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Arithmétique dans Z - Cours et exercices corrigés | 1re Bac sciences mathématiques

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Utiliser la division euclidienne dans les entiers relatifs, décomposer un entier en facteurs premiers, calculer PGCD et PPCM, puis travailler avec les congruences et les classes modulo un entier.

Parcours. Ce chapitre appartient aux sciences mathématiques. Il développe les techniques élémentaires de divisibilité et le calcul dans ℤ/nℤ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}. Les notions de nombres premiers entre eux et les théorèmes de Bézout et de Gauss ne sont pas nécessaires à ce parcours.

Divisibilité dans les entiers relatifs

Pour a,b∈ℤa,b\in\mathbb{Z}, on écrit a∣ba\mid b et on dit que aa divise bb s’il existe k∈ℤk\in\mathbb{Z} tel que b=akb=ak. Le nombre bb est alors un multiple de aa. Cette définition porte sur l’existence d’un quotient entier, pas seulement d’un quotient réel.

Par exemple, 7∣(−35)7\mid(-35) car −35=7(−5)-35=7(-5), et −7∣35-7\mid35. Pour un diviseur non nul, changer son signe ne modifie pas la divisibilité. Tout entier divise 00 puisque 0=a⋅00=a\cdot0. Le nombre 00 ne divise que 00 : l’égalité b=0kb=0k impose b=0b=0.

Propriétés de base

Pour tous les entiers concernés :

  • si a∣ba\mid b et b∣cb\mid c, alors a∣ca\mid c ;

  • si d∣ad\mid a et d∣bd\mid b, alors d∣(ua+vb)d\mid(ua+vb) pour tous u,v∈ℤu,v\in\mathbb{Z} ;

  • si a∣ba\mid b et b≠0b\ne0, alors |a|≤|b||a|\le|b| ;

  • si a∣ba\mid b et b∣ab\mid a, alors |a|=|b||a|=|b|.

La propriété de combinaison se démontre en écrivant a=dpa=dp et b=dqb=dq : ua+vb=d(up+vq)ua+vb=d(up+vq). Elle permet de simplifier une recherche de diviseurs communs sans changer les contraintes.

Exemple - Une condition nécessaire utile

Si un entier dd divise 3n+23n+2 et 5n+15n+1, alors il divise 5(3n+2)−3(5n+1)=75(3n+2)-3(5n+1)=7. Ses valeurs possibles sont donc parmi ±1,±7\pm1,\pm7. On a obtenu une condition nécessaire ; il reste à vérifier quels candidats divisent effectivement les deux expressions pour la valeur de nn étudiée.

Division euclidienne, y compris pour un entier négatif

Théorème

Pour a∈ℤa\in\mathbb{Z} et b∈ℕb\in\mathbb{N} avec b>0b>0, il existe un unique couple d’entiers (q,r)(q,r) tel que a=bq+r,0≤r<b.\boxed{a=bq+r,\qquad 0\le r<b.} Le nombre qq est le quotient et rr le reste de la division euclidienne de aa par bb. Le reste est toujours positif ou nul, même lorsque aa est négatif.

L’existence revient à choisir l’unique multiple bqbq tel que bq≤a<b(q+1)bq\le a<b(q+1), puis à poser r=a−bqr=a-bq. Pour l’unicité, si bq+r=bq′+r′bq+r=bq'+r' avec 0≤r,r′<b0\le r,r'<b, alors b(q−q′)=r′−rb(q-q')=r'-r. Le membre de droite est strictement compris entre −b-b et bb ; le seul multiple de bb dans cet intervalle est 00. Ainsi r=r′r=r' et q=q′q=q'.

Exemple - Ne pas garder un reste négatif

On a 47=7⋅6+547=7\cdot6+5. Pour −47-47, l’écriture −47=7(−6)−5-47=7(-6)-5 est vraie mais ne constitue pas une division euclidienne : le reste −5-5 est interdit. L’écriture correcte est −47=7(−7)+2,0≤2<7.-47=7(-7)+2,\qquad 0\le2<7. Le quotient vaut −7-7 et le reste 22. Enfin, b∣ab\mid a si et seulement si le reste de cette division est 00.

