KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
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Objectifs. Choisir un modèle de dénombrement, calculer des probabilités dans un univers fini, utiliser conditionnement et indépendance, construire la loi d’une variable aléatoire et reconnaître une loi binomiale.
Méthode. Décrire l’expérience et ses issues avant de calculer. Préciser si l’ordre compte, si les répétitions sont possibles et si les issues retenues sont équiprobables. Les valeurs numériques d’un modèle sont des hypothèses explicites ; elles ne se déduisent pas d’un simple dessin.
Dénombrer : organiser les possibilités
Addition et multiplication
Si un choix se fait dans des catégories disjointes contenant respectivement et possibilités, il y a choix. Si une procédure comporte un premier choix parmi possibilités, puis, pour chaque premier choix, un second parmi possibilités, il y a couples possibles.
Par exemple, un menu avec entrées, plats et desserts permet menus. Un arbre représente chaque étape ; ses chemins complets correspondent aux résultats de la procédure.
Listes avec ou sans répétition
Une liste ordonnée de éléments choisis dans un ensemble de éléments, avec répétition autorisée, se forme de façons. Sans répétition, pour , le nombre de listes est On appelle ces listes sans répétition des arrangements. Une permutation ordonne les éléments, donc il y en a . Par convention .
Exemple - Code et podium
Un code de chiffres, où le premier peut être et les répétitions sont autorisées, offre possibilités. Pour un podium de trois personnes parmi huit, une personne ne peut occuper deux places et l’ordre compte : .
Choix sans ordre : combinaisons
Une partie de éléments parmi ne tient pas compte de l’ordre. Son nombre est On divise le nombre d’arrangements par , car les mêmes éléments se présentent dans ordres. Par exemple, choisir trois représentants parmi huit donne groupes.
On a et : choisir les éléments retenus revient à choisir ceux que l’on exclut. Pour , la relation de Pascal est ; on distingue les parties qui contiennent un élément fixé et celles qui ne le contiennent pas.
Trois questions avant une formule
Combien d’objets choisit-on ? L’ordre est-il pris en compte ? Peut-on choisir plusieurs fois le même objet ? Un tirage simultané se décrit naturellement par une partie ; des tirages successifs se décrivent par une liste. Avec remise, les répétitions sont possibles ; sans remise, elles ne le sont pas.
Expérience aléatoire et événements
L’univers contient les issues possibles. Un événement est une partie de . Pour un dé à six faces, on peut choisir ; l’événement obtenir un nombre pair est .
signifie que et se réalisent ; , qu’au moins l’un se réalise. Le complémentaire est l’événement contraire. Les événements sont incompatibles si .
Dans un univers fini, on attribue à chaque issue une probabilité positive ou nulle ; la somme de ces probabilités vaut . La probabilité d’un événement est la somme des probabilités de ses issues. On obtient , et .
Le cas équiprobable
Si les issues sont équiprobables, chacune a une probabilité et Le dé supposé équilibré donne . Sans l’hypothèse d’équilibre, le dénombrement seul ne donne pas cette probabilité.
Exemple - Deux dés, pas onze sommes équiprobables
Deux dés équilibrés lancés indépendamment donnent couples ordonnés équiprobables . La somme correspond seulement à , tandis que la somme correspond à six couples. Donc et . Les sommes de à ne sont pas équiprobables.
Fréquence et probabilité
Lors de répétitions d’une expérience dans les mêmes conditions, la fréquence d’un événement est le nombre de réalisations divisé par le nombre d’essais. Une simulation permet d’observer ses fluctuations et sa stabilisation approximative. Elle ne garantit pas qu’une fréquence finie soit exactement la probabilité, ni que la fluctuation diminue à chaque nouvel essai.
Règles de calcul des probabilités
Pour tous événements , On soustrait l’intersection parce que ses issues ont été comptées deux fois. Si les événements sont incompatibles, son terme vaut . Si , alors .
Exemple - Au moins une réussite
Une urne contient cinq boules rouges et trois bleues, indiscernables au toucher. On tire simultanément trois boules au hasard. Les groupes sont équiprobables. L’événement avoir au moins une bleue est le contraire de tirer trois rouges, donc Passer par l’événement contraire évite d’additionner les cas une, deux et trois boules bleues.
