une limite finie
Une fonction , définie au voisinage de , est dérivable en si Cette limite est le coefficient directeur de la tangente : . Les dérivées à gauche et à droite se calculent en imposant ou . À un point intérieur, la dérivabilité exige qu’elles existent, soient finies et égales.
La dérivabilité implique la continuité
Si le quotient précédent tend vers un réel, alors Ainsi est continue en . La réciproque est fausse : est continue en , mais ses pentes latérales sont et . Une limite infinie du taux d’accroissement peut indiquer une tangente verticale, mais ne définit pas une dérivée réelle finie.
Exemple - Continuité avant les deux pentes
Pour si et si , les limites et la valeur en valent . Le taux vaut à droite et à gauche. La fonction est continue, mais non dérivable en ; sa courbe possède deux demi-tangentes différentes.
Une approximation affine et son reste
La définition est équivalente à l’écriture La différence entre et l’approximation affine devient négligeable devant . En notation différentielle, décrit la variation linéaire associée à une petite variation ; ce n’est pas en général l’accroissement exact.
Exemple - Approcher une racine
Pour en , et . Donc . Pour , cela suggère . Une garantie numérique sur l’erreur demandera une majoration, pas seulement le symbole d’approximation.
Dériver une composition
Règles et domaines
Si sont dérivables, les règles usuelles donnent
La règle de la chaîne
Si est dérivable en et dérivable en , alors est dérivable en et Le domaine de exige avant tout calcul.
| Expression | Dérivée | Condition locale |
|---|---|---|
| , | si | |
| dérivable | ||
| dérivable | ||
| dérivable |
Pour , la fonction constante a pour dérivée ; on l’utilise directement sans écrire un produit comportant une puissance négative de zéro. Les fonctions logarithme et exponentielle sont développées dans leurs cours propres.
Exemple - Une dérivée seconde avec simplification
Pour , le radicand est strictement positif sur . Ainsi Le facteur de la dérivée intérieure a été utilisé dans les deux calculs.
Une expression définie n’est pas forcément dérivable
Pour , la formule exige . Si , il faut revenir au taux d’accroissement : n’est pas dérivable en , tandis que l’est. Une même valeur du radicand ne donne pas une conclusion automatique.
Le calcul se termine par un domaine
Indiquer où la dérivée est valable. Une simplification algébrique de ne prouve pas la dérivabilité aux points où une étape du calcul n’était pas autorisée.
Fonctions réciproques, racines et arctangente
Dériver une réciproque
Soit continue et strictement monotone sur un intervalle . Elle est bijective de vers et sa réciproque est continue. Si est intérieur à , si est dérivable en et , alors est dérivable en et Justification. Pour , le taux de s’écrit Quand , la continuité de donne . Le dénominateur du quotient inverse tend vers le réel non nul .
Exemple - Une valeur de la réciproque suffit
est strictement croissante sur , car , et ses limites sont les deux infinis. Sa réciproque existe sur . Comme , et ; aucune formule explicite de n’est nécessaire.
La racine -ième
Pour , la fonction est définie sur si est pair, sur si est impair. Sur , Pour impair, cette formule vaut aussi pour . En , le taux vaut pour et tend vers : il n’y a pas de dérivée finie. Pour une composition à radicand strictement positif, Pour , cette formule de composition est un outil de calcul ; elle n’impose pas l’étude générale de toutes ces fonctions composées.
La fonction arctangente
La tangente est continue, strictement croissante et bijective de sur . Sa réciproque prend ses valeurs dans cet intervalle. En utilisant , on obtient Ainsi est impaire, strictement croissante, et ses limites aux deux infinis valent et . On a pour tout réel , mais seulement si .
Variations, extrema et courbe
Le rôle du signe de la dérivée
Sur un intervalle, si , la fonction est croissante ; si , elle est décroissante ; si partout, elle est constante. Si partout, elle est strictement croissante. La stricte croissance peut aussi exister lorsque s’annule en certains points : est strictement croissante et sa dérivée est nulle en . Un extremum local intérieur d’une fonction dérivable impose , mais la réciproque est fausse. Pour conclure, on étudie le changement de signe : de vers pour un maximum, de vers pour un minimum.
