KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
Ouvrir et télécharger le cours en PDF
Sur téléphone, utilisez le bouton ci-dessus pour agrandir le document. La lecture est accessible sans inscription.
Objectifs. Compter sans oublier ni répéter, représenter des choix par un arbre, distinguer ordre et répétition, puis choisir entre produit, arrangement, permutation et combinaison.
Le dénombrement cherche le nombre d’objets possibles dans une situation finie. Il ne demande pas de calculer la chance d’obtenir un objet. Les situations de ce cours sont des exemples pédagogiques construits pour expliquer les méthodes.
Décrire précisément ce que l’on compte
Avant toute formule, on précise ce qu’est un résultat : un code, un classement, un groupe de personnes, une suite de tirages. Deux descriptions représentent-elles le même résultat ? Cette question détermine si l’ordre compte.
Un groupe formé d’Amal et de Bilal est le même groupe que celui formé de Bilal et d’Amal. En revanche, le couple responsable Amal, secrétaire Bilal diffère du couple responsable Bilal, secrétaire Amal. Les rôles rendent l’ordre important.
On précise aussi si un même élément peut être utilisé plusieurs fois. Le code contient deux fois le chiffre ; il est possible seulement si la répétition est autorisée. Un comité de personnes distinctes ne contient pas deux fois la même personne.
Deux questions avant de choisir une formule
L’ordre compte-t-il ? Intervertir deux éléments change-t-il le résultat ?
La répétition est-elle autorisée ? Un élément peut-il être réutilisé à une autre étape ?
On vérifie ensuite les contraintes : nombre de positions, éléments disponibles, interdictions et cas particuliers.
Additionner des cas ou multiplier des choix
Principe de la somme
Si les résultats se répartissent en cas disjoints, on additionne les nombres de résultats de ces cas. Si une visite peut se faire par départs en bus ou par départs en train, choisir exactement un départ donne possibilités.
Il faut éviter les doubles comptes. Parmi membres, pratiquent le dessin, la photographie et les deux. Le nombre pratiquant au moins l’une de ces activités est : les membres communs avaient été comptés deux fois. Ceux ne pratiquant aucune des deux sont .
Principe du produit
Si un choix se fait en étapes successives, avec possibilités à la première étape, puis à la deuxième pour chaque premier choix, et ainsi de suite, le nombre de résultats est . Il faut que le nombre annoncé à chaque étape soit valable après chaque choix précédent autorisé.
Exemple - Un arbre de choix
Une formule comporte une boisson, thé ou jus, puis un sandwich au fromage, aux légumes ou au thon. Il existe formules : chaque feuille de l’arbre correspond à une formule complète.
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Si le thé n’autorise que deux sandwichs et le jus en autorise trois, le nombre devient , et non . L’arbre doit représenter les contraintes réelles, même lorsque ses branches n’ont pas toutes le même nombre de suites possibles.
Choix ordonnés : listes, arrangements et permutations
Listes avec répétition
Pour remplir positions distinctes avec éléments disponibles à chaque position, en autorisant les répétitions, on obtient listes. Par exemple, un code de quatre chiffres, zéro autorisé en première position, a possibilités. Un nombre à quatre chiffres ne commence pas par zéro : il en existe .
Arrangements sans répétition
Un arrangement de éléments parmi est une liste ordonnée de éléments distincts. Pour , leur nombre est noté : Le symbole factorielle est défini par pour , et . Une liste vide est unique : .
Exemple - Trois fonctions différentes
Parmi candidats, on désigne une présidente ou un président, puis un secrétaire, puis un trésorier, sans cumul de fonctions. Le nombre de désignations est Après le premier choix, il reste personnes ; après le deuxième, il en reste . Choisir seulement le groupe de trois personnes ne suffirait pas, car les fonctions restent à attribuer.
Permutations de tous les éléments
Une permutation ordonne les éléments distincts d’un ensemble : il y en a . Ainsi, ouvrages distincts peuvent être rangés sur une étagère de façons.
Ces formules supposent des éléments distinguables. Si plusieurs objets sont considérés identiques, les échanger ne crée pas un nouveau résultat : la formule ne peut alors être appliquée sans analyser ce que l’on compte.
Choix sans ordre : les combinaisons
Une combinaison de éléments parmi est un sous-ensemble contenant éléments. On ne retient aucun ordre entre eux. Pour , le nombre de combinaisons est En effet, chaque groupe de éléments donne exactement listes ordonnées. Diviser le nombre d’arrangements par retire ce comptage répété.
Exemple - Un comité sans fonctions
Parmi candidats, un comité de membres peut être choisi de façons. Les six listes obtenues en permutant les trois membres décrivent toutes le même comité. C’est pourquoi la réponse n’est pas .
Propriétés des nombres de combinaisons
Pour , on a Choisir personnes revient à désigner les personnes qui restent. La symétrie précédente exprime cette correspondance.
