KORASATI · MATHÉMATIQUES
Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.
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Objectifs. Utiliser la division euclidienne dans les entiers relatifs, décomposer un entier en facteurs premiers, calculer PGCD et PPCM, puis travailler avec les congruences et les classes modulo un entier.
Parcours. Ce chapitre appartient aux sciences mathématiques. Il développe les techniques élémentaires de divisibilité et le calcul dans . Les notions de nombres premiers entre eux et les théorèmes de Bézout et de Gauss ne sont pas nécessaires à ce parcours.
Divisibilité dans les entiers relatifs
Pour , on écrit et on dit que divise s’il existe tel que . Le nombre est alors un multiple de . Cette définition porte sur l’existence d’un quotient entier, pas seulement d’un quotient réel.
Par exemple, car , et . Pour un diviseur non nul, changer son signe ne modifie pas la divisibilité. Tout entier divise puisque . Le nombre ne divise que : l’égalité impose .
Propriétés de base
Pour tous les entiers concernés :
si et , alors ;
si et , alors pour tous ;
si et , alors ;
si et , alors .
La propriété de combinaison se démontre en écrivant et : . Elle permet de simplifier une recherche de diviseurs communs sans changer les contraintes.
Exemple - Une condition nécessaire utile
Si un entier divise et , alors il divise . Ses valeurs possibles sont donc parmi . On a obtenu une condition nécessaire ; il reste à vérifier quels candidats divisent effectivement les deux expressions pour la valeur de étudiée.
Division euclidienne, y compris pour un entier négatif
Théorème
Pour et avec , il existe un unique couple d’entiers tel que Le nombre est le quotient et le reste de la division euclidienne de par . Le reste est toujours positif ou nul, même lorsque est négatif.
L’existence revient à choisir l’unique multiple tel que , puis à poser . Pour l’unicité, si avec , alors . Le membre de droite est strictement compris entre et ; le seul multiple de dans cet intervalle est . Ainsi et .
Exemple - Ne pas garder un reste négatif
On a . Pour , l’écriture est vraie mais ne constitue pas une division euclidienne : le reste est interdit. L’écriture correcte est Le quotient vaut et le reste . Enfin, si et seulement si le reste de cette division est .
Des restes qui organisent une preuve
La division par classe tous les entiers en cas, correspondant aux restes . Par exemple, tout entier est pair ou impair, car son reste modulo est ou . Une preuve par disjonction des cas doit traiter tous les restes possibles, y compris pour les entiers négatifs.
Nombres premiers et factorisation
Un entier naturel est premier si ses seuls diviseurs positifs sont et . Les nombres et ne sont pas premiers. Dans cette convention, les nombres premiers sont positifs ; pour factoriser un entier négatif, on sépare le signe et on factorise sa valeur absolue.
Tester la primalité
Si n’est pas premier, il s’écrit avec . Alors , donc ; un diviseur premier de est aussi un diviseur de . Il suffit donc de tester les diviseurs premiers inférieurs ou égaux à .
Ainsi, pour , on teste , les seuls nombres premiers ne dépassant pas . Aucun ne divise : le nombre est premier. Pour , le diviseur donne : le nombre n’est pas premier.
Décomposition en facteurs premiers
Tout entier naturel s’écrit comme un produit de nombres premiers. Cette décomposition est unique à l’ordre des facteurs près. On rassemble généralement les facteurs égaux en puissances : L’existence peut se montrer par récurrence forte : un entier est soit premier, soit produit de deux entiers plus petits déjà décomposables. L’unicité est admise ici.
Exemple - Décomposer et lire les diviseurs
On obtient . Un diviseur positif de a exactement la forme avec , , . Il existe donc diviseurs positifs. Les diviseurs négatifs sont leurs opposés.
Un carré parfait positif a tous ses exposants premiers pairs. En effet, élever une décomposition au carré double chaque exposant ; réciproquement, on peut diviser des exposants pairs par pour construire une racine entière. Cette observation est utile pour compléter un produit afin d’en faire un carré.
PGCD, PPCM et algorithme d’Euclide
Définitions et calcul par factorisation
Pour deux entiers non simultanément nuls, le PGCD est leur plus grand diviseur commun positif, noté ou . Il est inchangé si l’on remplace les entiers par leurs valeurs absolues ; pour .
Pour non nuls, le PPCM est leur plus petit multiple commun strictement positif, noté ou . On utilise également leurs valeurs absolues. Si l’un est nul, on adopte ; ce cas se traite séparément de la définition par un multiple positif.
À partir des décompositions en nombres premiers, le PGCD prend le minimum des deux exposants de chaque premier, tandis que le PPCM prend leur maximum. Un premier absent d’une décomposition a l’exposant .
Pour et , Les diviseurs communs sont exactement les diviseurs du PGCD ; les multiples communs sont exactement les multiples du PPCM. Pour , Cette identité vient de pour chaque facteur premier.
Pourquoi l’algorithme d’Euclide fonctionne
Si , les diviseurs communs de sont ceux de . En effet, un diviseur de divise ; un diviseur de divise . Ainsi On répète les divisions avec des restes strictement décroissants et positifs jusqu’au reste nul. Le dernier reste non nul est le PGCD. Cette méthode évite une factorisation parfois longue.
Exemple - Calculer
Le dernier reste non nul est . Donc et . Il ne faut pas choisir l’avant-dernier quotient ni le dernier reste, qui est .
Congruences modulo un entier
Fixons un entier . Pour , on dit que est congru à modulo , et on écrit , lorsque .
Les deux entiers ont alors le même reste dans la division euclidienne par . En effet, si et avec , la divisibilité de par impose . Réciproquement, un reste identique donne .
Par exemple, et . On peut remplacer un entier par son reste pour simplifier un calcul, sans affirmer que les deux entiers sont égaux dans .