Des restes qui organisent une preuve

La division par bb classe tous les entiers en bb cas, correspondant aux restes 0,1,…,b−10,1,\ldots,b-1. Par exemple, tout entier est pair ou impair, car son reste modulo 22 est 00 ou 11. Une preuve par disjonction des cas doit traiter tous les restes possibles, y compris pour les entiers négatifs.

Nombres premiers et factorisation

Un entier naturel p≥2p\ge2 est premier si ses seuls diviseurs positifs sont 11 et pp. Les nombres 00 et 11 ne sont pas premiers. Dans cette convention, les nombres premiers sont positifs ; pour factoriser un entier négatif, on sépare le signe et on factorise sa valeur absolue.

Tester la primalité

Si n≥2n\ge2 n’est pas premier, il s’écrit n=abn=ab avec 2≤a≤b2\le a\le b. Alors a2≤na^2\le n, donc a≤na\le\sqrt n ; un diviseur premier de aa est aussi un diviseur de nn. Il suffit donc de tester les diviseurs premiers inférieurs ou égaux à n\sqrt n.

Ainsi, pour 9797, on teste 2,3,5,72,3,5,7, les seuls nombres premiers ne dépassant pas 97<10\sqrt{97}<10. Aucun ne divise 9797 : le nombre est premier. Pour 9191, le diviseur 77 donne 91=7⋅1391=7\cdot13 : le nombre n’est pas premier.

Décomposition en facteurs premiers

Tout entier naturel n≥2n\ge2 s’écrit comme un produit de nombres premiers. Cette décomposition est unique à l’ordre des facteurs près. On rassemble généralement les facteurs égaux en puissances : n=p1α1⋯pkαk,αi≥1.n=p_1^{\alpha_1}\cdots p_k^{\alpha_k},\qquad \alpha_i\ge1. L’existence peut se montrer par récurrence forte : un entier est soit premier, soit produit de deux entiers plus petits déjà décomposables. L’unicité est admise ici.

Exemple - Décomposer et lire les diviseurs

On obtient 360=23⋅32⋅5360=2^3\cdot3^2\cdot5. Un diviseur positif de 360360 a exactement la forme 2a3b5c2^a3^b5^c avec 0≤a≤30\le a\le3, 0≤b≤20\le b\le2, 0≤c≤10\le c\le1. Il existe donc 4⋅3⋅2=244\cdot3\cdot2=24 diviseurs positifs. Les diviseurs négatifs sont leurs opposés.

Un carré parfait positif a tous ses exposants premiers pairs. En effet, élever une décomposition au carré double chaque exposant ; réciproquement, on peut diviser des exposants pairs par 22 pour construire une racine entière. Cette observation est utile pour compléter un produit afin d’en faire un carré.

PGCD, PPCM et algorithme d’Euclide

Définitions et calcul par factorisation

Pour deux entiers a,ba,b non simultanément nuls, le PGCD est leur plus grand diviseur commun positif, noté PGCD⁡(a,b)\operatorname{PGCD}(a,b) ou a∧ba\wedge b. Il est inchangé si l’on remplace les entiers par leurs valeurs absolues ; PGCD⁡(a,0)=|a|\operatorname{PGCD}(a,0)=|a| pour a≠0a\ne0.

Pour a,ba,b non nuls, le PPCM est leur plus petit multiple commun strictement positif, noté PPCM⁡(a,b)\operatorname{PPCM}(a,b) ou a∨ba\vee b. On utilise également leurs valeurs absolues. Si l’un est nul, on adopte PPCM⁡(a,0)=0\operatorname{PPCM}(a,0)=0 ; ce cas se traite séparément de la définition par un multiple positif.

À partir des décompositions en nombres premiers, le PGCD prend le minimum des deux exposants de chaque premier, tandis que le PPCM prend leur maximum. Un premier absent d’une décomposition a l’exposant 00.