Pour , la relation de Pascal s’écrit On distingue un élément particulier. Les groupes qui le contiennent se complètent avec éléments parmi les autres ; ceux qui ne le contiennent pas se choisissent entièrement parmi ces éléments. Les deux cas sont disjoints et couvrent tous les groupes.
| 1 | |||||||
| 1 | 1 | ||||||
| 1 | 2 | 1 | |||||
| 1 | 3 | 3 | 1 | ||||
| 1 | 4 | 6 | 4 | 1 | |||
| 1 | 5 | 10 | 10 | 5 | 1 | ||
| 1 | 6 | 15 | 20 | 15 | 6 | 1 |
Dans cette table, une case intérieure est la somme des deux cases situées au-dessus, dans sa colonne et dans la colonne précédente. Par exemple, . Les cases laissées vides correspondent ici à .
Tirages et contraintes : choisir le bon modèle
Trois modèles de tirage
On dispose de objets tous distinguables et l’on effectue choix. Un tirage successif enregistre la suite dans l’ordre. Un tirage simultané choisit un groupe sans ordre. Avec remise, l’objet tiré est replacé avant l’étape suivante ; sans remise, il n’est plus disponible.
| Modèle | Condition | Nombre |
|---|---|---|
| Successif avec remise | , | |
| Successif sans remise | ||
| Simultané sans remise |
Cette table ne traite pas un choix simultané avec répétition. Elle s’utilise seulement lorsque la description de l’expérience correspond exactement à l’une de ses lignes.
Exemple - Les objets ne sont pas leurs couleurs
Une boîte contient trois jetons distincts . Tirer successivement deux jetons sans remise produit suites de jetons : Si l’on enregistre seulement les couleurs, on observe trois suites possibles : , , . La suite est impossible. Le nombre de suites de couleurs n’est donc pas le nombre de suites de jetons.
Exactement, au moins, aucun
Pour former un groupe avec exactement éléments d’une première catégorie et d’une seconde catégorie disjointe, on choisit séparément les deux parties, puis on multiplie les nombres de choix.
Pour compter les groupes contenant au moins un élément d’une catégorie, il peut être plus simple de compter tous les groupes puis de retirer ceux qui n’en contiennent aucun. Cette soustraction est valide parce que les groupes exclus forment précisément le complément des groupes recherchés.
Contrôler une réponse
Une réponse est un entier positif ou nul. Elle ne dépasse pas le nombre total de résultats sans contrainte. On peut vérifier les petits cas par une liste ou un arbre. Une formule correcte appliquée à un modèle mal choisi donne une réponse incorrecte.
Exercices entièrement corrigés
Exercice 1 - Combiner somme et produit
Pour aller à une exposition, on choisit l’un de départs en bus ou l’un de départs en train. Pour chaque départ, visites guidées différentes sont proposées. Combien de programmes composés d’un départ et d’une visite peut-on former ? Si un départ précis en bus ne permet qu’une seule visite, quel devient le total ?
Correction. Les départs en bus et en train sont des choix distincts : il y en a . Au départ, chaque choix permet trois visites, donc le total est programmes. Après la restriction, cinq départs permettent trois visites et un seul départ permet une visite : . On a retiré exactement les deux programmes devenus impossibles.
Exercice 2 - Des codes et leurs contraintes
Un code comporte deux lettres choisies parmi , suivies de trois chiffres parmi . Le zéro est autorisé en première position numérique. Compter les codes lorsque toutes les répétitions sont autorisées, puis lorsque les lettres doivent être différentes et les trois chiffres deux à deux différents.
Correction. Les positions sont distinctes, donc l’ordre compte. Avec répétition, on obtient codes. Dans le second cas, les lettres donnent possibilités et les chiffres . Le nombre est Les contraintes portent séparément sur les lettres et les chiffres. Il n’y a aucune raison d’interdire le chiffre , car l’objet demandé est un code, pas un entier à trois chiffres.
Exercice 3 - Nombres pairs à trois chiffres
Avec les chiffres , combien peut-on former de nombres pairs à trois chiffres distincts ?
Correction. Le chiffre des unités doit être , , ou . On sépare deux cas, car la présence de zéro modifie le choix des centaines.
Si les unités valent , les centaines ont choix non nuls, puis les dizaines choix parmi les chiffres restants : nombres.
Si les unités valent , ou , il y a choix pour cette position. Les centaines ont choix : ni zéro ni le chiffre déjà utilisé. Les dizaines ont ensuite choix, zéro compris. On obtient nombres. Les deux cas sont disjoints, donc le total est .
Exercice 4 - Un podium
Huit personnes participent à un concours sans égalité de classement. Compter les podiums de trois personnes. Combien contiennent Amal ? Combien placent Amal en première position ?
Correction. Les places sont ordonnées, sans répétition : le total est . Si Amal est sur le podium, sa place a choix ; les deux places restantes se remplissent avec deux personnes distinctes parmi les autres, soit choix. On obtient . Si Amal est première, sa place est fixée : il reste podiums. Les podiums se répartissent bien en trois cas disjoints de selon sa place.