Règles de calcul
Si et , alors On en déduit pour tout entier . Les règles se justifient par la divisibilité ; par exemple est un multiple de . La congruence est aussi réflexive, symétrique et transitive, ce qui permet d’enchaîner les calculs.
On ne divise pas librement une congruence
De , on ne peut pas conclure : divise , mais ne divise pas . Les règles sûres présentées ici concernent addition, soustraction, multiplication et puissances entières naturelles.
Exemple - Réduire une grande puissance
Comme , on a et . Le reste de dans la division par est donc : le nombre obtenu doit être remis dans la liste .
Divisibilité et écritures décimales
Si , avec ses chiffres, alors et modulo . Donc est congru à la somme de ses chiffres modulo ou . Avec , on obtient une somme alternée des chiffres. Ces critères sont des conséquences des règles de congruence, et non des recettes indépendantes.
Les classes de et leurs opérations
La classe de modulo est l’ensemble Deux entiers ont la même classe si et seulement s’ils sont congrus. Toute classe possède un unique représentant dans : son reste. L’ensemble des classes, noté , contient donc exactement éléments, Une classe est un ensemble infini d’entiers, tandis que l’ensemble des classes est fini. Pour , les entiers représentent tous la classe .
Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.
Addition, multiplication et opposé
On définit et . Ces définitions ne dépendent pas des représentants choisis, précisément grâce aux règles de calcul des congruences. L’opposé de est .
L’addition et la multiplication sont associatives et commutatives, et la multiplication est distributive par rapport à l’addition. Les classes et jouent les rôles habituels de neutres. On calcule avec des représentants puis on réduit le résultat modulo .
Par exemple, dans , et . L’opposé de est , car leur somme est .
Une table ne ressemble pas toujours au calcul dans
Voici la table de multiplication de :
On voit que alors que . On ne transpose donc pas sans preuve les règles de simplification ou du produit nul connues dans . Pour résoudre une congruence simple, tester les classes donne une méthode complète et sûre.
Exercices corrigés
Exercice 1 - Deux divisions euclidiennes
Effectuer les divisions euclidiennes de et de par .
Correction. Comme , on a , avec . Pour l’entier négatif, diminuer le quotient d’une unité afin de rendre le reste positif : Les couples sont donc et . L’écriture ne satisfait pas la condition du reste.
Exercice 2 - Un PGCD par divisions successives
Calculer puis .
Correction. Les divisions donnent Le PGCD est donc . L’identité produit donne . On peut vérifier que , ce qui confirme qu’il s’agit d’un multiple commun ; le calcul par PGCD garantit son caractère minimal positif.
Exercice 3 - Factorisation et carré parfait
Décomposer en facteurs premiers. Calculer son nombre de diviseurs positifs et le plus petit entier naturel non nul tel que soit un carré parfait.
Correction. On a . Les exposants des diviseurs positifs varient de à , de à et de à : leur nombre est . Pour obtenir un carré, il faut rendre pairs les exposants de et de ; la plus petite correction est . En effet, . Tout autre choix doit contenir au moins ces facteurs et peut ajouter des facteurs de carré.
Exercice 4 - Divisibilité d’un produit de trois entiers
Montrer que divise pour tout , en utilisant les restes modulo .
Correction. Tout entier a un unique reste modulo , et le produit est congru à . Pour ces six valeurs, les produits valent respectivement Ils sont tous multiples de . Par les règles de congruence, le produit initial est donc congru à modulo , ce qui prouve la divisibilité pour tous les entiers, positifs ou négatifs.
Exercice 5 - Une grande puissance
Déterminer le reste de dans la division euclidienne par .
Correction. Modulo , , et . Comme , Le représentant appartient à : c’est bien le reste euclidien. La périodicité des puissances a été établie par un calcul, pas supposée à partir des derniers chiffres de l’exposant.
Exercice 6 - Construire un nombre divisible
Déterminer le chiffre pour que le nombre décimal soit divisible par . Vérifier ensuite sa divisibilité par .
Correction. La somme des chiffres vaut . Pour , la divisibilité par impose ou . Pour , la somme alternée calculée depuis les unités vaut . Elle vaut si et si ; aucun de ces nombres n’est multiple de . Les nombres et sont donc divisibles par , mais aucun n’est divisible par .
Exercice 7 - Calculer dans un ensemble de classes
Dans , calculer , et l’opposé de . Expliquer pourquoi on peut réduire avant ou après l’opération.
Correction. On a et . La somme vaut donc , le produit , et l’opposé de est . Directement, et redonnent les mêmes résultats. Les opérations sur les classes sont bien définies : des représentants congrus donnent une somme et un produit congrus.
Exercice 8 - Résoudre sans simplification abusive
Résoudre dans , puis .
Correction. Pour les six restes de , les restes de sont . La première congruence admet exactement les classes et . Ses solutions sont donc Ces deux familles peuvent aussi s’écrire . La seconde congruence n’a aucune solution, car le reste n’apparaît jamais. Diviser la première par en conservant le module aurait perdu toute la classe .
Exercice 9 - Répartir et synchroniser
On veut former le plus grand nombre de lots identiques avec objets d’un type et d’un autre, en utilisant tous les objets. Combien de lots obtient-on et que contient chacun ? Deux signaux se répètent ensuite toutes les et secondes ; après un départ commun, quand coïncident-ils de nouveau ?
Correction. Le nombre de lots doit diviser et . Leur PGCD vaut , car et . On peut donc former lots de objets du premier type et de du second. Pour les signaux, on cherche au contraire le plus petit multiple positif commun : Ils coïncident après secondes, soit minutes secondes. Le premier problème utilise une division commune maximale, le second une répétition commune minimale.
Fin du cours et des exercices corrigés