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DaoudMathالرياضيات مع محمد بن داود

Arithmétique - Cours et exercices corrigés | 2e Bac sciences mathématiques

KORASATI · MATHÉMATIQUES

Retrouvez le cours intégral ci-dessous et sa version A4 mise en page, avec toutes les figures et les exercices corrigés.

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Objectifs. Organiser les calculs dans ℤ\mathbb{Z}, utiliser Euclide, Bézout et Gauss, résoudre des équations diophantiennes et des congruences, calculer dans ℤ/nℤ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}, appliquer Fermat et travailler dans une base de numération. Les exemples de codage sont des applications mathématiques élémentaires.

Divisibilité, division euclidienne et nombres premiers

Pour a,b∈ℤa,b\in\mathbb{Z}, a∣ba\mid b signifie qu’il existe k∈ℤk\in\mathbb{Z} tel que b=akb=ak. Si a∣ba\mid b et a∣ca\mid c, alors a∣ub+vca\mid ub+vc pour tous entiers u,vu,v. Les signes ne changent pas les diviseurs communs : on prend le PGCD positif.

Division euclidienne

Pour a∈ℤa\in\mathbb{Z} et b≥1b\ge1, il existe un unique couple (q,r)∈ℤ×ℕ(q,r)\in\mathbb{Z}\times\mathbb{N} tel que a=bq+r,0≤r<b.a=bq+r,\qquad0\le r<b. Ainsi −17=5×(−4)+3-17=5\times(-4)+3. Le reste est positif ou nul même lorsque le dividende est négatif.

L’unicité vient de b(q−q′)=r′−rb(q-q')=r'-r : le seul multiple de bb strictement compris entre −b-b et bb est 00.

Premiers et décomposition

Un entier p≥2p\ge2 est premier si ses seuls diviseurs positifs sont 11 et pp. Le nombre 11 n’est pas premier. Tout entier N≥2N\ge2 se décompose en produit de nombres premiers, de façon unique à l’ordre près : N=p1α1⋯psαs,αi≥1.N=p_1^{\alpha_1}\cdots p_s^{\alpha_s},\qquad\alpha_i\ge1. Pour tester la primalité de NN, il suffit de chercher un diviseur premier au plus égal à N\sqrt N : si N=abN=ab avec 1<a≤b1<a\le b, alors a≤Na\le\sqrt N.

Le crible d’Ératosthène

On écrit les entiers de 22 à NN, on conserve le plus petit non éliminé, puis on élimine ses multiples strictement plus grands. On recommence jusqu’aux candidats au plus égaux à N\sqrt N. Les entiers restants sont les nombres premiers.

Figure disponible dans la version PDF ci-dessus.

Il existe une infinité de nombres premiers

Si la liste p1,…,psp_1,\ldots,p_s contenait tous les nombres premiers, N=p1⋯ps+1>1N=p_1\cdots p_s+1>1 aurait un diviseur premier. Aucun pip_i ne le divise, car le reste serait 11. Cette contradiction prouve l’infinité. On n’affirme pas que NN lui-même est toujours premier.

Euclide, Bézout et Gauss

Le PGCD se conserve dans les divisions

Pour a=bq+ra=bq+r, les diviseurs communs à a,ba,b sont exactement ceux de b,rb,r. L’algorithme d’Euclide répète cette opération ; les restes positifs décroissent, donc il s’arrête. Le dernier reste non nul est le PGCD.

Exemple - Calculer et remonter les divisions

252=198+54,198=3×54+36,54=36+18,36=2×18.252=198+54,\quad198=3\times54+36,\quad 54=36+18,\quad36=2\times18. Donc pgcd⁡(252,198)=18\operatorname{pgcd}(252,198)=18. En remontant, 18=54−36=4×54−198=4×252−5×198.18=54-36=4\times54-198=4\times252-5\times198. On a obtenu en même temps des coefficients de Bézout.