Probabilité conditionnelle et arbre pondéré
Une nouvelle information
Si , la probabilité de sachant que est réalisé est Le conditionnement restreint les issues à celles où est réalisé, puis renormalise leurs probabilités. Il n’est pas défini par cette formule si .
On en déduit la règle de multiplication : . L’ordre inverse peut aussi être utilisé si : . En général, et ne sont pas égales.
Lire un arbre
Les probabilités des branches issues d’un même nœud totalisent . Pour un chemin complet, on multiplie les probabilités inscrites sur ses branches. Pour réunir plusieurs chemins incompatibles, on additionne leurs probabilités.
Exemple - Deux ateliers et un contrôle qualité
Un article provient de l’atelier avec probabilité et de avec probabilité . Les proportions d’articles défectueux sont respectivement et . On note le défaut. L’arbre comporte d’abord , puis sous chaque atelier.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
| Chemin | Produit des branches | Probabilité |
|---|---|---|
Les quatre probabilités totalisent . L’événement est l’union disjointe de et de , donc . Sachant qu’un article est défectueux, Cette probabilité n’est ni , ni .
Probabilités totales dans une partition
Si sont incompatibles deux à deux, couvrent et ont une probabilité non nulle, alors On identifie les différentes façons incompatibles de réaliser . Pour la partition , on retrouve les deux branches d’un arbre.
Indépendance : une propriété à vérifier
Deux événements sont indépendants si Lorsque , cela équivaut à : savoir que s’est réalisé ne change pas la probabilité de .
Pour deux lancers indépendants d’un dé équilibré, l’événement obtenir au premier lancer et l’événement obtenir au second sont indépendants. Leur intersection a pour probabilité .
Indépendants ne signifie pas incompatibles
Si sont incompatibles et de probabilités strictement positives, alors que : ils ne sont pas indépendants. On ne déduit pas l’indépendance de l’absence de lien apparent entre les noms des événements.
Des tirages avec remise, réalisés dans les mêmes conditions de mélange, peuvent être modélisés comme indépendants. Sans remise, la composition de l’urne change après le premier tirage et les probabilités conditionnelles doivent être recalculées. La présence ou l’absence de remise doit figurer dans le modèle.
Variable aléatoire, espérance et dispersion
Une variable aléatoire réelle associe un nombre à chaque issue. Sa loi de probabilité indique ses valeurs distinctes et les probabilités , avec .
Exemple - Compter les piles
On lance deux fois une pièce équilibrée, indépendamment, et compte les piles. Les issues PP, PF, FP, FF sont équiprobables. La loi est
| 0 | 1 | 2 | |
|---|---|---|---|
Le nombre est deux fois plus probable que ou , car deux issues le produisent.
Espérance
L’espérance est la moyenne pondérée Elle décrit la moyenne théorique obtenue lors de répétitions, pas une valeur garantie à chaque essai. Elle peut même ne pas appartenir aux valeurs de . Dans l’exemple, .
Variance et écart type
La variance mesure la dispersion autour de l’espérance : L’écart type est . Il a la même unité que , alors que la variance a l’unité au carré. Pour le nombre de piles, , donc et .
Pour , et . Ajouter un coût fixe modifie l’espérance d’un gain sans modifier sa variance. Un gain espéré nul signifie un jeu équitable dans ce modèle, pas l’absence de risque.
Épreuves de Bernoulli et loi binomiale
Une épreuve de Bernoulli comporte deux résultats : succès de probabilité , échec de probabilité . On répète fois, indépendamment, avec le même cette épreuve. La variable qui compte les succès suit la loi binomiale de paramètres , notée .
Pour et , Un ordre fixé de succès et échecs a pour probabilité . Il y a choix des positions des succès. Ces chemins sont incompatibles, d’où la formule.
Si , avec certitude ; si , avec certitude. Ces cas dégénérés se traitent directement, sans ambiguïté sur les puissances de .