Pour 360=23⋅32⋅5360=2^3\cdot3^2\cdot5 et 252=22⋅32⋅7252=2^2\cdot3^2\cdot7, PGCD⁡(360,252)=22⋅32=36,PPCM⁡(360,252)=23⋅32⋅5⋅7=2520.\operatorname{PGCD}(360,252)=2^2\cdot3^2=36, \qquad \operatorname{PPCM}(360,252)=2^3\cdot3^2\cdot5\cdot7=2520. Les diviseurs communs sont exactement les diviseurs du PGCD ; les multiples communs sont exactement les multiples du PPCM. Pour a,b≠0a,b\ne0, PGCD⁡(a,b)PPCM⁡(a,b)=|ab|.\boxed{\operatorname{PGCD}(a,b)\,\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|.} Cette identité vient de min⁡(α,β)+max⁡(α,β)=α+β\min(\alpha,\beta)+\max(\alpha,\beta)=\alpha+\beta pour chaque facteur premier.

Pourquoi l’algorithme d’Euclide fonctionne

Si a=bq+ra=bq+r, les diviseurs communs de a,ba,b sont ceux de b,rb,r. En effet, un diviseur de a,ba,b divise r=a−bqr=a-bq ; un diviseur de b,rb,r divise a=bq+ra=bq+r. Ainsi PGCD⁡(a,b)=PGCD⁡(b,r).\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(b,r). On répète les divisions avec des restes strictement décroissants et positifs jusqu’au reste nul. Le dernier reste non nul est le PGCD. Cette méthode évite une factorisation parfois longue.

Exemple - Calculer PGCD⁡(252,198)\operatorname{PGCD}(252,198)

252252 == 198⋅1+54198\cdot1+54
198198 == 54⋅3+3654\cdot3+36
5454 == 36⋅1+1836\cdot1+18
3636 == 18⋅2+018\cdot2+0

Le dernier reste non nul est 1818. Donc PGCD⁡(252,198)=18\operatorname{PGCD}(252,198)=18 et PPCM⁡(252,198)=252⋅198/18=2772\operatorname{PPCM}(252,198)=252\cdot198/18=2772. Il ne faut pas choisir l’avant-dernier quotient ni le dernier reste, qui est 00.

Congruences modulo un entier

Fixons un entier n≥2n\ge2. Pour a,b∈ℤa,b\in\mathbb{Z}, on dit que aa est congru à bb modulo nn, et on écrit a≡b(mod⁡n)a\equiv b\pmod n, lorsque n∣(a−b)n\mid(a-b).

Les deux entiers ont alors le même reste dans la division euclidienne par nn. En effet, si a=nq+ra=nq+r et b=nq′+r′b=nq'+r' avec 0≤r,r′<n0\le r,r'<n, la divisibilité de a−ba-b par nn impose r=r′r=r'. Réciproquement, un reste identique donne a−b=n(q−q′)a-b=n(q-q').

Par exemple, −47≡2(mod⁡7)-47\equiv2\pmod7 et 23≡2(mod⁡7)23\equiv2\pmod7. On peut remplacer un entier par son reste pour simplifier un calcul, sans affirmer que les deux entiers sont égaux dans ℤ\mathbb{Z}.

Règles de calcul

Si a≡b(mod⁡n)a\equiv b\pmod n et c≡d(mod⁡n)c\equiv d\pmod n, alors a+c≡b+d,a−c≡b−d,ac≡bd(mod⁡n).a+c\equiv b+d,\qquad a-c\equiv b-d,\qquad ac\equiv bd\pmod n. On en déduit ak≡bk(mod⁡n)a^k\equiv b^k\pmod n pour tout entier k≥0k\ge0. Les règles se justifient par la divisibilité ; par exemple ac−bd=c(a−b)+b(c−d)ac-bd=c(a-b)+b(c-d) est un multiple de nn. La congruence est aussi réflexive, symétrique et transitive, ce qui permet d’enchaîner les calculs.