Le théorème de Bézout

Une combinaison égale au PGCD

Pour a,b∈ℤa,b\in\mathbb{Z} non tous deux nuls, il existe u,v∈ℤu,v\in\mathbb{Z} tels que au+bv=d,d=pgcd⁡(a,b).au+bv=d,\qquad d=\operatorname{pgcd}(a,b). En particulier, pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1 si et seulement s’il existe u,vu,v tels que au+bv=1au+bv=1.

L’algorithme d’Euclide étendu construit ces coefficients. Réciproquement, si au+bv=1au+bv=1, tout diviseur commun de a,ba,b divise 11, donc le PGCD vaut 11. Plus généralement, toute combinaison au+bvau+bv est divisible par dd.

Le théorème de Gauss

Si a∣bca\mid bc et pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1, alors a∣ca\mid c. En effet, Bézout donne au+bv=1au+bv=1. Après multiplication par cc, c=auc+bvc,c=auc+bvc, et chacun des termes de droite est divisible par aa.

Exemple - Une simplification autorisée

Si 15∣4m15\mid4m, alors 15∣m15\mid m, car pgcd⁡(15,4)=1\operatorname{pgcd}(15,4)=1. En revanche, 6∣2m6\mid2m n’impose pas 6∣m6\mid m : m=3m=3 est un contre-exemple. La condition de coprimalité ne peut pas être supprimée.

Conséquence pour un facteur premier

Si un nombre premier pp divise abab, alors il divise aa ou bb. S’il ne divise pas aa, son PGCD avec aa vaut 11, et Gauss impose p∣bp\mid b. Cette propriété permet notamment de justifier l’unicité de la décomposition en facteurs premiers.

Deux entiers premiers entre eux ne sont pas forcément premiers

88 et 1515 sont composés, mais leur PGCD vaut 11. « Premiers entre eux » décrit une relation entre deux nombres ; « premier » décrit un nombre isolé.

Équations diophantiennes linéaires

On cherche ici des solutions entières de ax+by=cax+by=c. Les solutions réelles d’une droite ne répondent pas à cette question.

Critère d’existence

Supposons a,ba,b non nuls et posons d=pgcd⁡(a,b)>0d=\operatorname{pgcd}(a,b)>0. Si une solution existe, d∣ax+byd\mid ax+by, donc d∣cd\mid c. Réciproquement, si c=kdc=kd, une identité au+bv=dau+bv=d donne la solution particulière (ku,kv)(ku,kv). Ainsi ax+by=c possède une solution dans ℤ2⇔d∣c.\boxed{ax+by=c\text{ possède une solution dans }\mathbb{Z}^2 \iff d\mid c}.

Toutes les solutions

À partir d’une solution particulière (x0,y0)(x_0,y_0), x=x0+bdt,y=y0−adt,t∈ℤ.\boxed{x=x_0+\frac bd\,t,\qquad y=y_0-\frac ad\,t,\qquad t\in\mathbb{Z}}. Ces couples vérifient l’équation. Réciproquement, soustraire les équations donne (a/d)(x−x0)=−(b/d)(y−y0)(a/d)(x-x_0)=-(b/d)(y-y_0). Comme a/da/d et b/db/d sont premiers entre eux, Gauss montre que b/db/d divise x−x0x-x_0, ce qui fournit la forme annoncée.

Exemple - Solutions entières puis contraintes positives

Pour 15x+21y=615x+21y=6, le PGCD vaut 33 et divise 66. Le couple (−1,1)(-1,1) convient. Toutes les solutions sont x=−1+7t,y=1−5t,t∈ℤ.x=-1+7t,\qquad y=1-5t,\qquad t\in\mathbb{Z}. Si l’on demande en plus x,y≥0x,y\ge0, la première condition impose t≥1t\ge1 et la seconde t≤0t\le0. Il n’y a donc aucune solution dans ℕ2\mathbb{N}^2, malgré l’existence d’une infinité de solutions dans ℤ2\mathbb{Z}^2.

Cas particuliers et méthode

Si a=0a=0 et b≠0b\ne0, l’équation se réduit à by=cby=c : soit b∣cb\mid c et y=c/by=c/b avec xx libre, soit aucune solution. Le cas b=0b=0 est analogue. Si a=b=0a=b=0, tous les couples conviennent lorsque c=0c=0, et aucun sinon.