Caractéristiques et événement contraire
Pour , Pour calculer , on additionne les probabilités de à . Pour « au moins », utiliser si cela simplifie le calcul.
Exemple - Quatre essais indépendants
Si , alors et . L’espérance vaut et la variance . Une espérance non entière est normale : c’est une moyenne, pas un nombre de succès observé dans un seul essai.
Exercices corrigés
Exercice 1 - Choisir le bon dénombrement
Combien existe-t-il de codes de quatre chiffres avec répétition, puis sans répétition, si le premier chiffre peut être ? Combien de groupes de trois représentants peut-on choisir parmi douze personnes ?
Correction. Avec répétition : codes. Sans répétition : codes ; l’ordre compte. Pour les représentants, l’ordre ne compte pas et une personne n’est pas choisie deux fois : groupes.
Exercice 2 - Deux dés et indépendance
On lance deux dés équilibrés indépendamment. Soit l’événement somme égale à et l’événement premier dé pair. Calculer , , et . Les événements sont-ils indépendants ?
Correction. L’univers contient couples équiprobables. Il y a six couples de somme , donc , et couples dont le premier dé est pair, donc . L’intersection contient , d’où . Ainsi Comme , les événements sont indépendants. Ils ne sont pas incompatibles : leur intersection est non vide et de probabilité positive.
Exercice 3 - Tirage simultané sans remise
Une urne contient cinq boules rouges et trois bleues, toutes indiscernables au toucher. On en tire trois simultanément au hasard. Calculer la probabilité d’obtenir exactement deux rouges, puis celle d’obtenir trois boules de même couleur.
Correction. Il y a groupes équiprobables. Pour exactement deux rouges, choisir deux rouges parmi cinq et une bleue parmi trois : Trois boules de même couleur signifie trois rouges ou trois bleues, cas incompatibles. La probabilité est . Ces tirages sans remise ne sont pas un schéma binomial à probabilité constante.
Exercice 4 - Le conditionnement sans remise
Une urne contient trois boules rouges et deux bleues. On tire deux boules successivement sans remise. Soient les événements rouge au premier et au second tirage. Calculer et , puis tester l’indépendance.
Correction. et . Donc . Si la première est bleue, les quatre restantes comprennent trois rouges : . Les probabilités totales donnent Mais : les événements ne sont pas indépendants. Avoir la même probabilité marginale ne suffit pas à établir l’indépendance.
Exercice 5 - Retrouver l’origine d’un défaut
Un stock vient à de l’atelier et à de . Les taux de défaut sont chez , chez . On choisit un article au hasard. Calculer la probabilité d’un défaut , puis .
Correction. et . Donc , soit . Puis Le conditionnement change la répartition entre ateliers : parmi les articles défectueux, la part de dépasse sa part de dans le stock.
Exercice 6 - Loi d’un gain, espérance et variance
Un jeu coûte unités. On lance un dé équilibré : le joueur reçoit pour les faces à , pour la face , pour la face . Déterminer la loi du gain net , son espérance, sa variance et son écart type.
Correction. Le gain net est le montant reçu moins le coût. Ses valeurs sont , de probabilités respectives , dont la somme vaut . Ainsi Donc et . Le jeu est équitable en espérance, mais une partie peut occasionner une perte ; l’espérance n’est pas une promesse de gain individuel.
Exercice 7 - Loi binomiale
Un dispositif réussit un essai avec probabilité . On réalise cinq essais indépendants dans les mêmes conditions. Si compte les réussites, calculer , , et .
Correction. Les conditions sont vérifiées : cinq essais, deux résultats, indépendance et même probabilité de succès. Donc et Le contraire de est , d’où . Enfin, et .
Exercice 8 - Combien d’essais pour un seuil ?
Chaque essai indépendant a une probabilité de succès . Déterminer le plus petit entier pour que la probabilité d’au moins un succès soit supérieure ou égale à .
Correction. La probabilité d’aucun succès est . La condition équivaut à Comme , diviser inverse l’inégalité : . Le plus petit entier est . Contrôle : , tandis que . Le seuil porte sur une probabilité, pas sur la certitude d’obtenir un succès.
Fin du cours et des exercices corrigés