Exercice 5 - Deux ouvrages voisins
On range six ouvrages distincts sur une étagère, dont deux ouvrages nommés et . Compter les rangements où et sont côte à côte, puis ceux où ils ne le sont pas. Compter enfin tous les rangements où se trouve avant , sans condition de voisinage.
Correction. Lorsque et restent voisins, on traite leur paire comme un bloc. Avec les quatre autres ouvrages, cela donne cinq objets à ordonner, soit rangements de blocs. Dans le bloc, l’ordre est ou : il y a donc rangements. Sans contrainte, il existe rangements ; ceux où les deux ouvrages sont séparés sont .
Pour la dernière question, échanger les positions de et associe chaque rangement où précède à un unique rangement où précède . Les deux nombres sont égaux et leur somme vaut . Chacun vaut donc .
Exercice 6 - Choisir un comité
Un groupe comporte élèves d’un atelier de théâtre et élèves d’un atelier d’écriture. Ces deux catégories sont disjointes. On choisit un comité de trois membres sans fonctions distinctes. Compter tous les comités, ceux contenant exactement deux élèves de théâtre, puis ceux contenant au moins un élève d’écriture.
Correction. L’ordre n’intervient pas : il y a comités. Pour avoir exactement deux élèves de théâtre, on choisit deux personnes parmi les quatre, puis une parmi les cinq de l’autre atelier : Pour avoir au moins un élève d’écriture, on exclut seulement les comités formés de trois élèves de théâtre. Leur nombre est . Le nombre recherché est . Le complément évite d’additionner séparément les cas avec un, deux ou trois élèves d’écriture.
Exercice 7 - Trois descriptions d’un tirage
Une boîte contient neuf jetons numérotés, dont cinq rouges et quatre bleus. On en choisit trois. Compter les résultats possibles et ceux contenant exactement deux rouges dans chacun des modèles : tirage simultané sans remise ; tirage successif sans remise ; tirage successif avec remise.
Correction. Les numéros distinguent les jetons, même lorsqu’ils ont la même couleur.
Simultanément, sans remise : le total est . Choisir deux rouges et un bleu donne groupes.
Successivement, sans remise : le total est suites. On choisit la position du bleu de trois façons, le jeton bleu de quatre façons, puis les deux rouges ordonnés de façons. Le nombre est . Il vaut aussi , car chacun des groupes précédents comporte trois jetons distincts.
Successivement, avec remise : le total est . Pour exactement deux rouges, on choisit la position du bleu (), le bleu (), puis chaque rouge ( à chaque fois, car le premier est remis). Le nombre est . On ne multiplie pas le nombre de groupes du premier modèle par : les répétitions autorisées ont changé les objets possibles.
Si l’on ne conserve que les couleurs, exactement deux rouges donnent seulement trois suites : , , . Ce sont des objets différents des suites de jetons numérotés.
Exercice 8 - Exploiter les combinaisons
Une association peut former binômes distincts avec ses membres, où . Déterminer . Puis vérifier à l’aide de la relation de Pascal et expliquer sans développer de factorielles.
Correction. Un binôme est un groupe sans ordre, donc Comme , les solutions algébriques sont et . La condition impose . La vérification donne .
La relation de Pascal donne . Enfin, choisir huit membres parmi dix revient à choisir les deux membres absents. Ainsi .
Exercice 9 - Un groupe puis un rôle distinct
Parmi six personnes, on choisit deux délégués sans distinction entre eux, puis un secrétaire parmi les quatre personnes restantes. Combien de désignations obtient-on ? Pourquoi n’est-il pas la bonne réponse ?
Correction. Le groupe des deux délégués se choisit de façons. Pour chaque groupe, quatre personnes peuvent être secrétaires : le total est .
Le calcul attribuerait un premier rôle et un second rôle distincts aux deux délégués. Chaque désignation réelle serait comptée deux fois, en échangeant ces deux personnes. Diviser par redonne . On peut aussi choisir d’abord le secrétaire ( choix), puis deux délégués parmi les cinq autres : .
Exercice 10 - Chemins sur un quadrillage
On va de à par des déplacements d’une unité vers la droite ou vers le haut. Compter tous les chemins, ceux passant par , puis ceux évitant .
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Le tracé bleu illustre un chemin autorisé passant par .
Correction. Chaque chemin comporte exactement quatre pas vers la droite et trois vers le haut, donc sept pas. Il est entièrement déterminé par les trois positions des pas vers le haut parmi les sept : il y a chemins.
Pour atteindre , il faut deux pas vers la droite et un vers le haut, soit préfixes possibles. De à , il reste deux pas vers la droite et deux vers le haut, soit suffixes. Chaque préfixe peut se combiner avec chaque suffixe ; cette décomposition est unique. Il y a donc chemins passant par . Ceux qui l’évitent sont les autres : .
Méthode de travail
Définir les résultats et leurs différences ; préciser ordre et répétition ; organiser les choix ou les cas ; appliquer la formule avec ses conditions ; terminer par une phrase donnant ce qui a été compté. Une liste courte, un arbre ou une deuxième méthode permet souvent de contrôler le résultat.