Une démarche complète

Calculer le PGCD ; tester sa divisibilité dans cc ; trouver une solution particulière par Bézout ou par observation ; écrire toutes les solutions ; enfin traduire les contraintes supplémentaires sur le paramètre entier.

Des solutions distinctes restent distinctes

Lorsque a,ba,b sont non nuls, des valeurs différentes de tt donnent des couples différents. Une contrainte d’intervalle, de positivité ou de chiffre peut réduire l’ensemble infini à une liste finie, voire à l’ensemble vide. On termine alors en énumérant les entiers admissibles.

Congruences et calcul dans les classes

Reste commun modulo nn

Pour n≥2n\ge2, a≡b(mod⁡n)a\equiv b\pmod n signifie n∣(a−b)n\mid(a-b). C’est équivalent à dire que aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn. On peut additionner, soustraire, multiplier et élever à une puissance entière positive des congruences. a≡b(mod⁡n)⇒ak≡bk(mod⁡n)(k≥1).a\equiv b\pmod n\Longrightarrow a^k\equiv b^k\pmod n \quad(k\ge1). Par exemple, 17≡2(mod⁡5)17\equiv2\pmod5, donc 173≡23≡3(mod⁡5)17^3\equiv2^3\equiv3\pmod5.

Inverse et simplification

Un entier aa possède un inverse modulo nn exactement lorsque pgcd⁡(a,n)=1\operatorname{pgcd}(a,n)=1. En effet, au≡1(mod⁡n)au\equiv1\pmod n équivaut à au+nv=1au+nv=1 pour un entier vv : c’est Bézout. Dans ce cas, multiplier par l’inverse autorise une simplification.

Exemple - Un facteur non inversible

2×1≡2×4(mod⁡6)2\times1\equiv2\times4\pmod6, mais 1≢4(mod⁡6)1\not\equiv4\pmod6. On ne peut pas annuler le facteur 22, car il n’est pas premier avec 66. La relation équivaut ici seulement à 1≡4(mod⁡3)1\equiv4\pmod3.

Résoudre ax≡b(mod⁡n)ax\equiv b\pmod n

Cette congruence équivaut à une équation ax+ny=bax+ny=b. Elle est soluble si et seulement si d=pgcd⁡(a,n)d=\operatorname{pgcd}(a,n) divise bb. On divise alors par dd en changeant aussi le module : adx≡bd(mod⁡n/d).\frac ad x\equiv\frac bd\pmod{n/d}. Si d<nd<n, le coefficient a/da/d est inversible modulo n/dn/d. On obtient une classe modulo n/dn/d, donc exactement dd classes modulo nn. Si d=nd=n, le coefficient initial est nul modulo nn : toutes les nn classes conviennent lorsque n∣bn\mid b, et aucune sinon.

L’ensemble ℤ/nℤ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}

La classe a¯\overline a regroupe les entiers congrus à aa modulo nn. Il existe nn classes, représentées par 0,1,…,n−10,1,\ldots,n-1. On définit a¯+b¯=a+b¯,a¯b¯=ab¯.\overline a+\overline b=\overline{a+b},\qquad \overline a\,\overline b=\overline{ab}. Les règles des congruences garantissent que ces opérations ne dépendent pas des représentants choisis. Elles sont associatives et commutatives, et la multiplication est distributive sur l’addition. Les neutres sont 0¯\overline0 et 1¯\overline1 ; l’opposé de a¯\overline a est −a¯\overline{-a}.

Si pp est premier, chaque classe non nulle de ℤ/pℤ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z} possède un inverse : cet ensemble est un corps. Pour un module composé, ce n’est pas le cas ; dans ℤ/4ℤ\mathbb{Z}/4\mathbb{Z}, 2¯≠0¯\overline2\ne\overline0 mais 2¯2=0¯\overline2^2=\overline0. La classe 2¯\overline2 n’est donc pas inversible.