On ne divise pas librement une congruence

De 2⋅1≡2⋅4(mod⁡6)2\cdot1\equiv2\cdot4\pmod6, on ne peut pas conclure 1≡4(mod⁡6)1\equiv4\pmod6 : 66 divise 2−8=−62-8=-6, mais ne divise pas 1−4=−31-4=-3. Les règles sûres présentées ici concernent addition, soustraction, multiplication et puissances entières naturelles.

Exemple - Réduire une grande puissance

Comme 10≡−1(mod⁡11)10\equiv-1\pmod{11}, on a 102026≡110^{2026}\equiv1 et 102027≡−1(mod⁡11)10^{2027}\equiv-1\pmod{11}. Le reste de 102027+410^{2027}+4 dans la division par 1111 est donc 33 : le nombre obtenu doit être remis dans la liste 0,1,…,100,1,\ldots,10.

Divisibilité et écritures décimales

Si N=∑k=0mak10kN=\sum_{k=0}^m a_k10^k, avec aka_k ses chiffres, alors 10≡1(mod⁡9)10\equiv1\pmod9 et modulo 33. Donc NN est congru à la somme de ses chiffres modulo 99 ou 33. Avec 10≡−1(mod⁡11)10\equiv-1\pmod{11}, on obtient une somme alternée des chiffres. Ces critères sont des conséquences des règles de congruence, et non des recettes indépendantes.

Les classes de ℤ/nℤ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} et leurs opérations

La classe de aa modulo nn est l’ensemble a¯=a+nℤ={a+nk∣k∈ℤ}.\overline a=a+n\mathbb{Z}=\{a+nk\mid k\in\mathbb{Z}\}. Deux entiers ont la même classe si et seulement s’ils sont congrus. Toute classe possède un unique représentant dans {0,1,…,n−1}\{0,1,\ldots,n-1\} : son reste. L’ensemble des classes, noté ℤ/nℤ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}, contient donc exactement nn éléments, ℤ/nℤ={0¯,1¯,…,n−1¯}.\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}=\{\overline0,\overline1,\ldots,\overline{n-1}\}. Une classe est un ensemble infini d’entiers, tandis que l’ensemble des classes est fini. Pour n=5n=5, les entiers −3,2,7,12-3,2,7,12 représentent tous la classe 2¯\overline2.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

Addition, multiplication et opposé

On définit a¯+b¯=a+b¯\overline a+\overline b=\overline{a+b} et a¯b¯=ab¯\overline a\,\overline b=\overline{ab}. Ces définitions ne dépendent pas des représentants choisis, précisément grâce aux règles de calcul des congruences. L’opposé de a¯\overline a est −a¯\overline{-a}.

L’addition et la multiplication sont associatives et commutatives, et la multiplication est distributive par rapport à l’addition. Les classes 0¯\overline0 et 1¯\overline1 jouent les rôles habituels de neutres. On calcule avec des représentants puis on réduit le résultat modulo nn.

Par exemple, dans ℤ/5ℤ\mathbb{Z}/5\mathbb{Z}, 3¯+4¯=7¯=2¯\overline3+\overline4=\overline7=\overline2 et 3¯4¯=12¯=2¯\overline3\,\overline4=\overline{12}=\overline2. L’opposé de 3¯\overline3 est 2¯\overline2, car leur somme est 0¯\overline0.

Une table ne ressemble pas toujours au calcul dans ℝ\mathbb{R}

Voici la table de multiplication de ℤ/4ℤ\mathbb{Z}/4\mathbb{Z} :

×\times 0¯\overline0 1¯\overline1 2¯\overline2 3¯\overline3
0¯\overline0 0¯\overline0 0¯\overline0 0¯\overline0 0¯\overline0
1¯\overline1 0¯\overline0 1¯\overline1 2¯\overline2 3¯\overline3
2¯\overline2 0¯\overline0 2¯\overline2 0¯\overline0 2¯\overline2
3¯\overline3 0¯\overline0 3¯\overline3 2¯\overline2 1¯\overline1

On voit que 2¯2=0¯\overline2^2=\overline0 alors que 2¯≠0¯\overline2\ne\overline0. On ne transpose donc pas sans preuve les règles de simplification ou du produit nul connues dans ℝ\mathbb{R}. Pour résoudre une congruence simple, tester les nn classes donne une méthode complète et sûre.