Courbure et dérivée seconde
Si sur un intervalle, est convexe ; si , elle est concave. Un point d’inflexion correspond à un changement de convexité. L’égalité seule ne suffit pas : reste convexe des deux côtés de .
Exemple - Étude de
Le domaine est et la fonction est impaire. On a Elle croît sur , décroît sur et sur , puis croît sur . Elle possède un maximum local et un minimum local . Il ne s’agit pas d’extrema globaux sur tout le domaine.
Les limites en et valent et : est asymptote verticale. À chaque infini, , donc est asymptote oblique. La courbe est concave à gauche de et convexe à droite ; n’est pas un point d’inflexion, car il n’appartient pas au domaine.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
L’équation peut être lue sur ce graphe puis justifiée par , avec . Elle possède deux solutions distinctes si , une si , aucune si .
Rolle et le théorème des accroissements finis
Rolle : deux valeurs égales imposent une pente nulle
Théorème de Rolle
Si , si est continue sur , dérivable sur et si , alors il existe tel que .
Idée de preuve. La fonction continue atteint son minimum et son maximum sur le segment. Si elle est constante, tout point intérieur convient. Sinon, puisque les deux extrémités ont la même valeur, au moins un extremum est atteint à l’intérieur ; la dérivée y est nulle.
Les hypothèses sont nécessaires. Sur , a des valeurs égales aux extrémités mais n’est pas dérivable en ; ses dérivées aux autres points valent ou , jamais .
Une tangente parallèle à la sécante
Théorème des accroissements finis
Si est continue sur et dérivable sur , il existe tel que
Pour le démontrer, on applique Rolle à , où . Alors et .
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Pour sur , la pente de la sécante est . On cherche , donc . La tangente en est parallèle à la sécante, mais n’est pas la même droite.
Retrouver les critères de variation
Pour dans l’intervalle, . Si , cette différence est positive ou nulle. Si partout, toutes les valeurs sont égales. Le théorème explique ainsi les critères utilisés pour étudier les variations.
Inégalités et contrôle des erreurs
Encadrer la dérivée encadre les accroissements
Si est continue sur , dérivable à l’intérieur et si , alors Si seulement , le théorème donne Le segment entre et doit rester dans un intervalle où les hypothèses sont valables. Une borne sur deux morceaux séparés par un point interdit ne permet pas de traverser ce point.
Exemple - Une inégalité pour tous réels
La dérivée du sinus est le cosinus, de valeur absolue au plus . Pour tous réels , Prendre donne . L’inégalité résulte d’un théorème sur tout le segment, pas d’une approximation près de .
Un encadrement logarithmique
Pour , la fonction est continue sur et dérivable à l’intérieur. Sa dérivée satisfait Ainsi le cas étant immédiat. Pour , les deux inégalités sont même strictes puisque la dérivée est strictement décroissante.
Passer d’un résidu à une distance
Supposons et sur le segment entre et . Les accroissements finis donnent Un petit résidu donne ici une erreur sur la racine parce que la dérivée reste éloignée de zéro. Sans cette condition, la conclusion ne serait pas automatique.
Exemple - Une garantie sur une racine carrée
Sur , . On obtient . Pour contrôler l’erreur de l’approximation affine, on peut en plus utiliser la borne inférieure sur le même segment. L’encadrement de l’accroissement est alors justifié des deux côtés.
Application à une suite récurrente
Un intervalle stable et une contraction
Soit continue sur , dérivable à l’intérieur, avec et . La fonction vérifie et . Le théorème des valeurs intermédiaires garantit un point fixe : .
Il est unique : si et sont deux points fixes, les accroissements finis donnent , donc et .
Une borne d’erreur démontrée par récurrence
Pour et , la stabilité assure . Puis Comme , la suite converge vers .
Un exemple de bout en bout
Prenons sur . Son image est , et Le nombre est un point fixe. Pour et , on obtient donc Au rang , l’erreur est au plus . Il s’agit d’une garantie suffisante ; elle ne prétend pas donner le premier rang réellement nécessaire.