Le petit théorème de Fermat

La primalité du module est une hypothèse

Si pp est premier et si p∤ap\nmid a, alors ap−1≡1(mod⁡p).\boxed{a^{p-1}\equiv1\pmod p}. Pour tout entier aa, y compris les multiples de pp, on a ap≡a(mod⁡p)a^p\equiv a\pmod p.

Pourquoi la formule est vraie

Lorsque aa est inversible modulo pp, multiplier les classes 1,2,…,p−11,2,\ldots,p-1 par aa les permute : deux images égales auraient, après simplification, le même antécédent. Le produit des classes est donc inchangé : ap−1(p−1)!≡(p−1)!(mod⁡p).a^{p-1}(p-1)!\equiv(p-1)!\pmod p. Aucun facteur de (p−1)!(p-1)! n’est divisible par pp, donc ce produit est inversible modulo pp. La simplification donne Fermat. La formule ap≡aa^p\equiv a s’en déduit si p∤ap\nmid a ; si p∣ap\mid a, les deux membres sont congrus à 00.

Réduire un exposant

Pour calculer un reste, on écrit l’exposant comme multiple de p−1p-1 plus un reste. Par exemple, 1313 est premier et ne divise pas 22, donc 2100=(212)824≡16≡3(mod⁡13).2^{100}= (2^{12})^8\,2^4\equiv16\equiv3\pmod{13}. La réduction de l’exposant modulo p−1p-1 utilise ici le fait que la base est inversible. On ne remplace pas sans condition a0a^0 par un reste issu d’une base divisible par pp.

La réciproque est fausse

La congruence am−1≡1(mod⁡m)a^{m-1}\equiv1\pmod m pour une base particulière ne prouve pas que mm est premier. Par exemple, 341=11×31341=11\times31 est composé, mais 210=1024=3×341+1⇒2340=(210)34≡1(mod⁡341).2^{10}=1024=3\times341+1\quad\Longrightarrow\quad 2^{340}=(2^{10})^{34}\equiv1\pmod{341}. Fermat fournit une conséquence de la primalité ; il ne constitue pas, sous cette seule forme, un critère réciproque de primalité.

Exemple - Associer Gauss et Fermat

Pour un premier pp et un entier aa non multiple de pp, la classe ap−2a^{p-2} est un inverse de aa, puisque aap−2=ap−1≡1a\,a^{p-2}=a^{p-1}\equiv1. Cet inverse peut aussi être obtenu par Euclide étendu ; la méthode la plus courte dépend des nombres.

Rester dans le bon ensemble

Un inverse modulo nn est une classe d’entiers, pas la fraction réelle 1/a1/a. Écrire a−1a^{-1} dans ℤ/nℤ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} exige d’abord pgcd⁡(a,n)=1\operatorname{pgcd}(a,n)=1.

Écrire et calculer dans une base

La valeur d’une écriture positionnelle

En base entière b≥2b\ge2, les chiffres possibles sont 0,1,…,b−10,1,\ldots,b-1. Une écriture de nombre naturel N=(akak−1⋯a0)bN=(a_ka_{k-1}\cdots a_0)_b signifie N=∑i=0kaibiN=\sum_{i=0}^k a_ib^i, avec ak≠0a_k\ne0 si N>0N>0. Ainsi (101101)2=32+8+4+1=45(101101)_2=32+8+4+1=45 et (234)5=2×25+3×5+4=69(234)_5=2\times25+3\times5+4=69. Une écriture contenant le chiffre 77 n’est pas valable en base 55.

Les divisions successives produisent les chiffres

La division N=bq0+a0N=bq_0+a_0 donne le chiffre des unités. On divise ensuite q0q_0 par bb pour obtenir a1a_1, puis on continue jusqu’au quotient nul. Les restes se lisent du dernier au premier. L’unicité des divisions donne l’unicité de l’écriture.

Exemple - Convertir 8383 en base 55

83=5×16+3,16=5×3+1,3=5×0+3.83=5\times16+3,\quad16=5\times3+1,\quad3=5\times0+3. Donc 83=(313)583=(313)_5. Le contrôle inverse donne 3×25+1×5+3=833\times25+1\times5+3=83.