Exercices corrigés

Exercice 1 - Deux divisions euclidiennes

Effectuer les divisions euclidiennes de 785785 et de −785-785 par 2323.

Correction. Comme 23⋅34=78223\cdot34=782, on a 785=23⋅34+3785=23\cdot34+3, avec 0≤3<230\le3<23. Pour l’entier négatif, diminuer le quotient d’une unité afin de rendre le reste positif : −785=23(−35)+20,0≤20<23.-785=23(-35)+20,\qquad 0\le20<23. Les couples (q,r)(q,r) sont donc (34,3)(34,3) et (−35,20)(-35,20). L’écriture −785=23(−34)−3-785=23(-34)-3 ne satisfait pas la condition du reste.

Exercice 2 - Un PGCD par divisions successives

Calculer PGCD⁡(1071,462)\operatorname{PGCD}(1071,462) puis PPCM⁡(1071,462)\operatorname{PPCM}(1071,462).

Correction. Les divisions donnent 1071=462⋅2+147,462=147⋅3+21,147=21⋅7+0.1071=462\cdot2+147,\quad462=147\cdot3+21,\quad147=21\cdot7+0. Le PGCD est donc 2121. L’identité produit donne PPCM⁡(1071,462)=1071⋅462/21=23562\operatorname{PPCM}(1071,462)=1071\cdot462/21=23562. On peut vérifier que 23562=1071⋅22=462⋅5123562=1071\cdot22=462\cdot51, ce qui confirme qu’il s’agit d’un multiple commun ; le calcul par PGCD garantit son caractère minimal positif.

Exercice 3 - Factorisation et carré parfait

Décomposer 540540 en facteurs premiers. Calculer son nombre de diviseurs positifs et le plus petit entier naturel non nul kk tel que 540k540k soit un carré parfait.

Correction. On a 540=22⋅33⋅5540=2^2\cdot3^3\cdot5. Les exposants des diviseurs positifs varient de 00 à 22, de 00 à 33 et de 00 à 11 : leur nombre est 3⋅4⋅2=243\cdot4\cdot2=24. Pour obtenir un carré, il faut rendre pairs les exposants de 33 et de 55 ; la plus petite correction est k=3⋅5=15k=3\cdot5=15. En effet, 540⋅15=22⋅34⋅52=902=8100540\cdot15=2^2\cdot3^4\cdot5^2=90^2=8100. Tout autre choix doit contenir au moins ces facteurs et peut ajouter des facteurs de carré.

Exercice 4 - Divisibilité d’un produit de trois entiers

Montrer que 66 divise n(n+1)(n+2)n(n+1)(n+2) pour tout n∈ℤn\in\mathbb{Z}, en utilisant les restes modulo 66.

Correction. Tout entier a un unique reste r∈{0,1,2,3,4,5}r\in\{0,1,2,3,4,5\} modulo 66, et le produit est congru à r(r+1)(r+2)r(r+1)(r+2). Pour ces six valeurs, les produits valent respectivement 0,6,24,60,120,210.0,\quad6,\quad24,\quad60,\quad120,\quad210. Ils sont tous multiples de 66. Par les règles de congruence, le produit initial est donc congru à 00 modulo 66, ce qui prouve la divisibilité pour tous les entiers, positifs ou négatifs.

Exercice 5 - Une grande puissance

Déterminer le reste de 720267^{2026} dans la division euclidienne par 55.

Correction. Modulo 55, 7≡27\equiv2, 22≡42^2\equiv4 et 24≡12^4\equiv1. Comme 2026=4⋅506+22026=4\cdot506+2, 72026≡(24)50622≡1506⋅4≡4(mod⁡5).7^{2026}\equiv(2^4)^{506}\,2^2\equiv1^{506}\cdot4\equiv4\pmod5. Le représentant 44 appartient à {0,1,2,3,4}\{0,1,2,3,4\} : c’est bien le reste euclidien. La périodicité des puissances a été établie par un calcul, pas supposée à partir des derniers chiffres de l’exposant.