Ne pas appliquer la méthode sans ses conditions
La continuité et la stabilité donnent l’existence d’un point fixe sur le segment. La borne stricte donne l’unicité et la diminution géométrique des erreurs. Une suite définie par une fonction dont la dérivée vaut peut se comporter autrement : pour , chaque point est fixe et la limite dépend de .
Trois questions pour une récurrence
Les termes restent-ils dans l’intervalle étudié ? Quel point fixe est compatible avec cet intervalle ? Quelle borne uniforme sur la dérivée permet de comparer les erreurs ? Répondre dans cet ordre évite d’utiliser une estimation là où elle n’est pas valable.
Exercices corrigés
Exercice 1 - Raccorder deux expressions
On définit pour et pour . Déterminer pour que soit dérivable en . Solution. La continuité impose . Sous cette condition, la pente à gauche vaut et celle à droite . L’égalité exige , puis . Réciproquement, ces valeurs donnent la continuité et deux taux latéraux tendant vers , donc la dérivabilité est établie.
Exercice 2 - Deux dérivées composées et leurs domaines
Dériver et . Solution. Les deux fonctions sont définies sur . L’arctangente est dérivable partout et , donc les règles composées donnent Ces dérivées sont valables sur tout . Pour , le signe est celui de : elle décroît jusqu’à puis croît, avec minimum .
Exercice 3 - Tangente d’une réciproque
Soit la réciproque de sur . Donner la tangente à sa courbe au point d’abscisse . Solution. La fonction est continue, strictement croissante et prend toutes les valeurs réelles. Comme , on a . De plus , donc . La tangente est Le point et la pente réciproque sont obtenus sans résoudre une équation cubique générale.
Exercice 4 - Localiser le point de Rolle
Appliquer Rolle à sur et déterminer tous les points garantis par le théorème. Solution. Le polynôme est continu sur le segment et dérivable à l’intérieur ; . Il existe donc avec . Or s’annule en et . Seul appartient à l’intervalle. Le théorème garantit une existence, et le calcul donne ici l’unique point admissible.
Exercice 5 - Encadrer une différence de racines
Montrer . Solution. La fonction racine est continue sur et dérivable à l’intérieur. Pour un certain , Comme , inverser les quantités positives renverse les inégalités et donne exactement l’encadrement demandé. Les bornes sont strictes parce que est intérieur.
Exercice 6 - Comparer deux arctangentes
Prouver pour tous réels , puis améliorer le coefficient à si . Solution. Sur , . L’inégalité des accroissements finis s’applique au segment joignant et , d’où la première conclusion. Si , tout ce segment est dans et la dérivée y est au plus . On obtient alors Si , les deux inégalités sont immédiates.
Exercice 7 - Des zéros de la dérivée seconde
Étudier la convexité de et déterminer ses points d’inflexion. Solution. . Son signe est positif pour , négatif pour . La fonction est donc convexe sur les deux intervalles extérieurs et concave sur l’intervalle central. Le signe change aux deux racines : les points d’inflexion sont car . On a vérifié le changement de convexité, pas seulement l’annulation de .
Exercice 8 - Une racine et une erreur contrôlée
Montrer que possède une unique racine , puis justifier et . Solution. est continue, et : une racine existe. Sa dérivée est strictement positive sur , donc la racine est unique. Les calculs exacts en écriture décimale donnent La croissance place entre ces deux nombres. Sur le segment entre et , . Les accroissements finis donnent On dispose ainsi d’une borne prouvée, plus précise que la largeur initiale .
Exercice 9 - Une récurrence rationnelle contractante
Soit et . Montrer que les termes restent dans , déterminer la limite et fournir un rang garantissant une erreur inférieure à . Solution. Posons . Sur , le dénominateur est positif, , et Par récurrence, tous les termes restent dans l’intervalle. Les points fixes vérifient , donc . Seul appartient à .
La dérivée satisfait sur cet intervalle. Ainsi Cette borne tend vers , donc . Au rang , : est un rang suffisant. On ne conclut pas qu’il est minimal sans étudier les erreurs réelles aux rangs précédents.
Les hypothèses font partie de la solution
Un intervalle fermé pour la continuité, son intérieur pour la dérivabilité, une dérivée non nulle pour la réciproque, et une borne uniforme pour les erreurs : chaque condition a un rôle précis dans la conclusion obtenue.