Additionner avec des retenues de taille bb

En base 55, calculons (243)5+(134)5(243)_5+(134)_5. Aux unités, 3+4=7=5+23+4=7=5+2 : on écrit 22 et retient 11. À la colonne suivante, 4+3+1=8=5+34+3+1=8=5+3 : on écrit 33 et retient 11. Enfin, 2+1+1=42+1+1=4. Ainsi 2435+13454325\begin{array}{r}243_5\\+\ 134_5\\\hline432_5\end{array} Le contrôle décimal est 73+44=117=4×25+3×5+273+44=117=4\times25+3\times5+2.

Multiplier en conservant les positions

Pour (23)5(14)5(23)_5(14)_5, on multiplie d’abord par 44 : 4×3=12=2×5+24\times3=12=2\times5+2, puis 4×2+2=10=2×54\times2+2=10=2\times5. Le premier produit est (202)5(202)_5. Le produit par le chiffre 11 placé dans la colonne des cinq est (230)5(230)_5. Leur somme donne (23)5(14)5=(202)5+(230)5=(432)5.(23)_5(14)_5=(202)_5+(230)_5=(432)_5. On vérifie en base 1010 : 13×9=11713\times9=117.

Une base ne change pas le nombre

Les écritures 8383 et (313)5(313)_5 représentent le même entier. Les congruences, le PGCD et la divisibilité concernent cet entier ; la base concerne sa représentation.

Synthèse : PGCD, PPCM et codage simple

Utiliser les exposants premiers

Si aa et bb sont positifs, leur PGCD prend, pour chaque facteur premier, le plus petit des deux exposants ; leur PPCM prend le plus grand. Ainsi pgcd⁡(a,b)ppcm⁡(a,b)=ab.\operatorname{pgcd}(a,b)\operatorname{ppcm}(a,b)=ab. Cette identité est valable pour deux entiers positifs ; elle ne se prolonge pas sous la même forme à trois entiers.

Exemple - Deux décompositions compatibles

756=22337,360=23325.756=2^2\,3^3\,7,\qquad360=2^3\,3^2\,5. Donc le PGCD est 2232=362^2\,3^2=36, et le PPCM est 233357=75602^3\,3^3\,5\,7=7560. Le produit 36×756036\times7560 égale bien 756×360756\times360.

Un codage affine sur les lettres

Associons aux lettres A à Z les entiers de 00 à 2525. Le codage y≡5x+8(mod⁡26)y\equiv5x+8\pmod{26} associe à chaque lettre une autre lettre. Il est réversible parce que pgcd⁡(5,26)=1\operatorname{pgcd}(5,26)=1. Comme 5×21≡1(mod⁡26)5\times21\equiv1\pmod{26}, le décodage est x≡21(y−8)(mod⁡26).x\equiv21(y-8)\pmod{26}. Par exemple, D correspond à x=3x=3, donc y=23y=23, soit X. Inversement, X donne 21(23−8)=315≡3(mod⁡26)21(23-8)=315\equiv3\pmod{26}, soit D.

Pourquoi la coprimalité est décisive

Si l’on utilisait y≡13x+8(mod⁡26)y\equiv13x+8\pmod{26}, les valeurs x=0x=0 et x=2x=2 donneraient toutes deux y=8y=8. Le codage ne serait pas injectif et une lettre codée ne déterminerait pas une lettre d’origine unique.

Décrire ce que l’on démontre

Bézout produit une combinaison ; Gauss autorise une divisibilité après simplification ; Fermat réduit certaines puissances ; les divisions euclidiennes donnent à la fois des PGCD et des chiffres dans une base. Choisir l’outil en fonction de la conclusion cherchée.

Une vérification indépendante

Après un calcul, remplacer les solutions dans l’équation initiale, reconstituer un entier depuis ses chiffres ou multiplier un inverse par son coefficient. Ces vérifications courtes ne remplacent pas la preuve de complétude, mais elles détectent efficacement les erreurs numériques.