Exercice 6 - Construire un nombre divisible

Déterminer le chiffre aa pour que le nombre décimal 3a423a42 soit divisible par 99. Vérifier ensuite sa divisibilité par 1111.

Correction. La somme des chiffres vaut 3+a+4+2=9+a3+a+4+2=9+a. Pour a∈{0,…,9}a\in\{0,\ldots,9\}, la divisibilité par 99 impose a=0a=0 ou a=9a=9. Pour 1111, la somme alternée calculée depuis les unités vaut 2−4+a−3=a−52-4+a-3=a-5. Elle vaut −5-5 si a=0a=0 et 44 si a=9a=9 ; aucun de ces nombres n’est multiple de 1111. Les nombres 30423042 et 39423942 sont donc divisibles par 99, mais aucun n’est divisible par 1111.

Exercice 7 - Calculer dans un ensemble de classes

Dans ℤ/7ℤ\mathbb{Z}/7\mathbb{Z}, calculer 15¯+−9¯\overline{15}+\overline{-9}, 15¯−9¯\overline{15}\,\overline{-9} et l’opposé de 15¯\overline{15}. Expliquer pourquoi on peut réduire avant ou après l’opération.

Correction. On a 15¯=1¯\overline{15}=\overline1 et −9¯=5¯\overline{-9}=\overline5. La somme vaut donc 6¯\overline6, le produit 5¯\overline5, et l’opposé de 15¯\overline{15} est 6¯\overline6. Directement, 15−9=615-9=6 et 15(−9)=−135=7(−20)+515(-9)=-135=7(-20)+5 redonnent les mêmes résultats. Les opérations sur les classes sont bien définies : des représentants congrus donnent une somme et un produit congrus.

Exercice 8 - Résoudre sans simplification abusive

Résoudre 2x≡2(mod⁡6)2x\equiv2\pmod6 dans ℤ\mathbb{Z}, puis 2x≡1(mod⁡6)2x\equiv1\pmod6.

Correction. Pour les six restes 0,1,2,3,4,50,1,2,3,4,5 de xx, les restes de 2x2x sont 0,2,4,0,2,40,2,4,0,2,4. La première congruence admet exactement les classes 1¯\overline1 et 4¯\overline4. Ses solutions sont donc x=6k+1oux=6k+4,k∈ℤ.x=6k+1\quad\text{ou}\quad x=6k+4,\qquad k\in\mathbb{Z}. Ces deux familles peuvent aussi s’écrire x=3k+1x=3k+1. La seconde congruence n’a aucune solution, car le reste 11 n’apparaît jamais. Diviser la première par 22 en conservant le module 66 aurait perdu toute la classe 4¯\overline4.

Exercice 9 - Répartir et synchroniser

On veut former le plus grand nombre de lots identiques avec 8484 objets d’un type et 126126 d’un autre, en utilisant tous les objets. Combien de lots obtient-on et que contient chacun ? Deux signaux se répètent ensuite toutes les 8484 et 126126 secondes ; après un départ commun, quand coïncident-ils de nouveau ?

Correction. Le nombre de lots doit diviser 8484 et 126126. Leur PGCD vaut 4242, car 126=84+42126=84+42 et 84=2⋅4284=2\cdot42. On peut donc former 4242 lots de 22 objets du premier type et de 33 du second. Pour les signaux, on cherche au contraire le plus petit multiple positif commun : PPCM⁡(84,126)=84⋅12642=252.\operatorname{PPCM}(84,126)=\frac{84\cdot126}{42}=252. Ils coïncident après 252252 secondes, soit 44 minutes 1212 secondes. Le premier problème utilise une division commune maximale, le second une répétition commune minimale.

Fin du cours et des exercices corrigés