Exercices corrigés

Exercice 1 - Euclide, Bézout et PPCM

Déterminer le PGCD de 391391 et 299299, des coefficients de Bézout et leur PPCM. Solution. Les divisions sont 391=299+92,299=3×92+23,92=4×23.391=299+92,\quad299=3\times92+23,\quad92=4\times23. Le PGCD vaut 2323. En remontant, 23=299−3×92=4×299−3×39123=299-3\times92=4\times299-3\times391. Les coefficients (−3,4)(-3,4) conviennent. Le PPCM vaut 391×299/23=391×13=5083391\times299/23=391\times13=5083.

Exercice 2 - Résoudre dans ℤ2\mathbb{Z}^2, puis dans ℕ2\mathbb{N}^2

Résoudre 7x+11y=1007x+11y=100. Solution. Le PGCD de 77 et 1111 vaut 11, donc des solutions existent. Le couple (8,4)(8,4) convient. Toutes les solutions entières sont x=8+11t,y=4−7t,t∈ℤ.x=8+11t,\qquad y=4-7t,\qquad t\in\mathbb{Z}. Pour x,y≥0x,y\ge0, on exige t≥−8/11t\ge-8/11 et t≤4/7t\le4/7. Le seul entier possible est t=0t=0, donc l’unique solution naturelle est (8,4)(8,4).

Exercice 3 - Une divisibilité avec un paramètre

Déterminer les entiers n≥1n\ge1 tels que n∣(2n+1)(n+3)n\mid(2n+1)(n+3). Solution. Tout diviseur commun de nn et 2n+12n+1 divise (2n+1)−2n=1(2n+1)-2n=1. Leur PGCD vaut donc 11. Gauss donne n∣n+3n\mid n+3, soit n∣3n\mid3. Les candidats sont 11 et 33. Réciproquement, chacun divise n+3n+3, donc chacun satisfait la condition initiale. L’ensemble solution est {1,3}\{1,3\}.

Exercice 4 - Une congruence non inversible au départ

Résoudre 6x≡9(mod⁡15)6x\equiv9\pmod{15}. Solution. Le PGCD de 66 et 1515 vaut 33, qui divise 99. On réduit l’équation et le module : 2x≡3(mod⁡5)2x\equiv3\pmod5. L’inverse de 22 modulo 55 est 33, donc x≡9≡4(mod⁡5)x\equiv9\equiv4\pmod5. Il s’agit des trois classes 44, 99 et 1414 modulo 1515. On vérifie que 66 fois chacun de ces représentants est congru à 99 modulo 1515.

Exercice 5 - Une grande puissance

Déterminer le reste de 72227^{222} dans la division par 1111. Solution. 1111 est premier et ne divise pas 77. Fermat donne 710≡1(mod⁡11)7^{10}\equiv1\pmod{11}. Comme 222=22×10+2222=22\times10+2, 7222≡72=49≡5(mod⁡11).7^{222}\equiv7^2=49\equiv5\pmod{11}. Le reste euclidien est donc 55, qui appartient bien à {0,…,10}\{0,\ldots,10\}.

Exercice 6 - Changer de base et y calculer

Écrire 173173 en base 55. En base 44, calculer (132)4+(23)4(132)_4+(23)_4 et (12)4(13)4(12)_4(13)_4. Solution. Les divisions 173=5×34+3173=5\times34+3, 34=5×6+434=5\times6+4, 6=5×1+16=5\times1+1, 1=5×0+11=5\times0+1 donnent (1143)5(1143)_5. Le contrôle vaut 125+25+20+3=173125+25+20+3=173.

Pour l’addition en base 44, 2+3=5=4+12+3=5=4+1 donne le chiffre 11 et une retenue. Puis 3+2+1=6=4+23+2+1=6=4+2 donne 22 et une retenue ; enfin 1+1=21+1=2. Le résultat est (221)4(221)_4.

Pour le produit, multiplier (12)4(12)_4 par 33 donne (102)4(102)_4, puis multiplier par le chiffre 11 des quatre donne (120)4(120)_4. La somme est (222)4(222)_4. Les contrôles décimaux sont 30+11=4130+11=41 et 6×7=426\times7=42.

Exercice 7 - Les inversibles modulo 1212

Déterminer toutes les classes inversibles de ℤ/12ℤ\mathbb{Z}/12\mathbb{Z} et leurs inverses. Solution. Parmi 0,1,…,110,1,\ldots,11, seuls 1,5,7,111,5,7,11 sont premiers avec 1212. Ce sont les quatre classes inversibles. Chacune est son propre inverse, car 12≡52≡72≡112≡1(mod⁡12).1^2\equiv5^2\equiv7^2\equiv11^2\equiv1\pmod{12}. Les autres classes ont un représentant ayant un diviseur commun non trivial avec 1212 ; Bézout interdit un inverse. Par exemple, 2¯6¯=0¯\overline2\,\overline6=\overline0 avec deux classes non nulles.

Exercice 8 - Une propriété des nombres premiers

Montrer que, pour tout nombre premier p>3p>3, 24∣(p2−1)24\mid(p^2-1). Solution. pp est impair, donc p−1p-1 et p+1p+1 sont deux entiers pairs consécutifs parmi les pairs. L’un est divisible par 44, l’autre par 22 : leur produit est divisible par 88. De plus, pp n’est pas divisible par 33, donc son reste modulo 33 est 11 ou 22 ; l’un de p−1,p+1p-1,p+1 est divisible par 33. Le produit est divisible par 33 et par 88. Ces nombres étant premiers entre eux, il est divisible par 2424.

Exercice 9 - Décoder et repérer un codage non injectif

Avec A=0=0, B=1=1, …, Z=25=25, on code par y≡5x+8(mod⁡26)y\equiv5x+8\pmod{26}. Décoder les lettres X et F. Expliquer pourquoi remplacer 55 par 1313 empêcherait un décodage unique. Solution. Puisque 5×21=105≡1(mod⁡26)5\times21=105\equiv1\pmod{26}, on a x≡21(y−8)(mod⁡26)x\equiv21(y-8)\pmod{26}. Pour X, y=23y=23, donc x≡315≡3x\equiv315\equiv3 : c’est D. Pour F, y=5y=5, donc x≡−63≡15x\equiv-63\equiv15 : c’est P. Le contrôle de P donne 5×15+8=83≡55\times15+8=83\equiv5, soit F.

Avec le coefficient 1313, les valeurs x=0x=0 et x=2x=2 produisent toutes deux le reste 88. Deux lettres distinctes auraient la même image. Le défaut est exactement pgcd⁡(13,26)≠1\operatorname{pgcd}(13,26)\ne1.

Exercice 10 - Deux conditions sur les restes

Déterminer les entiers xx tels que x≡2(mod⁡3)x\equiv2\pmod3 et x≡3(mod⁡5)x\equiv3\pmod5, puis ceux situés dans [0;100][0;100]. Solution. La première condition donne x=2+3kx=2+3k, k∈ℤk\in\mathbb{Z}. La seconde devient 3k≡1(mod⁡5)3k\equiv1\pmod5. Comme l’inverse de 33 modulo 55 est 22, on obtient k≡2(mod⁡5)k\equiv2\pmod5, soit k=2+5tk=2+5t. Ainsi x=8+15t,t∈ℤ.x=8+15t,\qquad t\in\mathbb{Z}. Réciproquement, tous ces nombres satisfont les deux congruences. Dans [0;100][0;100], les entiers admissibles sont t=0,1,…,6t=0,1,\ldots,6, donc 8,23,38,53,68,83,98.8,\ 23,\ 38,\ 53,\ 68,\ 83,\ 98. Le module 1515 apparaît parce qu’ajouter un multiple de 1515 préserve les deux restes ; la substitution a prouvé qu’aucune autre classe ne convient.

Rédiger la conclusion au bon niveau

Une solution modulo nn est une classe ; une solution dans un intervalle est une liste d’entiers ; une équation dans ℤ2\mathbb{Z}^2 exige tous les couples paramétrés. Préciser l’ensemble recherché empêche de confondre ces trois types de réponses.